thumb|250px|Vidéoprojecteur DLP InFocus IN34.

Un vidéoprojecteur désigne un appareil de projection électronique conçu pour afficher sur un écran séparé ou sur une surface murale blanche, une source vidéo dite vidéogramme, télévisuelle ou de type informatique.

On associe parfois le terme vidéoprojection avec la notion « frontale » pour le distinguer de la rétroprojection. Le « rétroprojecteur » désigne dans ce cas un téléviseur ou un moniteur vidéo, équipé d'un vidéoprojecteur interne (en anglais « Rear-projection television »), lequel projette l'image sur un écran de verre dépoli, par l'intermédiaire d'une optique ou miroir.

Par ailleurs, le terme rétroprojecteur, Épiscope (optique) ou plus précisément « diascope » (en anglais « Overhead projector » littéralement « projecteur au-dessus de la tête ») désigne en français, un dispositif électro-optique qui permet de projeter l'image agrandie sur un mur ou un écran mural, des documents ou images réalisées sur des supports transparents voire parfois, de petits objets, posés sur la surface du réflecteur lumineux dépoli et éclairés par la source lumineuse.

Principes généraux

Pour afficher la source vidéo sur une grande surface ou un écran spécialement destiné à cet usage, le vidéoprojecteur comprend des circuits et connecteurs vidéo censés convertir les signaux entrants analogiques ou numériques de type vidéocomposite, vidéo composante, RVB, HDMI, VGA en un signal compatible avec le dispositif d'affichage optique amplifié généralement miniaturisé qui produit l'image. Ce dernier génère le flux lumineux synchronisé permettant de reconstituer l'image devant être projetée. Enfin, des optiques adaptent et convertissent cette source lumineuse pour qu'elle puisse être dimensionnée sur la surface de l'écran ou de la paroi murale.

Certains vidéoprojecteurs sont dotés d'entrées audio et d'un amplificateur, généralement monophonique, associé à un haut-parleur interne. Cette utilisation du son n'est généralement utilisée que lors de certaines présentations graphiques ou vidéo, projetées dans un cadre professionnel et dans un environnement isolé acoustiquement comme un bureau, par exemple.

Contexte historique Dès l'apparition de la télévision et longtemps avant que les prototypes de téléviseurs cathodiques ne soient produits, le principe de la vidéoprojection est non seulement conçu mais réalisé, pour produire et afficher des images devant être partagées par plusieurs spectateurs.

Au tout début du XXe siècle, quelques ingénieurs allemands, russes, anglais ou français tentent de concevoir un télé-projecteur. En 1930, professeur allemand Karolus produit une image géante sur un écran lumineux de 4 mètres carrés, constitué de dix mille ampoules disposées sur 100 lignes. Chaque ampoule est associée à une cellule photoélectrique. Un signal électronique synchronisé, ancêtre du signal vidéocomposite, permet de faire de varier l'intensité lumineuse de chaque ampoule et de reconstituer l'image retransmisehttps://notrehistoire.ch/entries/kV3Yyw3n84o Site encyclopédique sur l'histoire de la Suisse : « Le projecteur Eidophor, une invention suisse qui va révolutionner le monde de l'image », par Jean-Jacques Lagrange, 1er avril 2014.

Au début des années 1920, la télévision n'est pas encore électronique mais dite « mécanique » et elle accuse certains inconvénients car elle ne peut être visualisée qu'individuellement ; le spectateur devant se placer exactement face au disque optique rotatif motorisé.

center|thumb|upright=4|Les principes de la télévision mécanique, ancêtre du tube cathodique.

Au début des années 1930, ce dispositif est toutefois adapté à la projection, ce qui permet à plusieurs personnes de visualiser les images de télévision en noir et blanc. Durant la même décennies, plusieurs ingénieurs ou inventeurs en Europe et aux États-Unis conçoivent, déposent des brevets et réalisent des prototypes de « télé projection ».

left|thumb|L'ancêtre du vidéoprojecteur adapté à la télévision mécanique, en 1931.

