La colonne Vendôme est un monument parisien situé au centre de la place du même nom dans le de Paris. Elle est érigée sur ordre de de 1806 à 1810 pour commémorer la bataille d'Austerlitz, puis détruite lors de la Commune de Paris en 1871, avant d'être reconstruite sous sa forme actuelle. Au fil des années, elle reçoit les noms de colonne d'Austerlitz, puis colonne de la Victoire avant de devenir colonne de la Grande Armée. Elle est communément appelée colonne Vendôme. Elle est distincte de la colonne de la Grande Armée, qui se trouve près de Boulogne-sur-Mer. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis le ..

Description Colonne La colonne Vendôme culmine à et mesure environ de diamètre moyen ; réalisée en pierres parées de bronze, elle est posée sur un piédestal et surmontée par une statue de . Elle a été inspirée par la colonne Trajane située dans le forum de Trajan à Rome qui est, quant à elle, entièrement en marbre. La colonne de Juillet de la place de la Bastille est d'une inspiration similaire.

vignette|gauche|redresse|Détail de la frise.

Son fût est constitué de de pierre, un escalier de 176 à 185 suivant les sources., large de , en occupe le centre. Il est recouvert d'un parement coulé avec le bronze de, dit-on, pris aux armées russe et autrichienne (nombre manifestement exagéré par la propagande, les historiens dénombrant environ pris à Austerlitz et le bronze utilisé correspondant à environ) et décoré, à la manière antique, de bas-reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles. S'enroulant en une spirale continue () jusqu'au sommet, ce décor long de est composé de de bronze constituant .

vignette|Détails de la colonne Vendôme.

Les dessins des frises en bas-relief sont commandés en à Pierre-Nolasque Bergeret, François Mazois et Benjamin Zix. Dominique Vivant Denon a distribué la réalisation des bas-reliefs à des sculpteurs confirmés et à de jeunes talents. :

L'escalier intérieur permet d'accéder à une plate-forme située sous la statue sommitale. La statue actuelle date du Second Empire. Elle est due au sculpteur Auguste Dumont et représente , en Caesar imperator, drapé dans un manteau court et portant pour attributs de sa gloire le glaive, la victoire ailée et la couronne impériale de lauriers. vignette|L'un des aigles de la base du monument. La base de la colonne Vendôme est en granite porphyroïde provenant de la carrière d'Algajola en CorseAmédée Burat, Géologie appliquée ou Traité de la recherche et de l'exploitation des minéraux utiles, 1843, (Livre numérique Google). L'inscription dédicatoire, rédigée à la manière antique, est la suivante : NEAPOLIO IMP[ERATOR] AVG[VSTVS]MONVMENTVM BELLI GERMANICIANNO MDCCCV [= MILLESIMO OCTINGENTESIMO QVINTO]TRIMESTRI SPATIO DVCTV SVO PROFLIGATIEX AERE CAPTOGLORIAE EXERCITVS MAXIMI DICAVIT qui peut se traduire par : .

Trois statues de Napoléon vignette|redresse|Napoléon en César, statue réalisée par Auguste Dumont en (réplique de la statue de Chaudet). La première statue de Napoléon en César fut réalisée par le sculpteur Antoine Denis Chaudet. Cette commande est la plus importante passée par l'État au sculpteur ; il y consacra ses dernières années avant de mourir d'épuisement. La statue fut coulée en et placée au sommet de la colonne le , quelques jours avant l'inauguration du monument le . Descendue en elle est fondue en . Seul le globe de la victoire fut préservé et fut plus tard installé sur la réplique de Dumont de .

