Alexandre Dumas (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né le à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le au hameau de Puys, ancienne commune de Neuville-lès-Dieppe, aujourd'hui intégrée à Dieppe (Seine-Maritime).

Il est le fils de Marie-Louise Labouret (1769-1838) et Thomas Alexandre Dumas (1762-1806; né à Saint-Domingue, actuelle Haïti; dit « le général Dumas »).

Il est le père des écrivains Henry Bauër (1851-1915) et Alexandre Dumas (1824-1895, dit « Dumas fils », auteur de La Dame aux camélias).

Proche des romantiques et tourné vers le théâtre, Alexandre Dumas écrit d'abord un vaudeville à succès et des drames historiques comme Henri III et sa cour (1829), La Tour de Nesle (1832), Kean (1836). Auteur prolifique, il s'oriente ensuite vers les romans historiques avec sa trilogie des mousquetaires : Les Trois Mousquetaires (1844), Vingt Ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847-1850), mais aussi Le Comte de Monte-Cristo (1844-1846), La Reine Margot (1845) ou encore La Dame de Monsoreau (1846).

La paternité de certaines de ses œuvres lui est contestée. Dumas fut ainsi soupçonné par plusieurs critiques de son époque d'avoir eu recours à des prête-plumes, notamment Auguste Maquet. Toutefois les recherches contemporaines ont montré que Dumas avait mis en place une coopération avec ce dernier : Dumas s'occupait de choisir le thème général et modifiait les ébauches de Maquet pour les rendre plus dynamiques. On ne peut donc lui nier la paternité de son œuvre, même s'il n'aurait peut-être pas pu réaliser tous ses chefs-d'œuvre des années 1844–1850 sans la présence à ses côtés d'un collaborateur à tout faire efficace et discret.

L'œuvre d'Alexandre Dumas est universelle ; selon l’Index Translationum, avec un total de , il vient au treizième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère..

Biographie Enfance vignette|redresse|Le général Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, père d'Alexandre Dumas.|gauche vignette|redresse|Marie Dumas, née Marie Louise Élisabeth Labouret. Dessin anonyme, 1841, musée Alexandre Dumas. Officiellement nommé Alexandre Davy de la Pailleterie, Alexandre Dumas naît le à Villers-Cotterêts (Aisne) de l'union de Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie, né à Saint-Domingue (actuelle Haïti), métis aux origines normandesLes Davy de la Pailleterie, seigneurs de Bielleville, dont les origines remontent au , ont possédé le Manoir de Bielleville à Rouville - Gilles Henry, Alexandre Dumas en Normandie, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1993. . et créoles., général d'armée ayant fait une brillante carrière pendant la Révolution française, avec Marie-Louise-Élisabeth Labouret, fille de Claude Labouret, aubergiste à l’Écu d'or à Villers-CotterêtsActe de mariage des parents d'Alexandre Dumas, Archives départementales de l'Aisne, état civil de la commune de Villers-Cotterêts, année 1792., commune où la maison natale est visible au 46 de l'ancienne rue Lormet, rebaptisée rue Alexandre-Dumas.

vignette|gauche|redresse|Maison natale d'Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts.

L'enfant a pour marraine sa sœur, Aimée-Alexandrine Dumas (son aînée de neuf ans) et pour parrain le maréchal d'Empire Guillaume Brune.

Entre 1804 et 1806, c’est au château des Fossés, loué par son père, qu’Alexandre Dumas a fixé ses tout premiers souvenirs :

On retrouve ces tout premiers souvenirs dans son œuvre :

Le général Dumas meurt le , quatre ans après la naissance de son fils. Alexandre Dumas a pour aïeulsBiographie de Dumas sur Alliance Haiti. un marquis désargenté qui immigra en 1760 à l'île de Saint-Domingue et une esclave ou affranchie noire du nom de Marie-Cessette DumasClaude Schopp, Biographie sur le site de la Société des amis d'Alexandre Dumas.. Sa mère, Marie-Louise Labouret, revient chez ses parents dans l'ancien hôtel de l’Épée à Villers-CotterêtsSelon Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires, Folio Classique, Gallimard, Paris, 2001, .. Les grands-parents maternels élèvent Alexandre et sa sœur.

