Les ponts de France regroupent toutes les constructions de génie civil autres que les bâtiments situées sur le territoire national français qui permettent d’assurer la continuité d'une voie publique ou privée, ouverte à la circulation qu'elle soit terrestre, ferroviaire, fluviale ou piétonne.

Environ de portée supérieure à sont dénombrés en France, se répartissant en routiers, gérés par Réseau ferré de France, dont supportant une voie ferrée et supportant une route, et une centaine de ponts-canaux. Le nombre de ponts à la portée supérieure à est évalué entre .Réseau routier national non concédé : résultats d’audits, Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2018. Les communes et les départements gèrent près de 90 % de ces ouvrages d'art. Environ sont gérés par l'État et à des sociétés d'autoroute..

L’évolution de la technologie des ponts peut être divisée en deux périodes : la période romaine dont le pont du Gard est le symbole et la période contemporaine. Pendant plus de , la conception des ponts n’a pas connu d’évolution. La période contemporaine a commencé avec la révolution industrielle, lorsque le développement des échanges commerciaux a nécessité la construction d'une grande quantité de réseaux de chemins de fer, de routes et de ponts et où parallèlement les connaissances théoriques ont fait des progrès considérables. Cette période a commencé il y a près de et plus de 80 des ponts ferroviaires ont été construits de 1850 à 1900. Elle est marquée par le développement des ponts en béton armé puis en béton précontraint (Pont de Cornouaille), des ponts suspendus de grandes portées (pont de Tancarville) et des ponts à haubans (pont de Normandie), qui ont tous été rendus possibles avec l'introduction de l'acier.

La conception des ponts en France s'inscrit désormais dans un cadre normatif européen, elle est notamment soumise à un ensemble d'Eurocodes.

Leur durée de vie et les désordres varient selon leur nature, leur structure, les matériaux utilisés, l'intensité de leur utilisation et l'agressivité du milieu environnant ; le patrimoine des ponts est globalement vieillissant. Ainsi en 2014, un pont ferroviaire avait en France, en moyenne, . Ce patrimoine fait donc l'objet d'un suivi régulier, et diverses études ont mis en évidence l'état préoccupant de certains ponts, ainsi que des lacunes d'entretien (voire de suivi dans de nombreux cas), particulièrement pour les collectivités n'ayant pas de services techniques. La catastrophe du pont Morandi à Gênes en a fait prendre conscience au grand public de ces enjeux, et mis en lumière la nécessité pour les autorités de prendre des mesures adéquates, du fait des importantes responsabilités en jeu.

Histoire Préhistoire et protohistoire Origines La pierre, le bois et les cordes étaient probablement les premiers éléments utilisés pour construire des ponts, il y a environ . Les ponts symbolisent le début de la civilisation, la première conquête humaine sur un territoire hostile, la volonté de rencontrer d’autres et les moyens de mener ou de mettre fin aux guerres..

