Le diocèse de Rodez et Vabres (en latin : ) est un diocèse de l'Église catholique en France dont le siège est à la cathédrale Notre-Dame de Rodez. Le , Luc Meyer est nommé évêque du diocèse de Rodez et Vabres par le pape François.

Histoire

D'après la tradition et les auteurs anciens, le diocèse de Rodez aurait été érigé au par saint Amans. Selon la spécialiste Nicole Lemaître, Louis Bousquet, consulteur d’histoire et d’archéologie diocésaine, va dans le même sens. Selon lui, Il note cependant que . Cependant, l'œuvre d'évangélisation Entre autres,

thumb|left|250px|Façade occidentale de la cathédrale de Rodez. thumb|220px|Abbatiale Sainte-Foy de Conques. Le diocèse de Rodez fut formé dans les limites du territoire de l'ancienne cité gallo-romaine des Rutènes (civitas Rutenorum). Ses limites correspondaient approximativement au département actuel de l'Aveyron sans une partie du canton de Villeneuve qui dépendait du diocèse de Cahors, mais avec le canton de Saint-Antonin, détaché lors de la formation du Tarn-et-Garonne en 1808. Le diocèse de Rodez faisait partie de la province de Bourges.

En 1317, le pape démembra de nombreux diocèses de France dont celui de Rodez. La partie au sud de la rivière Tarn devint le diocèse de Vabres. Le diocèse de Rodez comptait 449 paroisses au et celui de Vabres 128. Cette division fut conservée jusqu'en 1790. En 1789, le diocèse de Rodez comprenait et celui de Vabres toujours 128.

En 1790, sous la Révolution française, le diocèse de Vabres fut supprimé et intégré à celui de Rodez. Dans la commune de Vabres-l'Abbaye, l'église Saint-Sauveur-et-Saint-Pierre porte toujours le nom de cathédrale.

Le concordat de 1801 provoqua l'union du diocèse de Rodez à celui de Cahors. En 1808, le canton de Saint-Antonin fut détaché du département de l'Aveyron lors de la création du Tarn-et-Garonne. Il fut également transféré au diocèse de Montauban.

En 1817, le diocèse de Rodez fut restauré dans les limites du département de l'Aveyron. Il porte la dénomination de depuis 1875.

Le diocèse de Rodez et Vabres appartient aujourd'hui à la province ecclésiastique de Toulouse, érigée, comme les autres provinces de France en 2002, qui comprend également les diocèses d’Albi, Auch, Cahors, Montauban, Pamiers, Tarbes et Lourdes..

Personnalités marquantes au fil des siècles

La Renaissance

François d'Estaing (1462-1529) appartenait à l’une des nobles familles du Rouergue qui compta un cardinal, des évêques et un amiral. Après un doctorat en droit canonique, François d’Estaing a occupé diverses fonctions dans le diocèse de Lyon et au Grand Conseil du roi Bion de Marlavagne, Histoire du bienheureux François d’Estaing, Rodez, 1839, 382 p.. En 1501, il est élu évêque de Rodez par le chapitre de la cathédrale. Il va faire partie de ce mouvement d’évêques et de clercs qui, au début du , sentaient le besoin d’une réforme du clergé et du culte eucharistique, tels Louis d’Amboise, évêque d’Albi, Guillaume de Briçonnet, évêque de Lodève puis de Meaux et de son vicaire général, Lefèvre d’Etaples.

Au cours de son épiscopat, François d'Estaing a consacré beaucoup de son temps aux visites pastorales. Elles durent parfois plusieurs mois et se déroulent avec simplicité. Au cours de sa visite, l’évêque s’adresse à des publics variés et, devant des enfants et des personnes sans instruction, il parle alors occitan. Pour ceux qui savent lire, il fait imprimer un « abrégé des principales vérités de la religion » qu’il demande d’afficher. Les visites sont pour l’évêque l’occasion de voir les prêtres et, si besoin est, de réformer la manière dont ils tiennent la paroisse, administrent les sacrements et enseignent la doctrine chrétienne La vie diocésaine s’en trouve rénovée si bien que le Rouergue, à l’exception de Millau, a été peu touché par la réforme protestante. On doit à François d'Estaing l’introduction dans le diocèse de la fête des Anges Gardiens. Par une bulle datée du , le pape approuva l’office et, plus tard, il étendit la fête des saints anges à l’Église universelle (). On doit aussi à l’évêque d’avoir fait reprendre l’achèvement du gros œuvre de la cathédrale et après l’incendie du clocher () d’avoir décidé, avec les chanoines et les consuls, la reconstruction immédiate de la tour. Pour cela, il prend à sa charge une équipe de et manœuvres ainsi que le coût des matériaux nécessaires aux travaux.

