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Le Guépard (, c'est-à-dire, le serval en italien) est un film franco-italien réalisé par Luchino Visconti, sorti en 1963 et adapté du roman Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

Considéré comme un chef-d'œuvre et l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma, Le Guépard figure sur la liste des 100 films italiens à préserver, établie par le ministère italien du Patrimoine culturel. Cette liste regroupe les films qui « ont marqué la mémoire collective du pays entre 1942 et 1978 ». Le magazine Time, les Cahiers du Cinéma ainsi que le British Film Institute, nomment Le Guépard comme l'un des plus grands films de tous les temps.

Classé parmi les films italiens les plus vus, avec près de 13 millions d'entrées, il occupe la 6ᵉ place du box-office français de 1963, avec plus de 3,5 millions d'entrées.

Il a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 1963 et a également été nommé aux Oscars dans la catégorie des meilleurs costumes, tandis que le National Board of Review l'a classé parmi les meilleurs films étrangers de l'année. Alain Delon a, quant à lui, été nommé pour le Golden Globe de la révélation masculine de l'année.

L'oeuvre a inspiré de nombreux cinéastes dont Martin Scorsese, Francis Ford Coppola et Michael Cimino.

Synopsis En , après le débarquement de Garibaldi en Sicile, à Marsala, Don Fabrizio Corbera, prince de Salina, assiste avec détachement et mélancolie au déclin de la noblesse. Ces gentilshommes, les « guépards », comprennent que la fin de leur supériorité morale et sociale est proche : en fait, ceux qui profitent de la nouvelle situation politique sont les administrateurs et grands propriétaires terriens de la classe sociale montante. Don Fabrizio appartient à une famille de noblesse ancienne. Son neveu préféré Tancrède combat dans les colonnes garibaldiennes, mais fait tourner les événements à son avantage. Il explique à son oncle :

Le prince de Salina se rend avec sa famille dans sa résidence d'été de Donnafugata. Le nouveau maire du village Calogero Sedara, bourgeois d'extraction modeste, fruste et peu instruit, s'est enrichi et a fait carrière en politique. Tancrède, qui avait au début montré un certain intérêt pour Concetta, fille aînée du prince, tombe amoureux d'Angelica, fille de don Calogero, qu'il épousera finalement, séduit par sa beauté mais aussi par son patrimoine considérable.

L'arrivée à Donnafugata d'un fonctionnaire piémontais, le chevalierNoblesse italienne#Hiérarchie nobiliaire italienne Chevalley di Monterzuolo, marque un tournant dans le récit. Il propose à Don Fabrizio d'être nommé sénateur du nouveau Royaume d'Italie. Le prince refuse, se sentant trop lié au vieux monde sicilien. Reflet de la réalité sicilienne, Don Fabrizio est pessimiste : , déclare-t-il à l'émissaire du nouveau régime.

L'union entre la nouvelle bourgeoisie et la noblesse déclinante est un changement incontestable. Don Fabrizio en aura la confirmation au cours d'un bal grandiose à la fin duquel il médite sur la signification des événements nouveaux et fait le douloureux bilan de sa vie.

Fiche technique Titre original italien : Titre français : Le Guépard Réalisateur : Luchino Visconti vignette|Le palais Filangeri-Cutò à Santa Margherita di Belice, maison d'été de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Scénario et dialogues : Suso Cecchi D'Amico, Pasquale Festa Campanile, Enrico Medioli, Massimo Franciosa et Luchino Visconti, d'après le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa ; dialogues de la version française René Barjavel Décors : Mario Garbuglia Costumes : Piero Tosi Photographie : Giuseppe Rotunno Montage : Mario Serandrei Son : Mario Messina Musique : Nino Rota, Italo Delle Cese, ainsi que des arrangements d'opéras de Giuseppe Verdi Direction musicale : Franco Ferrara Chorégraphie : Lieux de tournage : Ariccia (Latium) ; Ciminna (Sicile) ; Palerme (Palais Valguarnera-Gangi) ; Rome ; Mondello, une frazione de Palerme, (Sicile) Production : Goffredo Lombardo ; Pietro Notarianni (exécutif) Société de production : Titanus (Rome), Pathé Cinéma (Paris) Société de distribution : Pathé Cinéma Pays de production : , Langue : italien (acteurs principaux doublés en italien en postsynchronisation) Genre : drame historique Durée : 161 minutes - version cinéma américaine 171 minutes - version cinéma européenne 185 minutes - version longue italienne (disponible en vidéo) 195 minutes - montage présenté à Cannes 205 minutes - montage original Format : couleurs (Technicolor) - / Super Technirama 70 - 2,20:1 (2,35:1 étendu) - son mono (Westrex Recording System) Dates de sortie : Italie : France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale) en version originale sous-titrée; 29 octobre 1963 (à Lyon) en version française; 18 décembre 1963 (à Paris) en version française Box-office Italie : entrées Box-office France : entrées Box-office Allemagne : 490 000 entrées Affiches : Macario Gómez Quibus (Espagne), Bob Peak (États-Unis), Jean Mascii (France)

