vignette|alt=Berges de l'Allier à Vichy|Berges de l'Allier depuis le pont Jacques-Chirac, à Vichy. vignette|alt=La rivière Allier au pont-canal du Guétin|L'Allier au pont-canal du Guétin. alt=L'Allier entre les villages de Saint-Ilpize et Villeneuve-d'Allier, Haute-Loire|vignette|L'Allier entre les villages de Saint-Ilpize et Villeneuve-d'Allier (Haute-Loire).
L' (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est une rivière qui coule au centre de la France ; c'est l'un des principaux affluents de la Loire. La rivière et sa vallée forment un axe majeur autour duquel s'est constituée l'ancienne province d'Auvergne. Elle donne son nom au département français de l'Allier.
Hydronymie À l'époque de Jules CésarJules César traversa deux fois l'Allier sur des ponts en bois construits par ses légions lors de sa montée vers Gergovie puis de son retour après la bataille en 52 Pour ce dernier franchissement, dont il parle dans ses Commentaires, les historiens pensent qu'il s'est passé à hauteur de la ville actuelle de Vichy., au , la rivière portait le nom d'Elaver en latin mais probablement également en gaulois précédemment. Au le nom se transforme en Elaris puis Elarius au . Ce nom se compose de la base hydronymique El- et du suffixe -av-er.
En occitan, la rivière Allier porte plusieurs noms selon les localités en question ; Alèir est le plus fréquentJean Roux, L'auvergnat de poche, Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), Assimil, « Assimil évasion », 2002 ... En langue d'oïl, tant bourbonnais que celui du Nivernais, le nom est le même qu'en français standard.
Bassin versant vignette|Les monts du Cantal ont la réputation d'être le château d'eau du centre de la France, à l'intersection de trois grands bassins versants : la Dordogne à l'Ouest, le Lot au Sud–Sud-Est et l'Allier au Nord-Est. Le bassin versant de l'Allier se situe majoritairement dans le Massif central, couvrant une grande partie de l'ancienne région Auvergne (Haute-Loire, Puy-de-Dôme et Allier, le Cantal étant le seul département de l'Auvergne non parcouru par l'Allier mais présent sur le bassin par son affluent l'Alagnon) et touche les départements, d'amont en aval, de la Lozère, l'Ardèche, la Nièvre et le Cher.
Sa direction générale est orientée du sud au nord, avec quelques inflexions à Langogne, Cournon-d'Auvergne, Limons et au Veurdre. En amont, il est délimité nettement par plusieurs massifs montagneux : au sud, par les monts des Cévennes et la ligne de partage des eaux entre la mer Méditerranée et l'Atlantique ; à l'ouest, massifs de la Margeride, du Cantal, du Cézallier, des monts Dore et d'une partie des monts Dômes. La limite se prolonge plus en aval, le long de lignes de crêtes à travers le plateau des Combrailles ; à l'est, massifs du Devès, du Livradois, du Forez, des Bois-noirs. Au centre du bassin versant, se trouve le bassin des limagnes. On peut distinguer trois entités du bassin versant : le couloir du Haut-Allier, le complexe central des monts et limagnes et les plaines du bas pays.
Hydrographie alt=L'allier à Lavoûte Chilhac.|vignette|L'Allier à Lavoûte-Chilhac. De , elle prend sa source dans la Margeride à Chasseradès sur le Moure de la Gardille (), en Lozère, et se jette dans la Loire au bec d'Allier, près de Nevers à la limite entre le Cher et la Nièvre dans les communes de Marzy, Cuffy et Gimouille. Elle reste l'une des dernières rivières encore sauvages d'Europe et recèle une faune unique (notamment les oiseaux). Le qualificatif « sauvage » signifie que la rivière est assez libre de faire des méandres ou de s'étaler largement en surface selon son débit ; par opposition, les rivières dites non-sauvages sont largement « corsetées » et contenues artificiellement dans un chenal qui les contraint à enfoncer leur lit verticalement sans créer des méandres indispensables à la régulation du débit. Cet enfoncement fait disparaître les zones humides en bordure des rivières. L'Allier est au contraire riche de zones humides côtières de faibles profondeur, de bras morts à certaines époques de l'année, de gravières, permettant le développement naturel d'une faune et d'une flore riches.
