Brignoles (BrignoloSelon la graphie occitane mistralienne. ou BrinhòlaSelon la graphie occitane classique. [bʁiˈɲɔ.lɔ] en provençal) est une commune française en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Capitale de la Provence Verte, elle est située dans le département du Var, dont elle est la deuxième sous-préfecture avec Draguignan. Ses habitants sont appelés les Brignolais.
Toponymie Brignoles s'écrit en provençal Brignolo selon la norme mistralienneSang et or, p. 56, Rémi Venture, Observatoire de la langue et de la culture provençales, 2014. et Brinhòla selon la norme classiqueLangue provençale..
L'origine des diverses appellations anciennes pourrait être l'évolution complexe de deux dénominationsMégalithes du Monde : Brignoles.. La première dénomination serait d'origine celto-ligure : elle serait formée sur la racine celtique brig, signifiant la hauteurLes puissants Suelteri de la basse vallée de l'Argens ont sans doute exercé leur emprise dans le monde celto-ligure ancien des hautes vallées latérales, mais il semble que les Comones (Cummani ou Commani) se soient associés aux militaires romains de façon précoce. Des Tritolli ou Tricollii ont pu être déplacés plus tardivement par les autorités romaines dans les plaines d'Aix et de Brignoles. La population celto-ligure n'est probablement pas homogène.. Mais ce seraient les légionnaires des armées consulaires de Rome qui auraient de manière précoce latinisé en briginum" ou mieux briginonium (diminutif pratique pour ne pas le confondre avec d'autres sites homonymes) le lieu d'installation de ce modeste castrum surveillant une voie de passage stratégique, la future via AureliaDans le jargon militaire des mercenaires du nord de l'Italie et d'Illyrie, briginum signifierait simplement une petite hauteur aménagée.. Le toponyme aurait été généralisé en bri(gi)nonia pour désigner la contrée environnante, colonisée et cadastréeBrigoles au fil de l’histoire..
La seconde serait intégralement celto-ligure, divers groupes celto-ligures, le plus souvent semi-nomades, continuent de fréquenter les collines en hiver et de repeupler les parages parfois ravagés par les épidémies et les levées militaires romaines, et finissent par désigner dans leur langue rauque la petite entité urbaine qui s'est développée entre de vastes murs-remparts dans la vallée de la rivière Caramy par la dénomination-concaténation de brigg/ni/ola, soit « le lieu remarquable ("ola") sous ("ni" archaïque ou "neder" plus récent) la hauteur (brig rappelant l'ancienne briginum) ». Les autorités locales, subissant ou acceptant de bon gré cette influence, aurait fini par accepter ce doublon celto-ligure, entre le et le . On admettra que cette explication est quelque peu alambiquée.
S'appuyant sur la forme termino Broniolacense datée de 558, Ernest Nègre. émet l'hypothèse d'un toponyme issu du préceltique *borna, « source », passé à *bron par métathèse, accompagné du suffixe roman -eolas, mais la première attestation du nom de Brignoles, prétendue du siècle, terminio Broniolacinse, repose en réalité sur un faux rédigé dans le dernier quart du siècle et montre donc l'état du nom au siècle. Elle est suivie en 1015 par Brignola, forme qui ne variera plus. Il s'agit d'une formation du haut Moyen Âge sur le gotique brunna, « source » (à rapprocher du préceltique *borna ) muni du suffixe diminutif féminin latin -eola. La lettre finale -s, apparue au siècle, est non étymologique et superfétatoire ; en provençal, le nom reste fidèle au singulier : Brignollo en 1537 puis Brignolo en 1878..
Géographie Voies de communications et transports Voies routières Brignoles jouit d'une très bonne position stratégique, la ville étant desservie par deux axes majeurs, l'autoroute A8 (sortie 35) et la route nationale 7. La ville est située à moins d'une heure de route de Marseille (), 35 minutes d'Aix-en-Provence (), 40 minutes de Toulon () et à environ de Nice ().
La rocade, construite en 2005, d'une longueur d'environ permet d'éviter le centre-ville en contournant la ville par le nord.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Transports routiers Réseau Départemental des Transports Varois : Zou !Transports publics.
Lignes SNCF Lignes Express Régionales (LER). Les gares SNCF les plus proches sont : la gare de Carnoules (TER). la gare d'Aix-en-Provence (TER). La gare de Marseille-Saint-Charles (TER/Intercités/TGV). La gare des Arcs - Draguignan (TER/Intercités/TGV). La Gare de Toulon (TER/Intercités/TGV);
Aéroport en Provence-Alpes-Côte d'Azur En particulier : Aéroport de Marseille Provence, Aéroport de Toulon-Hyères. Aéroport de Nice-Côte d'Azur,
Ports en Provence-Alpes-Côte d'Azur En particulier : La rade de Toulon, Le port de Marseille, Port Hercule (port de Monaco), Port Lympia (port de Nice).
Communes limitrophes
Brignoles est la « capitale de la Provence Verte » après avoir été la cité des comtes de Provence.
Elle fait partie des du Pays de la Provence Verte labellisé Pays d’art et d’histoire et de la communauté d'agglomération de la Provence Verte qui compte membresVilles et Pays d’art et d’histoire, "Le pays de la Provence Verte" : Brignoles.
