Piqueur est un terme utilisé pour définir un poste dans différents métiers. thumb|Montfleur. Département du Jura : Projet de construction d'un Pont en maçonnerie sur le Lurand, dit aux Vents. Echelle de 1 cm. = 1 m. [1 : 100]. Croquis fait dressé par l'Agent-Voyer Piqueur Al. Ladot
Étymologie Deux étymologies différentes : En vénerie : viendrait du verbe « piquer » conduire, diriger. Le piqueur est un valet chargé de conduire divers animauxB. Jullien, Les principales étymologies de la langue française : précédées d'un petit traité de la dérivation et de la composition des mots, p.21 Surveillance : Les piqueurs (prickers) et surveillants placés sous les ordres du conducteur étaient pourvus de carnets sur lesquels on piquait (to prick) les renseignementscf. Abel Boyer, The Royal Dictionary English and French and French and English, tome 2, page 484-85, to prick. Le carnet du piqueur servait au relevé des journées;le piqueur pouvait aussi faire des croquis, des dessins, par exemple en cas d'accident ou des relevés (les devis dressés par l'architecte et piqueur dessinateur, les relevés du cheminot)
Définition Le piqueur : Pierre Richelet, Dictionnaire portatif de la langue française p.404. Surveillant de chantier.
(Agriculture) Le « piqueur de corvées » surveillait les corvées et les paysans.
par la suite : surveillant :
Ponts et Chaussées Piqueur de travaux publics, piqueur-voie (SNCF) (Mét. 1955) : Dans les chemins de fer, le piqueur est un agent technique qui a pour tâche de seconder le conducteur de travaux, de surveiller les équipes d'ouvriers et la bonne marche des travaux. Piqueur agent de travaux publics : agent-voyer, seconde le cantonnier, piqueur du service vicinal. Piqueur des édifices départementaux. Piqueur des Eaux.
Piqueur de chemins de fer
Les piqueurs ont pour mission principale la surveillance des ouvriers, du fonctionnement du matériel, des travaux et le constat des accidents : mission « seconder les chefs de section et d'y suppléer pour l'accomplissement des obligations suivantes, dont chacun d'eux doit diriger et surveiller la stricte exécution sur le poste de piqueur qui lui est confié. Les piqueurs, ayant sous leurs ordres immédiats tout le personnel ouvrier, ont pour devoir essentiel de maintenir la partie de la route dont ils ont la surveillance dans un état parfait d'entretien et de sécurité au point de vue de la circulation des trains. Ils sont obligés de parcourir journellement à pied l’étendue de route qui leur est assignée et ils s'attachent tout particulièrement à visiter les voies et autres parties de route au point de vue de la sécurité du service public et à constater si les excentriques, signaux, plaques tournantes, colonnes hydrauliques, ponts mobiles, etc., fonctionnent facilement. Ces visites journalières sont constatées par leur visa sur des livrets de présence aux points de départ, de passage et d'arrivée. Ils s'assurent fréquemment si les préposés aux signaux, excentriques, barrières, tunnels, ponts mobiles et tous autres agents qui concourent à assurer la sécurité du service, sont bien pénétrés des instructions qu'ils ont à observer. Ils prennent attachement exact des journées d'ouvriers, veillent à l'entretien et à la conservation des outils, ustensiles, signaux, etc., et surveillent spécialement les renouvellements des voies. Ils recueillent dans un carnet du modèle prescrit, les renseignements nécessaires à la rédaction des états à fournir par les chefs de section. Les annotations à tenir doivent être constamment au courant. Les piqueurs accompagnent les wagonnets et les trains de route. Ils sont chargés de donner aux ouvriers de la route les indications et renseignements de nature à assurer la bonne et prompte exécution du travail. Les piqueurs sont astreints à effectuer des tournées de nuit sur les postes où ce service est prescrit ; ils