Kerfeunteun est une ancienne commune française située au Nord de Quimper et qui lui a été annexée au .
Géographie thumb|left|Stibine trouvée à Kerfeunteun (Maison des minéraux de Crozon). Kerfeunteun est désormais un quartier de Quimper. Le territoire de l'ancienne commune est assez étendu et constitue la majeure partie de la commune actuelle de Quimper avec laquelle elle a toujours vécu en étroite association, étant un lieu de passage obligé pour se rendre vers le Nord, en particulier vers Châteaulin, Landerneau et Brest. Cette route part de l'ancienne porte fortifiée du Nord de Quimper (dite "La Tourbie") et suit une ligne de crête entre deux vallons sur l'interfluve desquels sont établis le bourg et l'église. Cette partie inférieure de l'ancienne commune est constituée d'une sorte de plateau raviné et incliné vers la vallée de l'Odet où se trouve Quimper. Un vallon sépare le haut de ce plateau d'une ligne de crêtes est-ouest au-delà de laquelle se trouve un autre plateau d'altitude plus élevée d'environ et qui reste la partie non urbanisée du nord de l'agglomération quimpéroise. Entre les deux plateaux ont été créés à l'ouest une zone commerciale, dite de Gourvily, et à l'ouest une nouvelle zone d'urbanisation au nord de l'avenue de Ti-Pont.
La partie centrale de l'ancienne paroisse de Cuzon se trouve sur une éminence entre l'Odet à l'Est et son affluent, le Frout, à l'Ouest. La partie Sud de Cuzon englobait une petite plaine établie au confluent de l'Odet et du Jet qui a accueilli la gare de chemin de fer et la zone industrielle et commerciale de l'Hippodrome.
Sous cette plaine s'étend un gisement de charbon mentionné par le professeur de paléobotanique, Charles Armand Picquenard.
Toponymie Kerfeunteun est mentionnée au début du : la traduction latine est Villa Fontis, le «village (ou le Domaine) de la Fontaine». la fontaine ainsi mentionnée existe toujours et il lui a été prêté des propriétés miraculeuses.
Histoire Origines Kerfeunteun est une paroisse très ancienne dont l'église paroissiale se trouvait à à peine de la cathédrale de Quimper. Le centre ancien, près de l'église, est souvent dénommé «le bourg» suivant l'habitude bretonne. Avant 1791, ce qui est appelé aujourd'hui Kerfeunteun était constitué de deux paroisses imbriquées et de superficies presque égales, Kerfeunteun à l'Ouest et Cuzon à l'Est.
Kerfeunteun préhistorique et antique Les nombreuses fouilles du centre archéologique municipal de Quimper ont peu concerné Kerfeunteun et il n'y a guère que deux stèles de l'Âge du fer et un mince mobilier gallo-romain au village de Kermoguer (autrefois en Cuzon) qui aient retenu l'attention des archéologues. On a retrouvé aussi des traces d'établissements gallo-romains de type villa à Beg ar Menez, ainsi qu'à Kervéguen, tous les deux aussi en Cuzon. L'axe de route antique Nord-Sud, aujourd'hui "Avenue de France Libre", qui passe au bourg, est prolongé par une route allant vers Châteaulin et Brest, aujourd'hui encore dénommée "La Voie romaine" et il s'y embranche à la "Croix-des-Gardiens" une autre voie romaine probable passant par un autre site gallo-romain attesté, "Ty Sanquer", et permettant l'accès à Briec-de-l'Odet, Châteauneuf-du-Faou et Carhaix.Le Chemin de Troheïr qui est l'ancienne route antique de Locronan et de la Baie de Douarnenez traverse le territoire sur quelques kilomètres au Nord-Ouest.
De l'autre côté du pont faisant la limite sur le Steïr, ont été retrouvés en 2003 les vestiges d'un village gaulois.
