Yul Brynner, né Yuliy Borisovich Bryner (en cyrillique ), est un acteur russo-américain. Il est né d'un père mongol puis suisse et d'une mère russe, le à Vladivostok ou sur l'île Sakhaline (république d'Extrême-Orient), et mort le à New York (États-Unis). Entre 1949 et 1976, il tourne dans une quarantaine de films.
Il devient largement connu pour son interprétation du roi Mongkut dans la comédie musicale Le Roi et moi (1951) pour laquelle il remporte deux Tony Awards, et remporte ensuite un Oscar pour l'adaptation cinématographique en 1956. Il joue ce rôle sur scène et se fait connaître à cette occasion pour son crâne rasé, qu'il a conservé comme marque personnelle longtemps après l'avoir adopté pour Le Roi et moi.
Yul Brynner joue également le rôle de Ramsès II dans l'épopée biblique de Cecil B. DeMille, Les Dix Commandements (1956). Il incarne la même année le général Bounine dans le film Anastasia, puis le tireur Chris Adams dans Les Sept Mercenaires (1960) et sa première suite Le Retour des sept (1966), ainsi que l'androïde « The Gunslinger » dans Mondwest (1973) et sa suite Les Rescapés du futur (1976).
Il travaille également comme acrobate de cirque, mannequin, réalisateur de télévision et photographe, et est l'auteur de plusieurs livres, notamment sur la photographie, une de ses passions.
Biographie Mystère sur ses origines Jouant sur le mystère qu'il entretenait sur ses origines, Yul Brynner a rendu son existence encore plus exotique qu'elle ne l'était déjà. Il a souvent prétendu s’appeler Taidje Khan, être mi-japonais, mi-suisse, et être né sur l’île de Sakhaline en 1915 ou en 1920Site allocine.fr, page sur Yul Brynner, consulté le .Site https://mediatheque.lekiosque-poleculturel.fr, page sur Yul Brynner, consulté le .. Parfois, il prétendait aussi être originaire d'une famille rom de Sakhaline. En France, durant les , on pouvait d'ailleurs l'entendre jouer des morceaux tziganes avec ses amis.
Au moment de sa mort, on ignorait encore la vérité ; elle ne sera dévoilée que des années plus tard par son fils Rock Brynner. Néanmoins, aujourd'hui encore, son année de naissance est sujette à caution.Yul Brynner est enregistré sous la cote #108-18-2984 à la Social Security Administration. Il est désigné comme étant né en 1920, selon le Social Security Death Index, ce que confirme la biographie que son fils lui a consacrée, alors que d'autres sources indiquent 1915, voire encore plus tôt d'après l'allégation de Fernandel en 1958..
Famille gauche|vignette|Manoir de Julius Bryner, devant lequel trône la statue de son petit-fils Juli (l'acteur Yul Brynner), rue Aleutskaya à Vladivostok.
Yuliy Borisovich Bryner naît le Déclaration d'intention des États-Unis (document 541593), Record Group 21 : Records of District Courts of the United States, 1685-2004, déposée le 4 juin 1943 à Vladivostok en RussieD'après l'inscription portée sur sa pierre tombale, située en pleine nature, près de Richelieu (Indre-et-Loire)..
Il est le fils de Boris Ioulievitch Bryner (1889-1949) — un ingénieur des mines d'origine suisse par son père (Julius Joseph Bryner, né en 1849 à La Roche.) ainsi que russe et de l'ethnie mongole des Bouriates par sa mère (Natalia Iossifovna Kourkoutova, originaire d'Irkoutsk) — et de Maroussia (Maria) Dimitrievna (1889-1943) née Blagovidova à Penza — fille d’un médecin d'origine russe Dmitry Ievrgafovitch Blagovidov et d'Anna Timofeevna Kireeva) . — ses parents s'étant mariés vers 1910. Sa mère Marousya a étudié au conservatoire de Saint-Pétersbourg pour devenir actrice et chanteuse mais c'est sa fille Vera (1912-1967) qui deviendra chanteuse lyrique et actrice, et son fils Yul acteurCapua, op. cit., p. 5.
