Un thème astrologique, du grec ancien τίθημι, títhêmi, « poser », est une interprétation de la position des astres (planètes, Lune et Soleil) à un moment donné sur l'écliptique. Il donne lieu à une représentation schématisée, une carte du ciel avec les symboles astronomiques traditionnels des astres, des constellations du zodiaque, et des aspects remarquables, notamment conjonction, opposition et quadrature.
L'astrologie distingue le thème astral de naissance, dit généthliaque, qui prétend définir une personnalité et un destin, de l’horoscope, qui dépend uniquement du signe du zodiaque d'une personne – relatif à sa date de naissance, sans prendre en compte la précession des équinoxes – dont les prédictions changent périodiquement et qui est qualifié d'astrologie populaire.
Carte du ciel
Autrefois, dresser une carte du ciel (fig. 1 et 2) était une opération relativement complexe qui nécessitait des outils spécialisés et un certain savoir-faire. Actuellement, un ordinateur et un bon logiciel permettent de calculer et dessiner une carte du ciel instantanément. Avant l'informatique, cela nécessitait généralement une table d'éphémérides, donnant les longitudes des astres et parfois une table des maisons adaptée au système de domification utilisé pour déterminer le début et la fin des maisons. On utilisait aussi fréquemment des tables de logarithmes appropriées, du moins jusqu'au moment où les calculatrices se sont répandues.
Données requises Un thème astrologique est toujours dressé pour un lieu et un moment donnés. Il faut donc connaître le lieu et l'instant exact de l'évènement dont on cherche à dresser la carte du ciel. La carte sera d'autant plus précise que les données seront précises. Pour un thème natal, par exemple, il faut idéalement connaître le moment de la naissance le plus précisément possible. Dans la pratique, les astrologues doivent bien souvent se contenter d'une heure approximative. Les calculs nécessitent aussi la connaissance de la longitude et la latitude géographiques de l'événement. Sa précision est moins déterminante que le moment de l'événement, mais une précision de l'ordre du degré est souhaitable. La précision du moment de l'événement est surtout importante pour le calcul de la domification et donc de l'ascendant car en moyenne il progresse d'un degré toutes les quatre minutes. Si on effectue le calcul avec des tables, il faudra déterminer les temps universel TU et local correspondant.
Pour obtenir le temps universel, il faut connaître le régime horaire en vigueur au moment de l'événement. Ce que l'on peut obtenir à partir d'ouvrages spécialisésGabriel, Traité de l'heure dans le monde, Édition Guy Trédaniel, Paris, 1991. Les opérations sont très simplifiées si on utilise des moyens informatiques performants. Il suffit dans la plupart des cas de fournir le nom du lieu connu le plus proche, la date et lheure civile. Si on effectue le calcul avec des tables, il faudra déterminer le temps universel en consultant une table des régimes horaires en vigueur pour le lieu et la date considérée. Ce temps universel permettra d'interpoler les positions des astres donnés par les éphémérides pour chaque jour à minuit. On peut déterminer le temps local à partir du temps universel et de la longitude géographique du lieu, si on tient compte que la terre tourne de 1° toutes les quatre minutes d'ouest en est. Si le lieu se trouve à l'est de Greenwich, le temps local vaudra le temps universel augmenté d'autant de fois quatre minutes que de degrés de longitude. On retranchera cette valeur si le lieu est à l'ouest de Greenwich. Ce temps local sera utilisé pour interpoler et corriger le temps sidéral lu dans les éphémérides. Il faut apporter une correction de 10 secondes par heure lors du calcul pour tenir compte que le jour sidéral vaut 23 heures 56 minutes au lieu de 24 heures pour le jour solaire moyen. Il reste une petite correction à faire pour tenir compte de la longitude, car le temps sidéral est donné pour Greenwich. Les tables de maisons donnent la position des cuspides (pointes) des maisons dans les signes en fonction du temps sidéral ainsi obtenu et de la latitude géographique du lieu.
