Wilhelm Mohnke, né le à Lübeck et mort le à Barsbüttel (banlieue de Hambourg), est un SS-Brigadeführer allemand de la Waffen-SS.

Il est l’un des cent vingt membres d’origine de la « SS-Stabswache Berlin », une unité formée en pour assurer la garde personnelle du Führer et chancelier du Reich Adolf Hitler. Douze ans plus tard, alors versé dans la Waffen-SS depuis 1940, il est également l’un des derniers généraux SS à être aux côtés de Hitler dans son Führerbunker.

En tant que Haupsturmführer dans la SS, Mohnke monte au front dans les rangs de la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler », lors de la campagne de Pologne en , puis en tant que Sturmbannführer dans la Waffen-SS, il participe à l’invasion des Balkans au . Après plusieurs vaines tentatives de doter la « Leibstandarte » d’une composante blindée, il est transféré dans un bataillon de réserve, puis nommé commandant d’un régiment de la SS « Hitlerjugend » qui vient d'être créée.

C’est à la tête de ce régiment qu’il participe à la bataille de Caen à . Ses qualités de commandement lui valent d’être décoré de la croix de chevalier de la croix de fer. À l'issue de la bataille de Normandie, il prend le commandement de la « Leibstandarte », sa division d’origine, laquelle est engagée dans la bataille des Ardennes à la fin de : il est promu SS-Brigadeführer au début de .

Il continue de participer aux combats jusqu’aux derniers jours de la guerre : pendant la bataille de Berlin de à , il commande le « Kampfgruppe Mohnke », chargé de défendre les quartiers gouvernementaux de Berlin, et notamment le Reichstag, surnommé « Die Zitadelle » (la Citadelle) ; il fait aussi partie du dernier groupe de fidèles autour de Hitler, réfugié dans son Führerbunker.

Après la mort de Hitler, tentant de fuir, il est fait prisonnier dans Berlin encerclé puis transféré en Union soviétique où il est détenu jusqu'en . Il revient ensuite s'installer près de Hambourg où il exerce une activité professionnelle. Dans les , il est un temps soupçonné de crimes de guerre, principalement pour sa période de commandement des années 1944-1945, mais un procureur allemand décide de ne pas entamer de poursuites, en l'absence de preuves estimées suffisantes.

Biographie

Jeunesse Wilhelm Mohnke naît à Lübeck, le , d'un père ébéniste dont il porte le prénom. Après la mort de celui-ci, Mohnke quitte l'école pour trouver un emploi. Une aide publique lui permet ensuite de reprendre ses études, et d'obtenir un diplôme qui lui permet d'être engagé par une firme de verre et de porcelaine, et d'occuper vraisemblablement des fonctions de commandement d'équipe. Mais en , il perd son emploi, alors que l'Allemagne est touchée de plein fouet par la crise de 1929. Peu de temps auparavant, le , il avait rejoint le parti nazi et avait postulé pour intégrer la formation paramilitaire qui lui est attachée, la SS, en .

Entrée dans la SS et la garde rapprochée du Führer En 1932 après acceptation de sa candidature, Mohnke peut ainsi rejoindre la SS et commencer sa carrière dans cette corporation, avec le rang de Mann (homme de base) ; il est alors affecté au Standarte « Schleswig Holstein » de Hambourg. Lorsque Hitler devient chancelier l'année suivante, en , le commandement de la SS demande à toutes ses unités de lui soumettre les noms de leurs trois meilleurs membres, afin qu'ils soient affectés à l'unité de la garde personnelle du Führer. Ainsi le , Mohnke se trouve sélectionné et, le , il entre officiellement à la SS-Stabswache « Berlin » commandée par Josef Dietrich. Dès , Mohnke bénéficie d'une promotion importante car il devient Hauptsturmführer ; il prend alors la tête d'un groupe de douze hommes chargé de monter la garde devant la chancellerie. Le , son unité est incorporée dans la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » au sein de la du .

La division SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler » : campagnes de Pologne, de France et des Balkans Six ans plus tard, Mohnke prend part à la campagne de Pologne, durant laquelle il est blessé le . Il reçoit ainsi l'insigne des blessés en noir. On lui attribue également la croix de fer de le , et la croix de fer de première classe, le .

Mohnke commande la du de la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler » pendant la campagne de France ; le , il succède au chef de son bataillon, blessé. C'est à cette époque que Mohnke est impliqué dans l'assassinat de de guerre britanniques à proximité de Wormhout.

C’est encore à la tête de ce bataillon, en tant que Sturmbannführer, qu’il participe à l’invasion des Balkans au ; au premier jour de l’offensive, le , il est grièvement blessé lors d’une attaque aérienne en Yougoslavie. Il s’oppose à la décision des médecins qui veulent l’amputer d’une jambe mais la gravité de la blessure nécessite cependant l’amputation d’un pied. Au cours de ses huit mois de convalescence, il est décoré de la croix allemande en or, mais devient alcoolique et morphinomane en raison des douleurs ressenties.

