Martin Vaughn-James, né à Bristol le et mort le à Saint-Roman-de-Malegarde (Vaucluse)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un peintre, illustrateur et auteur de bande dessinée britannique.

Après avoir séjourné à Londres, Montréal, Tokyo et Paris, il a longtemps vécu à Bruxelles.

Illustrateur davantage qu'auteur de bandes dessinées au sens traditionnel, il a cependant publié quelques ouvrages pouvant correspondre à l'idée de roman graphique. Notamment quatre titres datant de l'époque où il résidait au Canada : Elephant (1970), The Projector (1971), The Park (1972) et The Cage (1975). C'est ce dernier, récit déconstruit sous l'influence du nouveau roman et d'Robbe-Grillet, labyrinthe graphique sans personnage, qui a le plus fait pour sa notoriété. La Cage a connu plusieurs éditions en français, la plus récente ayant paru à l'enseigne des Impressions Nouvelles (2006), et a fait l'objet d'une monographie, La construction de la cage par Thierry Groensteen (Impressions Nouvelles, 2002). Il a publié ensuite L'Enquêteur et Chambres noires, deux autres renouvellements du récit graphique.

À partir du milieu des années 1980, Martin Vaughn-James s’est consacré principalement à la peinture, exposant régulièrement en France, en Belgique et en Allemagne des toiles où ses préoccupations narratives s'exprimaient d'une autre façon. Il est cofondateur avec Hastaire du Groupe Mémoires (2000) composé de Kleinmann, Yuri Kuper, Boris Zaborov, Lydie Arickx...

Biographie Fils de Clifford Howard James, instituteur itinérant et de Kathleen Florence Stevens, il naît à Bristol en Angleterre le . Sa famille et lui s'expatrient Australie à partir de 1958 où il étudie pendant quatre ans à la National Art Shool of Australia, East Sydney. Le il épouse Sarah Mac Coy (Noddy), poétesse, à Kensington (Londres - Angleterre)

En 1968, il émigre au Canada avec son épouse, et s'installe à Toronto. Ils quittent le Canada en pour retourner en Angleterre, d'abord dans le Sussex, puis à Londres

En , ils s'installent durablement en France à Paris. En 1991, ils s'installent au « domaine de la Hêtraie » à Doudeville puis dans un ancien relais de poste, « La Cour Rabault » dans le Calvados, à La Chapelle-Yvon. Ils reviennent à Paris en .

En 2006, après avoir vendu leur appartement parisien, ils émigrent en Belgique, pour habiter place Louis Morichar à Saint-Gilles.

Il meurt en Provence le .

Œuvres illustrées Martin Vaughn-James publie son premier cartoon surréaliste (vignette illustrée) [un homme qui dort, rêvant à… lui-même qui dort !] en page 36 du mensuel canadien Saturday Night du mois de . Il fournira au même mensuel tous les mois des séries de vignettes (de une à huit cases sans texte) jusqu’en (illustration en page 48). À partir d’, il publie, pour le même magazine Saturday Night de très nombreuses illustrations pour des articles polémiques : en commençant, en , en page 54, par illustrer l’article de , « Canada’s no place to be a guerrilla ».

À la page 16 du même numéro de , le mensuel Saturday Night rend compte, sous une photo de MVJ, de la sortie, aux éditions New Press, pour 3 dollars 50, de sa première « bande dessinée » (pour MVJ, il s’agit d’un « boovie ») intitulée Elephant. Il décrit lui-même Elephant .

Deux pages originales et promotionnelles pour Elephant, dessinées par MVJ, sont publiées dans The Toronto New Paper, du . Deux pages extraites de l’album (pages 17 et 18) sont publiées dans le numéro de du magazine Other Scenes et quatre autres, en pages 135 à 138, du numéro de du mensuel . MVJ explique dans ce numéro ce qu’il entend par « boovie » comme style littéraire, « inventé » par lui à l’été 1968.

Dans le numéro de de Saturday Night, MVJ publie, une courte bande dessinée de trois pages en couleurs et sans paroles, intitulée Polluterman – The final episode in the saga of man’s conquest of his environment !.