Georges d’Armagnac (1500-1585) succéda à François d’Estaing pour un pontificat de . Il a été le prélat type de la Renaissance, versé dans les langues classiques, doté d’une grande culture, entouré d’érudits. Il ne néglige pas pour autant de combattre le calvinisme et d’achever complètement la cathédrale. Mais sa protectrice, Marguerite de Navarre, sœur de François 1er, lui confie l’administration de vastes domaines reçus en héritage. Cela limitait le temps nécessaire à l’administration du diocèse.

Les martyrs Parmi les prêtres qui payèrent de leur vie leur refus de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé, on compte du diocèse de Rodez qui moururent en captivité ou furent décapités Quatre d’entre eux l’ont été à Paris et, le , ils ont été béatifiés par le pape avec les des Carmes Charles Carnus, professeur au collège royal de Rodez et célèbre pour son vol en une montgolfière ; Pierre-Jean Garrigues, docteur en Sorbonne, Jean-Antoine Segonds, prédicateur du roi, et Jean Lacan, aumônier à la Pitié à Paris.

Le réveil Au cours du , des initiatives naissent pour rénover la foi et la piété dans le diocèse. Les petits séminaires et le grand séminaire ont permis aux évêques de Rodez d’être à la tête de l’un des clergés les plus nombreux de France : en 1861, on dénombre au grand séminaire dans les 200 étudiants et le diocèse bénéficie alors de en activité. Bien d’autres personnes ont contribué au renouveau : sainte Émilie de Rodat fonde les sœurs de la Sainte-Famille de Villefranche ; Alexandrine Conduché, les Dominicaine du Très Saint Rosaire à Monteils ; Jeanne Planchon, les Ursulines de Malet ; Julie Chauchard, les sœurs du Saint-Cœur de Marie ; six congrégations de St Joseph sont créées et finiront par se fondre en une union. En 1861, le diocèse compte aussi et .

Le dernier quart du est marqué par la forte personnalité d'Ernest Bourret. Après des doctorats en droit canonique et en droit civil, Ernest Bourret (1827-1896) enseigne à la faculté catholique de Paris. Il devient secrétaire particulier de Guibert, archevêque de Tours, puis de Paris et, en tant que théologien, il participe au premier concile du Vatican. En 1871, il est nommé évêque de Rodez. Il joue un rôle important dans la région et dans l’Église de France et il favorise la politique du Ralliement demandée par aux catholiques français, ce qui lui a valu de violentes critiques mais aussi, en 1893, le chapeau de cardinal

Ernest Bourret était un homme d’action, autoritaire. Il fait donner aux nombreux prêtres du diocèse une formation intellectuelle exigeante et il organise aussi pour eux des retraites fréquentes et des sortes de sessions qui contribuent au développement intellectuel du clergé. Lors de ses tournées pastorales, il se montre exigeant. En 1875, il appelle des cisterciens d’Aiguebelle (Drôme) pour restaurer et donner vie à l’abbaye de Bonnecombe. Il fait de même pour celle de Bonneval en invitant des trappistines de Maubec (Drôme). Il ne peut décider les bénédictins de Solesmes à venir à Conques ; les Prémontrés de Frigolet (Bouches du Rhône) puis de Mondaye (Calvados) s’y implantent. Le cardinal Bourret a une image d’évêque bâtisseur. Dès son arrivée, il réaménage l’aile de l’évêché qui longe l’actuelle rue Frayssinous. Il continue le mouvement de construction d’églises commencé sous ses prédécesseurs et, en particulier, des églises sous le vocale du Sacré-Cœur (Rodez, Millau). Il fait déplacer le jubé de la cathédrale et élever les deux clochers latéraux à l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. Il n’a pas le temps de réorganiser toute la façade de la cathédrale.