En 1942, alors que la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler » se prépare à être transformée en division blindée, Mohnke, dont la convalescence a pris fin en , souhaite revenir au front. Il est ainsi à l'origine de la formation d’un groupe blindé (Panzerabteilung, équivalent d’un bataillon) au sein de la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler », dès son retour au service actif. Il charge son adjoint, le lieutenant Ralf Tiemann, d’établir une liste de recrues, qui s’avère rapidement suffisante pour constituer deux compagnies. Après avoir transformé cette liste en ordre de transfert, Mohnke la soumet au commandant de la division, Josef Dietrich, le , au moment où celui-ci présente sa nouvelle épouse à ses officiers. Pris au dépourvu, Dietrich cède à la pression et signe le document, créant ainsi officiellement la composante blindée de la division. Probablement en raison de la méthode peu élégante employée, dont se plaint Dietrich par la suite, Mohnke est relevé de son commandement au bout de quelques semaines et transféré dans un bataillon de réserve au sein de la même division, le , bataillon qu'il commande jusqu'en . C'est également durant cette période que Mohnke est envoyé quelques jours en cure de désintoxication afin de soigner ses diverses dépendances.

La division SS « Hitlerjugend » : bataille de Normandie Le , seize mille recrues issues des Jeunesses hitlériennes nées en 1926 (donc toutes âgées de moins de ) constituent l’essentiel des effectifs de la nouvelle SS « Hitlerjugend ».

L’Obersturmbannführer Mohnke est nommé à la tête du deuxième régiment de la division : le SS de Panzergrenadiers (infanterie mécanisée). Son régiment inclut notamment un bataillon, le , équipé de blindés. Une unité complémentaire, la (compagnie de reconnaissance), dispose également de véhicules blindés ; cette compagnie contribue à faire du SS de Panzergrenadiers une redoutable force de combat.

En , la division SS « Hitlerjugend » est engagée dans la bataille de Normandie, à la suite du débarquement du . Pendant que le gros de la mène de durs combats pour conserver le contrôle de la poche de Falaise, durant lesquels ses pertes avoisinent les 50 % de son effectif, Mohnke place son Kampfgruppe (groupe de combat) à l’est de la Dives.

Le , Mohnke est promu Standartenführer, puis reçoit la croix de chevalier de la croix de fer le .

Alors que la situation des troupes allemandes en France se détériore de jour en jour et que le front se rapproche de la Seine, Mohnke est l’un de ceux qui organisent la défense sur la rive ouest du fleuve afin d’empêcher son franchissement, du 19 au . Cependant, cette campagne est marquée par un nouveau crime de guerre, au cours duquel les hommes de Mohnke exécutent canadiens à Fontenay-le-Pesnel.

Retour dans la « Leibstandarte » : bataille des Ardennes

Le , Mohnke succède à Theodor Wisch, blessé, en tant que commandant de la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler ». Il est préféré à l’Obersturmbannführer Joachim Peiper, qui dispose pourtant d’une plus grande expérience du combat mais qui est sans doute encore estimé trop jeune pour le poste.

L’opération Wacht am Rhein est la dernière grande offensive allemande. La SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler », unité d’origine de Mohnke, doit constituer le fer de lance de l’attaque. Rattachée au SS, la « Leibstandarte », une des meilleures divisions des troupes allemandes, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les sévères pertes qu’elle a subies ont été compensées par l’incorporation de très jeunes soldats, à peine entraînés avant de monter au front. De plus, les stocks d’essence allemands sont fort réduits et la « Leibstandarte » ne dispose que de très peu de réserves de carburant pour ses véhicules blindés, qui conditionnent pourtant sa capacité à combattre efficacement. Mohnke est cependant épaulé par un noyau d’officiers expérimentés et endurcis. L’opération est lancée le .

Le matin du , l’Obersturmbannführer Joachim Peiper et son groupement tactique (Kampfgruppe) s’emparent d’un dépôt de carburant de l’armée américaine à Büllingen. Au carrefour de Malmedy, les hommes de Peiper se rendent responsables du meurtre de de guerre américains : le massacre de Malmedy. Dans la soirée, les éléments avancés de la « Leibstandarte » engagent le combat contre la américaine à Stavelot. L’avance allemande se révèle plus lente que prévu et elle est freinée par la destruction de ponts et de dépôts d’essence par les troupes américaines en retraite. Une nouvelle offensive est déclenchée le , mais elle est repoussée par les Alliés qui ont regroupé leurs forces. L’ se termine le , trois jours avant la promotion de Mohnke au grade de Brigadeführer (équivalent au grade de général de brigade dans l'armée française).

Le SS est ensuite transféré en Hongrie où le front allemand s’effondre. Mohnke, légèrement blessé au cours d’un raid aérien, est alors retiré du front et affecté pour une très brève période dans la réserve.

Derniers mois de la guerre : bataille de Berlin

Après sa convalescence, Mohnke est choisi par Hitler pour assurer la défense du quartier de la chancellerie à Berlin. Il exerce son commandement sur un groupe de combat (Kampfgruppe) de de la SS, issus du régiment de garde de la SS « Leibstandarte SS Adolf Hitler », de bataillons de réserve de cette même division et d'unités chargées de la garde rapprochée du Führer et de Heinrich Himmler. Les troupes de Mohnke, comme celles chargées de la défense de Berlin placées sous les ordres du général Helmuth Weidling, opposent une farouche résistance à l’avancée de l’Armée rouge, mais elles font l’objet du au du plus sévère bombardement d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont bientôt dépassées par le nombre des assaillants.

Le , la veille de son suicide, Hitler demande l'exécution du Gruppenführer Hermann Fegelein, son propre beau-frère par alliance, pour désertion. Mohnke, estimant que Fegelein mérite un procès équitable, met alors en place une cour martiale sommaire composée des généraux Krebs, Burgdorf, Rattenhuber, et lui-même. Le rôle de Mohnke dans l’exécution de Fegelein reste peu clair. Si Mohnke assure qu’il a tout fait pour garantir à l’accusé un véritable procès devant un conseil de guerre, cette affirmation n’est pas confirmée par d’autres témoins.