Dominique Rocheteau, né le à Saintes (Charente-Maritime), surnommé l'« Ange vert », est un footballeur international français et dirigeant sportif.
Il est un joueur emblématique, durant les années 1970, de l'AS Saint-Étienne, avec laquelle il est notamment champion de France en 1974, 1975 et 1976, puis finaliste de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1976. Il joue ensuite au Paris SG, club avec lequel il remporte notamment le championnat de France en 1986 et dont il est, en 2026, le sixième meilleur buteur de l'histoireDerrière Pauleta, Neymar, Zlatan Ibrahimović, Edinson Cavani et Kylian Mbappé. avec 100 buts inscrits.
Avec l'équipe de France, il remporte l'Euro 1984 et est deux fois demi-finaliste de la Coupe du monde, en 1982 et en 1986.
Nommé vice-président du conseil de surveillance de l'ASSE en 2010, il devient par la suite conseiller du président puis coordinateur sportif. En 2017 il est nommé au poste de directeur sportif, jusqu'en 2019, date à laquelle il prend sa retraite.
Biographie Début de carrière Dominique Rocheteau naît le à Saintes, en Charente-Maritime. C'est néanmoins à Étaules, petite ville de la presqu'île d'Arvert, entre Royan et l'île d'Oléron, qu'il grandit et fait ses premières armes au sein du club de football local, l'US Étaules. Issu d'une famille d'ostréiculteurs et d'une lignée de footballeurs (son père, son oncle et plusieurs de ses cousins jouent en amateur), il évolue ensuite en junior à La Rochelle.
Mais la carrière professionnelle de Dominique Rocheteau est indissociable de l'AS Saint-Étienne, qui est dans les années 1970 l'équipe la plus populaire de l'hexagone. Arrivé dans le club stéphanois comme stagiaire en 1971, il joue son premier match pro avec Saint-Étienne en 1973 contre NancyRocheteau et ses débuts. Il ne peut prendre vraiment part aux magnifiques doublés coupe-championnat de 1974 et 1975, ne jouant que quelques matchs à cause de multiples blessures. Enfin remis, il explose littéralement l'année suivante au sein du dispositif en 4-3-3 mis en place par l'entraîneur Robert Herbin. Il devient rapidement l'une des coqueluches du public, en particulier des supportrices. Ses dribbles élégants et ravageurs sur l'aile droite conjugués à sa longue chevelure bouclée, sa notoriété fulgurante lui vaudront le surnom d’« Ange Vert », attribué en tête d'un reportage sur le footballeur star par le directeur de la rédaction du magazine Onze, Jean-Pierre Frimbois.
« L'Ange vert » en action (1976-1980) thumb|left|Dominique Rocheteau en 1976. L'année 1976 est une grande saison pour Rocheteau et les « Verts » tant sur un plan national qu'européen. En Coupe des clubs champions européens, Dominique Rocheteau inscrit un but et fait une passe décisive pour Hervé Revelli à Glasgow face au Rangers FC lors du match retour des huitièmes de finale (victoire 2-1Score total : 4-1 pour les « Verts ».). En quarts, Dominique va participer à l'un des plus beaux retournements de situation de l'histoire du football français. Opposée à l'un des grands favoris de cette édition 1975-1976, le Dynamo Kiev, emmené par le Ballon d'or Oleg Blokhine, l'AS Saint-Étienne est battue au match aller 2 à 0. Le match retour est homérique. Alors que la première mi-temps s'est achevée sur le score de 0 à 0, Oleg Blokhine est à deux doigts d'ouvrir le score, mais se fait prendre le ballon au dernier moment. Sur ce contre, Saint-Étienne ouvre la marque par Hervé Revelli, puis récidive six minutes plus tard, sur un coup franc, par Jean-Michel Larqué. Kiev, qui pensait avoir pris le contrôle du match, est sonné. Durant la prolongation, Dominique Rocheteau, blessé à la cuisse et épuisé, parvient quand même à reprendre in extremis un centre de Patrick Revelli et marque le but de la victoire.
thumb|left|Déplacement de l'AS Saint-Étienne en 1979 (de g. à d. : Johnny Rep, Ivan Ćurković, Robert Herbin et Dominique Rocheteau).|alt=Joueurs en civils discutant. Une femme tient Robert Herbin et Ivan Curkovic.
