NaTran (nommée GRTgaz jusqu'au ) est une société française fondée le . L'entreprise est, avec Teréga, un des deux gestionnaires de réseau de transport de gaz ou assimilé en FranceTeréga est le second gestionnaire de réseau de transport de gaz naturel ou assimilé en France ; Teréga gère le réseau du sud-ouest de la France.

NaTran reprend les activités préalablement assurées par le service transport de Gaz de France.

NaTran est filiale à 61 % du groupe Engie..

Histoire

NaTran est une filiale du groupe industriel ENGIE pour 60,9 % (75 % précédemment) et d'un consortium public du groupe Caisse des dépôts, nommé Société d'infrastructures gazières (SIG), pour 38,6 % (25 % avant la montée au capital en ) ; ce consortium est composé de : CNP Assurances ; CDC Infrastructure. (filiale de la Caisse des dépôts et consignations) , la Caisse des dépôts et consignations.

La société est fondée le en application des directives européennes sur le marché européen de l’électricité et du gaz.

Lors de sa création, GRTgaz, dénommée par la suite NaTran., est une filiale de l'ancien groupe Gaz de France, fusionné avec l'ancien groupe Suez pour devenir GDF SUEZ, renommée Engie en .

Le , une ouverture et augmentation du capital de NaTran à hauteur de 25 % - impliquant un consortium public – pour 1,1 milliard d'euros, est finalisée.

NaTran agit dans le secteur régulé de l'énergie : les tarifs de ses prestations sont publics et décidés par l’État, et son action est contrôlée par la CREcre.fr Site officiel de la Commission de régulation de l'énergie. (Commission de régulation de l'énergie).

Si l’activité de NaTran est un monopole naturel, la société ne gère pas l’ensemble du transport de gaz naturel en France : Teréga, filiale d'un consortium Snam / GIC / EDF, est le gestionnaire du réseau de transport dans le quart sud-ouest de la France.

NaTran possède également une filiale en Allemagne, GRTgaz Deutschland (37 salariés), qui exploite en collaboration avec Open Grid Europe le gazoduc MEGAL reliant la Tchéquie, l’Allemagne, l’Autriche et la France. Cette canalisation assure notamment l'approvisionnement en gaz naturel du sud de l’Allemagne et de la France.

En 2017, NaTran acquiert la société de ports méthaniers Elengy, précédemment filiale directe d'Engie..

En , Engie annonce la vente d'une participation de 11,5 % dans NaTran au consortium public SIG regroupant le groupe Caisse des dépôts et consignations et CNP Assurances pour une valorisation de l’entreprise de 14,6 milliards d’euros... Cette nouvelle structure du capital est effective le , date du .

En , Adeline Duterque, jusqu'ici présidente du conseil d'administration, est nommée secrétaire générale de NaTran, succédant ainsi à Catherine Brun, en poste depuis 2018..

Le , Sandrine Meunier dévoile la nouvelle identité de GRTgaz, qui devient « NaTran » association des abréviations des mots « Nature » et « Transports » et « Transition ».

Activités

NaTran exploite, entretient et développe un réseau de gazoducs faisant circuler du gaz naturel à haute pression et commercialise des capacités de transport auprès de ses clients, les expéditeurs de gaz naturel présents sur le marché français du gaz (157 à fin 2019.).

NaTran offre aussi des prestations de raccordement au réseau de transport., et permet aux clients industriels (733 à fin 2019) d'accéder directement aux marchés de gros du gaz naturel, en choisissant librement leur fournisseur.

NaTran assure l’équilibre général du système entre les entrées et les sorties de gaz et remplit des missions de service public pour garantir la continuité d’acheminement (transport) de gaz naturel, y compris par grand froid. La loi française prévoit en effet que, même en cas de froid exceptionnel, le réseau doit être en mesure de répondre au pic de la demande des consommateurs.. Cette notion de froid exceptionnel est définie par la loi comme : un hiver froid tel qu’il s’en produit un tous les 50 ans ; dans le jargon gazier, c'est le « risque 2 % », des températures extrêmement basses pendant une période de trois jours au maximum, telles qu’il s’en produit tous les 50 ans.

Début 2018, NaTran crée un centre de R&D (dit RICE pour Research & innovation center for energy). Il reçoit les laboratoires d’analyses de la qualité du gaz existants et les anciennes activités « R&D infrastructures gazières » d’Engie Lab Crigen.. Environ 150 personnes y travaillent cinq programmes : Prospective énergétique, pilotage et optimisation des réseaux; Préparer les réseaux à l’arrivée de l’hydrogène; Préparer les réseaux à l’arrivée des méthanes renouvelables; Optimiser le fonctionnement, l’exploitation et la sécurité du système gazier; Réduire les impacts des activités gazières.

Le centre est implanté dans un site à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), mais aussi à Alfortville (Val-de-Marne) Gomez E (2018) article GRTgaz crée un nouveau centre R&D| Environnement-Magazine |4 janvier 2018.

Réseau de transport de NaTran

Depuis sa création, NaTran est propriétaire du réseau de transport qui est son outil industriel et son actif principal.

Canalisations de transport de gaz naturel

Le réseau de canalisations géré par NaTran concerne l’ensemble de la France à l’exception du sud-ouest. Il est composé : d’un réseau principal long de à fin 2019 : les plus grandes artères (diamètres de à et pressions de , voire davantage ponctuellement) ; d'un réseau régional, long de à fin 2019 : de plus petit diamètre (de à ; pression de 16 à ), ces gazoducs ont pour objet d’alimenter les clients industriels et les distributions publiques.

