thumb|Un télésiège utilisé pour la pratique du ski alpin au Japon.

Un télésiège est un type de remontée mécanique équipé de sièges suspendus à intervalles réguliers à un câble aérien, à la fois porteur et tracteur, circulant suivant un mouvement unidirectionnel continu., pour transporter des personnes. Le câble est soutenu en ligne par des pylônes, via des galets (les trains de galets alors formés sont appelés des balanciers), et est mû par un moteur situé dans une des gares terminales.

Il existe des « télésièges à attaches fixes » où les sièges restent solidaires du câble, y compris en gare, et des « télésièges à attaches débrayables » équipés de véhicules à pince débrayable qui sont désaccouplés du câble dans les gares pour un embarquement et débarquement à vitesse réduite, sans ralentissement de l'ensemble de l'appareil. Ce dernier type permet des vitesses d'exploitation supérieures.. Les sièges ont une capacité qui varie selon les appareils de une à huit places et peuvent être équipés d'options telles des bulles de protection, des assises chauffantes ou des garde-corps verrouillables.

Les télésièges sont principalement utilisés dans les stations de sports d'hiver par les skieurs, pour la pratique du ski alpin.

Typologie

Le télésiège à attaches fixes thumb|Gare de télésiège fixe 4 places au Col de Baldi, à Alleghe (Italie). Le télésiège à attaches fixes (ou par simplification, télésiège fixe, abrégé en TSF suivant le jargon technique) est la version la plus simple du télésiège. Les véhicules (de une à six places selon les appareils) sont ici équipés de pinces fixes et ne sont donc pas débrayés de la ligne en gare. La vitesse d'exploitation est limitée par les phases d'embarquement et débarquement des passagers et varie, selon les appareils, de () pour plus de deux places piétons, à () pour un ou deux piétons et de () à () pour les skieurs. Ces variations sont dues à la capacité des véhicules et la présence ou l'absence d'un tapis d'assistance à l'embarquement. Celui-ci, avançant à environ un tiers de la vitesse de la remontée, permet d'accroître le confort et de limiter les risques de chutes lorsque les passagers prennent place sur les sièges.

Les télésièges fixes fabriqués en 2010 sont généralement équipés de véhicules à quatre places, avec une vitesse de ligne de et peuvent, au maximum, atteindre un débit de par heure.

Le télésiège à attaches débrayables thumb|Gare de télésiège débrayable 6 places à Park Snow Donovaly (Slovaquie).

Le télésiège à attaches débrayables (ou par simplification, télésiège débrayable, abrégé en TSD suivant le jargon technique) est une version plus évoluée du télésiège. Les sièges (de 2, 3, 4, 6 ou 8 places selon les appareils) sont ici équipés d'une attache dite débrayable, communément appelée pince, qui leur permet d'être désolidarisés du câble dans les gares et d'y être ralentis. Les véhicules circulent ainsi aux alentours d'un mètre par seconde durant les phases d'embarquement et de débarquement, tandis que la vitesse de ligne, détachée de cette contrainte, est portée autour de () (entre Cas des télésièges Von Roll à sièges biplaces latéraux type VR101. et selon les appareils).

thumb|upright=0.7|Pince débrayable. Certaines gares de départ sont pourvues d'un système d'aiguillage permettant un double embarquement. Celui-ci a pour but soit d'augmenter le débit, soit d'augmenter le temps entre chaque véhicule et donc d'accroître le confort. Les télésièges débrayables sont parfois équipés d'un garage pour décycler les véhicules hors saison ou en cas d'intempéries, ou encore adapter le nombre de sièges en ligne à la fréquentation, et ainsi, optimiser la consommation.

Les télésièges débrayables fabriqués en 2010 sont généralement des appareils équipés de véhicules 6 places fonctionnant à et peuvent transporter jusqu'à par heure. Dans l'absolu, avec des sièges 8 places, un télésiège débrayable est capable d'atteindre un débit de par heure.

Type hybride utilisant des sièges

Le téléporté avec sièges et cabines, un type d'appareil hybride à mi-chemin entre la télécabine et le télésiège débrayable, se développe également. Le principe consiste à placer sur une même ligne à la fois des sièges et des cabines fermées. Ces remontées sont commercialement appelées « Télémix » par Poma et Leitner et « Télécombi » par Doppelmayr.

Ce type d'appareil permet aux skieurs d'embarquer sur des sièges sans déchausser les skis comme sur les télésièges classiques, tandis que les piétons ou les skieurs débutants peuvent emprunter des cabines, sans risque de chutes à l'embarquement ou au débarquement..

Technique

Les véhicules : sièges et pinces thumb|Télésiège débrayable avec bulles, amortissement des oscillations latérales et support VTT, à Chalmazel (Loire, France). Dans leur version primaire les véhicules des télésièges étaient de simples sièges sur lesquels était fixée une suspente solidaire du câble. Très vite, par sécurité, ils furent fréquemment équipés de garde-corps relevables, et par la suite, de repose-pied. Désormais, les assises des sièges peuvent également se replier, hors exploitation, pour éviter les trop grandes accumulations de neige. Pour répondre à l'augmentation des débits, la capacité des sièges n'a eu de cesse d'augmenter avec le temps : de une place sur les premiers appareils, on passe rapidement à deux dans les années 1940, puis trois et même quatre dans les années 1960., six dans les années 1990, pour finir à huit places en 1997.

La structure d'un siège s'articule désormais autour d'arceau, autorisant des charges importantes. Celui-ci est lié à la suspente via un silentbloc, destiné à amortir les vibrations. En dehors de quelques appareils, en particulier les anciens télésièges VR101 à véhicules latéraux développés par Von Roll, l'assise du siège fait toujours face à la pente pour permettre l'embarquement et le débarquement ski aux pieds.

thumb|upright=0.7|Pince débrayable à ressort.