Sous la monarchie de Juillet une nouvelle statue de l'empereur, en redingote de petit caporal, par Charles Émile Seurre est placée au sommet de la colonne le en présence de Louis-Philippe. L'effigie mesure de haut et pèse . Après avoir été exposée de à au carrefour de Courbevoie, actuelle place de la Défense, elle est depuis le dans la cour d'honneur de l'hôtel des Invalides.

la fait remplacer par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont. L'inauguration a lieu le . C'est cette statue, restaurée et inaugurée le , qui est visible aujourd'hui. Tandis que Chaudet avait représenté l'Empereur tenant dans sa main gauche le globe de la victoire et son épée dans sa main droite, Dumont a montré Napoléon tenant son épée de la main gauche et le globe de la victoire, provenant de l'ancienne statue de Chaudet, dans sa main droite.

Historique de la colonne Construction sous Napoléon vignette|redresse|Le Napoléon de Charles Émile Seurre, aujourd'hui aux Invalides, surmonta la colonne sous la Monarchie de Juillet et la Deuxième République. La place Vendôme, voulue par et dessinée par Jules Hardouin-Mansart abritait en son centre une statue équestre du Roi-Soleil. À l’époque, elle portait le nom de place Louis le Grand. En , les révolutionnaires détruisirent la statue, symbole du pouvoir royal.

En un arrêté prévoit la construction d'une colonne, dans chaque chef-lieu de département, dédiée . À Paris, il est décidé d'ériger une colonne nationale sur la place de la Concorde, dédiée à la Nation, et une colonne départementale sur la place Vendôme, le , par Bonaparte, alors Premier consul. Si la colonne nationale ne vit jamais le jour, celle prévue sur la place des Piques (actuelle place Vendôme) commence à prendre forme : Lucien Bonaparte, frère de Napoléon et ministre de l'Intérieur, pose la première pierre du monument le .

Sans aboutir, l'idée fut reprise en par le Premier consul, qui confirma la construction d'une colonne place Vendôme , ornée de des départements montées en spirale et surmontée de la statue de Charlemagne ». D'abord dédiée à la , elle fut rapidement consacrée . Sa réalisation prit du temps et il fallut attendre avec la fonte des canons pris à l'ennemi, principalement russes et autrichiens (soit ), pour que le projet progresse, relancé par Vivant Denon. Le fondeur Jean-Baptiste Launay en assura la fabrication. Achevée en et dédiée à la gloire des armées victorieuses, elle fut baptisée « colonne de la Grande Armée », surmontée d'une statue de Napoléon en César réalisée par le sculpteur Antoine Denis Chaudet.

Changements de statue vignette|gauche|redresse|« Ah ! qu'on est fier d'être Français, quand on regarde la Colonne. » Des officiers français et un enfant de troupe admirent la colonne durant le règne de (un militaire à droite tient le drapeau blanc de la Restauration), caricature de Caroline Naudet (). Au printemps , lors de l'occupation de Paris par les troupes alliées, la statue fut retirée à l'initiative du comte de Maubreuil et de Sosthènes de La Rochefoucauld, puis remplacée par un drapeau blanc fleurdelisé pendant la Restauration. D'après un contemporain, elle aurait été fondue pour réaliser le Monument à de la place des Victoires en Mémoires relatifs à la Révolution française. Mémoires de Lombard de Langres, ancien ambassadeur en Hollande. Ladvocat, libraire, 1823, Tome II, .. Toutefois, selon le musée d'Orsay, le métal aurait plutôt servi à fondre la statue équestre d' en sur le pont Neuf..

La même année, le goguettier Émile Debraux composa une chanson intitulée La Colonne, en l'honneur de la colonne et de . Elle connut immédiatement un immense succès, lançant la carrière de son auteur et restant célèbre pendant longtemps.. Aujourd'hui, elle est complètement tombée dans l'oubli du public.

vignette|redresse|Carlo Canella, Louis-Philippe inaugurant la statue de Napoléon sur la colonne Vendôme, Paris, musée Carnavalet.

Sous la monarchie de Juillet, une nouvelle statue de l'empereur, en « petit caporal », réalisée par Charles Émile Seurre et , est installée au sommet de la colonne le , en présence de Louis-Philippe, désireux de s'approprier une part de la gloire de l'Empire.

