Le massacre de Khodjali a lieu dans la ville de Khodjali le pendant la première guerre du Haut-Karabagh. Il fait plusieurs centaines de victimes civiles.

Le massacre

Human Rights Watch déclare dans un rapport que :

thumb|Bloc-feuillet postal azerbaïdjanais, 2007.

Selon les autorités azerbaïdjanaises, le massacre a été commis par les forces armées arméniennes, lesquelles auraient été aidées par le régiment 366 de l'armée russe .. Le nombre officiel de victimes fourni par les autorités azerbaïdjanaises s'élève à 613 personnes civiles, dont 106 femmes et 83 enfants .

Du côté arménien, on rapporte que le massacre est une conséquence des opérations militaires de guerre, en partie dû au fait que les forces azerbaïdjanaises ont empêché l'évacuation des habitants de la ville ou se sont mêlées aux réfugiés . .. Les Arméniens déclarent également que la plupart de ceux qui ont pu s'enfuir grâce au couloir humanitaire ont été tués par les Azerbaïdjanais lorsqu'ils passèrent par Agdam, et cela a priori pour des raisons politiques .. Des sources azerbaïdjanaises sont citées en appui (ainsi que des accusations de falsification photographiques), comme cette déclaration d'Ayaz Mutalibov, président azerbaïdjanais au moment des faits, au journal russe Novoie Vremia () : « Il est clair que l'exécution de civils à Khodjaly fut organisée afin de légitimer un renversement en Azerbaïdjan » ..

Cette version, mettant en cause l'armée azerbaïdjanaise, est également confirmée par différents journalistes azerbaïdjanais. Ainsi, Eynulla Fatullayev, fondateur de Realny Azerbaïdjan et de Gundalik Azerbaïdjan, publie un article dans lequel il affirme que les forces armées azerbaïdjanaises partagent avec l’armée arménienne la responsabilité de la mort des centaines de victimes civiles tuées lors de l’attaque de Khodjaly. Cet article vaut au journaliste une condamnation à deux ans et demi de prison pour diffamation et insultes envers les Azerbaïdjanais..

Cependant, dans une interview accordée à Thomas de Waal (), journaliste et écrivain britannique, Serge Sarkissian, président arménien, reconnait que l'armée arménienne a massacré des civils azerbaïdjanais à Khodjaly, en ajoutant : « (…) Avant Khodjaly, les Azerbaïdjanais pensaient qu’ils plaisantaient avec nous, ils pensaient que les Arméniens étaient des gens qui ne pouvaient pas lever la main contre la population civile. Nous avons pu briser cela [stéréotype]. Et c’est ce qui s’est passé. Et nous devons également tenir compte du fait que parmi ces gens se trouvaient des personnes qui avaient fui Bakou et Sumgaït. ».

Le directeur exécutif de Human Rights Watch déclare de son côté :

Le massacre de Khodjaly est décrit par Human Rights Watch comme étant « le plus grand massacre dans le conflit » du Haut-Karabagh. En ce qui concerne le nombre de civils tués au cours du massacre, Human Rights Watch affirme « qu'il n'y a pas de chiffres exacts sur le nombre de victimes parmi les civils azerbaïdjanais étant donné que les forces arméniennes du Karabagh prirent le contrôle de la région après le massacre ». Un rapport réalisé par Human Rights Watch en 1993 fait état d'au moins 161 morts. D'après Human Rights Watch, alors qu'il est largement admis que 200 Azéris ont été tués, il se pourrait qu'entre 500 et aient trouvé la mort.

Selon le chef de la délégation de la Croix-Rouge François Zen Ruffinen, interrogé par le Los Angeles Times le : « 580 corps ont été reçus à la mosquée d'Agdam en provenance de Khodjaly, la plupart d'entre eux étant des civils. Nous n'avons pas compté les corps. Mais le chiffre semble réaliste. Il n'est pas fantaisiste. Nous en avons une idée puisque nous avons fourni les housses mortuaires et les produits pour laver les morts. »

Qualification par le gouvernement azerbaïdjanais

Ce massacre est appelé par le gouvernement azerbaïdjanais « génocide de Khodjaly », comme en témoigne la déclaration écrite 324 soumise par des membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Cette déclaration, qui a recueilli 30 signatures (dont 20 représentant les délégués azerbaïdjanais et turcs) sur les 618 délégués du Conseil de l'Europe affirme que « les Arméniens ont massacré l'entière population de Khodjaly et ont totalement détruit la ville » et appelle l'Assemblée du Conseil de l'Europe à reconnaître le massacre de Khodjaly comme faisant partie du « génocide perpétré par les Arméniens contre la population azérie »..

L'utilisation du terme de génocide pour qualifier les événements de Khodjaly n'a pas été retenue par les Nations unies, dont le Conseil de sécurité a adopté en 1993 la où il est fait allusion à des violations du droit humanitaire international avec mise en garde « à toutes les parties », sans aucune autre précision..

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Guerre du Haut-Karabagh Khodjaly 613 Musée commémoratif du génocide

Bibliographie

Svante E. Cornell, Small Nations and Great Powers: A Study of Ethnopolitical Conflict in the Caucasus, S. 94-96, S. 294, 2001 . Michael P. Croissant, The Armenia-Azerbaijan Conflict: Causes and Implications, S. 78-80, 1998 . Abbas Malek / Anandam P Kavoori (dir.), The Global Dynamics of News: Studies in International News Coverage and News Agenda, S. 184-187, 1999 Thomas De Waal, Black Garden: Armenia and Azerbaijan through Peace and War, NYU Press, 2004 , ch. 11 « August 1991 – May 1992: War Breaks Out ». Johannes Rau, Der Nagorny-Karabach-Konflikt (1988-2002), Verlag Dr. Köster, Berlin, 2003 . Jean-Emmanuel Medina, Après le Choc des civilisations, la convergence Pan-Anthropique - Réflexions sur la formation d'une civilisation universelle, Editions Kapaz, 2022.

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