Les gazoducs sont en France quasi-systématiquement enterrés.. Ils sont principalement situés dans les zones rurales (90 %) et sont repérables par des bornes et balises jaunes, en surface, qui signalent leur proximité ; une bande de servitude, de 5 à de large, sur laquelle aucune végétation haute ne doit pousser et aucune construction ne doit être implantée, permet également d'en deviner la présence en zone boisée. C’est donc en forêt que le passage des gazoducs est le plus « visible », car leur tracé constitue une bande dépourvue d'arbres hauts, dits de « haute tige »En cas de travaux publics ou privés à proximité de ces canalisations enterrés, il ne faut pas se fier uniquement aux indices que constituent la signalétique et les bandes de servitudes pour déterminer la position précise des canalisations enterrées. Pour des raisons de sécurité, la règlementation oblige à déclarer, avant tout terrassement, l'intention de commencement de travaux auprès des gestionnaires d'ouvrages situés dans la commune. Ces gestionnaires, dont GRTgaz, donneront alors toute consigne et effectueront tout repérage permettant de réaliser les travaux sans risquer d'atteindre les canalisations enterrées et de créer une fuite de gaz..

Certaines de ces canalisations pourront servir au transport d’hydrogène. NaTran a annoncé le développement d’une infrastructure de transport d’hydrogène de en France à horizon 2030. Lancé en 2022 par NaTran, Teréga, Enagás et REN, le projet H2med correspond à un couloir européen de l'hydrogène reliant le Portugal, l'Espagne et la France au réseau énergétique de l'Union européenne.

Autres installations industrielles

Le gaz circulant dans ces canalisations perd de la vitesse et de la pression au fur et à mesure de son parcours ; il faut donc le re-comprimer à intervalles réguliers. Tous les environ, des compresseurs sont rassemblés dans une station de compression (le réseau NaTran en compte 26 à fin 2019), pour redonner de l'énergie cinétique au gaz. En outre, des stations d’interconnexion permettent d’orienter le gaz dans telle ou telle canalisation, à l'image d'un réseau de distribution d'eau.

Les gazoducs et les stations de compression sont les principaux composants du réseau de transport de gaz naturel ; ils sont complétés par les stations d’interconnexion, les postes de sectionnement ou de coupure ( à fin 2019) et les postes de détente-livraison ( à fin 2019). Des stations d'odorisation ( à fin 2019) permettent d'injecter dans le réseau de transport un produit odorant, le tétrahydrothiophène (THT), destiné à mettre en évidence d'éventuelles fuites notamment sur les réseaux avals de distribution.

Depuis 2015, NaTran injecte du biométhane dans son réseau. La filière française du biométhane connait une croissance forte avec une augmentation de 64 % de la capacité de production annuelle (6,4 TWh fin 2021).

Depuis 2019, NaTran met en service des postes de rebours, permettant de comprimer le gaz et le faire circuler du réseau de distribution vers le réseau de transport, c’est-à-dire dans le sens inverse au sens habituel. Lorsque le biométhane produit localement et injecté dans le réseau de distribution devient supérieur à sa consommation sur le territoire, l’installation de rebours fonctionne. Le biométhane excédentaire est alors injecté sur le réseau de transport et acheminé vers les territoires voisins pour être consommé, ou vers des stockages souterrains pour une consommation future.

NaTran développe des projets de transport pour acheminer le CO2 capté par les industriels en vue de son stockage géologique.

Investissements sur l'outil industriel

vignette|droite|redresse=0.8|Chantier de pose de gazoduc.

NaTran a un programme d’investissements sur dix ans, pour développer et optimiser son outil industriel.. Les finalités de ce programme sont : le développement du réseau : décongestion des points d’entrée, de sortie du réseau, augmentation de la capacité de transport ; le respect des obligations de service public : notamment le dimensionnement du réseau régional afin de répondre aux pics de consommation en cas d’hiver très froid ; la sécurité du réseau : déploiement des normes de sécurité régissant les ouvrages de transport de gaz revues en 2006, sur les ouvrages à venir comme les gazoducs et stations de compression existantes, pour une protection optimale des populations et de l’environnement ; le respect de l’environnement : application des évolutions de la réglementation environnement aux ouvrages, certification ISO 14001 des stations de compression ; la fiabilisation et la maintenance des installations ; le raccordement de nouveaux consommateurs sur le réseau de transport : notamment les centrales de production d’électricité.

En 2015, l'entreprise a investi 624 millions d'euros, pour la maintenance et le développement des installations, dont 16,7 % dédiés aux gaz renouvelables et à la trajectoire carbone.

NaTran a déjà investi plus de deux milliards d'euros entre 2013 et 2015, notamment dans le développement des projets « Hauts de France II » et « Arc de Dierrey » (180 km) pour raccorder le nouveau terminal méthanier de Dunkerque, ou dans le développement des interconnexions avec la Belgique, l’Allemagne et l’Espagne.

NaTran est responsable de l'entretien régulier de la signalétique associée à son réseau.

Projet Eridan NaTran a lancé en 2007 un nouveau projet de gazoduc de entre les Bouches-du-Rhône et la Drôme, pour augmenter les capacités de transport de gaz naturel dans le Sud-Est français. Ce projet, baptisé Eridan, a fait l’objet d’études approfondies pour trouver les solutions de moindre impact, associées à une politique de concertation sur plus de cinq ans, avec un débat public organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public en 2009, une enquête publique en 2013 et de nombreuses réunions publiques.

Eridan a cependant suscité plusieurs critiques, notamment de la part des exploitants agricoles et des associations de riverains. en raison : des contraintes de plusieurs infrastructures industrielles que subit déjà la vallée du Rhône : LGV, autoroutes, centrale nucléaire… ; des risques de servitude d'utilité publique dans les propriétés environnantes ; de l'impact des produits acheminés sur l’environnement en cas d’incident.

Les négociations avec les parties prenantes locales ont conduit NaTran à faire évoluer le tracé du projet...