Les élections législatives de 1876 ont lieu les et , en application de la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés. Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par arrondissement et au suffrage universel masculin. Le scrutin est largement remporté par les républicains, renversant la majorité monarchiste issu des législatives de 1871 ayant suivi la proclamation de la République.

Contexte Après de discussions, l'Assemblée nationale vote les lois constitutionnelles de la Troisième République et à partir de novembre 1875, commence à débattre de sa date de dissolution ainsi que les dates des différentes élections, sénateurs inamovibles, sénatoriales et enfin législatives. Le 30 novembre, la loi organique du 30 novembre 1875 sur l'élection des députés est adoptée. Le découpage électoral est ensuite mis en discussion du 20 au 24 décembre après un important débat sur le nombre de députés pour le département de la Seine, et surtout pour Paris. La ville est en effet largement républicaine et la majorité de droite veut diminuer son influence, elle ne donne donc que vingt députés, soit un par arrondissement, ne respectant ainsi pas la règle générale de rajouter un député si la population est de plus de . De même, Lyon n'est découpée qu'en cinq circonscriptions sans respect pour le nombre d'habitants.

Il est ensuite mis en discussion jusqu'au 31 décembre la loi concernant la liberté de la presse et l'état de siège dans les départements. Malgré les protestations des républicains, la loi est adoptée en laissant la possibilité au préfet d'interdire des journaux et quatre départements, les plus peuplés (la Seine, la Seine-et-Oise, le Rhône et les Bouches-du-Rhône), restent soumis à l'état de siège proclamé à la faveur de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, restreignant donc la liberté de la presse et celle de réunion. Le dernier jour de l'année entraine aussi la confirmation de la date des élections législatives au 20 février 1876 en métropole tandis que les élections dans les quatre colonies auront lieu le septième dimanche après la promulgation de cette loi.

Campagne électorale La campagne débute presque immédiatement mais se confond avec celles des élections sénatoriales malgré son aspect indirect. Léon Gambetta devient alors la figure des républicains, faisant de nombreux discours. Les comités républicains le placent presque officiellement comme celui qui représente le camp républicain et le présentent dans 4 circonscriptions. Il présente alors une république libérale et un anticléricalisme modéré tout en se présentant comme un conservateur, car la république existe déjà. Le discours du 18 janvier à Aix marque une tentative de rallier les orléanistes à la république qui ne donne aucun résultat mais froisse les radicaux intransigeants qui restent sur son propre discours de Belleville. C'est à ce moment qu'il embrasse alors le terme d'« opportuniste ».

Les bonapartistes s'organisent rapidement et le « comité national conservateur » soutient 225 candidatures sur les 550 possibles. Ils se placent dans une opposition contre la monarchie mais aussi contre la République. La principale ligne politique est toujours la même depuis 1871, le retour du prince, la protection contre « l'anarchie » et le « monarchisme », pour l'ordre moral et l'« appel au peuple ».

Résultats nationaux détaillés Résultats en voix +Résultats en voix selon SalmonBlocTendancesVoix%Républicains4 058 000Républicains3 967 00053,5Républicains constitutionnels à soutien républicainSoutien accordé là où les républicains n'avaient pas de candidat91 0001,2Monarchistes1 893 000Centre droit et orléanistes de toutes tendances1 010 00013,6Légitimistes et candidats cléricaux883 00011,9Bonapartistes1 325 000Bonapartistes1 325 00017,8Bulletins blancs ou nuls137 0001,8 Total7 413 000100

Résultats en sièges

+Résultats en sièges selon les sourcesBlocTendancesSiègesSelon GrondeuxSelon LévêqueSelon SalmonAprès les élections complémentaires dues aux 10 élections multiples; avant celles-ci et en comptant les élus en double, leurs nombres étaient, pour l'extrême gauche de 26, pour l'Union républicaine de 71, pour la Gauche républicaine de 146, pour le Centre gauche de 98, pour les constitutionnels à soutien républicain de 2, et pour les bonapartistes de 90RépublicainsExtrême gauche29110027Extrême gauche et Union républicaine13Union républicaine69Gauche républicaine160146Gauche républicaine et Centre gauche - -3Centre gauche4810097Républicains constitutionnels22 - 2Total républicains361360357ConservateursConstitutionnels - -11Centre droit orléaniste et « Conservateurs »545030Bonapartistes759088Légitimistes242045CléricauxTotal conservateurs153160174DiversNon-inscrits, incertains et ambigus19132 Total533