L'AS Saint-Etienne élimine ensuite le PSV Eindhoven lors des demi-finales, grâce notamment à une prestation exceptionnelle du gardien Ivan Ćurković au match retour après la victoire 1-0 au match aller (but sur un coup franc obtenu par Rocheteau et transformé par Jean-Michel Larqué). Le club atteint ainsi la finale contre le Bayern Munich de Franz Beckenbauer, tenant du titre, qui l'avait éliminée lors de l'édition précédente. Blessé à la cuisse durant la seconde mi-temps du match contre le PSV Eindhoven, Rocheteau ne joua malheureusement que les sept dernières minutes (en remplacement de Christian Sarramagna), grâce à des infiltrations de novocaïne, sans que son fameux coup de rein ne change le cours de la partie. Dominatrice, l'équipe stéphanoise s'incline malheureusement 1-0, se faisant surprendre contre le cours du jeu sur coup franc, et le ballon touche par deux fois les fameux poteaux carrés de l'Hampden Park. En championnat, Saint-Étienne remporte néanmoins son troisième titre de champion d'affilée.
L'année suivante, le club remporte la coupe de France 1977 face au Stade de Reims en finale, à laquelle Rocheteau participe, et termine cinquième du championnat.
thumb|Dominique Rocheteau sous les couleurs de Saint-Étienne en 1978.
À la suite d'un championnat 1977-1978 moyen (Saint-Étienne finit septième), les dirigeants du club opèrent un changement radical de politique. Le vivier formé par le centre de formation est de plus en plus délaissé, au profit d'un recrutement onéreux de stars, comme le Bastiais Jacques Zimako, le Lyonnais Bernard Lacombe, le Nancéien Michel Platini, ou encore Johnny Rep, et le Messin Patrick Battiston.
Après un très bon championnat 1978-1979 durant lequel Rocheteau marque 21 buts (troisième meilleur buteur ex aequo avec Gilbert Marguerite et Pierre Pleimelding) et adresse 12 passes décisives, le joueur vit un championnat 1979-1980 plus difficile. Malgré un bon départ (meilleur buteur du club après 15 journées), il se blesse gravement contre Angers. Éloigné des terrains en convalescence pendant de longues semaines, son absence coïncide avec une période euphorique pour l'ASSE (large victoire 6-2 face au PSV Eindhoven en seizièmes de la Coupe UEFA) et a contrario, son retour avec un passage à vide du club (lourde défaite 6-1 dans cette compétition par le Borussia Mönchengladbach, puis en quarts de la Coupe de France par une équipe de Montpellier évoluant en deuxième division sur un score de 1-1 à l'extérieur). Lors de ces deux confrontations, Dominique Rocheteau ne marqua pas les buts qui auraient peut-être changé la tournure des événements, et certains coéquipiers au club, ne manquèrent pas de lui en faire la remarque. Bien qu'il garde la confiance de Robert Herbin, Rocheteau sent une certaine réserve à son égard au sein de la direction du club et préfère partir au Paris Saint-Germain, qui lui propose en plus de quitter sa position d'ailier droit pour un poste d'avant-centre. Lui qui se sentait bloqué dans son rôle d'ailier, voit là l'occasion de donner un virage à sa carrière.
Confirmation au Paris Saint-Germain
Déçu par le duo Beltramini-Boubacar, qui n'a su faire oublier celui emmené par Carlos Bianchi et François M'Pelé, le président Francis Borelli recrute donc deux nouveaux attaquants, l'« Ange vert » et Nambatingue Toko de Valenciennes. Georges Peyroche promet à Dominique le poste de d'avant-centre.