Formation et éducation Il a neuf ans lorsqu'il entre au "collège de l'abbé Grégoire", petite école à Villers-Cotterêts. Il y reçoit les bases, très sommaires, de l'instruction primaire. Il y reste élève jusqu'en 1813.

À treize ans, le petit Alexandre ne sait presque rien, il a pour seule éducation ses lectures de la Bible, de récits mythologiques, de l’Histoire naturelle de Buffon, de Robinson Crusoé et des Contes des mille et une nuits. Cependant, sa calligraphie est exceptionnelle. Il est engagé en comme coursier dans une étude de notaire, celle de maître Mennesson, un proche de la famille. Cependant l'abbé Louis Chrysostome Grégoire, vicaire de Villers-Cotterêts et directeur du collège qui porte son nom, l'aide beaucoup, et Dumas lui en sera toujours reconnaissant et fera son portrait de tolérance religieuse et d'ouverture d'esprit en 1854 dans un de ses romans, Catherine Blum.

En 1819, Alexandre fait la connaissance d'Adolphe de Leuven qui a le même âge et l'initie à la poésie moderne. Ils ont également l'occasion d'écrire ensemble en 1820 et 1821 des drames et des vaudevilles, dont les premiers sont tous refusés. Ivanhoé, écrite en 1822 et publiée en 1974, est la plus ancienne pièce conservée de DumasIvanhoë sur dumaspere.com..

Le départ pour Paris (1823) vignette|Plaque au 25 rue de l'Université ( de Paris), où il vit de 1829 à 1831 et écrit Antony.

Jusqu'en 1822, Dumas vit à Villers qu'il quitte pour Paris avec en poche, pour échapper à la pauvretéSa mère lui déclare que le patrimoine familial s'élève à . et aux humiliations que sa mère et lui connaissent depuis la mort du général et, plus encore, depuis celle de Claude Labouret, son grand-père maternel.

Il trouve une place de clerc de notaire et découvre la Comédie-Française. C'est le début d'une vie nouvelle pour Alexandre lorsqu'il fait la rencontre du grand acteur de l'époque, Talma. L'année suivante, grâce à la protectionYoujun Peng, La Nation chez Alexandre Dumas, éd. L'Harmattan, 2003. du général Foy, il travaille dans les bureaux du secrétariat du duc d'Orléans et peut enfin faire venir sa mère à Paris. Il découvre les salons parisiens et multiplie les liaisons.

Alexandre Dumas et le racisme Dumas est souvent en butte aux sarcasmes racistes de ses contemporains qui s'attirent des répliques cinglantes. Ainsi lors d'une discussion animée à propos de la récente théorie de l'évolution de Charles Darwin (qu'il défendait), un contradicteur lui dit :

On rapporte également que Mademoiselle Mars s'écrie après avoir reçu chez elle l'écrivain : « Il pue le nègre. Ses cheveux sentent le nègre. Il est venu, ouvrez toutes les fenêtres. » Ultérieurement, dans les années 1850, les cheveux crépus ébouriffés de Dumas dans la photographie de Nadar seront détournés par nombre de caricaturistes comme image matrice de leurs portraits-charge...

Enfants, mariage et liaisons Un an après son arrivée à Paris, le , nait son fils Alexandre, fruit de sa liaison avec Laure Labay (1793-1868)., qui exerce le métier de couturière et est sa voisine de palier à la place des ItaliensAndré Maurois, Les Trois Dumas, éd.Hachette, 1957..

L'enfant est illégitime jusqu'à ce que Dumas le reconnaissePaul Guth, Histoire de la littérature française, éd. Flammarion, 1981. le , quelques jours après la naissance de sa fille Marie Alexandrine (le ). Née de la liaison avec l'actrice Belle Kreilssamner (1800-1875), Marie Alexandrine Dumas, parfois écrit Marie Alexandre (1831-1878), deviendra, à son tour, femme de lettres, écrivaine et femme peintre.

Alexandre Dumas épouse le à Paris () l'actrice Ida Ferrier (née Marguerite-Joséphine Ferrand, 1811-1859) et s'installe avec elle à Florence. Ida Ferrier et Alexandre Dumas se séparent en 1844.

Dumas a de nombreuses autres liaisons et au moins deux autres enfants naturels : Henry Bauër (né en 1851, fils d'Anna Bauër) et Micaëlla-Clélie-Josepha-Élisabeth Cordier (née en 1860, fille de l'actrice Émélie Cordier).