Dynamique fluviale La dynamique fluviale de l'Allier est très active en comparaison de nombreux autres cours d'eau. Sa pente importante (cinq fois supérieure, en plaine, à celle de la Loire) accentue la puissance d'érosion des berges.
Dans la plaine alluviale, qui débute à Vieille-Brioude, la rivière forme des méandres en érodant sa rive externe, concave, où le courant est plus vif. Elle dépose les sédiments prélevés sur la rive opposée (convexe) plus calme. L'amplitude du méandre est ainsi augmentée. Ce dernier finit par être raccourci progressivement ou recoupé lors d'une crue, formant ainsi un bras-mort.
Néanmoins, les activités et les constructions humaines perturbent le fonctionnement de la dynamique fluviale de l'Allier. La surexploitation des alluvions et l'enrochement des berges ont pour conséquence l'enfoncement du lit de la rivière. De fait, le niveau de la nappe alluviale baisse, ce qui la déconnecte des milieux humides (bras-morts, ripisylves) entraînant leur assèchement. Les grèves, n'étant plus exposées au courant, se végétalisent. Cette disparition de la variété des milieux provoque la diminution du pouvoir épurateur de la rivière.
Pour permettre à la dynamique fluviale de l'Allier de s'exprimer librement, des associations ont entrepris une politique d'achat des terres menacées d'érosion..
Départements et principales villes traversés
Lozère : ne traverse que deux communes de ce département avant de marquer la limite avec le sud-ouest de l'Ardèche en passant par Langogne ; Ardèche : elle délimite la frontière avec le nord-est de la Lozère puis avec le sud de la Haute-Loire ; Haute-Loire : traverse l'ouest du département dans une direction nord-nord-ouest en passant par Alleyras, Monistrol-d'Allier, Langeac, Lavoûte-Chilhac, Brioude, Auzon ; Puy-de-Dôme : traverse le département du sud au nord-est en passant à Brassac-les-Mines, Auzat-sur-Allier, Issoire, Coudes, Cournon-d'Auvergne, Pont-du-Château (à une douzaine de kilomètres à l'est de Clermont-Ferrand) où elle oblique légèrement vers le nord-est ; Allier : traverse le département du sud au nord, sur sa moitié orientale en passant par Saint-Yorre, Vichy, Varennes-sur-Allier et Moulins ; Nièvre : marque la limite sud-ouest du département avec le département de l'Allier puis avec celui du Cher, confluence avec la Loire face à Marzy, à à l'ouest-sud-ouest de Nevers ; Cher : marque une petite partie de la limite sud-est du département avec le département de la Nièvre, confluence à Cuffy (rive gauche de l'Allier et de la Loire).
Principaux affluents et sous-affluents
Hydrologie Le régime hydrologique de l'Allier est un régime pluvial soumis au climat océanique. On observe classiquement un maximum en février ( en moyenne mensuelle) et un minimum en août (environ ). À l'étiage, le débit peut descendre sous les et dépasser en crue. Les crues se forment lors des longs épisodes pluvieux s'étalant généralement de novembre à avril et provenant le plus souvent de l'océan Atlantique. vignette|alt=La rivière Allier à Pont-du-Château|L'Allier à Pont-du-Château (Puy-de-Dôme).
L'Allier à Cuffy Le débit de l'Allier a été observé sur une période de 61 ans (1955-2015), à Cuffy, localité du département du Cher, située au confluent avec la Loire et à . À cet endroit, le bassin versant de la rivière est de , soit sa totalité.
Le module de la rivière à Cuffy est de .
L'Allier présente des fluctuations saisonnières de débit moyennes, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen entre 187 et , de décembre à mai inclus (maximum en février), et des basses eaux d'été de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de au mois d'août, niveau encore appréciable, il est vrai. Mais ces moyennes mensuelles cachent des oscillations périodiques plus importante.
