La thanatopraxie, soins de conservation ou plus simplement embaumement sont des termes qui désignent l'art, la science ou les techniques modernes permettant de préserver les corps de défunts humains de la décomposition naturelle, de les présenter avec l'apparence de la vie pour les funérailles et d'assurer la destruction d'un maximum d'infections et micro-organismes pathologiques contenus dans le corps des défunts Embaumement et deuilEmbaumement en Australie Medscape Embaumement et deuil de mort d'enfant Document anglais .

vignette|Les momies égyptiennes (ici exposée au British Museum) comptent parmi les plus anciens témoignages de la momification volontairement pratiquée par l'être humain. vignette|Poteries, récipients et outils pour l'embaumement, trouvés dans la tombe de Toutânkhamon. vignette|Plusieurs fluides d'embaumement sont utilisés pour conserver un corps (ici échantillons de Sterilol, Degage, Supremol, Rectifiant, Hydrol-bleachol concentré datant du ). vignette|Outils de thanatopraxie et de réparation esthétique (modelage à la cire ou en argile de parties manquantes, mercurochrome comme colorant…) utilisés par certains employés des pompes funèbres ou par les thanatopracteurs (Musée des coutumes funéraires, Springfield, Illinois, États-Unisvignette|Instruments de thanatopracteur. vignette|Corps de Jean-Paul II, thanatopraxié. vignette|La momie de Rosalia Lombardo, embaumée vers 1920 par le thanatopracteur italien Alfredo Salafia, est un des plus célèbres exemples de corps ayant subi une thanatopraxie définitive.

La thanatopraxie est une pratique distincte de la taxidermie. La thanatopraxie préserve l'intégrité du corps humain (hors fluides), alors que la taxidermie recrée la forme d'un animal en utilisant uniquement la peau et certains éléments de son corps.

Les personnes qui la pratiquent sont appelés thanatopracteurs.

Objectifs Dans la grande majorité des cas, il s'agit de limiter provisoirement le processus naturel de la thanatomorphose qui se met en œuvre dès le décès survenu, qu'on appelle communément putréfaction.

Ceci permet aux proches : de veiller un corps aseptisé (environ 90 % de germes en moins) diminuant par là les risques sanitaires ; un deuil facilité par l'image du mort que la thanatopraxie reconditionne voire recrée, ne serait-ce qu'à l'aide d'artifices, elle facilite considérablement le travail de deuil (ces injections formolées ne sont pas et ne remplacent pas le maquillage, la coiffure et l'habillage) ; une mise en attente du corps en cas de manque d'officiant religieux, en raison d'attentes plus longues pour les crématoriums français ou enfin pour la conservation d'un cadavre devant être transporté vers un pays lointain (contrainte légale).

La thanatopraxie est rarement demandée par la famille mais souvent suggérée par la société de pompes funèbres contactée par la famille du défunt. Elle n'est pas obligatoire si l'on doit déplacer le corps du défunt sans mise en cercueil en France dans les premières 48 heures après le décès et peut être interdite (pour certaines causes de décès).

Certaines confessions (musulmane, israélite, orthodoxe et bouddhiste notamment) s'y opposent par principe religieux, sans avoir force de loi dans les cas visés par les règlements de santé publique (uniquement pour un rapatriement vers certains pays). En France, si la thanatopraxie est réalisée par un service extérieur aux pompes funèbres, ce dernier doit proposer la liste des thanatopracteurs de la région avec leurs tarifs.

La majorité des pays européens interdisent la thanatopraxie avant une crémation. Les produits formolés ou chlorés, à haute température, sont sources d'émission de toxines (dont dioxines en présence de chlore ou sel) dans l'atmosphère.

Beaucoup plus rarement, la thanatopraxie sert à assurer la conservation définitive du corps d'un défunt. Cet usage, peu courant d'une façon générale, est interdit dans certains pays, tandis que d'autres le tolèrent sous certaines conditions.