Au Le siècle s’ouvre sur la séparation des Églises et de l’État et les expulsions qui suivent. À Rodez les séminaristes quittent en 1907 l’immeuble aménagé pour eux à partir de 1824. Cinq années plus tard, près d’un millier de séminaristes, de prêtres et de religieux abandonnent paroisses, écoles, missions d’outre-mer pour partir au front. Près de 200 tombent au combat ou meurent des suites de la guerre.

Après les années sombres de la Seconde Guerre mondiale, en Aveyron ont été proclamées « Justes parmi les Nations ». Parmi elles, se détache sœur Denise Bergon qui, avec sa consœur, Marguerite Roques, a caché juifs dans le couvent de Massip.

Dans les années d’après-guerre, l’abbé Adrien Bion (1913-1967) anime la jeunesse agricole catholique (JAC) et marque des générations d’agriculteurs à la fois par sa vision d’une agriculture qui rénove les traditions ancestrales et par un message évangélique stimulant. Il a eu une influence certaine auprès des cadres ruraux qui ont marqué le monde agricole : André Laur, Marcel Bruel, André Cazals, Raymond Lacombe et leurs épouses, etc.

Un diocèse, deux saints patrons

Amans, patron principal (fin - début ) Le patron principal du diocèse est saint Amans., auquel est dédiée une des églises de la ville de Rodez. Un clerc du début a donné quelques récits de sa vie. Selon ces récits, Le buste de saint Amans est conservé dans l’église qui porte son nom. L’épisode le plus fameux de ses actions est la chute de l’idole Ruth.

Émilie de Rodat, patronne secondaire (1787-1852) Aînée de cinq enfants de Jean-Louis Guillaume Amans de Rodat et d’Henritette de Pomairols-Ginals, Émilie de Rodat est née le au château paternel de Druelle tout proche de Rodez. À l’âge de , après plusieurs essais de vie religieuse, Émilie, sensible aux besoins éducatifs de son temps, ouvre une première classe d'école dans sa chambre. Quarante élèves s’y rassemblent bientôt. La jeune école change de locaux plusieurs fois, jusqu'à l’acquisition d’un ancien couvent de cordeliers en 1817. La congrégation des religieuses de la Sainte Famille est ainsi fondée le par Émilie, avec trois autres jeunes femmes : Éléonore Dutriac, Marie Boutaric, et Ursule Delbreil. À sa mort en 1852, Émilie avait fondé dont seulement six avaient été fermées. La congrégation est aujourd’hui présente dans . Émilie de Rodat a été béatifiée le et canonisée le par le pape . Elle est fêtée le .

Création des nouvelles paroisses (2001) Le , Bellino Ghirard, évêque de 1991 à 2011, après un travail de concertation de plusieurs années, a mis en place des paroisses nouvellesDirectoire pour la mise en place des Paroisses nouvelles, @Diocèse de Rodez et Vabres. Dépôt légal 11 juin 2000, 20 pages.. Le décret de suppression a été publié le Église en Rouergue, @Diocèse de Rodez et Vabres. Janvier 2001, Numéro Spécial, CPPPAP , .. Le Décret de Création des nouvelles paroisses a été publié le même jour Église en Rouergue, @Diocèse de Rodez et Vabres. Janvier 2001, Numéro Spécial, CPPPAP , .. Depuis, le diocèse est structuré en huit doyennés et .

Synode diocésain (2015-2017) De 2015 à 2017, le diocèse a vécu un synode dont le thème était « Pour que les hommes aient la vie ». Convoqué par François Fonlupt, ce synode a été conclu le par la publication officielle des Actes.. Dix décisions ont été prises : Faire exister des fraternités missionnaires« Favoriser au plus près des lieux et des personnes la présence de l‘Église », . ; Situer la Parole et l'Eucharistie au centre de notre vie chrétienne« L’assemblée synodale n’a pas précisé davantage quels devaient être les lieux de célébration », . ; Préciser et déployer une pastorale de la proximité ; Soutenir l’existence en un ‘lieu manifeste’ de ‘maisons de vie’ ; Proposer annuellement une assemblée générale de chaque paroisse et un rassemblement diocésain tous les deux ans.