En 1971, les éditions Coach House Press de Toronto sortent leur deuxième (réel) « boovie », intitulé The Projector, un récit à la deuxième personne composé de 123 pages. Certains extraits (comme « Scythes in the night » par exemple) seront publiés dans l’anthologie Breakthrough fictionneers, publiée chez Barton en 1973. Et, en 1972, les mêmes éditions Coach House Press sortent son troisième « boovie », intitulé The Park, ouvrage disponible en une série de différents très petits formats de 32 pages.

Par bien des côtés, ces deux derniers « boovies » préfigurent ce qui est devenu son œuvre phare : La Cage, sortie en 1975

À compter de , MVJ collabore avec le mensuel The Canadian Forum, dans lequel il publie tant des illustrations d’articles [par ex. page 343 du numéro de ] que ses cartoons surréalistes [par ex. page 383 du numéro de ]. Le numéro de novembre- contenait déjà, entre ses pages 286 et 287, un encart dépliable de six pages intitulé « Umbrella fruit ». Il y collaborera jusqu’en  (cover).

À compter d’, MVJ fournit des illustrations grand format pour le quotidien Toronto Star : première illustration en page 8 du numéro du en illustration d’un article de Jack McArthur « Our basic choice : fight US economy or join it ». Dans ces trois journaux, à compter de cette période, ses dessins sont de plus en plus polémiques et réalistes. Il collaborera avec le Toronto Star jusqu’en (illustration de l’article de Gerald Utting « Is U.S. reaping benefits of our research ? »)

À compter de , MVJ collabore avec le mensuel Books in Canada – A national review of books : première publication en couverture du volume 3 numéro 7 en illustration d’un article de George Woodcock, « We are what we map ». Il y collaborera jusqu’en  (cover)

En pages 67 à 76 de l’ouvrage de short fictions intitulé The Story so far 3, édité en 1974 par David Young, au milieu de textes de William Burroughs ou de Hubert Selby Jr., MVJ publie The Mole, huit illustrations légendées. Sous sa photo, aux fins de biographie, MVJ  place un descriptif détaillé de son passeport. Aux pages 82 à 84, suit la publication de la nouvelle Diving rédigée par sa femme, Sarah McCoy.

Plus épisodiquement, il réalise d’autres illustrations ponctuelles, ainsi, par exemple, pour les magazines Chimo ou Egg (deux cartoons de six cases en page 3) ; ou une illustration, intitulée Portrait of the boovist as a young portrait, en page 13 du numéro 1 de de Guerilla ; ou des affiches poster pour le journal Dreadnaught (de numéros 2 – pages 6, 10 et 11) ; ou pour le numéro de Vanguard, de , en page 3 : une illustration caricaturale pour l’article « John Robert Colombo – Me, Myself & I – An author’s view of his own work »…

En 1973 et 1974, MVJ réalise les couvertures de deux livres de Leonard Cohen, Flowers for Hitler et The Spide-Box of Earth tous deux édités par Jonathan Cape (Londres)

Du au , MVJ a sa première exposition à l’Art Gallery of Ontario. Elle est intitulée « Image..Word...Sequence » et comprend essentiellement des planches extraites de ses quatre « visuals-novels » : Elephant, The Projector, The Park et The Cage. Lors de l’exposition annuelle de 1975-1976, The Art Directors Club of Toronto lui décerne le prix du mérite.

En 1975, aux éditions The Coach House Press de Toronto (Canada) paraît La Cage – A Visual Novel, son œuvre (illustrée) maîtresse, qui sera rééditée à de nombreuses occasions. Il y est précisé () que le livre a été commencé en 1972 à Toronto, complété dans la même ville en , même si la majeure partie de l’ouvrage a été réalisée à Paris en 1972 et 1973. L’œuvre est dédiée à sa femme Noddy, Trough the arcades indestructible longing casts its dangerous and lovely shadow on the heart.

À compter de et jusqu’à , MVJ va collaborer à la revue périodique française Minuit des éditions de Minuit, en fournissant des illustrations (d’une à parfois onze pages) pour les numéros 2 (pages 64 à 69), 6 (pages 39 à 42), 8 (pages 48 à 55), 10 (pages 4 à 15), 11 (pages 8 à 11), 13 (9 illustrations), 16 (pages 23 à 26), 17 (pages 53 à 56), 21 (pages 23 à 28), 25 (pages 72 à 75), 26 (pages 48 à 51), 28 (1 illustration), 29 (1 illustration), 30 (1 illustration), 31 (1 illustration), 32 (1 illustration), 33 (pages 40 à 41), 34 (deux illustrations), 35 (1 illustration), 36 (2 illustrations), 38 (1 illustration), 39 (1 illustration), 47 (1 illustration) et 49 (pages 21 à 24).