Étiage ou basses eaux Le VCN3 (volume consécutif minimal pour 3 jours) peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche. vignette|alt=L'Allier au pont-canal du Guétin|L'Allier au pont-canal du Guétin. vignette|alt=Pont sur l'Allier à Brioude|Pont sur l'Allier à Brioude.
Crues La valeur journalière maximale a été de le , le débit instantané maximal a été de le , tandis que la hauteur maximale instantanée a été de ou le .
Les QIX 2 (débit ou quantité instantanée maximale de crue biennale) et QIX 5 valent respectivement 660 et .
Le QIX 10 est de et le QIX 20 de . Quant au QIX 50, il est de , soit la moitié seulement de celui de la Vienne à Nouâtre.
L'Allier connait trois types de crues. : Les crues océaniques, se produisent en général en fin d'hiver ou début de printemps. Elles sont dues à de fortes précipitations venant de l'ouest, qui tombent longuement sur un sol qui va progressivement se saturer d'eau, les pluies vont donc ruisseler. Au début du printemps, les premières fontes de neige peuvent renforcer ce phénomène. Ces crues, quand elles se produisent, concernent tout le bassin de l'Allier ; Les crues cévenoles, se produisent à l'automne, lors des épisodes cévenols, ce phénomène météorologique où des nuages chauds et chargés d'humidité remontent depuis la Méditerranée vers le nord et provoquent de violentes pluies lorsqu'ils se heurtent à la barrière des Cévennes. Quelquefois une conjonction favorable de vents et de pression atmosphérique leur permet de franchir cette barrière montagneuse et ils vont alors éclater de l'autre côté, sur le versant de l'Allier. Il se produit alors des crues aussi brèves qu'importantes, souvent décrites comme une vague et sans que des pluies n'aient touché la majeure partie du bassin de la rivière ; Les crues cumulant ces deux phénomènes et qui sont à l'origine des fortes crues qui se sont produites au .
Crues historiques vignette|alt=Une pile du pont Régemortes et une marque de la crue de 1866|Marquage de la hauteur de la crue de 1866 sur une pile du pont Régemortes à Moulins. On retrouve ce marqueur rond blanc et violet à différents endroits le long de l'Allier. Si les données fiables sont manquantes avant le , la construction à Moulins, en 1763, du pont Régemortes qui résista à toutes les crues depuis, va servir ensuite d'indicateur fiable pour mesurer leur niveau. Dans les crues historiques, on peut citer : la crue de l'an 580 : Grégoire de Tours décrit une crue majeure dans tout le centre de la Gaule, indiquant que la Loire et l'Allier et leurs affluents franchirent des limites jamais atteintes et causant d'importantes pertes dans les troupeaux et la destruction de nombreux édifices ; une vingtaine de crues entre 1400 et 1750 ayant détruit les ponts de Moulins ou Vichy ; la crue de 1790, considérée comme la crue la plus importante depuis trois siècles. À Moulins, le débit estimé aujourd'hui pour cette crue est de par seconde, avec une hauteur de sous le pont Régemortes.
Le est marqué par cinq crues majeures de l'Allier, se déroulant presque tous les dix ans et dont trois sont des crues centennales (plus de ) et les deux autres approchant cette limite : crue de 1835, de hauteur au pont Régemortes ; crue de 1846, crue centennale, de hauteur au pont Régemortes ; crue de 1856, crue centennale, la plus forte avec de hauteur au pont Régemortes ; crue de 1866* , crue centennale et crue de référence pour l'Allier, avec à Vieille-Brioude et de hauteur au pont Regemortes. Elle détruit en partie le pont suspendu de Vichy ; crue de 1875, de hauteur au pont Régemortes.
Il y a aussi plus d'une quinzaine d'autres crues sur ce siècle dont trois crues trentennales.
Le ne connaît aucune crue centennale et une seule crue trentennale, en 1943, avec plus de et de hauteur sous le pont Régemortes. Mais les années 1930 sont marquées par une crue vicennale (une sur vingt ans) presque chaque année contre aucune dans la seconde moitié du siècle.