Origine du mot « Thanatopraxie » est un néologisme formé à partir des mots grecs « Thanatos » (θανατος, divinité de la mort) et « praxein » (exécuter une opération manuelle au sens d'opérer). Il s'agit donc d'une chirurgie (au sens étymologique du terme) post-mortem, visant à conserver le corps d'un défunt. Jusqu'au milieu des années 1960, ce sont souvent des médecins qui pratiquent les « embaumements ».

Remarque : Les francophones réservent de plus en plus le terme embaumement aux pratiques de l'Antiquité ou à des soins visant une conservation de longue durée (ex : le cadavre de Lénine).

Histoire de la thanatopraxie Elle remonte sans doute aux débuts de l'Antiquité avec les procédés chimiques de momification notamment développés par les Égyptiens ou l'empire sankar alors que les Incas ou d'autres peuples du Pérou utilisaient la déshydratation naturelle. Ces peuples pensaient que préserver les corps permettrait aux âmes des morts de les retrouver ensuite. Les Égyptiens utilisaient en effet des techniques complexes pour préserver ces corps : ils extrayaient les viscères du défunt et les mettaient dans des vases dits canopes, ils conservaient le cœur dans le corps du défunt, ils laissaient ensuite le cadavre dans du natron sec durant quarante jours. Pour finir, ils enduisaient les chairs du défunt d'huiles pour les rendre plus souples et les parfumer, et ce n'est qu'après tous ces processus de conservation qu'ils enveloppaient le corps de bandelettes. Cette technique d'embaumement est aujourd'hui la plus connue dans le monde depuis les découvertes de la Vallée des Rois. Toutefois, pour ce qui est des peuples d'Amérique du Sud, la momification naturelle est souvent due aux conditions d'inhumation des défunts et aux pratiques funéraires particulières de certains peuples comme les Nazcas au Pérou.

Les corps les mieux préservés semblent dater de la dynastie Han en Chine à Mawangdui. On a cru que des sels de mercure et d'antimoine, qu'on pensait assez toxiques pour tuer tous les microbes, expliquaient un exceptionnel état de préservation. Mais les corps exhumés se sont vite dégradés. Ce sont plutôt les conditions de température et d'hygrométrie des tombes, et le fait que les cadavres aient été placés sous plusieurs couches de charbon de bois et d'argile qui étaient en cause. Ces momies sont aujourd'hui entreposées dans des chambres spéciales réfrigérées qui simulent les conditions d'origine dans lesquelles elles ont été découvertes pour éviter une nouvelle accélération de la putréfaction.

L'embaumement semble, en Europe, n'avoir été que rarement utilisé, par exemple pour le rapatriement des corps de croisés morts loin de chez eux. Des anatomistes de la Renaissance s'y sont essayés pour conserver leurs spécimens. L'embaumement « artériel » est censé avoir été découvert aux Pays-Bas au par Frederik Ruysch, mais sa recette de liqueur balsamique préservative est restée secrète jusqu'à sa mort, et ses méthodes n'ont pas été largement copiées.

L'inventeur français Jean-Nicolas Gannal dépose en 1837 un brevet pour son procédé d'embaumement Brevet 1BA6018, consultable sur la base historique de l'INPI : http://bases-brevets19e.inpi.fr/Thot/FrmLotDocFrame.asp?idlot=214809&idfic=0011567&resX=1152&resY=864&init=1. Son livre Histoire des embaumements, paru en 1838, est traduit en anglais en 1840 et devient le premier document publié aux États-Unis à propos de l'embaumement. Le docteur Holmes de New York, s'inspirant du procédé Gannal, est le père de la thanatopraxie en Amérique.

