Le sujet est, en logique pure, la partie de la proposition à laquelle est attribuée un prédicat. En métaphysique (occidentale actuelle) et ses dissertations, le sujet est l'« être réel » doté de qualités psychiques et qui produit des actes selon sa psychologie. Le sujet est à la fois ce qui est objet de la pensée et de la connaissance et le support de certaines autres réalités (actes, conscience, perception, droit, etc.). Cet article étudie l'évolution du concept de ce qu'est un « sujet » dans l'Histoire de la philosophie en Occident.

Les attributs constituant « un » sujet En suivant l'histoire de ce que l'on dénomme sujet, on peut distinguer des différences de regard et de compréhension dans les courants de pensée spécifiques à la civilisation occidentale, parmi l'ensemble des philosophies à travers le monde qui théorisent toutes sur la pensée« Depuis qu’ils existent, les glossaires et les dictionnaires ont servi à apporter des informations sur le signifié des unités de la langue et ainsi à normaliser la dénomination des objets du monde (réel ou imaginé), dans le but de les mettre en partage d’une communauté de locuteurs. »— .

D'une part, l'idée de sujet en tant que telle renvoie à une réalité (la « nature » pour les philosophes) dont on peut dire qu’on lui attribue certaines qualités (corporelles, psychiques, morales, juridiques, linguistiques etc.) : le Sujet est une personne dont on parle et que l'on décrit« Sujet : Ce qui constitue la matière, le thème ou bien le motif d'une activité ou d'un état. ». Cette personne existe dans le temps et l'espace comme un objet alors que certaines de ses qualités demeurent absolument invisibles, intestables et profondément temporelles. C'est pour les autres personnes que soi, un « autrui », dont on peut se demander qui il est intrinsèquement, en plus de « pour moi » (c.à.d. en ma présence) et « vis-à-vis de moi » (c.à.d. envers moi, à mon égard) à l'instant présent. On attribue également au Sujet des qualités morales et des défauts, ainsi que des droits dont il est porteur (droit de vivre, de penser, de se déplacer, etc.), impliquant également la notion de personne, de reconnaissance d'existerPour l'état français : de façon toute légale,—ce qui amène avec l'émergence de l'intelligence artificielle à être représenté ou confronté à une personne virtuelle. On attribue au Sujet des devoirs : le Sujet peut être soumis à une hiérarchie politique (par exemple, le Sujet doit obéissance à son souverain, là où il lui est conféré la qualité de citoyen ou citoyenne) ou à une loi moraleVoir la théorie de Kant.. C’est-à-dire que le Sujet a un « devoir être » (ce qui implique la responsabilité et la liberté du sujet), à la fois soumis et intégré à une structure normative. Dans ce cas, le fait d'être (c.à.d vivre sans la « liberté » au sens de Rousseau) n'est pas suffisant pour constituer un Sujet : il doit être (contingent ou bien il doit être vu (considéré) comme devant respecter la nécessité), pour « être ». Un Sujet peut aussi être vu sous l'angle psychologique et individuel (moi, esprit, conscience) ou vu encore sous l'angle groupal, sociétal, national et donc être étudié dans ce qu'on appelle de nos jours concernant « la science de la connaissance en général », l' épistémique.

D'autre part, le Sujet renvoie à une réalité dont on peut dire qu’elle a la faculté de parler « à la première personne », c’est-à-dire de se désigner elle-même comme référence de son discours« dénommer ».. La personne qui se considère en tant que Sujet rapporte à elle-même certains actes, des pensées, des perceptions, des sentiments, des désirs, etc. Ce qui introduit l'idée du « je », du « mien », « de ce qui m'est propre ». De la question de « ce qui est propre à un sujet » découle la question constitutive du Sujet quant à savoir par quoi ou pour qui le propre est dit « propre », autrement dit « particulier »Particulièrement restreint à l'homme selon la base de la philosophie posée par Aristote, voir Le sujet logique..

En synthèse, le « réel, symbolique et imaginaire Sujet » est une réalité tout à la fois métaphysique, existentielle, morale, politique et juridiqueHistoire de la philosophie qui contient le jugement sur « exister » pour l'être, après le Corps séparé de l'Esprit selon le principe du Bien et du Mal présent dans les Saintes Écritures, (dans le Dualisme qui se théorise à l'an mille) : Le rationalisme et l’universalisme font qualifier le de « siècle des Lumières ». La rupture dans la société de la Révolution française et de la Révolution industrielle aboutit au traitement de la politique par la philosophie au : émerge l'Existentialisme essentiellement positif (Auguste Comte) et émerge aussi son homologue le Réalisme, qui lui utilise la littérature pour être actif dans le social. Tout ce qui est propre au psychique individuel devient objet d'étude de la médecine puis de la sociologie. L'opposé à ces mécanismes est la Philosophie de l'absurde du . —Je pense donc je suis. . Mais son sens fondamental est métaphysique. En tant que tel, le Sujet est la notion fondatrice de l'humanisme, de la modernité et de l'ensemble des valeurs occidentales. Sans Sujet que l'on puisse dénommer (même en tant que groupe dont on a constitué la reconnaissance par l'attribut d'un qualificatif qui le type), il n'y a - entre autres exemples, ni science, ni valeur morale, ni démocratie.

Les thèses philosophiques qui nient la validité de la notion de Sujet sont bien souvent qualifiées dantihumanisme. Cette négation et ce qui en résulte seront vues plus loin.