Géologie et relief Brignoles se situe dans la riche plaine parcourue par la rivière du Caramy, affluent de l’Argens.
Elle est sur un ancien bassin minier d'extraction de bauxite.
Sismicité La commune est en zone de sismicité 2 (faible)Didacticiel de la règlementation parasismique.
Hydrographie La commune dispose d'un plan de prévention des risques (P.P.R.).
Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivière Le CaramyPlan de prévention des risques d'inondation ; rivière le Val de Camps ; ruisseau de l'Escarelle, de Vaubelle, de Cologne ; vallons de Roudaï, de Fontlade.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Montfort-sur-Argens_sapc », sur la commune de Montfort-sur-Argens à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en .
Histoire L'édification des dolmens des Adrets et de celui de l'Amarron atteste d'une occupation humaine sur le territoire de la commune dès le Néolithique.. La plaine de Brignoles n'était alors qu'un vaste marécage en bordure du Caramy, dont le lit non resserré changeait souvent de place.
Antiquité Le territoire de Brignoles fut occupé par les Suelteri qui établirent de nombreux oppida au sommet des collines. Les Romains assainirent les terres et construisirent de nombreuses villæ en bordure de la via Aurelia. Restaurée sous Néron (58 ), cette dernière fut alors marquée de bornes milliaires. Un mur de soutènement d'une villa romaine a notamment été découvert sur la route de Flassans. Le musée du Pays Brignolais conserve de nombreux éléments de l'Antiquité et du haut Moyen Âge comme l'autel de Sumian ( - ), un sarcophage de style hellénistique de la fin du , une cloche de 1686 cloche au musée du pays Brignolais...
Moyen Âge Brignoles est citée pour la première fois en 558 dans la charte du roi Childebert concernant La Celle. Le « castrum brinoniae », près du quartier Saint-Pierre sert de refuge aux habitants pendant les raids sarrasins. En 1056, les seigneurs de Brignoles donnent à Saint-Victor de Marseille, l'église Saint-Jean des Vignes construite par un riche tenancier, Baronus. Plusieurs seigneurs se partagent au la ville et son territoire. Deux grandes familles celles de Gualdrade (Geofroy de Rians, son gendre, Sciocia sa fille, Guillaume et Pons ses petits-fils) et celle d'Ingilran, évêque de Cavaillon, donnent de nombreuses terres, situées sur le territoire de Brignoles aux moines marseillais. Pons de Garde cède à son tour les terres de Louvière et de la Chautarde situées près de la Gayolle. Pons Coixard, en 1056, reconstruit l'église paroissiale Sainte-Marie, consacrée par Guillaume, évêque de la ville de Toulon. Les moines bénédictins disposent ainsi d’un vaste temporel avec des églises sur Brignoles, des biens sur plusieurs communes avoisinantes (La Roque-Brussanne, Garéoult, Camps, Cabasse, Candumy, Rougiers, Flassans, Bras...). L’abbaye Saint-Victor va alors fonder un prieuré féminin, le monastère Sainte-Perpétue, actuellement connue sous le nom d’abbaye de La Celle. Au , la commune de La Celle va prendre son autonomie par rapport à Brignoles.
En 1116, Raimond Béranger , comte de Barcelone et de Provence, vient à Brignoles pour juger un différend survenu entre les moines de Saint-Victor et quelques seigneurs à propos de Nans et de Solliès. Le procès se déroule dans la cour comtale « in curia comitis, apud castrum briniolam ».
Brignoles est au une ville consulaire, jusqu'à la cession du consulat par les nobles de la ville en 1222 à Raimond Béranger V. La comtesse douairière Béatrice de Savoie demeure jusqu'à sa mort maîtresse de la ville par suite d'un accord avec son gendre.
Les comtes de Provence, seigneurs de Brignoles, y possèdent de nombreuses terres et une demeure. C'est là que viennent accoucher les comtesses, d'où le nom donné à Brignoles de « nourrice et demeure des enfants de la couronne ».
Les comtes résident dans la maison dite « de la feue Lombarde », siège de la cour comtale accolée à l'église Saint-Sauveur près de laquelle les chevaliers édifient leur demeure (actuelle rue des Lanciers).
Vers le milieu du , Charles II de Naples et son épouse Marie de Hongrie établissent leur résidence dans l'ancien château fort (du ) qu'ils aménagent plus confortablement. C'est dans ce château que naît en 1274 leur fils aîné Saint-Louis de Brignoles et d'Anjou, évêque de Toulouse. Il meurt à l'âge de 23 ans, le , en présence de toute la cour et de son ancien précepteur, Jacques Duèze, futur pape du nom de Jean XXII. Saint Louis devient le saint patron de la ville, célébré le .
Le , le roi Robert le Sage accorde aux habitants le droit de choisir chaque année douze conseillers pour s'occuper des affaires de la communauté.
De 1339 à 1343, Jean de Mora fut châtelain de BrignolesAD du 13, série B1786f358, B1758f569, B1789f188.
En 1357, la reine Jeanne et le roi Louis cèdent Brignoles au comte d'Armagnac, mais quelques mois plus tard la déclarent de nouveau aliénable comme appartenant au domaine comtal.