Ponts gaulois L'archéologie montre la quasi-absence de ponts en bois pendant la période de l'âge du fer en France, on utilisait les gués. Pourtant, dans la guerre des Gaules, César en cite à plusieurs reprises, comme sur la Loire, à Orléans (GG VII 11), à Ponts-de-Cé ou Saumur (GG VIII 27.), ainsi que sur son principal affluent, l'Allier (GG VII, 34 et 35). À ce jour, les seuls éléments de datation issus de la Loire pour le deuxième âge du fer proviennent d'Orléans. Là, un pieu, possible reste d'un pont, a été daté par analyse dendrochronologique de E. Miéjac, La Loire à Orléans - recherche archéologique : ponts, motte et duits. in Archéologies en Loire , Aestuaria, coll. « Fleuves et archéologie », textes réunis par A. de Saulce, V. Serna et A. Gallicé, Estuarium, 2007, p. 207-236.., et d'Avrilly, où un bois prélevé sur un aménagement de berge a été abattu entre l'automne de l'année et le printemps de . Sur la Seine, des pieux découverts à Melun témoignent de l'existence d'un pont au deuxième âge du ferP. Bonnin, La Seine (Essonne, Seine-et-Marne) . in Rapport d'inspection archéologique subaquatique. Rapport déposé au SRA d'Ile-de-France, avril 2006, non pagine.P. Bonnin, Seine-et-Marne, Essonne, la Seine - Bilan scientifique du DRASSM 2005. Ministère de la Culture, 2007, p.129-131non pagine.. Avec le bois d'Orléans, ils sont les seuls témoins possibles de ponts dont la construction antérieure à la conquête romaine est attestée par leur mention dans la guerre des Gaules. À Warcq, sur les bords de la Meuse, une poutre, probable élément de pont, a pu être datée par dendrochronologie vers J.P. Lemant, W. Tegel, J. Vanmoerke, Warcq, pont. in Bilan scientifique régional de Champagne-Ardenne, 1997, p. 40-41G. Basset, J. Vanmoerkerke, Les voies. in Images de l'archéologie rurale en Champagne-Ardenne, 2, janvier-mars 2006, p. 92. Dans les Vosges, à Étival-Clairefontaine, la datation la plus ancienne se place en A. Deyber, Le pont celtique d'Étival-Clairefontaine. in Revue archéologique de l'Est, XXIX, 1-2, 1978, p. 105-116A. Deyber, Du nouveau à propos du pont celtique d'Étival-Clairefontaine. in Revue archéologique de l'Est, XXXI, 1980, p. 57-59.

Hors ces cinq mentions, en 2011 aucune autre donnée ne porte sur la construction de ponts à une période où l'on sait pourtant que des ouvrages ont existé.. Le peu d'ouvrages celtiques découverts en France résulte probablement de la mauvaise conservation du bois, de profondeur d'enfouissement trop importante et de l'organisation de la recherche ; peu de zones humides et de paléochenaux ont fait l'objet de fouilles préventives, ou quand cela était possible, les conditions n'ont pas permis d'accéder à cette catégorie de vestiges (absence de parois étanches, zones de fouilles noyées par les remontées d'eau, problèmes de sécurité).

Antiquité Ponts-aqueducs gallo-romains L'art des romains en matière d'adduction d'eau était très avancé et les aqueducs occupent une place tout à fait particulière parmi les monuments caractéristiques de l'époque romaine. Les grands ouvrages d'art dont ils ont occasionné la construction sont ruraux et non urbains pour des raisons évidentes de captage souvent lointain. À ce titre, ils constituent, avec les routes, l'une des principales manifestations du contrôle exercé par la ville romaine sur la campagne. En France la longueur des aqueducs varie de 8 à . Leurs pentes varient de 1,16 à par km et nécessitent pour les franchissements des vallées de construire des ponts-aqueducs de plus ou moins grandes dimensions. Le pont du Gard ( de longueur), le pont-aqueduc du Plat de l'Air de l'aqueduc du Gier () et le pont-aqueduc d'Ansignan () sont les plus imposants.

Le pont du Gard est un pont-aqueduc à trois niveaux, situé à Vers-Pont-du-Gard, non loin de Nîmes (Gard), et est un exemple durable du talent des romains en ingénierie des ponts. Probablement bâti dans la première moitié du , sous les règnes de Claude ou de Néron, il assurait la continuité de l'aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes. Il mesure environ de hauteur et de longueur et est composé de d’arches superposées ( au premier niveau, au second niveau et à l'origine). L'ouverture de l'arche majeure est de , une des plus grandes du monde romain..

Ponts routiers gallo-romains Une quarantaine de ponts routiers gallo-romains seulement ont été conservés et étudiés en France, un nombre limité ne représentant probablement pas le nombre important de ponts routiers construits en Gaule sous l'occupation romaine. Ils ont en commun une largeur de (ou ), hormis pour les ponts de Boisseron (Hérault) et d'Arnia entre Calvisson et Nages-et-Solorgues (Gard) qui ne mesurent que (), ou le pont de Viviers (Ardèche) de (), et à l'opposé le pont romain de Vaison-la-Romaine (Vaucluse), dont la largeur atteint , soit environ. Au-delà de ce point commun, les matériaux et techniques de construction permettent de distinguer trois groupes : les ponts de bois, les ponts mixtes à piles de pierre et tablier de bois et les ponts de pierre..