Dominique quitte ainsi l'AS Saint-Étienne et son poste d'ailier droit pour rejoindre le jeune club du Paris Saint-Germain, où il retrouve la position fétiche de sa prime jeunesse, celle d'avant-centre, qu'il avait dû céder à Hervé Revelli puis à Johnny Rep chez les « Verts ». Mais son style reste très atypique. Peu enclin à rester à attendre le ballon dans la surface de réparation et à jouer dos au but ou en pivot, Dominique préfère user de son arme la plus efficace, le dribble, pour semer la panique dans les défenses adverses. Il joue donc la partition d'un joueur très mobile, libre d'évoluer sur tout le front de l'attaque. Très bon passeur, il ne se montre pas trop individualiste (parfois même pas assez). Il évoluera d'ailleurs parfois durant sa période parisienne aux côtés d'avants-centres typiques (Kees Kist, Richard Niederbacher, Vahid Halilhodžić ou Jules Bocandé) en tant qu'attaquant de soutien, partant de plus loin et participant activement à la construction des actions offensives.
Le Paris SG a beau être ambitieux, il obtient des résultats irréguliers. Dominique lui-même accusera plusieurs baisses de forme dues à de fréquentes blessures (n'étant guère épargné par les défenseurs adverses) et à une certaine fragilité psychologique. Avec son nouveau club, il remporte néanmoins plusieurs titres. Il remporte la Coupe de France en 1982, après une finale épique disputée face à l'AS Saint-Étienne de Michel Platini, qui joue là son dernier match pour un club français. Le Paris SG l'emporte 6 à 5 aux tirs au but après un match nul 2-2 (Dominique inscrivant le but de l'égalisation pour Paris lors de l'ultime minute de la prolongation).
Dominique dispute un quart de finale de Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe lors de la saison 1982-1983. Lors de l'édition 1982-1983 de la Coupe de France, Paris conserve son titre en l'emportant 3 buts à 2 face au champion de France, le FC Nantes, à l'issue d'une nouvelle finale d'anthologie. Dominique atteint également la finale de la Coupe de France de football 1984-1985 (défaite 1 à 0 face à l'AS Monaco).
Dominique Rocheteau acquiert son dernier titre de champion de France en 1986, le premier pour le club parisien, entraîné alors par Gérard Houllier et ce après une première partie de championnat hallucinante avec vingt-six matches d'affilée sans défaite, record de l'époque, battu huit ans plus tard. Cette année-là, il sera même vice-meilleur buteur du championnat, avec 19 buts, derrière Jules Bocandé du FC Metz, qui par ailleurs, deviendra deux mois plus tard son coéquipier au PSG pour la saison 1986-1987, sa dernière avec le club parisien.
« L'Ange » plane aussi chez les « Bleus »
Rocheteau est certainement le joueur français qui a été sélectionné le plus rapidement en équipe de France. Après une démonstration en match de préparation à la saison 1975-1976 des « Verts » contre Leeds (il entre en seconde mi-temps et renverse à lui tout seul la situation en marquant deux buts), le sélectionneur des bleus Ștefan Kovács présent ce jour-là au stade Geoffroy-Guichard lui lance comme une boutade : « On se voit en sélection, hein petit ? ». Et quelques jours plus tard, associé à Emon et Molitor en attaque et servi par son coéquipier Jean-Michel Larqué, il joue en 1975 son premier match amical en bleu face au Real Madrid et y inscrit encore deux buts. Malgré l'apport du jeune prodige, l'équipe de France, déjà mal engagée dans les éliminatoires pour le Championnat d'Europe de football 1976, se fait finalement sortir de la compétition. Ces mauvais résultats doivent amener les « Bleus » à réagir. La donne va alors changer avec l'arrivée de Michel Hidalgo.