La Quadriennale de Rome (en italien : ) est une fondation italienne chargée d'étudier et de promouvoir l'art contemporain italien. Son siège se trouve à Rome, dans le complexe monumental de la Villa Carpegna.
Créée en 1927 par une délibération du Gouvernorat de Rome, elle tient son nom de l', manifestation périodique consacrée aux orientations récentes des arts visuels italiens. Sa création répondait à une répartition des rôles avec la Biennale de Venise, à laquelle revenait la scène internationale.
La première édition se tient au Palazzo delle Esposizioni en . Les quatre premières sont dirigées par le peintre et député Cipriano Efisio Oppo, secrétaire général jusqu'en 1943. Refondée après la Seconde Guerre mondiale, l'institution devient une fondation en 2004 et s'installe la même année à la Villa Carpegna.
Environ six mille cinq cents artistes italiens ont participé aux éditions successives. L'Archivio Biblioteca della Quadriennale conserve un fonds documentaire sur l'art italien des , classé par le ministère de la Culture.
Histoire
Origines
La Quadriennale naît en 1927 de la décision de concentrer à Rome la production des arts figuratifs nationaux, en laissant à la Biennale de Venise le soin des manifestations internationales.
Cette création, décidée par une délibération du Gouvernorat de Rome et promulguée l'année suivante, s'inscrivait dans un plan de réorganisation et de rationalisation des initiatives d'exposition à l'échelle du pays.
Selon l'université de Manchester, les critères de sélection des œuvres relevaient avant tout de considérations esthétiques et privilégiaient l'œuvre en elle-même sur le nom de l'artiste ou son appartenance à un courant, qu'il s'agisse du Novecento ou du futurisme.
Les éditions dirigées par Oppo
La première Quadriennale est inaugurée au Palazzo delle Esposizioni le en présence du roi Victor-Emmanuel III et de la reine Élena. Deux jours plus tôt, Mussolini avait pris part au vernissage, devant les artistes et les professionnels.
Le palais, restauré pour l'occasion, reçoit un aménagement dû à Pietro Aschieri et à Enrico Del Debbio. Les exposants sont environ cinq cents. L'institution présente les artistes eux-mêmes comme les protagonistes de la manifestation : organisateurs, jurés et critiques.
La présidence est assurée par Enrico di San Martino Valperga et le secrétariat général par Cipriano Efisio Oppo, qui dirige les quatre premières éditions.
La deuxième édition, en 1935, réunit environ sept cents artistes. Elle se caractérise par la présence des artistes de l'école romaine et par des salles consacrées à Marino Marini, Arturo Tosi, Gino Severini, Mario Mafai, Fausto Pirandello, Ottone Rosai, Arturo Martini, Giorgio de Chirico et Scipione.
Selon l'Enciclopedia Treccani, l'institution parvint à conserver un certain degré d'autonomie à l'égard des choix esthétiques du régime fasciste.
Après-guerre
Refondée après la Seconde Guerre mondiale, la Quadriennale suit le débat artistique national et organise des rétrospectives.
Certaines éditions se résolvent en une exposition unique, d'autres prennent la forme d'un programme pluriannuel : la dixième donne lieu à cinq expositions entre 1972 et 1977, la douzième à deux entre 1992 et 1996, la quatorzième à trois. À partir des années 1950, les éditions accueillent des ensembles historiques et rétrospectifs, tantôt intégrés au parcours, tantôt présentés comme expositions autonomes.
La quatorzième édition sort de la capitale pour la première fois, avec deux avant-premières consacrées aux jeunes artistes à Naples en 2003 et à Turin en 2004, avant une exposition d'ensemble à la Galerie nationale d'art moderne en 2005, le Palazzo delle Esposizioni étant alors momentanément indisponible.
La fondation
En 2004, l'institution devient la Fondation La Quadriennale di Roma et transfère son siège au complexe monumental de la Villa Carpegna. La même année, elle organise un colloque consacré à l'art et à la culture des années 1990 et reprend la publication des .
La fondation associe le ministère de la Culture, la région du Latium, la municipalité de Rome et la chambre de commerce de Rome.
La quinzième édition se tient en 2008 sous la direction de Gino Agnese. La suivante, prévue d'octobre 2012 à janvier 2013, est reportée faute de financement et n'a lieu qu'en 2016.
Umberto Croppi préside l'institution de 2019 à 2023 ; Artribune décrit cette période comme une relance de la Quadriennale en centre de recherche, sous la direction artistique de Gian Maria Tosatti, dont le mandat s'achève en .
Luca Beatrice est ensuite nommé à la présidence de la fondation. Il meurt en et est remplacé par Andrea Lombardinilo.
Siège
La Quadriennale occupe le complexe monumental de la Villa Carpegna, dans le quartier Aurelio, derrière la basilique Saint-Pierre. La villa remonte à la fin du .