Il aura une dernière aventure avec l'actrice américaine Adah Isaacs Menken (1835-1868) rencontrée au début 1867.

La consécration au théâtre (1828-1836) Alexandre Dumas écrit avec Adolphe Leuven et l'assistance de Pierre-Joseph Rousseau (1797-1849) le vaudeville en un acte La Chasse et l'Amour qui connaît un grand succès en . C'est aussi la période où Dumas découvre les « Romantiques » et va beaucoup au théâtre. Il écrit son premier drame historique, Henri III et sa cour en 1828. La pièce, présentée à la Comédie-Française le , connaît un énorme succès. Manifeste du théâtre romantique, elle est qualifiée de « scandale en prose », un an avant Hernani, la pièce de Victor Hugo, qualifiée de « scandale en vers » à sa création en .

Dans ses mémoires, Dumas explique sa manière : « Je commence par combiner une fable ; je tâche de la faire romanesque, tendre, dramatique, et, lorsque la part du cœur et de l’imagination est trouvée, je cherche dans l’histoire un cadre où la mettre. » Cependant, il connaît son infériorité devant Victor Hugo, versificateur de génie, auteur de Marion Delorme, pièce pour laquelle il professe une admiration fidèle :

Dumas s'engage dans les Trois Glorieuses (la Révolution de ).

Ses principaux succès après Henri III et sa cour (1829), sont Christine (), Antony, qui triomphe le , La Tour de Nesle (, qui reste à l'affiche pendant plus de huit cents représentations successives) et Kean ().

Il connaît la notoriété en tant que dramaturge mais dilapide ses revenus, il écrit alors beaucoup de pièces médiocres si bien que le public se lasse.

Premiers voyages En 1832, pour fuir le choléra qui frappe Paris, Dumas voyage en Suisse où il rencontre Chateaubriand, puis en Italie du Nord. Il en rapporte ses premières Impressions de voyage. Suivent des voyages en Italie (toute l'année 1835) puis en Allemagne et Belgique en et .

En 1837, il s'entremet auprès de la duchesse d'Orléans pour qu'elle prenne comme professeur de dessin son ami le peintre de paysage Paul Huet. Cela l'amuse qu'un républicain se mette au service de la noblesse.

En 1840, il est candidat à l'Académie française..

D' au début , Dumas fit un voyage en Espagne puis en Algérie, accompagné de son fils, Alexandre, et de son collaborateur Auguste Maquet.

Les romans-feuilletons Après 1830, se développe en France la presse à grand tirage touchant la moyenne et petite bourgeoisie. En 1836, Émile de Girardin invente un nouveau journal à prix modique, La Presse et crée le roman-feuilleton. La Presse publie le premier feuilleton-roman (un épisode chaque semaine) : Règnes de Philippe VI de France et d'Édouard III d'Angleterre d’Alexandre Dumas, en sept feuilletons du au , suivis le de Règnes d'Édouard III, de Daniel Bruce d'Écosse et de Philippe le Valois (ces récits seront publiés en volume en 1839 sous le titre La Comtesse de Salisbury). Puis, c'est le succès en 1838 du Capitaine Paul, roman adapté d'une pièce de théâtre qui avait été refusée. Il publie ensuite avec des collaborateurs les récits des Crimes célèbres (1838-1840).

vignette|gauche|Première parution des Trois Mousquetaires dans Le Siècle du 14 mars 1844. Le feuilleton occupe le bas des pages 1,2 et 3, ce qui permet de ne pas débiter le roman en tranches trop maigres.

En 1840, Auguste Maquet, jeune auteur de théâtre que Gérard de Nerval lui avait présenté en 1838, lui amène le manuscrit d'une nouvelle Le Bonhomme Buvat ou la Conspiration de Cellamare. Ce court roman, très largement augmenté par Dumas et renommé Le Chevalier d'Harmental, paraît sous le seul nom de Dumas dans La Presse en 1842 (Maquet reçut une compensation financière de huit mille francs). Parmi les concurrents de Dumas. Eugène Sue connaît un immense succès avec Les Mystères de Paris parus de 1842 à 1843 dans le Journal des débats. Dumas comprend qu'il y a de l'argent à gagner et une place à prendre. Le , son coup d'essai, Les Trois Mousquetaires, est un coup de maître et fait grimper les ventes du journal Le Siècle.