Son grand-père suisse, Iulii Ivanovich Briner dit Julius Joseph Bryner (1849-1920), est un entrepreneur de grande envergure qui a joué un rôle notable dans l'industrialisation de la région de Vladivostok ; déjà en 1888, il exporte du bois vers la Chine, importe de la soie de Shanghai, possède des succursales en Extrême-Orient puis il s'installe à Vladivostok pour prendre la nationalité russe en 1890 et devient copropriétaire de la Compagnie maritime d'Extrême-Orient (Fesco, pour Far-East Sailing Company), possède plusieurs bâtiments à Vladivostok où se trouvent sa société Bryner, Kuznetsov & Co. s'occupant du stockage et de l'expédition des marchandises du port et un qu'il fait construire en 1913 dans le style Art nouveau romantique par l'architecte (dans lequel Yul Brynner serait né), ainsi que des monopoles pour l'exploitation des ressources naturelles (métaux, charbon, or) de la région (Tetukhe aujourd'hui Dalnegorsk, Primorye et la Société d’exploitation des placers Sofie Alexieeva). Son grand-père a aussi un domaine à Oust-Sidimi, et la crypte familiale se trouve d'ailleurs toujours dans ce village du sud du Primorié. Les parents Boris et Marousya le prénomment Juli en l'honneur de son grand-père paternelGoogle livre « Yalta et autres promenades : Carnet de voyage » de Karl Schlögel, note 73, consulté le ..
Au moment de la révolution russe de 1917, sa famille, aisée, fuit l'Empire russe, et s'installe surtout à Nice où existait déjà une communauté russe. Son père Boris qui a étudié à Pétrograd pour revenir à Vladivostok, devient ministre de l'Industrie et du Commerce de la république d'Extrême-Orient pendant la guerre civile de 1920. La famille Bryner fait ensuite de nombreux allers-retours entre la France et la Russie, surtout aux périodes où la situation est plus calme, par exemple, lors de la période de la nouvelle politique économique (NEP) en Russie bolchévique. Mais après l'avènement de Staline, à la fin des , sa famille quitte définitivement la Russie.
Débuts en France Le , alors qu'il est invité avec le comédien Fernandel à l'émission 36 chandelles de Jean Nohain, Fernandel (né en 1903) raconte que Yul Brynner avait le même âge que luiIl est toutefois très improbable que Yul Brynner soit né en 1903 si ses deux parents sont effectivement nés en 1889., et qu'il l'avait croisé en 1924 à l'ABC, une salle de spectacles de cabaret de Marseille où il jouait de la musique tziganeINA, 36 Chandelles, Jean Nohain, 15 avril 1958. Brynner déclarera également avoir assisté à plusieurs spectacles de Fernandel à l'Alcazar de Marseille, entre 1924 et 1927, et qu'ils étaient bons amis avec Bréols (né en 1905) et Andrex (né en 1907). Par l'intermédiaire de Fernandel, Yul Bryner fera la connaissance de Jean Cocteau et Marcel Pagnol.
En 1927, lorsque Boris Bryner quitte le domicile conjugal et abandonne sa famille, Marousia emmène ses enfants Yul et VeraVera Brynner deviendra chanteuse lyrique aux Etats-Unis et mourra d'un cancer en 1967. Aperçu en ligne : NYTimes du 15 décembre 1967, p. 63 à Harbin en Chine, où ils fréquentent une école tenue par une Union chrétienne de jeunes gens (YMCA). Puis, en 1934, tous les trois s'installent à Paris.
Quand il arrive à Paris en 1934, Juli Bryner semble avoir bien plus que , sans doute plus de . En effet, il s'exprime déjà très bien en français, et en d'autres langues étrangères, dont l'anglais et l'allemand. La famille déménage souvent puis s'installe rue Catulle-Mendès dans le Capua, op. cit., p. 7.
Pour gagner sa vie, il joue de la guitare dans des clubs de nuit, se liant à des musiciens tziganesCapua, op. cit., p. 8. Il restera toute sa vie sensible à la musique tzigane et proche de la communauté. Il pose également nu pour le photographe George Platt Lynes.. Il rencontre des intellectuels tels que Jean Cocteau qui le fait participer à certains de ses projets.