font deux tournées de nuit entières ou quatre demi-prestations par mois. Pendant ces tournées, ils s'assurent si chaque agent se trouve à son poste, s'il est muni de sa lanterne allumée, et si les signaux sont éclairés et manœuvres conformément aux instructions. Après chaque tournée, ils adressent à leur chef de section un rapport conforme au modèle adopté et constatant le résultat de cette tournée. Les piqueurs sont tenus de donner, sur le champ, avis à leur chef de section de tous les faits intéressant le service et, en cas d'urgence, de prendre les mesures nécessaires pour assurer ou rétablir la circulation. »
Piqueur cantonnier Le piqueur cantonnier est un agent préposé par l'administration ou par l'entrepreneur pour recevoir par compte les matériaux et en tenir marquer les journées des ouvriers, veiller à l'emploi de leur temps et « piquer » sur son carnet ceux qui s 'absentent pendant les heures du travail afin de pouvoir leur faire subir des retenues proportionnelles. Un piqueur qui a assez de fermeté pour se faire obéir des ouvriers et qui en même temps a su obtenir leur confiance contribue pour beaucoup au bon ordre et à la police des ateliers. En 1833 le nombre des piqueurs employés par l'administration des ponts et haussées non compris le service des routes départementales était de trois cent cinquante huit savoir. Sour le service ordinaire deux cent trente eux et pour le service extraordinaire cent vingt six. Ils étaient payés à raison de 900 fr par an ce qui occasionnait une dépense totale de 322 200 fr. Cent soixante trois piqueurs étaient en outre employés sur les routes départementales. Au Mont-Cenis les cantonniers et les piqueurs portaient autrefois, un habit identique, avec un liseré d'or sur tout l'habit, « d'un centimètre de largeur en or, et d'un dessin déterminé, tant sur les parement que sur le collet de leurs habits » pour les piqueurs : « habit et culotte ou pantalon de drap brun foncé, collet, revers et gilet rouges, boutons de cuivre doré à queue, portant la Couronne Impériale ».
Citations
Autres expressions
Métiers Se disait ensuite d'une foule de petits métiersSource, « Généalogie en Corrèze », Cédric Giraud: On retrouve ce terme quasi synonyme dans les métiers du textile ou du cuir où il faut piquer à la machine. Le terme est ancien : en 1292, à Paris paient la taille, trois piqueurs. Piqueur de l'administration pénitentiaire. Surveillant. Piqueur inspecteurs des ouvrages de la ville, des bâtiments, des eaux. Piqueur cheminot : préposé à l'entretien des voies ferrées. Zola, La Bête Humaine. Piqueur en architecture : c'est dans un atelier, un homme préposé par l'entrepreneur pour recevoir par compte les matériaux, en garder les tailles, veiller à l’emploi du temps; marquer les journées des ouvriers, piquer sur son rôle (carnet) ceux qui s'absentent pendant les heures de travail afin de retrancher de leurs salaires ; on appelle « chassavans » les moindres piqueurs qui ne vont que hâter les ouvriersBarthelemy de Felice, D'Alembert, Encyclopédie ou dictionnaire universel raisonné des métiers, Volume 33.. Piqueur démolisseur : de bâtiments à coup de pic. Piqueur domestique : chargé de dresser et exercer des chevaux. Piqueur épinglier : piquant les épingles dans des cartons pour les vendre. Piqueur marin-pêcheur : spécialisé, embarqué sur un morutier, pour attraper la morue. Piqueur moissonneur : travaillant à la pique et à la sape, dans le nord, le cultivateur d'alors s'efforçait de mobiliser le plus grand nombre de piqueurs possibles, afin que la moisson ne fut pas trop longue. Il donnait son blé à piquer à la mesure et pour un prix moyen de douze francs la mesure, un bon piqueur abattait et mettait en javelle ses deux quartiers par jour. Piqueur de morue : découpe et éventre les morues. Piqueur ouvrier bottier : qui assemble et coud les pièces de cuir