Distribution Burt Lancaster (VO : Corrado Gaipa ; VF : Jean Martinelli) : Don Fabrizio (VF : Fabrice) Corbera, prince de Salina Alain Delon (VO : Carlo Sabatini ; VF : lui-même) : Tancredi (VF : Tancrède) Falconeri, neveu de Don Fabrizio Claudia Cardinale (VO : ; VF : elle-même) : Angelica Sedara Paolo Stoppa (VF : Alfred Pasquali) : Don Calogero Sedara, le père d'Angelica Serge Reggiani (VO : Lando Buzzanca ; VF : lui-même) : Don Francisco Ciccio Tumeo Romolo Valli (VF : Robert Marcy) : le père Pirrone Rina Morelli (VF : Jacqueline Ferrière) : la princesse Maria Stella Corbera di Salina, épouse de Don Fabrizio Pierre Clémenti (VO : Pino Colizzi ; VF : lui-même) : François-Paul Corbera di Salina Lucilla Morlacchi : Concetta Corbera di Salina Terence Hill crédité Mario Girotti (VO : Franco Fabrizi) : le comte Cavriaghi Giuliano Gemma : le général garibaldien Ivo Garrani : le colonel Pallavicino : le chevalier Chevalley Ida Galli : Caroline Corbera di Salina Ottavia Piccolo : Catherine Corbera di Salina Carlo Valenzano : Paolo Corbera di Salina Brook Fuller : Fabrizietto Corbera di Salina Anna Maria Bottini : Mademoiselle Dombreuil, la gouvernante Franco Gulà : Mimi, le majordome Lola Braccini : Donna Margherita

Tournage

Choix des interprètes Après une période marquée par le néoréalisme, Visconti réalise une œuvre à l'apparence classique : il adapte Le Guépard (Il Gattopardo), unique roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, publié à titre posthume et devenu un best-seller mondial.

Pour incarner Tancrède, personnage jeune et ambivalent, il pense immédiatement à Alain Delon ; Claudia Cardinale, qui avait déjà joué dans Rocco et ses frères, incarne Angelica. Le choix de l'acteur pour interpréter Salina est complexe. Plusieurs acteurs sont envisagés, Goffredo Lombardo propose finalement Burt Lancaster. Les contrats sont signés en . Celui de Delon précise que son nom apparaîtra à l'écran dans une taille équivalente à celui de Lancaster.

Tournage et difficulté de production Le tournage débute le à Palerme et se termine sans Delon, engagé ailleurs. Il demande 15 mois d'intense travail, commence à la fin ; le premier tour de manivelle a lieu le . À l'automne précédent, Luchino Visconti, accompagné du décorateur Mario Garbuglia et du fils adoptif de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Gioacchino Lanza Tomasi, a effectué un repérage en Sicile, qui n'a pas levé les inquiétudes du producteur Goffredo Lombardo.

L'investissement exigé par ce projet colossal se révèle supérieur aux prévisions de la Titanus, alors qu'en 1958, immédiatement après la publication du roman, elle en a acheté les droits d'adaptation. Un accord de coproduction échoue avec la France. Burt Lancaster a le rôle principal, en dépit de la perplexité de Luchino Visconti (et peut-être de l'acteur lui-même.), qui aurait préféré Laurence Olivier ou l'acteur soviétique Nikolaï TcherkassovAlessandro Boschi, , LA7, 1 gennaio 2012.. Cela permet un contrat de distribution pour les États-Unis avec la 20th Century Fox.

