Un référendum constitutionnel a eu lieu en Birmanie en 2008.

Contexte La dernière à cette date, celle de 1974, avait été abolie en 1988 par le Conseil d'État pour la restauration de la loi et de l'ordre (la junte militaire) présidé par le général Saw Maung, auquel a succédé en le général Than Shwe. Le , le Conseil d'État pour la paix et le développement (dénomination de la junte après 1997) divulgue un projet de nouvelle constitution préparée par une commission gouvernementale. Présentée comme , elle sera soumise à référendum et entraînera des élections démocratiques multipartites fixées en 2010. Les commentateurs s'étonnent que ces élections soient annoncées avant même la tenue du référendum. L'opposition ne voit dans ces annonces qu'une tentative de redorer le blason d'un régime qui a écrasé les manifestations de l'été et l'automne 2007.

La constitution de 2008 Le texte du projet a été publié un mois avant le référendum, mais toute personne souhaitant le consulter devait l'acheter, , si bien que la plupart des électeurs ont voté sur un texte qu'ils n'ont pas pu lire.

Le texte du projet de constitution Texte de la constitution en anglais. indique la nouvelle dénomination officielle du régime : la République de l'Union du Myanmar (, 2). Le pays est découpé en sept régions et sept États (, 49), ce dernier terme étant appliqué aux régions habitées par diverses nationalités non birmanes ().

La capitale de l'Union est Nay Pyi Daw, placée sous administration directe du président (, 50). Celui-ci, âgé d'un minimum de , doit avoir résidé depuis au moins dans le pays et avoir pour parents deux nationaux nés au Myanmar (, 59).

Le pouvoir législatif repose sur un système bicaméral, le Pyidaungsu Hluttaw (birman : ) ou Assemblée de l'Union, étant composé de l'Amyotha Hluttaw ( ou Assemblée des Nationalités) et du Pyithu Hluttaw ( ou Assemblée du Peuple). La première comporte 224 membres dont un maximum de 56 militaires nommés par le Commandant en chef de la Défense et les autres membres élus par les Régions et États (12 chacun) ; la seconde est composée de 440 membres dont un maximum de 110 militaires désignés ; les autres sont les députés élus pour cinq ans (chapitre IV, 39). Chaque région ou État est également dotée d'une Assemblée élue selon les mêmes principes. La Constitution prévoit des élections démocratiques en 2010.

Aucune personne subissant une condamnation ne pourra être candidate, ce qui, font remarquer les observateurs, interdira aux prisonniers politiques d'y prendre part (chapitre IX, 392). Une personne ayant été mariée à un étranger, telle Aung San Suu Kyi, ne pourra devenir président (Chapitre III,59 f) "Ce que prévoit le projet constitutionnel", France 24 (vidéo).

Le référendum Un référendum pour la validation de réformes constitutionnelles s'est en effet tenu au Myanmar le (bien que certains électeurs n'aient voté que le ), à la suite d'une décision du Conseil d'État pour la restauration de la Loi et de l'Ordre (la junte militaire) en février "Burmese junta sets voting dates", BBC, 9 février 2008. Une commission fut établie le pour assurer la tenue du référendum "Myanmar enacts constitutional referendum law, form referendum commission", People's Daily, 27 février 2008. Le texte du projet fut publié un mois avant le référendum, mais toute personne souhaitant le consulter devait l'acheter, selon France 24, qui note que la plupart des électeurs ont donc voté sur un texte qu'ils n'ont pas pu lire.

Officiellement, la consultation devait se faire à bulletin secret, et les voix devaient être comptées en public pour prouver la légitimité du résultat "Myanmar referendum law allows free voting, open counting of votes", Shanghai Daily, 27 février 2008. Il s'agissait de la première consultation au Myanmar depuis les élections législatives de 1990, dont les résultats avaient été ignorés par le régime militaire "En Birmanie, on vote au milieu des morts", Libération, 10 mai 2008.

La Ligue nationale pour la démocratie a appelé la population à voter « non » lors du référendum, affirmant que la nouvelle Constitution ne ferait que renforcer le pouvoir des autorités militaires "Main Burmese Opposition Party Calls for Defeat of Draft Constitution", Voice of America, 2 avril 2008. Le gouvernement militaire a affirmé, pour sa part, que la nouvelle Constitution établirait .

La Birmanie a été frappée huit jours avant le référendum par le Cyclone Nargis, qui a tué plus de et en a fait disparaître plus de d'après le gouvernement birman, et plus de d'après un bilan provisoire de l'ONU . La tenue de l'élection fut reportée de deux semaines dans les zones ravagées par le cyclone, mais se tint le comme prévu dans le reste du pays - malgré les recommandations des Nations unies et d'Aung San Suu Kyi, qui demandaient à la junte de reporter la consultation et de se concentrer sur l'aide aux victimes "Sinistrée par le passage du cyclone Nargis, la Birmanie vote", Le Monde, 10 mai 2008. Un électeur interviewé par la BBC affirma que les officiels présents dans les bureaux de vote disaient aux électeurs de voter « oui » "Burmese voice anger on poll day", BBC, 10 mai 2008. Un correspondant d'Al Jazeera affirma que les électeurs subissaient une « intimidation » de la part des militaires.

Résultats Bien que la consultation ne dût se clore qu'après le scrutin du , les autorités birmanes annoncèrent les résultats officiels après celui du .

Selon la commission électorale birmane, le taux de participation le a été de 99,07 %, et 92,4 % des électeurs ont voté en faveur du projet constitutionnel"Birmanie : la junte militaire crie victoire pour son référendum constitutionnel", AFP, 15 mai 2008 "Myanmar new constitution ratified", People's Daily, 15 mai 2008.

Après le scrutin du , les autorités annoncèrent que le « oui » avait remporté le référendum avec 92,48 % des voix, contre 6,10 % de « non » et 1,42 % de bulletins nuls. Le taux de participation fut officiellement de 98,12 %. Le projet de réforme constitutionnelle fut donc adopté "Myanmar formally announces ratification of new constitution draft", People's Daily, 30 mai 2008.

thumb|Nouvelles armoiries de la Birmanie adoptées après le référendum.

résultatvoix%« Oui »92,48 %« Non »6,10 %Bulletins nuls1,42 %

Références

Birmanie, 2008 Birmanie 2008 Catégorie:2008 en Birmanie Catégorie:Politique en mai 2008