En 1931 à New-York, l'Anglais John Logie Baird présente son projecteur de télévision mécanique. L'image peut alors être visualisée par un public rassemblé dans une pièce ou un lieu plongé dans une totale obscurité, du fait du très faible rendement optique de la projection.

right|thumb|L'ingénieur anglais John Logie Baird fait une démonstration de son téléprojecteur mécanique, en 1931.

L'ingénieur suisse Fritz Fischer dépose le brevet du téléprojecteur « Eidophor » en 1932. Cet appareil électronique est censé résoudre les principaux problèmes d'amplification lumineuse permettant de visionner les images de télévision sur grand écran, sans pâtir de l'obscurité obligatoire. left|thumb|L'ingénieur suisse Fritz Fisher crée l'Eidophor, en 1931. L'appareil très coûteux et très volumineux, est réservé aux entreprises et aux professionnels.

Une course à la fois technologique et commerciale s'engage dès lors entre quelques sociétés pour améliorer ces appareils et notamment, leur permettre de projeter des définitions ou résolutions vidéo supérieures à 400 lignes.

Le https://www.bridgemanimages.com/fr/joe-widmer/switzerland-eidophor-color-television-technology-1959-b-w-photo/black-and-white-photograph/asset/6225413 Photographie de Fritz Fischer lors de la première démonstration de l'Eidophor en couleurs, sur le site bridgemanimages.com, Fritz Fischer présente la première vidéoprojection en couleur, obtenue grâce au principe d'un disque optique rotatif motorisé et synchronisé exploitant les trois couleurs primaires Rouge, Vert et Bleu (RVB)https://www.cinematheque.fr/fr/catalogues/appareils/collection/projecteur-de-televisionap-13-2783.html En 1959, le projecteur Eidophor est capable de projeter des images vidéo en couleurs.

En France, le , Léon Zitrone, célèbre journaliste du journal de 20h de la première chaîne française RTF, présente l'actualité télévisée devant un écran géant. L'Eidophor a été adapté à la haute définition de la télévision française, la norme à 819 lignes, en noir et blanc.

À partir des années 1970, certaines retransmissions en public, rencontres sportives, rassemblements politiques ou spectacles exploitent la vidéoprojection publique pour faire partager aux spectateurs qui ne peuvent pas assister en direct à un événement auquel ils n'ont pas accès directement où s'ils se situent loin de la scène où il se déroule.

Fabriqué par la société suisse Gretag créée par l'ingénieur Edgar Gretener, adjoint de Fischer, l'Eidophor couleurs se dote de trois tubes combinés en 1972, permettant de projeter une image en couleurs de manière totalement électronique.

right|thumb|Le projecteur couleur Eidophor à trois tubes, RVB.

Ainsi, en 1979, la société belgo-américaine Barco « Belgian American Radio Corporation » commercialise ses premiers vidéoprojecteurs tritubes couleur (RVB) pour équiper certains avions de ligne, alors que la plupart de ses concurrents de l'époque ne proposent que du noir et blanc dans un coffret aussi « compact ». Un an plus tard, Barco adapte grâce à IBM, ses vidéoprojecteurs à l'univers de l'informatiquehttps://www.barco.com/fr/about-barco/history/timeline.

left|thumb|Sur ce projecteur couleur tritube RVB on note toute la connectique vidéo sous les optiques.

En 1982, Barco lance son vidéoprojecteur couleur tritube à haute résolution 1250 lignes. Cet appareil s'adresse principalement aux entreprises, aux administrations, aux universités, aux militaires et au secteur de la santé.