Résultats

+Synthèse des résultatsCes résultats ont été obtenus en additionnant tous les résultats des pages des élections législatives de 1876 en date du . Ces résultats peuvent dont ne plus être jour. Les candidats présents dans plusieurs circonscriptions sont comptés dans toutes leurs circonscriptions, comme pour les députés élus.PartiVotes au premier tour%Votes au second tour%Sièges +/-Extrême gauche4,885,4031 Union républicaine12,5911,1784 Gauche républicaine19,6918,91140 Centre gauche15,3212,46100 Autres républicains2,343,513 Total républicains54,8251,45358 Constitutionnels13,4112,2344 Centre droit orléaniste et « Conservateurs »1,310,733 Bonapartistes18,5522,9896 Légitimistes9,4111,3132 Autres conservateurs0,270,070 Total conservateurs42,8347,32175 Non-inscrits, incertains et ambigus2,340,860 Suffrages exprimés 99,22 99,63 Votes blancs et nuls 0,78 0,37 Total 100 100 533 Abstentions 24,04 27,17 Inscrits/Participation 75,96 72,83

Analyse

vignette|Dessin animé sur les résultats des élections françaises de 1876.

Le scrutin est marqué par la défaite de la majorité parlementaire monarchiste élue lors des élections de 1871. L'orléaniste Louis Buffet subit un échec personnel et abandonne la direction du gouvernement au républicain modéré Jules Dufaure. Commence alors une période de coexistence difficile entre le président monarchiste Patrice de Mac Mahon et la nouvelle majorité républicaine, qui débouche sur la crise du 16 mai 1877 et la dissolution de la chambre.

Résultats par départements et circonscriptions Sur les 25 circonscriptions de Paris, la majorité conservatrice n'en remporte qu'une : celle de , gagnée par Louis Decazes, fils d'Élie Decazes, homme politique important sous la Restauration. L'Aquitaine et la Corse se révèlent bonapartistes. Le sud-est, le centre et l'est de la France sont majoritairement républicains-radicaux. Les légitimistes conservent une forte influence dans les départements de l'ouest de la FranceCarte des résultats sur Gallica.

18 députés conservateurs voient après la vérification des pouvoirs leurs élections invalidées. La démarche semble partisane, Henry Bergasse ironise sur les de la République succédant aux du Second Empire.

Crise du 16 mai Le 16 mai 1877, le président de la République Patrice de Mac Mahon contraint à la démission le président du conseil, le républicain Jules Simon. Le successeur de ce dernier, l'orléaniste Albert de Broglie ne disposant pas d'une majorité à la Chambre des députés, son gouvernement essuie un vote de défiance par contre 143. La chambre est dissoute le par le président Patrice de Mac Mahon.

législature Durée de la législature : -

Président de la République : Patrice de Mac Mahon.

Président de la Chambre des députés : Jules Grévy.

+ Gouvernement Dates (Durée) Parti(s) Président du Conseil Composition initiale1sans_cadre|125x125px|Jules DufaureGouvernement Dufaure IV du au ()Républicains modérés, Centre gauche, OrléanistesJules Dufaure 9 ministres1 secrétaire d'État2sans_cadre|80px|Jules SimonGouvernement Simon du au ()Jules Simon 9 ministres1 secrétaire d'État3sans_cadre|80px|Albert de BroglieGouvernement de Broglie III du au ()Orléanistes, BonapartistesAlbert de Broglie 9 ministres1 secrétaire d'État

Références

Notes

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Troisième République Liste des élections législatives françaises (Troisième République) Liste des députés de la Ire législature de la Troisième République française

Liens externes

Carte contemporaine : Glücq, La France politique en 1876 (Gallica, BnF)

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