Le sujet logique Aristotélicien L'idée de sujet est discernée par Aristote dans son ouvrage Catégories. Il s’agit du premier livre de l’Organon, traité majeur de logique d’Aristote. Le langage comprend, en effet, tout un ensemble de catégories grammaticales différentes : les noms, les verbes, les adjectifs, les adverbes, etc. Aristote s’aperçoit que ces différentes catégories du langage en dehors du prédicat linguistique répondent à une organisation de l’être : les noms correspondent aux choses, les adjectifs aux qualités, etc. L'objet de ce traité sera par conséquent d’examiner une à une ces catégories de l’être auxquelles correspondent autant de catégories grammaticales. Or, la catégorie grammaticale la plus intéressante est la catégorie du sujet. Selon Aristote, toute phrase peut, en effet, être décomposée selon le schéma sujet-prédicat, c'est-à-dire qu'une phrase consiste toujours dans le fait d'attribuer une caractéristique ou une action à un terme (un mot de la langueTerme2, 2eme substantif ) donné. Le sujet, d'un point de vue grammatical, est donc le terme auquel on associe cet attribut ou ce verbe. C'est cette définition grammaticale de la notion de sujet qui nous conduit directement à la conception ontologique du sujet et selon les critiques conception métaphysique par apport de la théologie. En effet, ce qui, dans l'ordre de l'être, correspond à la catégorie grammaticale du sujet, c'est tout simplement la substance. De même que, dans l'ordre grammatical, il faut un sujet auquel tous les prédicats seront attribués, de même, dans l'ordre de l'être, il faut une substance ou un substrat auquel toutes les qualités et tous les accidents seront attribués. C'est pourquoi la catégorie grammaticale du sujet est la catégorie grammaticale par excellence, de même que, dans le domaine proprement métaphysique, la catégorie de la substance est la catégorie ontologique par excellence, celle qui se confond avec l'« être en tant qu' être ».

La notion et ses problèmes Une conception générale L'une des conceptions les plus influentes de la philosophie occidentale moderne est que le sujet procède à une identification à l'identique de la conscience d'une personne à travers le temps et dans la saisie immédiate de « soi » par « soi » en tant qu'''étant. Cette problématique concerne deux thèses :

-Premier regroupement concernant l'identité du sujet : quant à savoir si l'on peut « penser » (avoir l'image mémorisée d') un sujet qui ne soit pas identique puisque c'est la même substance qui est unique dans son identité, quant à savoir si la non-identité est ou n'est pas la négation de l'idée de sujet, quant à savoir si dans le temps le sujet peut en définitive exister : on trouve ce problème de la durée de l'individu illustrée par les demeures des Pharaons dans l'Au-delà et des empereurs romains qui mettent leurs tombes au regard des vivants pour continuer à exister en bordure des allées du Mont Palatin et de l'usage des sceaux qui personnifient le notable qui l'utilise;

-Deuxième regroupement concernant la conscience de « soi » : on peut se demander si cette conscience veut dire que nous nous connaissons en tant que « sujets », et si l'idée de sujet n'est que l'objet d'une croyance, un objet mental.

La conscience fait la synthèse entre le sujet en tant qu'entité « propre » (moi-même en personne par le fait que j'existe) et sujet de la connaissance (sujet qui connaît, qui se représente, personnalité et âme, ce que je suis). Le sujet, chez Descartes par exemple, est « ce pour quoi ou pour qui il y a une représentation », et donc également « ce pour quoi » et « pour qui » il y a connaissance, y compris connaissance de « soi-même ». C'est là la racine de l'idéalisme façon moderne : le sujet est pensant, connaissant et, se sachant est connaissant (identité du je), il existe dans la certitude de ce savoir : le sujet est la raison et se confond avec le « je ». Dans une autre langue que le français, on dirait que le sujet, c'est l'universel, ou plus exactement, pour le cas de Descartes, qu'il tend à l'universel.

De cette conception, on peut dégager au moins deux grands courants de pensée :

-Un courant prend le « je » pour élément fondateur, le fondement ultime, indépassable : absorption de l'absolu dans le « je ». Le particulier, l'individuel est valorisé.

-Un autre courant prend le sujet pour absolu seul, en particulier sujet de l'histoire : absorption de l'individuel dans l'absolu de la Transcendance. Cette conception tend vers le panthéisme : l'individu n'est pas le sujet de la pensée qu'il perçoit comme sienne, mais c'est l'idée, Dieu ou la nature. Cette dernière conception montre que l'on ne doit pas associer par habitude le sujet et l'individu, car il est possible de nier à ce dernier cette qualité : je ne suis pas un sujet, mais une certaine variation accidentelle dans ce qui existe. À l'inverse, si l'on conçoit l'individu comme sujet, cet individu doit présenter les caractéristiques d'une réalité consistante et peut-être même nécessaire. Cette conception du sujet n'est pas apparue complètement dans les premières œuvres philosophiques de DescartesDiscours de la méthode, 1637. Elle n'a vraiment été développée que dans les méditations métaphysiques, parues en 1641, sous la forme de ce que l'on peut qualifier de « doute hyperbolique » : la philosophie première d'Aristote, l'ontologie, est reformulée au dans le cadre de la métaphysique. Elle a été sérieusement remise en cause par Descartes, dans le sens que la cause première d'Aristote, est remplacée par un principe premier, le « sujet pensant », selon la célèbre formule « cogito, ergo sum ».

Difficultés et questionnement de la conception