vignette|Vue de la sépulture. Zinaïda Evguenievna Serebriakova (en ; en ukrainien : Зінаї́да Євге́нівна Серебряко́ва), née Zénaïde Lanceray (parfois transcrit sous la forme Lansere ()) le à Neskoutchnoyé (aujourd'hui en Ukraine), et morte le à Paris, est une artiste peintre russe naturalisée française en 1947. C'est une peintre de figures, de nus et de portraits.

Biographie

Famille et formation Née en 1884, Zinaïda Serebriakova vit dans la propriété familiale de Neskoutchnoïe (littéralement Sans-Souci), près de Kharkiv, aujourd'hui en Ukraine.

Les Lanceray, d'ancienne famille d'origine française, sont alliés aux Benois, dynastie d'artistes russes émigrée de France au . Le grand-père maternel de Zinaïda est l'architecte Nicolas Benois, son oncle maternel le peintre Alexandre Benois, fondateur du Mir Iskousstva. Sa mère, née Benois, dessine, et son père Eugène est sculpteur. Son frère Eugène Lanceray est sculpteur, peintre et graphiste, et son frère Nikolaï Lanceray architecte.

Elle étudie au lycée féminin jusqu'en 1900, puis entre à l'école d'art fondée par la princesse Maria Tenicheva, dont la propriété à Talachkino est un rendez-vous d'artistes. Elle y est l'élève d'Ilia Répine, puis de 1903 à 1905 d'Osip BrazDictionnaire Bénézit, OxfordArt online..

Elle voyage en 1902-1903 en Italie et s'établit à Paris en 1905-1906, où elle étudie à l'Académie de la Grande Chaumière, alors qu'elle vient d'épouser son cousin germain, Boris Anatolievitch Sérébriakov, futur ingénieur des chemins de fer de l'Empire russe.

Leur fils Alexandre Serebriakov et leur fille Catherine Serebriakova seront également peintres.

Premières années de création Ses premiers tableaux sont marqués par l'influence d'Ilia Répine. Elle peint la campagne russe et les traditions populaires, avec des formes fréquemment monumentales. Elle peint également des portraits et des nus. En 1909, son Autoportrait à la table de toilette, d'une modernité surprenante, attire l'attention sur ses créations. Elle voyage en Crimée en 1911.

Après la révolution russe En 1917, Zinaïda Serebriakova se trouve dans la propriété familiale de Neskoutchnoïe lorsqu' éclate la Révolution d'Octobre, et sa vie se trouve brutalement transformée.

Son mari Boris meurt en 1919 du typhus, contracté dans les prisons bolchéviques. Ruinée après la confiscation des biens familiaux, avec quatre enfants et sa mère malade à charge, elle abandonne l'huile pour dessiner au fusain et au crayon. Elle refuse de dessiner dans le style futuriste en vogue ou de faire les portraits de commissaires politiques puissants. Elle trouve un emploi au musée archéologique de Kharkov, où elle est chargée de reproduire les collections du musée.

Elle décide finalement de déménager à Petrograd en chez son grand-père. Son grand appartement a été divisé en chambres (les kommunalka) attribuées à des artistes et acteurs de théâtre. Zinaïda, en partageant cet appartement communautaire, peut dessiner leurs portraits et reprendre des forces morales.

Cependant la situation empirant et la ville souffrant de la faim du fait de la guerre civile entre les communistes et les armées blanches, elle se résout à émigrer à Paris en 1924.

Paris et Bruxelles vignette|gauche|Serebriakova Z., Autoportrait au foulard, 1911. Arrivée à l'automne 1924 à Paris, où elle reçoit une commande de grands panneaux décoratifs, Zinaïda Serebriakova est séparée de ses enfants et de sa mère restés en Russie. Ses deux cadets la rejoindront plus tard. Elle est alors tentée par une palette plus sombre.

Elle voyage en Afrique (sous passeport Nansen), à l'invitation du baron Jean de Brouwer, son mécène belge, en 1928 et en 1930 et se rend au Maroc. Elle est fascinée par les paysages de l'Atlas et dessine des femmes arabes et des paysages aux couleurs vives.

Elle séjourne avec son mari à Camaret en 1925 et 1926, et revient en Bretagne en 1934, cette fois-ci à Pont-l'Abbé, puis à Lesconil, et à partir de 1937 à Concarneau. À cette époque, elle peint un cycle de tableaux voués à la Bretagne, aux marins, réalisantant aussi de nombreux portraits de Bigoudènes.

Elle expose ses travaux marocains à la Galerie Bernheim jeune en 1929, et réalise des expositions particulières à la Galerie Charpentier à Paris en 1931 et 1932.

Elle reçoit la nationalité française en 1947. À partir de la mort de Staline, elle parvient progressivement à reprendre contact par courrier avec ses proches restés en Russie.

Une grande rétrospective de ses œuvres se tient en URSS en 1960, après 36 ans d'absence, organisée par sa fille Tatiana, décoratrice au théâtre d'art de Moscou.

À partir de 1966, ses tableaux sont de plus en plus exposés en Union soviétique, surtout à Moscou, Léningrad et Kyiv. Elle meurt en 1967 à ParisActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 3971, vue 9/11.. Elle est enterrée au cimetière soviétique de Sainte-Geneviève-des-Bois, à côté de Paris.

En 2002 à Paris est créée la Fondation Sérébriakoff, qui a pour but de préserver et mettre en valeur l’œuvre des artistes de la famille Sérébriakoff-Lanceray.

Signature et surnoms Elle signe habituellement ses toiles Z. Serebriakova en caractères latins ou cyrilliques. Elle se fait aussi appeler, de l'ancienne transcription française des noms russes usitée jusque dans les années 1960, Serebriakoffcf. Rusakova, 2006.. Ses intimes l'appellent affectueusement Zika ou Zinacf. Serebriakova, 1987..

Expositions rétrospectives

Kunstmuseum Basel, exposition « Born in Ukraine », du au : Autoportrait (1923/1924) et Modèle endormi (1941).

Quelques œuvres TitreAnnéetechniqueVisibleAutoportrait à la toilette1909 galerie TretiakovAutoportrait au foulard1911 La Baigneuse1911 Musée russe de Saint-PetersbourgFille avec bougie (autoportrait)1911 Bania1913 Musée russe de Saint-PétersbourgAu déjeuner1914 galerie Tretiakov)La Moisson1915 Musée d'OdessaLes Blanchisseuses1917 galerie TretiakovPortrait du peintre Dimitri Bouchène1922 Plage près de Camaret1925gouacheLes œuvres françaises sontconservées à la Fondation Sérébriakoff, à Paris etreproduites dans le livre Les Tas de Pois1925gouacheFemme de Camaret faisant du crochet1926pastelPeintre dessinant la plage à Camaret-sur-Mer1926gouache sur cartonPortrait d'Anne Cornu (Camaret)1926pastelLe marché à Pont-l'Abbé1934gouacheLa place du marché à Pont-l'Abbé1934pastelFemme de Pont-l'Abbé en costume traditionnel1934pastel sur papierBigoudène près de son lit ouBigoudène les mains croisées1934pastel sur papierBretonne (Bigoudène) avec son enfant1934pastel sur papierMaison à la Vierge à Pont-l'Abbé1934gouache et aquarelleIntérieur de l'église de Pont-l'Abbé1934gouache et aquarelleDenis Larzul, pêcheur à Lesconil1934pastelMarché de Lesconil1934pastelBretonne de Concarneau1937pastel

Notes et références

Annexes Articles connexes Le Bain Alexandre Serebriakoff Catherine Serebriakoff Famille Benois Au déjeuner

Liens externes

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