Louis Pélissier (Toulouse, - Saint-Céré, 8 juin 1944) est un officier de l'armée française, engagé de bonne heure dans la Résistance française et membre des Forces françaises de l'intérieur durant la Seconde Guerre mondiale. Responsable des parachutages dans la région R4 Sud-Ouest des Forces françaises de l'intérieur, il est également chef d'un groupe franc du réseau Morhange, spécialisé dans l’action directe, que commande Marcel Taillandier. Arrêté par les Allemands alors qu'il transporte des armes, il est fusillé.

Biographie

Jeunesse et engagement dans l'armée Louis Pélissier naît le à Toulouse. Son père est inconnu et sa mère, Joséphine Pélissier, est domiciliée à Carmaux où elle est domestique. En 1922, il est élève officier de réserve à l'école de Saint-Maixent, puis il termine l'année suivante son service militaire comme sous-lieutenant de réserve. Il s'engage en 1924 au régiment d'infanterie, à Albi. De nouveau admis à l'école de Saint-Maixent comme élève officier d'active, il en sort sous-lieutenant en , et il est affecté au régiment d'infanterie, à Bourges. Deux ans plus tard, il est promu lieutenant.

En , lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé avec le régiment d'infanterie de forteresse sur la ligne Maginot, dans le secteur de la Crusnes. Il est alors commandant du bataillon. Le , lors des combats de la bataille de France, il se fait remarquer pour une action audacieuse, où il est gravement blessé, qui lui vaut une citation à l'ordre de l'armée. Après l'armistice du 22 juin 1940, il commande la compagnie du régiment d'infanterie, basé au palais Niel, à Toulouse.

Rôle dans la Résistance

Rapidement, Louis Pélissier organise le camouflage du matériel au sein de son régiment. Le but des militaires qui agissent autour de Louis Pélissier est de soustraire à l’armée allemande armes et munitions de l'armée française pour les cacher à Toulouse ou dans la campagne voisine. À l'été 1942, il rencontre Jules Pêcheur, directeur d'une entreprise de transport routier installée avenue de Lespinet (emplacement de l'actuel ). Il est également membre du mouvement de résistance Combat et il fait intégrer à Louis Pélissier l'Armée secrète de la Région R4 Sud-Ouest.

Après l'invasion de la zone libre par l'armée allemande en , Louis Pélissier intensifie son action. Il enlève, avec les camions de Jules Pêcheur, quatre chargements d'armes et de munitions cachés dans les réserves du régiment d'infanterie, qui va être dissous, pour les disperser dans la région toulousaine.

À partir du début de l'année 1943, il se consacre à l'organisation de l'Armée secrète, où il est connu sous le pseudonyme de Carton, à Toulouse et dans sa région. Il s'investit particulièrement au sein du Comité des opérations parachutage et atterrissage. Il est amené à chercher dans le Gers et dans les Landes des terrains pour les parachutages, ensuite validés en par le BCRA, les services secrets de la France libre.

Chargé de mission de classe avec le grade de capitaine, il devient en chef de groupe franc du réseau Morhange, commandé par Marcel Taillandier et spécialisé dans l'action directe. Le , il participe, sur la route de Toulouse à Carcassonne, au niveau du carrefour de Monges, à Deyme, à l'attaque du « Courrier de Nice », un convoi de la Gestapo qui transférait une partie de ses archives de Toulouse à Nice. En , Louis Pélissier est promu chef de mission de classe, avec le grade de commandant, et adjoint de Bernard Schlumberger, délégué militaire de la région R4.

Le , alors qu'il rentre d'un terrain d'atterrissage dans le Lot, près de Saint-Céré, avec un camion chargé d'armes à destination du maquis de Vabre, il est arrêté avec deux compagnons par une colonne allemande de la division SS blindée Das Reich. Ils sont tous les trois fusillés au bas de la route de Saint-Laurent. Louis Pélissier est ensuite enterré à Saint-Céré. Le , il a droit à des obsèques solennelles à Toulouse, puis il est enterré au cimetière des Planques d'AlbiCimetières de France et d'ailleurs. Il est promu lieutenant-colonel à titre posthume.

Hommage

Depuis le , la rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier, à Toulouse, lui rend hommage.

Décorations

Ruban Décoration Chevalier de la Légion d'honneur|106px Chevalier de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération|106px Compagnon de la Libération (décret du ) 106px Croix de guerre 1939-1945 106px Médaille de la Résistance avec rosette Références

Voir aussi

Bibliographie Colonel Rémy, Morhange : les chasseurs de traîtres, Flammarion, Paris, 1975 . Michel Goubet et Paul Debauges, L'histoire de la Résistance dans la Haute-Garonne, éditions Milan, Toulouse, 1986 . Vladimir Trouplin et alii, Dictionnaire des compagnons de la Libération, Elitys, 2010, .

Articles connexes Résistance intérieure française Liste de résistants français Histoire de Toulouse pendant la Seconde Guerre mondiale

Liens externes

« Louis Pélissier, dit Martin, Carton », sur le site du Mémorial François Verdier Forain - Libération Sud (consulté le ). André Balent, « PÉLISSIER Louis, alias « Carton », « Martin » », Le Maitron. Dictionnaire biographique des fusillés, guillotinés, exécutés, massacrés. 1940-1944, sur le site Fusillés 1940-1944, de l'Université Paris 11 (consulté le ). Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération

Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Personnalité inhumée dans le Tarn Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Résistance à Toulouse Catégorie:Naissance en décembre 1901 Catégorie:Naissance à Toulouse Catégorie:Décès en juin 1944 Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Décès à 42 ans Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Résistant français Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Personne fusillée en France Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Commandant français