Les Expos de Montréal ont été une franchise de baseball de la Ligue majeure de baseball (LMB) de 1969 à 2004 ayant pour domicile la ville de Montréal, au Québec, Canada.

Les Expos ont été la première franchise de la LMB hors des États-Unis. La franchise fait ses débuts au stade Jarry de Montréal en 1969 avant de déménager au nord-est du centre-ville de la métropole en 1977, soit au Stade olympique de Montréal. La franchise a déménagé à Washington, D.C., en 2005, où elle est devenue les Nationals de Washington.

Palmarès Championnat de division : 1981, 1994 (non officiel dû à la grève des joueurs déclenchée en août). Titre de meilleur deuxième (0) : aucun Championnat de la Ligue nationale (1) : 1994 Série mondiale (0) : aucun

Fondation de l'équipe L'expansion de la Ligue nationale La Ligue nationale de baseball fut une ligue à huit équipes pendant plus de six décennies. Après avoir été témoins au début des années 1960 de l'organisation (finalement avortée par manque de moyens financiers) d'une nouvelle ligue professionnelle de baseball, la Continental League, qui menaçait de lui faire compétition, la Ligue nationale décide de procéder à une expansion afin d'élargir ses rangs et installer des franchises dans des villes américaines qui auraient pu se joindre à un éventuel nouveau circuit. C'est ainsi qu'apparaissent en 1962 les Mets de New York et les Colts 45s de Houston (qui changèrent par la suite de nom pour Astros). De son côté, la Ligue américaine de baseball ajoute les Angels de Los Angeles et les Senators de Washington (en remplacement des Senators historiques qui venaient alors de déménager au Minnesota pour devenir les Twins), qui déménageront en 1972 à Dallas pour devenir les Rangers du Texas. En 1967, la Ligue américaine de baseball décide d'ajouter deux autres clubs : les Royals de Kansas City et les Pilots de Seattle, dont l'entrée sur les terrains est prévue pour 1969.

La Ligue nationale décide donc à son tour d'ajouter deux équipes, pour faire passer son nombre de franchises de dix à douze. Cinq villes sont sur les rangs pour les deux franchises disponibles : Buffalo, Dallas, San Diego, Montréal et Milwaukee (qui vit ses Braves quitter pour Atlanta après la saison 1965). Du lot, la candidature de la ville californienne de San Diego semble la plus solide, et la Ligue nationale annoncera effectivement l'avènement des Padres. La candidature de Montréal sort de l'ordinaire car jamais une ville située au Canada n'a fait partie de la MLB.

En 1967, le maire de Montréal, Jean Drapeau, mandate le vice-président du Conseil exécutif de sa ville, Gerry Snyder, pour faire les démarches afin d'obtenir pour Montréal une franchise de baseball majeur. Montréal est à cette époque une ville en pleine expansion. Sa population a franchi le cap des 2 millions d'habitants et la métropole vient d'enregistrer un important succès populaire avec la tenue de l'Exposition universelle de 1967. Cet événement a de plus amené l'ouverture du métro de Montréal et l'inauguration de l'Île Notre-Dame. La Place des Arts ouvrit ses portes à la même époque. De plus, Montréal est sur les rangs pour l'obtention des Jeux olympiques d'été de 1976, qu'elle obtiendra dans les années suivantes. Enfin, la ville de Montréal abrite une population supérieure à onze des vingt villes possédant déjà une franchise des majeures, et compte le plus grand nombre d'habitants parmi les cinq villes candidates.

Le lundi , le président de la Ligue nationale de baseball, Warren Giles, annonce aux médias rassemblés à l'Hôtel Excelsior de Chicago, Illinois, que deux franchises joindront les rangs de la Ligue nationale au printemps 1969, et que ces deux franchises seront localisées à San Diego et à Montréal.