Dans certains cas, il conviendra de convertir la date en son correspondant dans le calendrier grégorien, notamment pour les dates antérieures à la réforme du calendrier julien de 1582 dont le moment de mise en application a varié selon les contrées.
Pour des thèmes anciens, l'heure peut être donnée directement en heure locale (généralement en temps solaire moyen, mais parfois en temps solaire vrai, la différence étant celle de l'équation du temps). Dans ce cas, il faut calculer l'heure GMT ou TU à partir de l'écart entre le méridien considéré et le méridien de Greenwich.
Position des astres
Pour monter la carte du ciel, il importe de déterminer la position des astres relativement à un lieu de la Terre. Toutefois, pour dessiner la carte du ciel, seules les longitudes célestes (ou écliptiques) sont utilisées. Comme les trajectoires des astres sont plus ou moins inclinées sur le plan de l'écliptique (l'écliptique est le plan qui prolonge dans l'espace l'orbite de la Terre autour du Soleil), cela revient à ne considérer que les projections des positions des astres sur ce plan de l'écliptique. En apparence, le Soleil semble tourner autour de la Terre dans ce plan de l'écliptique. Les astrologues ont divisé cette trajectoire solaire en douze secteurs égaux, qui sont les signes conventionnels du zodiaque. Le début de ce zodiaque est le zéro degré du Bélier ou point vernal, à savoir l'endroit où le Soleil se lève à l'équinoxe de printemps. Durant l'année, le Soleil parcourt chacun des douze signes de ce zodiaque. Le printemps commence quand le Soleil entre dans le Bélier. L'entrée du Soleil dans le quatrième signe, le Cancer, correspond au début de l'été et au solstice d'été. Son entrée dans le septième signe, la Balance, marque le début de l'automne et l'équinoxe d'automne, et finalement son entrée dans le dixième signe, le Capricorne, correspond au début de l'hiver et au solstice d'hiver. On peut ainsi appeler ce zodiaque le « zodiaque des saisons ». Pour le distinguer du zodiaque stellaire, les astrologues l'appellent parfois « zodiaque tropical » ou « zodiaque intellectuel ».
Les astrologues repèrent les astres sur la carte du ciel (fig. 3) relativement au début des signes zodiacaux plutôt que relativement au début du zodiaque. Ils diront par exemple, que le Soleil est à 15° des Gémeaux et non pas que le Soleil se trouve à 75° du zodiaque.
Les astrologues modernes placent non seulement les astres connus des anciens, à savoir Lune, Vénus, Mercure, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne (fig. 4), mais aussi les planètes découvertes ultérieurement : Uranus (1781), Neptune (1846), et Pluton (1930). Certains astrologues modernes y placent aussi certains astéroïdes, comme Cérès, Pallas, Junon, Vesta, et ChironJean Billon, L'Univers des astéroïdes, St-Michel Éditions, Aubenas 1989 À côté des longitudes, certains astrologues utilisent aussi les déclinaisons des astres pour calculer certains aspects basés sur ces déclinaisonsMax Heindel, Astrologie scientifique simplifiée, Association Rosicrucienne, Aubenas, 1978.
Actuellement, la grosse majorité des astrologues utilisent des moyens informatiques ou des calculettes spécialisées pour déterminer les divers éléments de la carte du ciel, mais antérieurement les positions des luminaires : Soleil et Lune, et des planètes étaient obtenues au moyen de table d'éphéméridespar exemple :Die Deutsche Ephemeride Band I - 1850-1889, Otto-Willem-Barth Verlag, 1957, 1974 ou Éphémérides 2000-2050 (Midnight) International Edition, Éditions Aureas, Paris 1997.
Le principe de calcul au moyen d'éphémérides est le suivant : les tables d'éphémérides donnent la position des astres chaque jour à minuit Temps Universel (parfois à midi). Connaissant le temps universel de l'événement, une simple interpolation par règle de trois permet de déterminer la position de l'astre avec la précision requise. Les corrections sont généralement superflues pour les astres lents comme Jupiter, Saturne, et au-delà. Par contre, la correction sur la longitude sur la Lune est très importante car elle progresse de plus de 12 degrés par jour dans le zodiaque.
