Alain Hubert Jean Fuchs., né le à Lausanne et mort le à Paris, est un docteur ès sciences et professeur de chimie franco-suisse, spécialiste en simulations moléculaires. Il est président du CNRS de 2010 à 2017. Il préside l'Université PSL entre 2017 et 2024.

Biographie Né à Lausanne le , Alain Fuchs passe une partie de son enfance et de son adolescence en Afrique, au gré des missions de son père informaticien, successivement au Zaïre, en Côte d'Ivoire et en Afrique du Sud, où il pratique le rugby.

De retour à Lausanne à 17 ans, il intègre l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et obtient le diplôme d'ingénieur chimiste en 1975. Il rejoint ensuite l'université Paris-Sud 11, actuelle université Paris-Saclay, en doctorat d'État dans le laboratoire d’Henri Szwarc, où il pratique la physico-chimie et la thermodynamique par des approches expérimentales et spectroscopiques. Il soutient sa thèse d'État., Cristaux vitreux et transition vitreuse, en 1983. Puis il effectue un séjour post-doctoral à Édimbourg. (1984–1985) avec le professeur Stuart Pawley, où il se forme à la dynamique moléculaire.

Carrière Alain Fuchs entre au CNRS en 1985 en tant que chargé de recherche, puis sera promu directeur de recherche en 1991. Il devient en 1995 professeur de chimie à l'université Paris-Sud, actuelle université Paris-Saclay..

De 2000 à 2005, il fonde le Laboratoire de Chimie-Physique (UMR 8000) à la faculté des sciences d'Orsay et prend sa direction. Il est président de l'agrégation externe de chimie de 1998 à 2001 et président de la section 13 du Comité national de la recherche scientifique de 2004 à 2008 dont il avait été auparavant membre entre 1992 et 1996 (section de chimie physique, théorique et analytique, section 15 jusqu'en 2000, puis 13 de 2000 à 2025). Il enseigne la thermodynamique, la thermodynamique statistique, les forces et surfaces intermoléculaires, les techniques de simulation moléculaire, l'histoire de la chimie et la chimie physique. En 2006, il devient le directeur de Chimie ParisTech.

Il est nommé le président-directeur général du CNRS en succession de Catherine Bréchignac et d'Arnold Migus qui occupaient respectivement les deux postes distincts (président du CNRS et directeur général)Décret du 21 janvier 2010 portant nomination du président du Centre national de la recherche scientifique, JORF n°0018 du 22 janvier 2010 page 1427, texte n° 90. Il y supervise une réorganisation de l'établissement en dix instituts nationaux thématiques et trois pôles interdisciplinaires, et promeut l'insertion du CNRS dans les alliances nationales thématiques. Son mandat venant à échéance le , il est d'abord chargé, par arrêté de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la rechercheArrêté du 10 janvier 2014 portant attribution de fonctions au Centre national de la recherche scientifique, JORF n°0013 du 16 janvier 2014 page 760 texte n° 46, d'exercer l'intérim avant d'être finalement renouvelé dans ses fonctions le mois suivantDécret du 27 février 2014 portant nomination du président du Centre national de la recherche scientifique, JORF n°0050 du 28 février 2014 page 3943 texte n° 112. Cette reconduction est qualifiée par Sylvestre Huet d'..

Alain Fuchs quitte la présidence du CNRS le pour prendre la présidence de Paris Sciences & Lettres. (établissement universitaire français composée de 9 établissements membres et 10 associés), où il entend accélérer le processus d'intégration en passant du statut de COMUE au statut de grand établissement et faire de PSL l'une des 20 premières universités mondiales entièrement sélectivesAEF, .

Lors de son départ du CNRS, il dénonce « la chute vertigineuse du budget de l’ANR, doublée d’une politique d’appels à projets contestable », et alerte sur la nécessité de convaincre la puissance publique de l’importance cruciale de la recherche scientifique pour l'avenir..

Il démissionne de la présidence de PSL le , évoquant des raisons personnelles. À la même époque, le ministère confie à l’Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche la tenue d’une enquête administrative à son encontre à la suite de plusieurs signalements, dont la nature n’a pas été rendue publique. Parallèlement, un signalement avait été émis au parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.

Le , il publie aux éditions Hermann un ouvrage intitulé Réinventer l’université. C’est maintenant ou jamais !, appellant à “une transformation profonde du modèle universitaire” français pour rester pertinent “dans compétition globale de plus en plus rude”. Il décède le , à l’âge de 71 ans.

Éthique et intégrité scientifique

En 2015, Alain Fuchs admet une « complicité collective » dans le système d'évaluation des publications scientifiques dont le modèle de production, selon lui, atteint ses limites. Il préconise un système de régulation par « des mesures prises collectivement » au niveau global c'est-à-dire mondial et « une évolution forte du mode de publication ». Néanmoins, il encourage un pouvoir de sanction qui doit être national selon l'avis du président(e) du CNRS qui se base sur l’avis de la commission dont la priorité est de « protéger la réputation des agents »...

En 2018, dans le cadre de l'affaire d'Olivier Voinnet, Le Monde pointe des incohérences dans la commission d'enquête concernant d'éventuelles manipulations d'images des publications de Catherine Jessus. En guise de réponse, il co-signe une lettre ouverte « Éthique Scientifique, Éthique Journalistique », parmi 500 signataires dénonçant entre autres « des dénonciations, certes maquillées par la modernité d'un site participatif (Pubpeer) » et une « chasse au sorcières » tout en prônant une entreprise « transparente ».

En , il cosigne une tribune qui incite à respecter la présomption d’innocence des chercheurs mis en cause et préconise la nécessité de faire des enquêtes sur plusieurs années, comme étant une condition nécessaire au bon déroulement de la « recherche de la vérité » compte tenu de la complexité des affaires liées à l'intégrité scientifique..

Politique En , Alain Fuchs signe l'appel de directeurs d'instituts de recherche français à voter contre Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle..

Recherche Les activités de recherche d'Alain Fuchs portent sur la théorie, la modélisation et la simulation numérique des fluides confinés dans divers types de matériaux poreux. Ses principales publications récentes incluent : dans la Chem. Soc. Rev.. et dans Nature Chemistry.

Alain Fuchs est membre de l'Academia Europaea. et il a été membre du bureau éditorial de la revue Physical Chemistry Chemical Physics.

Alain Fuchs est co-auteur de deux ouvrages :

Publications majeures

Distinctions (2021)., chevalier du Décret du 13 juillet 2010 portant promotion et nomination, JORF n°0161 du 14 juillet 2010 page 13049, texte n° 4 (2014). (1996) 50x50px Officier de l’ordre national du Québec (2014). Fellow of the Royal Society of Chemistry (2006)

Notes et références

Liens externes

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