La question du stade Lorsque Montréal postule pour l'obtention d'une franchise des Ligues majeures en 1967, la ville ne possède alors aucun stade de baseball adéquat pour accueillir une équipe professionnelle de ce calibre. Le vieux Stade Delorimier, domicile des défunts Royaux de Montréal, un club de baseball mineur, est inutilisé et en décrépitude; il sera finalement démoli en 1969. L'Autostade, où évoluent les Alouettes de la Ligue canadienne de football, semble le lieu le plus approprié pour héberger un club de baseball majeur, bien que l'endroit ait été conçu pour le football et que le nombre d'estrades soit à ce moment insuffisant pour recevoir un nombre adéquat de spectateurs. Pour Drapeau, il est hors de question de construire un stade avant d'avoir l'assurance que Montréal ait une franchise, processus peu usité à l'époque et impensable de nos jours, où une ville n'ayant pas d'enceinte ne saurait postuler pour une équipe.

Le maire Drapeau propose de modifier la configuration de l'Autostade pour en faire un stade approprié pour des matchs de baseball, d'augmenter le nombre de places de à . Surtout, il s'engage à faire construire un stade de baseball doté d'un toit amovible qui serait prêt à temps pour la saison 1972.

Ce sera finalement le Stade Jarry qui accueillera l'équipe en 1969, en attendant la construction du Stade olympique de Montréal.

Première équipe de direction

Propriétaire : Charles Bronfman Président : John McHale Directeur-gérant : Jim Fanning Gérant : Gene Mauch

Nom, logo et uniformes

thumb|300px|Ron Fairly porte en 1969 la fameuse casquette tricolore des Expos de Montréal. Le , le nom de la franchise montréalaise est annoncé au public.

Le sont officiellement dévoilés le logo, les couleurs et les casquettes de la future équipe.

Le logo de l'équipe consiste un monogramme qui représente un « M » stylisé pour « Montréal », composé d'un « e » en rouge flanqué d’une barre blanche pour former un « d » et d’un « b » en bleu pour « équipe de baseball » Le logo est légèrement modifié en 1992, alors que le « m » original est intégré à un dessin de balle de baseball entourée d'un cercle rouge et bleu. Les uniformes ont été légèrement modernisés au fil des ans mais sont sensiblement demeurés les mêmes (blanc pour les matchs à domiciles et bleu pâle à l'étranger) jusqu'en 1992. À partir de cette saison, l'uniforme à domicile est blanc avec de minces lignes verticales bleues et le mot Expos apparaît sur la chemise, au lieu du logo original comme par le passé. Pour les matchs à l'extérieur, les joueurs endossent un uniforme de couleur grise où le mot « Montréal » remplace « Expos » sur la chemise, l'accent sur le « e » du nom de la ville étant représenté par une fleur de lys, emblème du Québec. C'est également en 1992 qu'est abandonnée la fameuse casquette tricolore, remplacée par une bleue. Dans les années 2000, on a également vu apparaître à l'occasion, comme casquette « alternative » pour certains matchs, une casquette rouge arborant l'insigne des Expos.

Les Expos de Montréal doivent leur nom à l'Exposition universelle de Montréal (Terre des Hommes), tenue en 1967. Leurs couleurs d'équipe furent le bleu, le blanc et le rouge, .

Histoire Les débuts au Parc Jarry (1969) thumb|300px|Un match des Expos en 1969 au Stade du parc Jarry. Les Expos ont joué leur premier match le , contre les Mets, au Shea Stadium à New York. Les Expos ont remporté la victoire au compte de 11 à 10. Le lanceur Dan McGinn a eu l'honneur de frapper le premier circuit de l'histoire des Expos.

Le , les Expos ont inauguré leur saison locale au Parc Jarry contre les Cardinals de Saint-Louis, et cette partie était historique en soi puisque c'était la première partie des Ligues majeures de Baseball à être disputée à l'extérieur des États-Unis. Les Expos ont également remporté cette rencontre au compte de 8 à 7 devant . Le voltigeur Mack Jones a été le héros du match avec 1 circuit, 1 triple, 3 points produits et deux attrapés spectaculaires.