À partir de la fin des années 1980, après la formule tritube RVB qui ne s'adresse qu'à un public fortuné et disposant d'espace pour l'installer au plafond ou sur un socle dans la pièce à vivre de l'habitation, différentes marques de téléviseur ou spécialisées produisent et commercialisent des vidéoprojecteurs de technologies différentes basées sur une ou plusieurs cellules photo-émettrices électroniques qui permettent principalement de réduire le coût industriel, les dimensions des appareils et progressivement d'en améliorer également le rendement optique et la qualité des images projetées. Le grand public commence à avoir accès à ce type de vidéoprojecteurs à partir du milieu des années 1990 mais ce sont les années 2000 qui marquent le succès des ventes de ces appareils au plan international. Dès lors, il n'est pas rare de trouver un vidéoprojecteur vendus moins cher qu'un téléviseur à grand écran (plat).

right|thumb|À partir des années 1970, plusieurs grandes marques de télévision adaptent le principe du vidéoprojecteur, dans un mobilier spécifique intégrant un écran incurvé ou semi-sphérique.

La télédiffusion, la haute définition et la vidéo numérique favorisent encore d'avantage ce succès commercial et certains utilisateurs apprécient d'y connecter différentes sources vidéo : tuner ou récepteur de télévision câble ou satellite, magnétoscope, lecteur DVD ou BluRay, micro-ordinateur, console de jeux vidéo, box Internet

Le relief stéréoscopique 3D disponible sur certains disques BluRay nécessitant des lunettes synchronisées permet aux amateurs du genre, de profiter de l'avantage « home cinéma », le plus souvent associé à une chaîne HiFi surround ou à effets sonores multi-canal.

left|thumb|Intérieur d'un vidéoprojecteur fabriqué dans les années 2010 de technologie « DLP », destiné au marché grand public.

Caractéristiques optiques et techniques Contraste Exprimé sous la forme d’un quotient « valeur en lux : 1 », soit la valeur en lux d’un signal blanc à 100 % moins la valeur en lux d’un signal blanc à 0 %, le tout divisé par la valeur en lux d’un signal blanc à 0 % (un signal blanc à 0 % correspond à du noir).

Le taux de contraste est une des caractéristiques essentielles à prendre en compte dans le choix d’un vidéoprojecteur. Plus le taux de contraste est élevé, plus la qualité de l’image est optimale. Dans le choix d’un projecteur , bien plus que la luminosité, c’est le taux de contraste qui assure la qualité de l’image. Un taux de contraste élevé permettra d’obtenir plus de détails dans les nuances et a priori des noirs plus profonds.

Luminosité Exprimée en lumen

La puissance lumineuse s’exprime généralement en lumens ANSI, unité de mesure normée. Elle va dépendre du type d’utilisation. Plus la taille de l’image souhaitée est grande et la luminosité ambiante importante, plus le projecteur doit être lumineux.

Utilisation professionnelle Tout dépend du type d’utilisation et en particulier du type de salle. Pour des présentations dans de petites salles de réunion, un projecteur avec suffira largement. En revanche, dans des grandes salles de conférences très éclairées, avec des écrans de grande taille, le projecteur doit être nettement plus lumineux pour projeter une image claire et lisible (au moins ).

Utilisation Dans le cadre d’une utilisation , la taille de l’écran est généralement comprise entre 1,5 et de base. Comme dans un vrai cinéma, la qualité d’image est la meilleure lorsque l’obscurité est la plus complète possible. Pour obtenir une image d’excellente qualité, le projecteur doit afficher une luminosité comprise entre 600 et .

Définition Exprimée en pixels :

Que ce soit en LCD (cristaux liquides) ou DLP (micro miroirs), chaque matrice est constituée de pixels, éléments de base de l’image. La définition de l’image va dépendre du nombre de pixels : plus ils sont nombreux plus la précision de l’image est censée être élevée.

Il convient néanmoins de choisir la définition de son projecteur en fonction de son besoin d’utilisation.

Et les besoins sont très différents selon que l’on projette essentiellement de l’image informatique (présentations type Powerpoint, tableurs) ou de la vidéo ().

Image informatique (utilisation professionnelle) Le critère majeur de choix est la définition qu’affiche l’ordinateur qu’on connecte au projecteur. Avec les PC portables notamment, il est plus confortable de disposer sur le projecteur de la même définition que sur l’écran interne.