La géographie (du grec ancien , composé de , « la Terre » et , « écrire, dessiner », puis du latin , littéralement traduit par « dessin de la Terre ».) est une science centrée sur le présent, ayant pour objet la description de la Terre et en particulier l'étude des phénomènes physiques, biologiques et humains qui se produisent sur le globe terrestre., à un certain niveau d'abstraction relative qui s'y prête, pluridisciplinarité comprise voire transdisciplinarité en un certain sens. En effet Yves Lacoste disait : Le portail de l'information géographique du gouvernement du Québec définit la géographie comme « une science de la connaissance de l'aspect actuel, naturel et humain de la surface terrestre. Elle permet de comprendre l'organisation spatiale de phénomènes (physiques ou humains) qui se manifestent dans notre environnement et façonnent notre monde »..
Elle se divise en trois branches principales : géographie mathématique qui est la première à être apparue avec « l'étude des formes et des dimensions de la Terre » à travers la géodésie ; géographie physique qui comprend des disciplines scientifiques intégrant les sciences naturelles ; géographie humaine qui comprend des disciplines scientifiques intégrant les sciences humaines et sociales.
Grâce aux progrès de l'astronomie et de l'astronautique, des formations sont maintenant connues ailleurs que sur cette planète, le terme est utilisé pour tous les objets célestes.
Évolution et étendue de la notion de géographie vignette|upright=1.2|alt=Carte du monde|Carte de la Terre. La première personne à utiliser le mot « géographie » était ÉratosthèneÉratosthène, Futura Sciences, https://www.futura-sciences.com/sciences/personnalites/univers-eratosthene-663/. (276-194 ) pour un ouvrage aujourd'hui perdu mais l'arrivée de la géographie est attribuée à Hérodote (484-420 ) ; aussi considéré comme étant le premier historien. Pour les Grecs, c'est la description rationnelle de la Terre en comprenant principalement la géographie physique. Il s'agit d'une science qui répond à une curiosité nouvelle, et qui va déterminer la géopolitique en définissant les territoires à conquérir et à tenir, ce qui implique la réalisation de cartes. Pour Strabon, la géographie est la base de la formation de celui qui voulait décider.
Quatre traditions historiques dans la recherche géographique sont l'analyse spatiale des phénomènes naturels et humains (la géographie comme une étude de la répartition des êtres vivants), des études territoriales (lieux et régions), l'étude des relations entre l'Homme et son environnement, et la recherche en sciences de la terre.
Avec l'évolution de la recherche scientifique, plusieurs domaines de la géographie ont évolué vers un statut de science à part entière. On peut citer la climatologie, l'océanographie, la cartographie, etc. ce qui a eu pour effet de principalement recentrer les activités du géographe sur les interactions humaines (aspect social) et de son rapport à son environnement (aspect spatial). Les géographie physique et mathématique sont les branches de la géographie qui ont le plus subit cette évolution des sciences alors que la géographie humaine a profité de ce changement pour passer de la géopolitique à une étude plus rationnelle et enrichie des rapports humains et des relations qu'ils entretiennent avec leurs environnements à travers des disciplines nouvelles.
Néanmoins, la géographie moderne est une discipline englobante qui cherche avant tout à mieux comprendre notre planète et toutes ses complexités humaines et naturelles, non seulement où les objets sont, via l'élaboration de cartes, mais comment ils ont changé et viennent à l'être. Longtemps les géographes ont perçu leur discipline comme une discipline carrefour (Jacqueline Bonnamour), « pont entre les sciences humaines et physiques ».. L'approche géographique d'un phénomène ne se limite pas uniquement à l'utilisation de la cartographie (l'étude des cartes). La grille de questionnement, associée à la cartographie, permet d'ajuster l'analyse de l'objet — l'espace — et d'expliquer pourquoi on trouve tel ou tel phénomène ici et pas ailleurs. La géographie s'applique donc à déterminer les causes, aussi bien naturelles qu'humaines ; et lorsqu'ils observent des différences, leurs conséquences.
Aujourd'hui, une division de la géographie en deux branches principales s'est imposée à l'usage, la géographie humaine et la géographie physique. Cependant la géographie reste par excellence une discipline de synthèse qui interroge à la fois « les traces » laissées par les sociétés (mise en valeur des espaces ou impacts) ou la nature (orogenèse des montagnes, impact du climat…) et les dynamiques en œuvre aussi bien dans les sociétés (émergence socio-économique de la façade asiatique pacifique, désindustrialisation progressive des pays développés à économie de marché) qu'au sein de l'environnement physique (« Changement global », montée du niveau marin…). La géographie s'intéresse donc à la fois aux héritages (physiques ou humains) et aux dynamiques (démographiques, socioéconomiques, culturelles, climatiques, etc.) présents dans les espaces.
Par ailleurs cette discipline tend à intégrer divers champs culturels tels que la peinture paysagistePeinture et géographie. Rencontre avec Roland Courtot par Les Cafés Géo, http://cafe-geo.net/peinture-et-geographie-rencontre-avec-roland-courtot/., le roman ou encore le cinémaGéographie et cinéma : modes d’emploi par Jean-François Staszak, https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2014-1-page-595.htm..
Histoire
Géographie antique vignette|upright=1.2|Diego Vélasquez, Le Géographe (1627-1630).