Trois jours plus tard, le lanceur Bill Stoneman a lancé le premier match sans point ni coup sûr de l'histoire des Expos contre les Phillies à Philadelphie. Après des débuts prometteurs, l'équipe a connu par la suite plusieurs moments difficiles notamment une série de 20 défaites consécutives. Malgré les déboires, les partisans de Montréal ont adopté plusieurs joueurs de la formation des tout débuts, dont la vedette Rusty Staub surnommé le Grand Orange, Coco Laboy, Bob Bailey, John Bateman, Ron Fairly, Steve Renko, Mack Jones, John Boccabella et le lanceur québécois Claude Raymond, acquis des Braves d'Atlanta au mois d'août. À la conclusion de la saison, les Expos ont remporté 52 victoires et subi 110 défaites.

L'ère Gene Mauch (1970-1975) thumb|250px|Ken Forsch, des Astros de Houston, lance sur les lignes de côté au Stade du parc Jarry avant un match contre les Expos le 30 juillet 1971. En 1970, le gérant Gene Mauch a mené le club à une saison de 73 victoires, ce qui a permis d'attendre l'objectif prévu de 70 victoires en 70. Le lanceur de relève québécois Claude Raymond a connu une excellente saison en protégeant 23 victoires.

En 1971, le deuxième but Ron Hunt a établi un record en étant atteint 51 fois par les lanceurs de la Ligue Nationale de Baseball.

Avant le début de la saison 1972, les Expos ont échangé leur première grande vedette, Rusty Staub, aux Mets de New York en retour de Tim Foli, Ken Singleton et Mike Jorgensen. Le , le lanceur Bill Stoneman a lancé son sans point ni coup sûr au Parc Jarry contre les Mets de New York.

En 1973, les Expos ont participé contre toute attente à leur première course au championnat mais ils ont terminé la saison à trois parties et demie des champions de la section, les Mets de New York. Malgré une excellente saison, le lanceur de relève Mike Marshall a été échangé à la fin de la saison aux Dodgers de Los Angeles contre le voltigeur Willie Davis.

À la suite de la saison 1974, les Expos ont réalisé le pire échange de leur histoire en cédant le voltigeur Ken Singleton et le lanceur Mike Torres aux Orioles de Baltimore contre le lanceur Dave McNally et le voltigeur Rich Coggins. Pendant que Singleton et Torres ont joué à leur hauteur de leur talent dans les années subséquentes, McNally a pris sa retraite dès le mois de et Coggins a dû aussi terminer sa carrière à cause de blessures ce qui fait que les Expos se sont retrouvés les mains vides avec cette transaction et cela a fait en sorte de retarder la progression du club de quelques années.

Au début de la saison 1975, les Expos ont entamé ce qu'ils ont appelé la phase 2, c'est-à-dire de construire l'équipe avec des joueurs issus des filiales plutôt qu'avec des vétérans rejetés des autres équipes comme dans les premières années. Cette phase a permis d'intégrer dans l'équipe des joueurs prometteurs comme Gary Carter, Larry Parrish et Barry Foote. Toutefois, les résultats ont tardé à venir et à la suite d'une autre saison décevante en 1975, le gérant Gene Mauch a été remercié de ses services.

Le départ du Parc Jarry et l'arrivée au Stade olympique (1976-1978)

Les Expos ont continué leur virage jeunesse en 1976 avec un nouveau gérant, Karl Kuehl. Malheureusement, la transition a été difficile et l'équipe a connu une saison de 107 défaites. La gérance du club par Kuehl a été souvent contestée par ses joueurs (notamment Tim Foli) et il a été congédié avant la fin de la saison. C'est le directeur-gérant Charlie Fox qui a terminé la saison comme gérant. La saison de misère des Expos est presque passé inaperçue à cause de la tenue des Jeux olympiques de Montréal en . Le club n'a attiré que à sa dernière saison au Parc Jarry.

En 1977, les Expos ont élu domicile au Stade olympique de Montréal avec un nouveau gérant, Dick Williams et l'arrivée de nouveaux joueurs d'expérience, Dave Cash et Tony Perez. Le match d'ouverture dans le nouveau stade a attiré plus de le vendredi . Les Expos se sont toutefois inclinés 7 à 2 contre les Phillies de Philadelphie. Le voltigeur Ellis Valentine a eu l'honneur de frapper le premier circuit dans l'histoire du Stade olympique. À la fin de la saison, les Expos ont remporté 20 victoires de plus qu'en 1976 et de beaux jours pointaient à l'horizon.