Les ponts en bois sont souvent mal conservés mais sont d'un apport essentiel en matière de datation, grâce aux études dendrochronologiques permettant de dater les bois de construction avec une précision qui n'est pas de mise pour les ponts de pierre. Parmi ces ouvrages, dont ceux d'Avrilly - Vindecy, ou de Chassenard-Varenne-Saint-Germain sur la Loire ou encore le premier pont de Saint-Satur (Cher). Ce dernier, daté de 100-, était un ouvrage en bois d'une longueur voisine de et comportait sans doute dix-huit piles irrégulièrement espacées de à , nécessitant la mise en œuvre de poutres de grande longueur, vraisemblablement composées ou frettées.

Les ponts mixtes sont des ponts à piles de pierre et tablier en bois. Les vestiges concernent rarement la partie charpentée, mais le sommet des piles peut en témoigner. Le pont de Riez, lancé au-dessus du torrent de Valvachère, possédait un tablier de bois dont les scellements de la poutraison sont encore visibles au sommet de la seule culée conservée en rive gauche du cours d'eau. Le second pont de Saint-Satur, lancé sur la Loire en 160-170 ap. J.-C. sur une longueur de , au moins dix-sept piles de pierre, longues de pour de largeur et espacées de . À Bonnieux/Apt, le premier pont Julien comportait deux piles de mêmes dimensions que celles de Saint-Satur, soit à de long pour de large, espacées de . À Sainte-Croix-du-Verdon /Bauduen, le tablier du pont était probablement en bois et reposait sur une pile de pierre dont l'épaisseur ne mesurait pas plus de ..

Les ponts de pierre constituent la grande majorité des ponts routiers conservés et étudiés. Une distinction faite de longue date au sein de ce groupe et parfois utilisée à l'appui d'une proposition de datation consiste à séparer les ponts construits en opus quadratum, considérés comme étant les plus anciens, des ponts construits en maçonnerie de blocage et parés de petit appareil, ordinairement datés du IIe s. ap. J.-C. On peut ainsi citer : le second pont Julien (Bonnieux et Apt), dont l'arche mais dont on peut penser que les intérieurs utilisent une maçonnerie de blocage, comme le laissent supposer les voûtes des ouïes réalisées en petit appareil ; le pont de Vaison-la-Romaine, dont l'arche unique , mais dont on ne sait rien des remplissages des culées ; le pont Flavien de Saint-Chamas, dont l'arche unique ; le pont Battant à Besançon, aujourd'hui détruit, dont l'arche centrale mesurait ; les ponts de Sommières, d'Ambrussum (Villetelle et Gallargues), ou de Boisseron, dont les arches les plus grandes mesurent entre et . thumb|Liste des ponts en France

Moyen Âge vignette|Pont d'Avignon sur le Rhône, avec des arcs en ogives.

Rares sont les ponts construits en Occident avant le , mais le Moyen Âge voit s'édifier un nombre considérable d'ouvrages aux formes variées et hardies. Ces ouvrages se composent d'arches souvent très inégales, dont les voûtes sont en arc peu surbaissé, en plein cintre ou en ogive, cette dernière forme permettant de diminuer les poussées. Ils reposent sur des piles épaisses aux extrémités très saillantes au moins en amont. Les largeurs entre murs sont faibles et le passage présente toujours des rampes et des pentes très fortes ..

Les ponts en pierre apparaissent vers le -, comme le pont d'Eudes à Tours. Entre le , l'expansion du commerce a favorisé le développement d'un réseau moderne de routes reliant les provinces et les villes, les marchés et les centres de pèlerinage. Souvent construits par des confréries religieuses, les ponts représentent des atouts financiers majeurs pour les seigneurs locaux qui leur ont collecté des taxes et des péages. Fortifiées aux deux extrémités, elles abritaient souvent plusieurs chapelles.