Toutes ces illustrations seront reproduites par la suite dans Après la bataille, publié en 1982 par l’Atelier de l’Agneau, avec une longue et détaillée préface de Jean-Pierre Vidal, qu’il clôture en ces termes () : « Nul n’entre ici s’il ne veut concourir à la production des sens que Vaughn-James, artificier majuscule, fait éclater en tous sens, à toute page, sur chaque image. Avec Vaughn-James. le récit en dessins, le roman ou la nouvelle visuels ou visibles accède enfin à l’âge adulte de l’écriture. Avec Vaughn-James, les fils de Tintin ont enfin rencontré Alain Robbe-Grillet. Qu’est-ce qui pourrait bien, maintenant, les arrêter ? ». Et de nombreuses illustrations seront reproduites dans le numéro 1982/42 spécial, intégralement consacré à Martin Vaughn-James, de Canadian Fiction Magazine. Outre celles-ci, ce numéro contient une longue interview de Martin Vaughn-James par Geoffrey Hancock. Paru en aux éditions The Dreadnaught press (Canada), MVJ réalise la couverture et six illustrations pour le livre de sa femme, Sarah McCoy, intitulé « Lies » (en anglais). Il en fera de même pour ses ouvrages subséquents : « Album » (en anglais) paru en 1983 aux éditions John Calder (Londres) ; et « Ouï-dire » (en français), paru en , aux éditions Castor astral/Atelier de l’agneau.

Dans le numéro 4 (sorti au printemps 1976) de Essays on canadian writing (éditeur Jack David), MVJ réalise la couverture et le quatrième de couverture.

Dans The Story So Four, édité par The Coach House Presse en 1976, MVJ sort « The observer » (pages 148 à 153) qui sera repris, dans l’anthologie Ground works, en 2002, en pages 111-116.

En , MVJ réalise « Leçon de choses génériques », sept illustrations pour un texte de Claude Simon, paru dans le numéro 105 de La Nouvelle Critique, en pages 34 à 42. Deux illustrations seront reprises dans Ni les loups ni les chiens, un texte de Anita J. Laulla, paru en 2009 aux éditions Atelier de l’agneau.

MVJ réalise en 1978 la couverture et quatre illustrations pour le texte du Manuscrit trouvé dans une valise de Louis Philippe Hebert, publié aux éditions Quinze.

En , pour le numéro 11/1 des Études littéraires, il réalise six illustrations intitulées « Six visions de Maldoror ».

MVJ réalisera encore, pendant la même période, différentes illustrations pour diverses revues : en 1978, « Le Temple », une illustration pour le numéro 16-17 de la revue Obliques ; en 1979, une illustration intitulée « Où sommes-nous » qui sera reprise, en page 4, dans l’ouvrage de Jean-Pierre Vidal, Histoires cruelles et lamentables, paru en 1991 ; des illustrations dans la revue belge 25 (pages 24 et 25 du numéro 27 ; numéro 41 ; numéro 51, page 14) ; des illustrations dans la revue belge La vigie des minuits polaires (cover du numéro 4 ; dans le numéro 5 ; la cover du numéro 7 ; la cover et 6 illustrations dans le numéro 8) ; des illustrations pour la revue française Bas de casse (cover du numéro du trimestre 1981 ; une illustration dans le numéro 4, en page 28, la cover du numéro 5/6) ; en 1982, une illustration, en page 68, du numéro 6 de la revue Jungle ; les 12 illustrations intitulées Boulevards périphériques pour le numéro 1 de la revue Affaires de style (pages 36 à 42), une illustration, en page 61 du numéro 1 et une illustration en page 64 du numéro 3 ; en 1986, une illustration, en page 39, du numéro 5 de la revue française Station blanche de la nuit ; à l’hiver 1986, deux illustrations dans le numéro 19 des Études littéraires, pages 198 et 199.

MVJ réalise en 1980 la couverture, une illustration et 6 vignettes du texte Pièces de Francis Dannemark, édité par lui-même.