et fait les piqures en bordure. Piqueur ouvrier : entretien des canaux. Piqueur surveillant : de chantier chargé de pousser les ouvriers à plus d'ouvrage. Piqueur valet-de-pied : courant devant la voiture pour indiquer, préparer la route. Paul Verlaine, Histoires comme ça Piqueur de carrosses, piqueur de selle, piqueur d'attelage Le cheval, 1935, page 56. Piqueur de pompes funèbres. Piqueur d'ardoise Piqueur de corps Piqueur de cardes Piqueur (soierie) : celui qui passe les fils de chaîne dans le peigne. Line Teisseyre-Sallmann, L'industrie de la soie en Bas-Languedoc: , page 330Descriptif des taches : Description des arts et métiers : « l'art de faire des étoffes de soie » Piqueur de cartons : perforateur de cartons pour les métiers Jacquard. Piqueur de cardes. Piqueur de grès : tailleur de pierre travaillant le grès au pic ou à la marteline. Piqueur de haras : gardien et surveillant. Agent chargé de la surveillance et du dépôt des remontes des haras. Il commandait au maréchal-ferrant, laveurs, palefreniers, cireurs, cochers, surveillait et supervisait les tâches à exécuter dans la journée, s'occupait du soin des chevaux, du foin et des litières, des rations, de l'hygiène des chevaux, de leur état sanitaire, ainsi que du dressage, et débourrage, etc. Il y avait un premier piqueur, des piqueurs et plusieurs sous-piqueurs. Le sous-piqueur était le scribe de service, tenant le livre des journées (avances d'argent, etc.), et le carnet de service (chevaux au relai, au repos, à l'infirmerie)Ghislaine Bouchet, Le cheval à Paris de 1850 à 1914, page 100 in « Mémoires et documents de l'École des Chartes, », . Piqueur de moellons : carrier ou maçon tailleur de moellons. Piqueur de tabatière. Pique la tabatière revêtue ensuite de clous dorés. Piqueur de vin : courtier en vin. Piqueur de boissons, piqueur de vins :chargé de la dégustation des vins et de faire l'intermédiaire entre le vendeur et l'acheteur. Georges Méliès, Les Piqueurs de Fûts Piqueur en dentelles : reproducteur sur carton modèle, des dessins remis aux dentellières. Piqueur de cartes à dentelles. Piqueur chiffonnier : il court, pique avec son crochet et récupère sur les tas d'ordures tout ce qu'il pense pouvoir vendre. Chiffonnier piqueur : il travaillait la nuit, récoltant le meilleur, face au secondeur et au gadouilleur. Louis Paulian, La hotte du chiffonnier Piqueur : ouvrier spécialisé meulier ou faiseur de meules en pierre meulière. Piqueur-abatteur : mineur sur le front de taille, ce mineur est le mieux rétribué de tous ces compagnons de labeur. Piqueur de charbon hydraulique. Piqueur des mines. Morand, Art d'exploiter les mines de charbon de terre in : « Descriptions des arts et métiers » Le piqueur dans Zola : Richard H. Zakarian, Zola's "Germinal": A Critical Study of Its Primary Sources, page 57 Piqueurs de sel, travaillent aux mines de sel. Le chantier du piocheur; qui découpait le gisement salin, était préparé auparavant par le piqueur-abatteur, qui creusait les galeries de recherche, et les préparait à l’exploitation. Philippe Braunstein, Travail et entreprise au Moyen Âge : « Travail et travailleurs dans les Mines de Sel », p.203
Chasse et vénerie Piqueur ou piqueux : En vénerie, on prononce piqueu, c'est le valet de chien suivant à cheval la meute poursuivant le gibier, la sonnerie du piqueur est une sonnerie de trompe chasse. Piqueur de chasse à courre. À l'origine cavalier armé d'une piqueCe terme existait au Moyen Âge pour désigner un combattant à cheval, cavalier léger combattant en ordre serré, armé d'une lance (pique) et protégé par une cotte de mailles. On disait « piqueur » ou « piqueux ». Philippe Daubin Complots contre l'Empire, Livre 1, Millenium. Homme de cheval, dont la fonction est de suivre et de diriger une meute de chiens. « Gentilhomme piqueur des toiles de chasse, tentes et pavillons du roi ».