On pourrait éventuellement déterminer les positions des astres par calcul, mais cela relève de la mécanique céleste. Le principe est grosso modo de calculer les positions héliocentriques de la Terre et de l'astre en fonction de la date julienne et ensuite d'effectuer un changement de coordonnées pour se ramener au système géocentriqueJean Meeus, Calculs astronomiques à l'usage des amateurs, Société Astronomique de France, Paris, 1986G. Dumoulin & J.-P. Parisot, Astronomie pratique et informatique, Éditions Masson, Paris 1987.
Autres éléments astronomiques
Nœuds lunaires
Les astres ne sont pas toujours les seuls éléments pris en compte dans les thèmes astrologiques. Certains astrologues placent aussi sur la carte du ciel les deux nœuds lunaires (fig. 5). Comme l'orbite de la Lune autour de la Terre est inclinée par rapport à l'écliptique, cette orbite coupe ce dernier en deux points opposés nommés nœuds : le nœud ascendant ou nœud nord (quand la Lune passe de l'hémisphère sud vers l'hémisphère nord) et le nœud descendant ou nœud sud (quand la Lune passe de l'hémisphère Nord vers l'hémisphère sud). Les anciens astrologues, dont Ptolémée, les utilisaient d'une manière beaucoup plus restrictive que les astrologues modernes, qui souvent les considèrent comme des astres, alors que ce ne sont que des points fictifs. Le nœud nord était aussi appelé la tête du dragon (Caput Draconis) et le nœud sud, la queue du dragon (Cauda Draconis) - Les astrologues hindous les nomment respectivement Râhu et Ketu. Les éclipses ont lieu quand les lunaisons (Nouvelle Lune et Pleine Lune) ont lieu à l'endroit des nœudsAndré Barbault, Les nœuds en astrologie individuelle et mondialeHenri-J. Gouchon, Dictionnaire astrologique, Éditions Dervy, Paris 1992, . L'axe des nœuds tourne de manière rétrograde dans le zodiaque en un peu plus de 18 ans.
Lune noire
À la suite de l'astrologue français Dom Neroman (1937), certains astrologues prennent aussi en considération une « Lune noire », un point fictif, qui n'est autre que la position du second foyer de l'orbite lunaire projetée sur l'écliptique ; d'autres tentent aussi de trouver des significations à des éléments astronomiques analogues (Soleil noir, nœuds planétaires)
Concernant la Lune noire, sa position est fortement dépendante de la régularité de la trajectoire lunaire. Or celle-ci est perturbée par des influences gravitationnelles provenant de multiples planètes, en version « mécanique newtonienne » ou « perturbation relativiste ». Cela implique deux choses : la position de la Lune noire fluctue de manière quasi-chaotique, on précise donc toujours si on prend une Lune noire moyenne ou vraie ; peu de logiciels astronomiques intègrent son calcul, car ses équations sont particulièrement complexes.
La personnalité et le travail de Dom Neroman ayant déjà été sujet à polémique, tous les astrologues n'en tiennent pas compte.
Étoiles fixes
Pour chaque constellation en dehors de la bande zodiacale, on tient compte de l'étoile la plus brillante, c'est-à-dire « l'étoile Alpha » de la constellation. Attention à ces constellations car, vu leur forte latitude écliptique : Il peut y avoir des distorsions importantes à l'interprétation entre la position réelle et la position dessinée ; Ce problème devient particulièrement prégnant lors de la domification, qui s'appuie sur une méthode de projection du cercle équatorial (cycle des heures) dans un repère « topocentrique » (cercle « azimuthal »). On ne projette plus sur l'écliptique / bande zodiacale, mais dans un repère horizontal dit « altazimuthal ». Pour une latitude écliptique croissante, on a