Ammi Moussa, (en arabe : عمي موسى, traduction française du nom arabe : Mon Oncle ) est une commune algérienne. Située à du chef-lieu de la wilaya de Relizane, elle s'étend sur et compte 11 258 habitant en 1987 et 28 962 habitants en 2000. Elle est le chef-lieu d'une daïra depuis 1987, qui regroupe les communes d'El Oueldja, Ouled Aiche et El Hassi. Un marché local assez important se tient tous les jeudis depuis 1880.

Toponymie

Géographie

Relief

La région d'Ammi Moussa occupe la partie Ouest de la chaîne de montagne de Ouarsenis, un oued important : Oued Riou naît sur le massif de l'Ouarsenis, traverse au sens d’écoulement sud vers le nord-ouest Aïn Tarek et Ammi Moussa, il rejoint Oued Tleta aux environs de Ouled Moudjeur avant de finir dans le barrage Guergar inauguré en 1985. Son territoire a une altitude moyenne de par rapport au niveau de la mer, est occupé par 35 % de zones montagneuses, 13 % de collines, 15 % de plaines, 10 % de plateaux, 15,82 % de forêts et seulement 9,18 % d'urbanisme.

Climat

Le climat est semi-aride. La température moyenne annuelle est de . En été, elle peut augmenter jusqu’à et en hiver elle descend parfois jusqu’à . La pluviométrie se situe entre et par an ; elle est généralement concentrée dans le temps, ce qui entraîne des crues spectaculaires.

Communes limitrophes

Histoire thumb|upright=1|Entrée principale d'un palais en ruines Ksar El Kaoua à 10 km au nord d'Ami Moussa, datant de la période romaine thumb|upright=1| Vieille Mosquée d'Ammi Moussa de style architectural hispano-mauresque datant du xixe siècle. thumb|200px|Acte de la création de la commune mixte d'Ammi-Moussa, autour de 23 douars de Beni-Ouragh, document signé par Napoléon III, le à Biarritz, France. thumb|upright=1|right|Fort La Redoute, construit en 1865 et puis caserne de l'armée française durant toute la période de la colonisation. Actuellement caserne militaire de l'ANP depuis 1995

thumb|upright=1|right|Pont de l'Oued Riou ou Pont de Sidi Amara, construit en 1888 par les établissements de construction métallique Daydé & Pillé (Creil). Le pont est fermé depuis plusieurs années pour la circulation automobile, il est utilisé seulement comme passage pour les piétons.thumb|300px|Carte géographique d'Ammi Moussa et sa région durant la colonisation française en 1896. Préhistoire et antiquité Son territoire est riche en vestiges archéologiques datant, pour la plupart, de la préhistoire et la période romaine. Des restes mégalithiques à Menkoura, gravures rupestres dans les environs de Bourak'ba et l'Ouarsenis, totémisme berbère préhistorique correspond au culte superstitieux du sanglier à Sidi Bou Halloufa E.Carette :Origine et migrations des principales tribus d'Algérie, page : 159. Imprimerie Impériale, Paris, 1843. en PDF.

L'antique Mazices où les romains, ont édifié des forteresses, l'une d'elles la célèbre Ksar El Koua, située à quelques kilomètres d'Ami Moussa, pour sécuriser les convois de blé venant de la plaine du Sersou (grenier de blé), vers les comptoirs installés sur la côte.

Époque du royaume Zianide

Au début du , le sultan Hammou Moussa El-Ziani, de la dynastie des Zianides, a maté un soulèvement des tribus Arabes, et, ce n’est qu’en 1314 qu’il a fondé la première agglomération, appelée Ksar Hamou Moussa, d’où le nom de la ville de « Hamou Moussa », qui est devenue plus tard « Ammi Moussa », son appellation actuelle.

À la fin du , le royaume Zianide retrouva quelque importance avec Abou Hammou Moussa, mais avec les premières années du , le royaume connait un déclin certain. En 1511, les Zianides se soumettaient à la souveraineté des Espagnols établis à Oran. La dynastie Zianide succomba elle-même aux Turcs Ottomans, en 1555 dépendant désormais du beylik d'Oran. Tradition orale D'après la tradition orale, les habitants de cette région disaient «Ammi Moussa», lorsqu'il y avait abondance des cultures ; mais dès que la sécheresse frappait la région, ils se fâchaient et lançaient le sobriquet « Laâma Moussa, Moussa le borgne » (il faut signaler que le souverain zianide était demi aveugle)Achour Cheurfi, Dictionnaire des localités algériennes, Casbah Édition, pages 124-125.. Époque coloniale francaise

Occupée par les Français en 1840 pour commander la vallée de l'Oued Riou et protéger la pleine du Chélif, ce point a une assez grande importance stratégique. Les Beni-Ouragh de la région d'Ammi Moussa ont prêté allégeance à l’Émir Abdelkader ; ils font une résistance énergique aux colonisateurs français et prennent une part active à la révolte de 1864 matée par le général Émile Mellinet.

Commune mixte créée autour de 23 douars de Beni-Ouragh, le par Napoléon III. Près de fort La Redoute qui fut bâti en cet endroit sous le commandement du maréchal Aimable Pélissier et inauguré par Napoléon III en 1865, il s'est groupé un certain nombre d'Européens qui bientôt ont formé un petit village de 435 habitants, intégrée dans le département d'Oran, arrondissement de Mostaganem. Commune en plein exercice le , supprimée en 1957, après 1958, elle fait partie du nouveau département de Mostaganem et de l'arrondissement de Inkermann. Elle comptait 1949 habitants en 1959.

