La commission internationale anglicane-catholique romaine (connue en anglais sous l'acronyme ARCIC) est une instance de dialogue œcuménique établie en 1967, un an après la rencontre historique entre l’archevêque de Canterbury Michael Ramsey et le pape Paul VI. Elle a pour but de faciliter la réunion ecclésiologique de la communion anglicane et de l'Église catholique romaine et d'adopter des positions communes dans les débats sociaux et éthiques.

La première phase des discussions (ARCIC - I)

Des réunions préliminairesOrganisation générale des rencontres. ont eu lieu en Italie, en Angleterre et à Malte, où fut adopté le rapport de MalteTexte du rapport de Malte..

La première phase des discussions œcuméniques fut tenue sous les auspices des évêques , archevêque anglican de Dublin, et , évêque catholique d'Est Anglie. Une déclaration commune fut signée en 1971 sur le thème de « la doctrine eucharistique »Texte de la déclaration sur la doctrine eucharistique.. D'autres débats suivent, au sujet du « ministère et de l'ordination » conclu par une déclaration commune en 1973Texte de la déclaration sur ministère et ordination., puis de « l'autorité dans l'Église » qui donne lieu à deux déclarations en 1976Texte de la première déclaration sur l'autorité. et 1981Texte de la deuxième déclaration sur l'autorité.. L'ensemble est regroupé en un rapport finalTexte du Rapport final pour ARCIC - I. qui sera publié en 1981. Ce document est ratifié par la communion anglicane lors de la conférence de Lambeth de 1988Voir la réponse de la conférence de Lambeth., parlant d'accord substantiel avec la foi des anglicans.

L'Église catholique donne sa propre réponse en 1991. Si elle salue les travaux accomplis et les points d'accord dégagés, elle constate qu'un tel accord n'est pas possible sur tous les points soumis à la commission, et qu'« il reste entre anglicans et catholiques des différences importantes concernant des éléments essentiels de la foi catholique. »Voir la réponse de l'Église catholique. Certains commentateurs de tendance conservatrice ont considéré qu'il s'agissait d'un désaveu des travaux de l'ARCIC. Selon eux, cet échec est dû à la volonté pressante des représentants catholiques de conclure un accord, fût-ce au prix de formulations d'une inacceptable ambiguïté Michael Davies, Truth Prevails (The Vatican Response to ARCIC), Christian Order, juin-juillet 1992. Peter W. Miller, The Futility of ARCIC, Seattle Catholic, février 2002..

La deuxième phase des discussions (ARCIC - II)

La deuxième phase des discussions eut lieu à partir de 1983 avec les représentants anglicans (évêque de Birmingham), puis Frank Griswold (évêque président de l'Église épiscopale des États-Unis), et enfin (archevêque de Perth et primat d'Australie). La partie catholique est dirigée par Cormac Murphy-O'Connor évêque d'Arundel et Brighton puis , archevêque de Seattle. Les sujets de dialogue incluent alors la sotériologie (déclaration sur « Le Salut et l’Église » de 1986Texte de la déclaration sur le salut et l'Église.), la communion ecclésiale (« La vie en Christ : morale, communion, Église » en 1993Texte de la déclaration sur la communion ecclésiale.). En 1999 est publiée une troisième déclaration commune sur l'autorité magistérielleTexte de la troisième déclaration sur l'autorité.. En 2005 est abordé le rôle de Marie en tant que Theotokos (« Marie : Grâce et espérance dans le Christ », 2005Texte de la déclaration sur Marie.).

{Un document publié en 2007 acheva cette deuxième série de discussions en demandant à la partie anglicane de réfléchir davantage au rôle donné au pontife romain en tant qu'arbitre suprême ecclésiastiqueconsultable sur le site www.vatican.va : GRANDIR ENSEMBLE DANS L’UNITÉ ET LA MISSION, Bâtir sur 40 ans de dialogue entre anglicans et catholiques romains, Rapport commun de la Commission internationale pour l’unité et la mission.

Les difficultés

Toutefois, les travaux de la commission ont été paralysés depuis au moins 1993 lorsque l'Église d'Angleterre a voté en faveur de l'ordination des femmes. Les discussions ont été interrompues en 2003 lorsque l'évêque homosexuel Gene Robinson fut élu à la tête du diocèse épiscopalien du New HampshireLa Communion anglicane et l'Église romaine, site de la conférence des évêques de France.. Contre l'avis de la majorité de la Communion anglicane et notamment de l'archevêque de Canterbury, l'évêque président Frank Griswold consacre Robinson, mais il démissionne alors de son poste de président de la partie anglicane dans les discussions ARCIC Texte de la lettre de démission.

De plus, la question des femmes évêques divise actuellement la communion anglicane de l'intérieur, ce qui oblige en pratique à interrompre le dialogue avec la hiérarchie catholique.

Certains commentateurs ont vu dans la publication de la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant l'intégration de groupes d'anglicans au sein de l'Église catholique romaine un abandon de la démarche de discussions bilatérales. En , le pape Benoît XVI et l'archevêque de Canterbury Rowan Williams annoncent cependant leur souhait de voir une troisième session de discussions ARCIC se mettre en place Draft Programme for ARCIC III, The Anglican Centre in Rome.. Le cardinal Levada confirme que les deux démarches seront poursuivies de front et indique que le mandat d'ARCIC III est de « faire avancer le dialogue bilatéral, sur le thème "Eglise comme Communion - locale et universelle", y compris le discernement de questions éthiques à ces deux niveaux et sur leur interaction »Le monde aspire à une unité symphonique, Intervention du cardinal Levada sur « Anglicanorum coetibus », agence ZENIT..

La troisième phase des discussions (ARCIC - III)

La troisième phase de discussions démarre le . Elle est hébergée par la communauté monastique œcuménique de Bose. Les groupes catholique et anglican sont présidés respectivement par l'archevêque de Birmingham Bernard Longley et l'archevêque de Nouvelle-Zélande . Les thèmes choisis sont les questions d'ecclésiologie, et la façon de discerner l'enseignement juste en matière d'éthique, à la fois aux niveaux local et universel. Les discussions comptent dix-huit participants, dont cinq femmes Cindy Wooden, Archbishop Longley to lead new round of Anglican-Catholic talks, Catholic Herald, 3 février 2011. La nomination de Bernard Longley, réputé théologien pointu et conservateur, est salué par la chroniqueuse religieuse comme un indice du sérieux avec lequel Rome envisage la discussion Ruth Gledhill, Archbishop Bernard Longley to be Catholic ARCIC co-chair, The Times, 18 décembre 2010.

Articles connexes

Anglicanorum coetibus

Notes et références

Déroulement des discussions et textes adoptés

Selon le site du (pages en anglais) :

Autres références

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