Kerfeunteun dans la Vie en latin de saint Corentin Saint Corentin, selon sa Vie, y aurait fait un miracle pour permettre au vieil ermite du lieu, saint Primel, d'avoir une eau plus accessible en faisant jaillir cette nouvelle source près de sa cabane qui serait devenue l'église dédiée à la Sainte-Trinité. Dans la même Vie, une scène aux relents archaïques et nimbée de mythologie celtique est placée un , jour qui est à la fois celui de la fête de Lug (voir Lugnasad), dieu irlandais, et celui de la dédicace de la cathédrale. Un étranger, qui aurait tué une anguille qui vivait dans le bassin de la fontaine aurait été sauvé de la colère divine par le saint évêque. L'anguille est, selon Fernand Benoît, un animal divinatoire associé au dieu guérisseur, l'irlandais Lug ou le romain Mercure.
Moyen Âge thumb|left|Le manoir de Keramaner (ancienne paroisse de Cuzon). thumb|Ancien manoir de la Forêt, détruit vers 1942 (gravure publiée dans Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, d'après un dessin d'Adrien Dauzats et Auguste Mayer, 1843).
La création des paroisses au haut Moyen Âge est mal connue, d'autant qu'il semble avoir coexisté des paroisses dites gallo-romaines et des paroisses nouvelles fondées par les Bretons venant d'outre-Manche. Pourtant, Quimper (ville close) et Kerfeunteun ont pu appartenir à l'ensemble gallo-romain de Briec-de-l'Odet, si on considère l'origine latine possible de Briec (Brithiac en 1038) et les limites naturelles (Odet et Steïr pour le Sud). La dédicace de Saint Pierre pour l'église de Cuzon amène à penser à une grande ancienneté, tandis qu'un acte concernant la cathédrale Saint-Corentin rédigé en 1227 mentionne «Cuzon dans la paroisse de Kerfeunteun» (Cozon in parrochia Kerfronton), ce qui n'est plus le cas plus tardVoir Erwan Vallerie, Communes bretonnes et paroisses d'Armorique, Éditions Beltan, 1986, et .. Le nom de Cuzon qui est celui d'un saint breton qui se retrouve à Locuon, en Ploërdut (Morbihan), peut aussi faire voir dans Cuzon la paroisse-mère de Saint-Corentin et de Kerfeunteun.
Proches d'une ville de pouvoir, Kerfeunteun ainsi que Cuzon ont accueilli de nombreux manoirs périurbains dont 18 ont été répertoriés. Beaucoup étaient des demeures nobles entourées de leurs exploitations agricoles. Parmi eux, ceux de Troheir, Kerpaen, Keramaner., Les Salles, Le ParcJulien Trévédy, Promenade aux manoirs de Troheir, Kerpaen, Les Salles et Le Parc (commune de Kerfeuteun), "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1888, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2081934/f121.image.r=Ploar%C3%A9 et Missirien (possédé par la famille du Plessis)..
L'Arbre de Jessé de Kerfeunteun vignette|L'arbre de Jessé de Kerfeunteun en Quimper Le vitrail de l'Arbre de Jessé date du . Sa datation a posé des problèmes et il y eut notamment différentes propositions. Après avoir dit que ce vitrail datait de 1575, René Couffon indique dans "Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et de Léon" que c'est un "Vitrail du ". Tandis que Roger Barrié, dans sa thèse de doctorant sur le vitrail en Cornouaille au , indique qu'il date de 1525-30, réalisé par un atelier de maîtres verriers. Ce vitrail s'enregistre donc dans une période de prospérité, doublée de la question du rattachement à la France. C'est notamment grâce à cette situation que l'on a pu voir apparaître la dénomination de "siècle d'or du vitrail en Bretagne".
Une signature L'observation de ce vitrail offre l'hypothèse d'un atelier LE SODEC qui serait donc l'atelier ayant réalisé ce chef-d’œuvre. L’œuvre, de haute qualité, constitue un repère pour l'étude de l'atelier local LE SODEC car elle porte plusieurs signatures explicites de deux de ses membres: "Olivier et Laurent" d'après Françoise Gatouillat et Michel Hérold, dans l'ouvrage Corpus Vitrearum. "Les vitraux de Bretagne" de 2005.Ce vitrail souligne une virtuosité des auteurs de par l'usage de vitraux doublés et de vitraux gravés, centrés sur la harpe de David....