Guerre d'Algérie

Débuts

Au début de l’insurrection, Ammi Moussa comptait déjà une forte concentration d'unités de l'armée française dont la caserne La Redoute, l'une des plus importantes du corps d'armée d'Algérie, qui abrite la grande artillerie la 3/, la du d'infanterie. L'Unité a pour mission de contrôler la wilaya de Relizane et la valée du Chélif, et de combattre dans les monts de l'Ouarsenis. Un détachement de l'ALAT quasi permanent dans la région, le peloton mixte avions-hélicoptères de la DB.

La proximité des monts de l'Ouarsenis où se trouvaient les maquis de la wilaya IV a fait que de nombreuses batailles se sont déroulées dans la région entre l'armée françaises et les katibas de l'ALN.

Attentat du 6 février 1956

Malgré l’impressionnant dispositif militaire mis en place par les autorités coloniales, les combattants de l'ALN de la wilaya IV, ont réussi à déjouer la vigilance de l'armée française en perpétrant un attentat en plein jour par un commando composé de jeunes d'Ammi Moussa, ciblant plusieurs commerces appartenant aux colons, surtout les administrations, dont le centre des PTT et le bureau des recettes situé non loin de la caserne militaire.

En représailles, les unités de l'armée française ont riposté, touchant toute la population. Le bilan de ces représailles, perpétrés le suivant, est de 90 morts, plusieurs blessés et plus d'une centaine d'arrestations. Un odonyme local, « »[ OpenStreetMap] « rue du 16-Février » à Ammi Moussa, rappelle cet événement.

Plan Challe

Durant le plan Challe entre 1959 et 1961, la région d'Ammi Moussa a été marquée par des combats meurtriers et l'intensification des opérations de ratissage dans les maquis de l'ALN de Djebel Bourak'ba, Ouarsenis, Menkoura et Cherrata, avec l'utilisation massive de l'armement lourd, notamment l’artillerie, les blindés, l’aviation, utilisation du napalm sur les forets avoisinantes et des renforts de régiments parachutistes.

Époque de l'Algérie indépendante

L'ancienne caserne coloniale " La Redoute " inoccupée entre 1962 et 1994, redevenue caserne militaire de l'ANP en 1995, d'une grande importance qui dépend de la militaire, ses unités ont joué un rôle important durant la guerre civile algérienne dans la lutte contre les maquis islamistes du GIA basés dans les montagnes boisées de Bourak'ba, Ouarsenis, Menkoura et Cherrata.

Démographie

Ethnographie

thumb|300px|Cartographie des 23 âarch de la tribu de Beni-Ouragh, région d'Ammi-Moussa (1940).La population de cette région est de souche berbère Ernest Carette : Origine et migrations des principales tribus d'Algérie, page : 159. Imprimerie Impériale. Paris - 1843. en PDF, issue de la grande tribu de Beni-Ouragh qui se compose de 23 âarch, ayant conservé des mœurs et des institutions analogues à celles des Kabyles du Djurdjura Annales Algériennes. T. 3 / par E. Pellissier de Reynaud -J. Dumaine (Paris)-1854 page : 11 sur Gallica Bibliothèque numérique de la BNF et qui compte en son sein plusieurs fractions. Actuellement ces fractions dépendent administrativement de plusieurs communes de compétence territoriale de trois wilayas (Relizane – Tissemsilt – Tiaret).

Population

Administration

Transport

Cultes

Enseignement

Sport

ARAM : Amel riadhi ammi moussa est club de football local Fondée en 1936 .

Ammi Moussa dans la littérature Dans un roman d'anticipation de Jules Verne, intitulé Hector Servadac Voyages et aventures à travers le monde solaire, paru en 1877, l'auteur cite le nom de Ammi Moussa et celle de la tribu de Beni-Ouragh dans un passage dont voici l’extraitJules Verne : Hector Servadac Voyages et aventures à travers le monde solaire, page 38, en PDF :

Personnalités liées à la commune

Albert Soboul, historien français, spécialiste de la Révolution française et de Napoléon, né à Ammi Moussa en 1914. Mohamed Hirèche, un des principaux acteurs de l’avènement du système éducatif à Oran , né à Ammi Moussa en 1914. Gérard Ségura, instituteur de formation, membre du Parti Socialiste et ancien maire d'Aulnay-sous-Bois. (France), né à Ammi Moussa en 1948. Nouria Kazdarli, actrice algérienne, né à Ammi Moussa en 1921. Mohammed Besnaci, docteur de l'Université Lumière Lyon II, membre du centre de recherche CRTT, traducteur, poète, professeur et écrivain, né en 1982 à Ammi Moussa Boudalia Djilali, Contrôleur Général de police, Directeur des Renseignements Généraux de la police algérienne, Ministère de l'intérieur de la République Algérienne, de 2013 à 2018. Auteur de plusieurs décorations et insignes, distingué par le Conseil des Ministres Arabes "Meilleur Policier Arabe" (Tunisie, 2015). Il est né en 1966 à Ammi Moussa.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Beni-Ouragh Communes de la Wilaya de Relizane Liste des communes d'Algérie

Bibliographie E.Carette, Origine et migrations des principales tribus d'Algérie, Imprimerie Impériale. Paris - 1843 Grande Encyclopédie. 1885-1902, H. Lamirault & éditeurs, Paris

Liens externes Cartes postales d'Ammi Moussa datant de la colonisation française sur le site de www .ABC de la CPA .com Photos de stationnements mixte avions-hélicoptères du peloton de la DB dans la région d'Ammi Moussa durant la guerre d'Algérie. Site non officiel de l'Aviation légère de l'armée de terre (ALAT)

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