Pourtant, les pertes subies par le film Sodome et Gomorrhe et Le Guépard suspendent l'activité cinématographique de la Titanus (Callisto Cosulich, « L'"operazione Titanus" », in Storia del cinema italiano, Marsilio, Edizioni di Bianco e Nero, 2001, p. 145)..

Lieux de tournage Palerme (combats entre garibaldiens et royalistes) Bien que la narration objective des événements soit obscurcie et marginalisée dans le film par le regard du personnage principal, les combats entre garibaldiens et l'armée des Bourbons sont reconstitués minutieusement.

À Palerme, dans les lieux sélectionnés (piazza San Giovanni Decollato, piazza della Vittoria allo Spasimo, piazza Sant'Euno), Cela est demandé par Visconti, car le producteur, Lombardo, s'était inquiété qu'il n'y eût aucune scène de combats.

Villa Boscogrande et église de Cimina La restauration de la , dans les environs de la ville, fut aussi nécessaire et fut menée en 24 jours. Cette villa incarne, au début du film, le palais des Salina, dont l'état n'en permettait pas l'usage. Même pour les scènes tournées dans la résidence estivale des Salina (Castello di Donnafugata, qui apparaît dans le roman comme étant celui de Palma di Montechiaro), on dut choisir un autre site, Ciminna.

Visconti fut séduit par l'église principale et le paysage environnant. L'édifice à trois nefs présentait un splendide pavement en majolique. L'abside, décorée de stucs représentants des apôtres et des anges par (1622), était en outre pourvue de stalles en bois de 1619, ornées de motifs grotesques, particulièrement aptes à accueillir la famille princière dans la scène du Te Deum. Le plafond original de l'église, partiellement endommagé pendant le tournage, a été depuis enlevé et ne se trouve plus sur le site.

Bien que la situation topographique de la placette de Ciminna ait semblé optimale, il ne manquait que le palais du prince. Mais en 45 jours, une façade dessinée par Mario Garbuglia fut élevée devant les édifices à côté de l'église. Tout le pavage de la place fut refait, en éliminant l'asphalte et en le remplaçant par des galets et des dalles.

La plus grande partie du tournage des scènes situées dans la résidence de Donnafugata eut lieu dans le Palazzo Chigi à Ariccia, près de Rome La scena del principe - Visconti e Il Gattopardo sur le site du palais Chigi d'Ariccia..

Palais Valguarnera-Gangi (bal final) vignette|Palais Valguarnera-Gangi à Palerme. La séquence finale du bal fut tournée au palais Valguarnera-Gangi, à Palerme., dont l'état était excellent. La chorégraphie du bal fut confiée à . Le problème qui se posa fut l'aménagement des amples espaces intérieurs. Les Hercolani et Gioacchino Lanza Tomasi lui-même y contribuèrent par le prêt de meubles, tapisseries et bibelots. Plusieurs tableaux (dont La Mort du juste de Greuze) et d'autres œuvres furent commandées par la production. Le résultat final valut au film un Ruban d'argentNastro d'Argento en italien. du meilleur décor.

Un autre Ruban d'argent récompensa la photographie en couleursÀ l'époque, le prix était attribué séparément à la photographie en couleurs et à celle en noir et blanc. de Giuseppe Rotunno (qui l'avait déjà gagné l'année précédente avec Journal intime) pour l'illumination des salles. Le réalisateur désirait réduire au minimum l'usage des lumières électriques ; des milliers de bougies devaient être rallumées au début de chaque session de tournage. La préparation du décor, la nécessité d'habiller des centaines de figurants exigèrent pour cette séquence des séances exténuantes.

La scène du bal (plus de 44 minutes) du Palazzo Gangi est devenue célèbre pour sa durée et son opulence.

Version longue vignette|Claudia Cardinale et Alain Delon venus présenter une version restaurée du film au festival de Cannes 2010.