Dans la version débrayable, la liaison du véhicule au câble est réalisée par une pince équipée d'un mors ayant la faculté de s'ouvrir mécaniquement. Durant le trajet, ce dernier est maintenu serré au câble sous la pression d'un ou plusieurs ressorts ; si ce sont des ressorts hélicoïdaux, on parle de pince à ressort, si ce sont des barres de torsion qui se tordent suivant un coefficient connu, on parle alors de pince à torsion.. En gare, le mors est ouvert par appui d'une came sur un levier de la pince, qui vient à son tour appuyer sur le ressort ou faire tourner la barre de torsion, ce qui permet au siège d'être débrayé ou embrayé sur le câble.

Les véhicules peuvent recevoir plusieurs options. Ils sont parfois équipés d'une coque de protection transparente, généralement en polycarbonate teinté, ayant la possibilité de se rabattre.. On parle alors de télésiège à bulles. Celles-ci ont pour fonction d'assurer un confort de transport aux usagers en les protégeant du vent et des intempéries. On trouve parfois d'autres options comme le chauffage des sièges, réalisé via des résistances placées dans l'assise, alimentées par un patin situé sur la suspente, qui fait contact avec un rail électrifié situé dans la gare. Les garde-corps automatiques, spécialement adaptés aux débutants, se développent également, tout comme le système de maintien au siège pour enfant, fonctionnant via un dossier intégrant un aimant, qui fait contact, durant le trajet, avec une plaquette métallique incorporée au dos d'un gilet.. Les constructeurs proposent par ailleurs un système d'amortissement des oscillations latérales qui stabilise les véhicules sur les lignes ventéesLe principe consiste à faire varier la fréquence d'excitation au gré du balancement via un liquide ou une pièce amortie, enfermée dans une cavité métallique allongée, fixée en haut de l'arceau. Le système empêche ainsi la formation d'une fréquence de résonance et contrarie finalement la prise de mouvement.. Pour une exploitation estivale, les sièges peuvent être équipés d'un support pour le VTT, soit latéral, soit à l'arrière du véhicule.

La ligne thumb|Pylônes de ligne proches de l'arrivée en gare. Un télésiège est un téléporté dit monocâble : un unique câble se charge à la fois de porter et tracter les véhicules. Celui-ci forme une boucle fermée qui circule suivant un mouvement unidirectionnel continu. Il est soutenu sur sa ligne par plusieurs pylônes métalliques, via des galets de roulement sur lesquels repose le câble. Les pylônes se présentent généralement sous la forme d'une structure tubulaire monopode, d'un diamètre compris entre 0,70 et .. Certains télésièges disposent cependant de pylônes en treillis, en particulier, les installations anciennes, dont les éléments de lignes ont été pensés pour un montage exclusivement manuel, avec transport de la structure de façon terrestre, par petite partie, là où l'on utilise maintenant la technique de l'héliportage. Le fût d'un pylône repose sur un massif béton sur lequel il est généralement boulonné via des tiges d'ancrage filetées (parfois la base est noyée dans le massif même). L'inclinaison et la hauteur des pylônes varient en fonction du relief et des réglementations locales de survol maximumEn France, la réglementation limite la hauteur de survol à ; toutefois la hauteur lors du franchissement des courtes dépressions est autorisée jusqu’à .. Un pylône de télésiège atteint généralement une dizaine de mètres, toutefois, quelques-uns situés sur de courtes dépressions de niveau de survol, dépassent parfois la vingtaine de mètres.

thumb|Balancier support d'un pylône.

La tête du pylône se présente face à la ligne et reçoit, de part et d'autre, un balancier articulé regroupant une série de galets. La longueur du balancier (et donc le nombre de galets qui le composent) dépend de sa charge, qui est, en grande partie, fonction du changement de pente de la ligne au niveau du pylône. On trouve des balanciers dits de support, destinés à porter le câble, mais également des balanciers de compression qui rapprochent la ligne du sol fini, par exemple pour respecter les limitations légales de hauteur de survol des sièges ou assurer une reprise de pente. Il existe par ailleurs des balanciers de support-compression, destinés à accompagner un profil de ligne légèrement concave lorsque, en fonction de la charge, l'appui du câble sur la partie support ou compression n'aurait pas été permanent.

Les balanciers disposent de capteurs de déraillement du câble. Ils se présentent soit sous la forme de barrettes cassantes soit de contacteurs. Ces informations sont remontées en gare via une ligne de sécurité qui circule au centre de la voie.

La tête d'un pylône moderne est surmontée d'une potence dite de décâblage, généralement de forme trapézoïdale. On l'utilise pour y suspendre le câble durant les opérations de maintenance réalisées sur les balanciers. Pour assurer la sécurité du personnel et faciliter leur travail, la plupart des pylônes disposent d'un accès par échelle et de passerelles de circulation avec garde-corps au niveau des balanciers.

Le fonctionnement d'un télésiège étant assez sensible au vent, certains pylônes sont équipés d'anémomètres ou de girouettes pour s'assurer qu'on reste dans les conditions d'exploitation normales de l'appareil (en cas de vent trop fort, l'appareil doit être arrêté).

Les gares thumb|Gare motrice d'un télésiège à Ax 3 Domaines. thumb|Entraînement d'un télésiège : au fond à droite, le moteur (bleu), puis le volant d’inertie et ses freins 1 (jaune), le réducteur (rouge) et en bas, la poulie motrice (jaune).