Raimon de Bollène ( ? – † ), dit aussi Raymond de Bollène, fut probablement chanoine de la cathédrale de Nice, puis archevêque d’Arles (1163-1182).

Biographie Raimon de Bollène est originaire du Comtat.

Une nomination disputée Il arrive sur le siège archiépiscopal d'Arles à la fin des guerres baussenques, période de tension entre les maisons de Toulouse et de Barcelone, ainsi qu'après le concile de Pavie (1160) qui excommunie le pape Alexandre III. Il ne semble pas toutefois succéder immédiatement à son prédécesseur, car il ne reçoit l'archevêché qu'en 1163. En effet, à la mort de Raimon de Montredon, archevêque d'Arles, le , il y a vacance : pas d'archevêque mentionné sur les listes épiscopales entre les deux Raimon GCN - [T.III], Arles (archevêques, conciles, prévôts, statuts) accessible ici sur Gallica. En revanche, Jean-Pierre Papon y place un certain Sylvius, archevêque de 1156 à 1163 Jean-Pierre Papon - Histoire générale de Provence, page 309, ici « Sylvius assista aux noces de l'empereur Frédéric Barberousse et de Béatrix de Bourgogne, célébrées en 1156. Deux modernes prétendent, que c'est à tort qu'on l'accuse d'avoir favorisé le parti de l'anti-pape Octavien , contre Alexandre III. Cependant il n'est pas permis d'en douter, puisqu'il adhéra au concile de Pavie en 1160, comme on peut le voir dans les conciles de Labbe , tome. 10, . On croit qu’il siégea jusqu’en 1163 » ; cette affirmation est toutefois à prendre avec précaution, ne serait-ce que par la certitude que Raimon de Montredon est encore archevêque en Martin Aurell - Actes de la famille Porcelet (972-1320), acte , daté de mars 1159 et qu'Octavien, l'antipape Victor IV ( - ) n'est nommé pape par l'empereur qu'en septembre 1159. Néanmoins entre cette date et 1163, date du début de l'archiépiscopat de Raimon de Bollène et probablement celle du décès de ce Sylvius, on peut supposer la présence d'un archevêque dissident qui aurait été effacé des listes épiscopales en raison de son soutien à Victor IV, contre le pape Alexandre III.

Archiépiscopat En 1166, à la mort du comte de Provence, Raimond-Bérenger II de ProvenceVers la fin mars 1166, au siège de Nice, le comte de Toulouse Raymond V divorce de sa femme, Constance de France, sœur de Louis VII, épouse la veuve du comte tué, Richilde, nièce de l'empereur Frédéric Barberousse, et s’empresse de s’emparer de la Provence. Mais dès le , le comte Alphonse II d'Aragon dit Alphonse le Chaste et en Provence, Alphonse de Provence, se trouve en Provence pour défendre le domaine familial et les combats entre les deux prétendants ravagent une fois de plus l'Argence et la Camargue. Le comte dispose de l'appui de Raimon de Bollène, qui lui cède les places fortes d'Albaron et de Fos, points stratégiques importants pour la défense de la Camargue.

Raimon intervient et grâce à sa médiation, un traité de paix est signé entre les deux princes le , dans l’île de Jarnègue à Tarascon. Il bénéficie alors des faveurs du nouveau comte Raimond-Bérenger III de Provence avec qui en août 1177, il partage des droits de l'atelier monétaire d'Arles.

Une des conséquences de ce conflit est le regain d’intérêt pour le royaume d'Arles de Frédéric Barberousse (1122-1190), empereur germanique depuis 1155 et suzerain de la Provence. Il souhaite reprendre le vieux titre de Roi d'Arles et rappeler ainsi de façon éclatante son autorité comme l’acte d’inféodation de 1162 Entre lui et les comtes de Provence. le prévoit. Il avait déjà confirmé les nombreux privilèges de l'Église d'Arles en 1153-1154 et était intervenu diplomatiquement dans les guerres Baussenques. Le ou le 30 juillet, cf. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet - La Provence au Moyen Âge, page 60 il se fait couronner dans la basilique Saint-Trophime par Raimon de Bollène en présence de tous les grands du royaume à l'exception toutefois du comte de Provence. Ce couronnement marque l’apogée de la puissance des archevêques d’Arles.

Dans la continuité de la réforme grégorienne, Raimon de Bollène s’attache à féodaliser les liens qui unit l’archevêque et ses vassaux. Toutefois, cette féodalisation est encore limitée et semble s’accompagner d'augmentation de fief. C’est le cas manifeste vis-à-vis de la puissante famille des Baux. Et déjà en 1178 ou 1179, l'archevêque Raimon de Bollène avait dû donner Mornas et Mondragon en augment de fief à Raymond V pour obtenir son hommage pour la terre d'Argence.

Après avoir participé au troisième concile du Latran (mars 1179), Raimon de Bollène meurt le . Il est enseveli dans le croisillon sud du transept de Saint-Trophime où son épitaphe se lit sur le mur sud Jean-Maurrice Rouquette (sous la direction de) - ARLES, histoire, territoires et cultures, page 297..

Notes et références

Voir aussi Sources Jean-Maurice Rouquette (sous la direction de) - ARLES, histoire, territoires et cultures - Éditions imprimerie nationale (2008)

Articles connexes Histoire d'Arles à l'époque médiévale Archidiocèse d'Arles Liste des archevêques d'Arles

Liens externes

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