Dans le bassin méditerranéen, la géographie est à l'origine composée de mesures expérimentales et de récits sur des voyages et des lieux pour répertorier l'univers connu. Les cartes et l'exploration sont surtout le fait des savants du monde grec. Ainsi, Claude Ptolémée répertorie tout l'univers connu dans son ouvrage Géographie.. Anaximandre réalise l'une des premières cartes du monde connu.
Les Grecs ont eu un rôle important dans la création de la géographie. Thalès de Milet, Hérodote (auteur de la première chorographie), Ératosthène (première carte du monde connu – l'écoumène –, calcul de la circonférence terrestre), Hipparque, Aristote, Ptolémée ont apporté des contributions majeures à la discipline. Les Romains ont apporté de nouvelles techniques alors qu'ils cartographiaient de nouvelles régions.
Ces précurseurs développent quatre branches de la géographie qui vont perdurer jusqu'à la Renaissance : découvrir et explorer les continents ; mesurer l'espace terrestre (géodésie) ; situer la Terre dans les systèmes astronomiques (cosmographie) ; représenter l'espace terrestre (cartographie).
Époque moderne vignette|upright=1.2|Vermeer, Le Géographe, 1669, conservé au Städelsches Kunstinstitut, à Francfort-sur-le-Main. Après la Renaissance et les grandes découvertes, la géographie s'impose comme une discipline à part entière dans le domaine scientifique.
Nicolas Copernic développe la théorie de l'héliocentrisme selon laquelle le Soleil est au centre de l'Univers et que la Terre tourne autour du Soleil. Gérard Mercator publie en 1569 une mappemonde en dix-huit feuillets appelée « projection Mercator » qui fournit aux navigateurs une réelle description des contours des terres..
Époque contemporaine vignette|alt=illustration couleurs du portrait de Martha Krug-Genthe|Martha Krug-Genthe, première femme docteure en géographie au monde en 1901 Entre le , plusieurs courants se développent tentant de démontrer l'interaction entre l'homme et la nature, avec plus ou moins de succès et de rigueur d'approche : le courant déterministe, emmené par le géographe allemand Carl Ritter. Le déterminisme considère qu'une cause naturelle produit une conséquence sociale ; le courant environnementaliste, développé par le géographe allemand Friedrich Ratzel. Tout être vivant est le produit du milieu dans lequel il vit ; le courant possibiliste de Vidal de La Blache qui cherche à nuancer les approches précédentes. Il n'y a pas de déterminants géographiques, mais des possibilités que l'homme choisit, ou non, d'utiliser. La nature propose, l'homme dispose.
L'École française de géographie, créée par Paul Vidal de La Blache, développe aussi une spécificité : la géographie régionale. Il s'agit de traiter de l'unique, de la région (« idiographie » ou travail sur les spécificités), évitant ainsi les dérives nomothétiques, mais tombant dans une connaissance encyclopédique.
Élisée Reclus est l'auteur d'une encyclopédie (la Nouvelle Géographie universelle, en 19 tomes). Son regard géographique fut influencé par ses convictions anarchistes.. Les Grandes Mutations du La nouvelle géographie se développe à partir des années 1960 aux États-Unis et gagne la France, la Suisse et surtout l'Allemagne dans les années 1970. Elle est directement influencée par les géographies anglo-saxonnes et scandinaves. Inspirée par les mathématiques (statistiques) et les règles de l'économie, cette géographie tente d'établir des « lois » universelles (science nomothétique).
En créant des connaissances multidisciplinaires, la géographie donne des clés de lecture et d’analyse des grands enjeux contemporains liant espaces et sociétés. Elle s’adresse à divers publics : les politiques, les médias, les scientifiques, ainsi que la société dans son ensemble. Dans notre monde de plus en plus globalisé, cette discipline permet notamment d'appréhender de manière multiscalaire et critique les flux de biens, d'informations et de personnes afin de résoudre les défis posés par les changements climatiques, l'urbanisation, ou encore les migrations et les conflits armés. La géographie constitue ainsi un outil d'expertise et d’éducation de ces enjeux, permettant d'agir sur un plan local, national et global.
Branches scientifiques Géographie mathématique
La géographie mathématique se concentre sur la surface de la Terre, l'étude de sa représentation mathématique et sa relation à la Lune et au Soleil. Elle est la première forme de science géographique apparue pendant l'antiquité grecque et comprend aujourd'hui les disciplines scientifiques et techniques suivantes : la géodésie, science ayant pour objet l'étude de la forme et la mesure des dimensions de la Terre ; la cartographie, la réalisation et l'étude des cartes. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un support réduit représentant un espace réel ; la géographie astronomique ; la géomatique, développée , une branche de la géographie qui se distingue des précédentes par le recours à l'outil l'informatique pour analyser le territoire. Elle complète les systèmes d'information développés par ailleurs dans d'autres disciplines par une référence spatiale : la localisation géographique, couramment définie par un système de coordonnées géographiques (X, Y, Z). On distingue ainsi les systèmes d'information géographique (SIG) et la télédétection satellite ; l'analyse spatiale, qui recouvre un ensemble d'outils mais aussi de concepts permettant de modéliser les structures spatiales et d'analyser les dimensions spatiales de la vie en société ; la photogrammétrie, permettant de déterminer les dimensions et les volumes des objets à partir de mesures effectuées sur des photographies montrant les perspectives de ces objets ; la topographie.
Géographie physique