Il est ensuite embauché dans la troupe du Cirque d'Hiver à Paris comme trapéziste, où il observe le jeu des clowns et mimes puis fait la connaissance de Georges et Ludmilla Pitoëff. Une grave chute de trapèze lui cause une quarantaine de fractures, et il doit abandonner le cirque. Georges et Ludmilla Pitoëff l'engagent au théâtre des Mathurins en tant que machiniste..
Départ pour les États-Unis vignette|gauche|Yul Brynner le lors de son entrée aux États-Unis. vignette|Signature de Yul Brynner sur sa déclaration d'intention d'immigration en 1943.
Dès 1941 ou 1943, Juli Bryner part pour les États-Unis afin d’étudier le théâtre avec Michel Tchekhov. Lors de son entrée dans le pays, il aurait menti sur son âge, car les services de l'immigration acceptaient rarement des individus célibataires, âgés de plus de , d'autant qu'il était difficile de prouver aux usines, ou entreprises, ou plus généralement, au marché du travail américain que l'individu avait une solide expérience professionnelle.
Il travaille dans un premier temps comme speaker auprès de l'Office de l'information de guerre (US Office of War Information) qui diffuse des programmes à destination de la France occupée. Il étudie également le théâtre, pose comme modèle et commence à se produire à Broadway sous le nom de Youl Bryner.
Carrière internationale vignette|redresse|Programme de 1977 de la pièce Le Roi et moi.
Yul Brynner fait ses débuts au cinéma en 1949 dans La Brigade des stupéfiants, l'un des seuls films avec ses cheveux naturels. avec Les boucaniers. À partir de 1951, il se rend célèbre en interprétant son plus grand rôle, le roi de Siam Mongkut dans la comédie musicale de Richard Rodgers et , Le Roi et moi. Il interprète le rôle dans la production originale mais aussi dans sa reprise sur scène à Broadway en 1977, dans celle de en 1979 et dans une autre reprise de en 1985.
Pour ce rôle, il reçoit en 1952 le Tony Award du meilleur second rôle masculin dans une comédie musicale. Il joue au théâtre le Roi de Siam. La comédie musicale est transposée au cinéma en 1956 par Walter Lang, l'acteur y reprenant son rôle. Pour cette prestation, celui qui se fait désormais connaître sous le nom de Yul Brynner remporte l’Oscar du meilleur acteur. Le film fit l'objet d'une adaptation pour la télévision diffusée sur CBS en 1972 de la fondation Bolle à l'occasion de l'exposition sur Yul Brynner en 2015, consulté le .. Yul Brynner fait partie des neuf acteurs à avoir gagné à la fois un Tony Award et un Oscar pour le même rôle.
vignette|gauche|Gertrude Lawrence et Yul Brynner dans la comédie musicale Le Roi et moi (1951).
En 1951, pour son rôle dans Le Roi et moi, il se rase la tête. À la suite de l'énorme succès de cette production à et du film au cinéma, il continua à se raser la tête pour le reste de sa vie, bien qu'il portât parfois une perruque pour certains rôles. Se raser la tête à cette époque était très inhabituel, ce qui contribua à lui donner une image d'icône de son temps. Par admiration, des fans se rasèrent aussi la tête et ce style prit le nom de coupe à la Yul Brynner. À partir de 1964, il se rasera aussi les sourcils, ce qui aura pour effet de le rajeunir, ou de masquer son âge, alors qu'en 1964, certains médias et gens du métier du cinéma affirmaient qu'il avait plus de .
vignette|redresse|Yul Brynner dans Les Dix Commandements (1956).
En 1956, si Yul Brynner connaît un grand succès en apparaissant dans la version cinéma du Roi et Moi, il l'amplifie, cette même année, dans Les Dix Commandements avec Charlton Heston, et dans Anastasia avec Ingrid Bergman. Yul Brynner était préoccupé par sa présence à l'écran face à l'aura que dégageait Charlton Heston. Pour y remédier, il s'astreignit à un programme de musculation intensive.