Un monument historique Cet arbre de Jessé fut classé comme monument historique le et fut restauré en 1913. Ce qui est tout à fait étonnant puisque le vitrail est donc lui-même classé monument historique avant la cathédrale. Il sera classé pour inciter à sa restauration à la suite d'une tempête de 1911. "On refait les têtes de la Vierge, de saint Jean, du donateur, le corps du Christ, et l'on remplace quelques pièces des Rois, notamment des damassés ocre, un peu criards" par Roger Barrié dans sa thèse sur les vitraux de Cornouaille
Description du vitrail
Jeu des couleurs Une forte impression nous est transmise lors de l'observation de ce vitrail en raison du jeu des couleurs. Il y a un emploi de couleurs vives : rouge, vert, bleu, jaune.
Il y a tout de même des spécificités quant à l'emploi des couleurs comme le bleu qui est réservé à la Vierge Marie.
Une disposition avec une coupure Il y a deux groupes distincts grâce à la présence d'un arbre en vert. En bas, il y a Jessé assoupi, encadré du donateur et d'une Sainte-Trinité souffrante afin de rappeler le vocable de l'église. Le deuxième groupe se trouve en hauteur, donc au sommet de l'arbre avec le Christ en Croix entouré de la Vierge et de Saint Jean.
Une place centrale de l'arbre L'arbre sort du cœur de Jessé est structure ainsi l’œuvre pour s’élever vers le haut, couronné par une fleur blanche servant de support à la croix.
La verticalité des jambes du crucifié est un prolongement de la branche centrale faisant ainsi office de transition entre la fleur et l'arbre."Rameau et fleur sont mis en relation ici avec la Croix, dans une décomposition qui joue sur le rapport paradoxal entre la mort et la vie" par l'Atelier de Recherche SémiotiqueLe Crucifié, sur sa Croix, est entouré de 5 angelots de couleurs différentes (bleu, blanc et 3 sont verts) montrant ainsi encore la technique du maître verrier ayant ici recourt à l'incrustation en chef d’œuvre.
Vierge Marie et saint Jean Ces personnages se trouvent autour du Crucifié. À gauche du Christ se trouve notamment la Vierge Marie qui est ici entourée de 5 angelots bleu ou jaune. La finesse de la représentation de Marie attire notre regard mais cela est amplifié par la présence de son manteau bleu et de sa robe jaune or. Tandis que saint-Jean porte un manteau émeraude sur une robe bleu foncé. Il est lui aussi entouré de 5 angelots (2 verts, 2 jaunes et 1 bleu).
Les rois de l'arbre de Jessé Ils sont au nombre de 12. Ils se trouvent en quinconce sur les branches de l'arbre vert. Les postures sont diverses et se détachent du fond rouge uni avec des vêtements ornés de différentes broderies.
Époque moderne En 1759, la paroisse de Kerfeunteun [le nom est écrit Querfuntun] devait chaque année fournir 15 hommes pour servir de garde-côtes..
Révolution française thumb|left|François TalecFrançois Talec, peintre quimpérois né à Quimper en 1822 et mort à Paris en 1850 : L'Aumône (1847, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Quimper). Cette œuvre montre un intérieur pauvre de Kerfeunteun en 1847 La paroisse de Kerfeuteun, qui comprenait alors 130 feux, élit deux délégués, Eloury et Jean-Baptiste Cariou, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789"Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2. L'annexion de l'ancienne paroisse de Cuzon
La paroisse de Cœuzon [Cuzon], qui comprenait alors 200 feux, élit deux délégués, De Bois-Jaffray et Yves Le Guennau, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789.
En 1759, la paroisse de Cuzon [le nom est écrit Queuzon] devait chaque année fournir 10 hommes pour servir de garde-côtes.
En 1791, la paroisse devient commune et elle est augmentée de celle de Cuzon, située à l'Est et au-delà du ruisseau du Frout. Elle reste, pour sa plus grande partie, une dépendance rurale de Quimper.
Le La reconstruction de la chapelle de Menfouès La chapelle de Menfouès. fut reconstruite en 1801 avec les pierres de la chapelle Saint-Hervé détruite en expiation de l'assassinat le de Audrein, évêque de Quimper, à proximité de cette chapelle Saint-Hervé.
Jean-Marie Déguignet à Kerfeunteun