, jugeant que cette précieuse statue était en danger au sommet de la colonne, la fit déposer en 1863 et remplacer par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont. Elle fut exposée sur un piédestal au rond-point de Courbevoie jusqu'au siège de Paris en avant d'être déboulonnée et mise à l'abriCarte postale montrant la statue surmontant autrefois la colonne Vendôme dressé sur un piédestal au rond-point de Courbevoie.Histoire de La Défense.1958 – Histoire de la Défense..

Destruction pendant la Commune

vignette|Renversement par les Communards de la colonne Vendôme portant la statue de l'empereur , le . Karl Marx a prédit l'effondrement de la colonne Vendôme. Il a formulé cette prédiction dans son pamphlet politique Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte publié en . Dans ce texte, très critique envers la figure politique de , il conclut par ces mots : Marx, K., et Engels, F. collection complète de compositions. De Moscou. ed., vol. 8, .. En , Karl Marx a célébré la réalisation de sa prophétie historique.

Après la proclamation de la Troisième République le , le peintre Gustave Courbet adresse, le , une pétition au gouvernement de Défense nationale. Il y demande de . Courbet souhaite la reconstruire aux Invalides, surmonté d'un bonnet phrygien en hommage à la République universelle. Cette demande reste sans effet.

Lors de l'insurrection de la Commune de Paris, les motivations se radicalisent. Un décret daté du est publié dans le Journal officiel de la République française édité par la CommuneDécret du , JORF, 103, , 275, sur Gallica. :

La démolition initialement prévue pour le , jour anniversaire de la mort de Napoléon., a été retardée par la situation militaire. Après plusieurs reports, la cérémonie a finalement lieu le : la colonne est abattue, non sans difficultés, à , sous les acclamations des Parisiens présents.. Les plaques de bronze sont récupérées, mais le globe de la victoire original de est perdu. Le photographe Bruno Braquehais immortalise l'événement dans une série de clichés intitulée La Chute de la colonne Vendôme. L'épisode est évoqué avec désolation par Victor Hugo dans L'Année terrible de Dans L'Année terrible, Victor Hugo exprime de la façon suivante son effarement et son affliction devant la mise à bas de la colonne Vendôme, laquelle, certes élevée sur ordre de Louis-Philippe, était aussi et surtout, en particulier par ses sculptures, le témoin et le dépositaire de l'épopée et de la gloire du peuple français, au-delà de l'exploitation qui a pu en être faite par les « Césars » (N.B. l'autre des deux monuments ici évoqués est l'Arc de Triomphe) :

L'Année terrible (Mai. . Les Deux Trophées), éd. Michel Lévy frères, Paris , . Gravures de Daniel Vierge et de Léopold Flameng. N.B. : l'édition princeps est de , également parue chez Lévy Frères, mais avec d'autres illustrations..

Reconstruction en 1873 vignette|redresse|Reconstruction de la colonne, en . Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac Mahon, décide en de faire reconstruire la colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet, pour un montant estimé à . Gustave Courbet obtient de payer environ par an pendant . Il meurt le , la veille de recevoir la première traite à payer, d'une maladie de foie aggravée par son intempérance.. La reconstruction de la colonne commence en et s'achève en sous la direction de l'architecte Alfred-Nicolas Normand.. L'entreprise Gaget Gauthier et , sise 25, rue de Chazelles, est chargée du chantier..

Le , une chronique de Chrysale (Albert Blanquet) dans La Liberté. critique le fait que la reconstruction n'ait pas respecté les plans originaux de Lepère et Gondouin. Pourtant, l'architecte Dusillion, avait proposé une copie de ces plans, à condition de pouvoir diriger les travaux gratuitement..

Restauration vignette|gauche|redresse|La colonne sous les échafaudages en pendant sa restauration.