Le Casino Nobile abrite le siège de l'institution ainsi que les salles destinées aux manifestations publiques ; le corps de ferme du accueille l'Archivio Biblioteca. La villa appartient à la municipalité de Rome, qui l'a acquise en 1978 et y a conduit des travaux de restauration entre 1998 et 2000 ; le a été restauré en 2005.
Archives et bibliothèque
L'Archivio Biblioteca della Quadriennale (ArBiQ) conserve le fonds documentaire sur l'art italien des produit et acquis par l'institution au cours de son existence. Ce fonds a fait l'objet d'une notification du ministère de la Culture.
Expositions
Depuis la première édition de 1931, les Quadriennales se sont succédé à un rythme plus ou moins régulier, conformément à leur mission statutaire de présenter la production artistique nationale, en particulier celle des générations les plus récentes. Environ six mille cinq cents artistes italiens y ont pris part.
+ Sélection d'éditions Édition Titre Lieu Dates I Palazzo delle Esposizioni 1931 II Palazzo delle Esposizioni 1935 X Palazzo delle Esposizioni 22 mai – 30 juin 1973 XII Palazzo delle Esposizioni 25 septembre – 25 novembre 1996 XIII Palazzo delle Esposizioni 18 juin – 10 septembre 1999 XIV Galerie nationale d'art moderne 9 mars – 31 mai 2005 XV Palazzo delle Esposizioni 19 juin – 14 septembre 2008 XVI Palazzo delle Esposizioni 13 octobre 2016 – 8 janvier 2017 XVII Palazzo delle Esposizioni 30 octobre 2020 – 17 janvier 2021 XVIII Palazzo delle Esposizioni 11 octobre 2025 – 18 janvier 2026
Fuori (2020)
La dix-septième édition, dont le commissariat est assuré par Sarah Cosulich et Stefano Collicelli Cagol, réunit quarante-trois artistes présentés dans des salles monographiques, par des remontages d'œuvres existantes ou par de nouveaux projets. Les commissaires y examinent les relations entre les arts visuels, la danse, la musique, le théâtre, le cinéma, la mode, l'architecture et le design, afin de proposer une lecture alternative de l'art italien depuis les années 1960.
Fantastica (2025)
La dix-huitième édition présente les travaux de cinquante-quatre artistes vivants, nés entre les années 1960 et la fin des années 1990, dont seize de moins de trente-cinq ans et quarante-cinq qui participent pour la première fois à la manifestation. Elle réunit 187 œuvres réparties en cinq parcours confiés à Luca Massimo Barbero, Francesco Bonami, Emanuela Mazzonis di Pralafrera, Francesco Stocchi et Alessandra Troncone, dans un aménagement dû au studio BRH+ de Barbara Brondi et Marco Rainò.
Selon les critères formulés par Luca Beatrice et rapportés par , les commissaires devaient retenir des artistes vivants, jeunes ou en milieu de carrière, dotés d'une visibilité internationale, participant pour la première fois à la Quadriennale et équilibrés entre les genres.
L'édition comprend une exposition parallèle, , dont le commissariat est assuré par Walter Guadagnini, qui sélectionne trente-trois artistes parmi les quelque sept cents ayant participé à la deuxième édition, ainsi qu'un projet consacré à la perception de l'art italien contemporain à l'étranger, confié à Christian Caliandro.
Cette édition donne lieu à des appréciations partagées dans la presse spécialisée italienne. Dans Artribune, Ludovico Pratesi juge l'aménagement du studio BRH+ clair et efficace, mais décrit l'ensemble comme une exposition d'expositions dont les récits s'entrelacent de manière tortueuse et sans direction d'ensemble affirmée. Dans la même revue, Alessandra Mammì observe que l'on ne saura jamais si l'édition présentée correspond à celle qu'avait imaginée Beatrice, disparu avant l'ouverture, et qu'il l'avait annoncée comme devant être plus surprenante et provocatrice.
L'hommage rendu à l'édition de 1935 suscite des objections. Pratesi le qualifie de choix étrange pour une institution vouée à la promotion de l'art contemporain, s'agissant de commémorer une manifestation tenue en plein régime, un an avant la guerre d'Éthiopie. Mammì rapporte que cette évocation a été lue, y compris par elle-même, comme une adhésion au projet culturel visant à soustraire les arts du régime fasciste à la , en s'arrêtant avant les lois raciales et l'entrée en guerre. À sa nomination, Beatrice avait pour sa part déclaré vouloir concevoir une édition destinée à remettre l'art italien au centre du débat culturel, et estimait que la mission de présenter à Rome la meilleure production nationale ne devait pas se traduire par un avant-poste de l'éloge du marginal et du provincial.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes
Biennale de Venise Palazzo delle Esposizioni Cipriano Efisio Oppo Art contemporain
Liens externes
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