Petrus Cyrnæus ou Pietro Cirneo (Pierre Felce, dit), est un prêtre et historien corse du , né à Felce en 1447, mort vers 1506. Son ouvrage sur l’histoire de la Corse, de l’Antiquité jusqu’en 1506, le place comme le premier insulaire reconnu comme historien de l’île.

Biographie Natif de Felce d’Alisgiani, le , fils de Pïcino et de CorallucciaEugène F.-X. Gherardi in Précis d’histoire de l’éducation en Corse. Les origines : de Petru Cirneu à Napoléon Bonaparte, son nom de famille n’est pas connu. Certains auteurs lui prêtent celui de Filice ou Felice, d’autres celui de Felge., lequel s’avère être le nom corse de Felce. Devenu orphelin très tôt et dépouillé par des parents, il s’expatrie en Italie en quête d’un avenir meilleur. Il se donne alors pour nom celui de Petrus Cyrnæus., du nom grec de l’île de Corse, Cyrnus, sa patrie. Ce nom signifie Pierre de Corse.

Il s’adonne à l’éducation des enfants dans divers endroits de l’Italie où on l’appelle volontiers Pietro Cirneo, puis se fixe à Venise. Il s’attache alors à Benedictus Brognolius, professeur de latin et de grec à Venise, et suit ses leçons pendant douze ans. Il devient par la suite professeur, puis correcteur d’imprimerie, une fonction alors très scientifique. Il entre enfin dans les ordres, où il trouve le calme nécessaire pour assouvir sa soif de connaissance. Il passe ainsi de nombreuses années en Italie, notamment en Vénétie et s’inspire de l’histoire locale dans une œuvre dont le titre est Commentarius de bello ferrariensi, ab anno 1482 ad annum 1484. Il y traite des guerres entre Ferrare et Venise, dans les années 1480. Mais indigné de voir le portrait que Strabon avait fait de sa patrie et de ses habitants en opposition directe avec le tableau avantageux qu’en avait donné Diodore de Sicile, il compose une histoire intitulée : De rebus corsisis libri IV, usque ad annum 1506. Cette œuvre majeure, que l’on retrouve imprimée pour la première fois en 1738, dans le vingt-quatrième volume de la collection de Muratori, conte l’histoire de la Corse, des origines jusqu’au , et fait l’éloge de cette île et de ses habitants, libres et vertueux. Il y utilise des sources désormais accessibles grâce à la toute jeune imprimerie mais aussi ses pérégrinations.

La Biographie universelle de Louis-Gabriel Michaud le décrivant volontiers de patriote zélé jusqu’à l’enthousiasme, il retourne ensuite dans son pays, la Corse, pour être affecté à la paroisse de Sant’Andria di Compuloru, laquelle dépend du futur diocèse d’Aléria (), et où il meurt vers 1506.

Une reconnaissance posthume Les deux œuvres majeures de Petrus Cyrnæus sont imprimées dans la première moitié du dans la célèbre collection de Ludovico Antonio Muratori lui assurant ainsi une reconnaissance à titre posthume.

Le journal de Paris du lui consacre un article détaillé.

Œuvres

Commentarius de bello ferrariensi, ab anno 1482 ad annum 1484.

Cette œuvre, dont le titre signifie en français « Commentaire de la guerre de Ferrare en 1482 », est imprimée pour la première fois à Venise en 1509, puis deux siècles plus tard dans le de la collection de Muratori (Rerum Italicarum Scriptores, t.XXI, 1732).

Enfoui dans les Rerum italicarum scriptores de Muratori, Petrus Cyrneus (Pierre de Corse) est publié à Paris, en 1834, sur le manuscrit original par les soins de M. G.-Charles GregorjAvec les vingt cinq mille volumes choisis, légués M. Prela, né à Bastia, ancien médecin du pape Pie VII, G.-Charles Gregorj, issu d'une honorable famille de Bastia, littérateur judicieux et instruit, apporta les manuscrits recueillis, qui ont permis à la bibliothèque de Bastia d'acquérir une haute importance - Antoine Claude Valery.

De rebus corsisis libri IV, usque ad annum, 1506, par P. Cyrnæus. Dans le Libros plusquam saphyros et smaragdos, caros habebat. Lib. IV, il relate son dernier séjour, à Venise, qui ne fut pas sans tribulations. .

Cette œuvre est imprimée pour la première fois en 1738 dans le de la même collection (Rerum Italicarum Scriptores, t.XXIV, 1738), soit plus de deux siècles après la mort de l’auteur. L’unique manuscrit se trouve à la bibliothèque nationale de France, que l’on appelait en son temps Bibliothèque du Roi.

Une critique de cette œuvre est publiée par Camille Friess dans le journal de l'Institut Historique de .. L’archiviste apprécie le talent de l’auteur mais juge disproportionnées les parties relatives au siège de Bonifacio d’une part et « à la vie malheureuse et pleine d’aventures de l’auteur » d’autre part.

Bibliographie Eugène F.-X. Gherardi, Précis d’histoire de l’éducation en Corse. Les origines : de Petru Cirneu à Napoléon Bonaparte. - CRDP de Corse 2011 - Tome I .

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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