C'est à l'occasion de la guerre de Sécession qu'on a cherché à conserver les corps d'officiers morts loin de chez eux avant de les renvoyer à leur famille pour inhumation. Le Thomas Holmes a été commissionné par le corps médical de l'armée pour embaumer les cadavres des officiers morts de l'Union. L'armée a également permis à des embaumeurs civils privés de « travailler » dans les zones sous contrôle militaire. Le corps d'Abraham Lincoln a été embaumé avant son enterrement. C'est ainsi que les États-Unis deviennent le pays où la thanatopraxie est le plus à l'honneur.

En 1867, un chimiste allemand, August Wilhelm von Hofmann, découvre le formaldéhyde. Ses propriétés biocides ont été vite reconnues et il est devenu une des bases de l'embaumement artériel moderne. À la charnière du et du , les embaumements artériels à base de formaldéhyde ont été poussés à la perfection par l'embaumeur italien Alfredo Salafia, qui mit au point une formule capable de conserver définitivement les cadavres, en mêlant notamment le formaldéhyde et le sulfate de zinc.

Au et au début du , l'arsenic a aussi été très utilisé avant d'être finalement supplanté par d'autres produits réputés moins dangereux pour les manipulateurs. On a aussi craint que des personnes soupçonnées d'assassiner par empoisonnement à l'arsenic puissent prétendre que les niveaux de poison trouvés dans le corps d'un défunt ne proviennent que de l'embaumement post-mortem plutôt que d'être une preuve d'homicide ou de suicide.

Ce n'est que bien plus tard qu'on s'est interrogé sur les capacités de cet arsenic (non biodégradable) à polluer le sol et les nappes dans et autour des cimetières.

En France, la thanatopraxie semble apparaître dans les années 1960, avant de lentement se banaliser. Pour environ quatre cents thanatopraxies réalisées en France en 1963, cent mille ont eu lieu en 2003 dans ce pays. Certains estiment que 30 % des cadavres pourraient dans le futur être « thanatopraxiés », avec des taux très variables selon les régions et les populations concernées.

Thanatopraxie et croyances religieuses

La religion islamique l'interdit. Elle est tolérée uniquement pour le rapatriement du cercueil vers certains pays. La religion chrétienne (catholiques, protestants) accepte la thanatopraxie. Celle-ci n'est pas admise chez les orthodoxes. La religion juive l'interdit ; contrairement à de fausses rumeurs, il n'y a aucune exigence de la part de l’État d’Israël pour le retour d'un cercueil en Israël, sauf si cela est imposé par le pays d'origine ou la compagnie aérienne. Le bouddhisme n'accepte pas les injections de formol.

Dans le monde Dans le monde Dans le monde, la thanatopraxie (au sens moderne du mot) est récente, et différemment répandue et acceptée selon les régions et les populations. Elle semble notamment se développer en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande.

En Europe En Europe, selon l'AFIF, la thanatopraxie par injection d'un biocide formolé concernerait environ 3 % des défunts, mais la thanatopraxie reste interdite dans la majorité des pays européens.

C'est au Royaume-Uni et surtout en France que cette pratique se serait essentiellement et récemment développée. Elle est encore peu utilisée en Allemagne, Espagne, Irlande ; quasi inexistante sauf dans les capitales en Autriche, Grèce, Italie, Malte, Portugal, Suisse.

La thanatopraxie est interdite aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et dans les pays scandinaves (hors traitement obligatoire de formolisation pour rapatrier un cercueil vers certains pays).

L'utilisation du froid, plus respectueuse de l'intégrité du corps défunt et de l'environnement, reste la technique la plus employée en Europe (pose de glace carbonique ou utilisation de lit ou de rampe réfrigérante).

En France En France, selon Florence FresseFlorence Fresse est Déléguée générale de la Fédération française des pompes funèbres (450 entreprises, petites et moyennes). s'exprimant au nom des de la Fédération française des pompes funèbresArticle du journal Le Monde daté du 27 juillet 2012 intitulé « Embaumer le corps des défunts, une pratique en plein essor », la thanatopraxie était en 2007 , au point même d'être .