droite|vignette|Vue d'ensemble du château.

Le château royal d'Amboise est une ancienne résidence des rois de France surplombant la Loire, à Amboise, en Indre-et-Loire. Il fait partie des châteaux de la Loire. vignette|alt=château d'Amboise vu depuis le quartier de maletrenne|château d'Amboise vu depuis le quartier de Maletrenne.

Avant d'être rattaché à la couronne en 1434, le château appartenait, depuis plus de quatre siècles, à la puissante maison d'Amboise. Pendant la Renaissance, il sert de résidence à plusieurs rois notamment , ou encore .

Il a été partiellement détruit après la Révolution.. Du projet de subsistent toutefois le logis royal, la chapelle Saint-Hubert où reposent les restes présumés de Léonard de Vinci., les terrasses et les tours cavalières qui donnent au monument cette silhouette si singulière.

Le château d'Amboise fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840..

Historique Antiquité et haut Moyen Âge Le château d'Amboise se situe sur l'éperon terminal du plateau des Châtelliers, espace délimité par les vallées de la Loire et de l'Amasse. Le site est occupé depuis la Préhistoire. Une agglomération y est implantée à la fin de l'âge du fer. Elle s'y développera jusque durant la période romaine. Il s'agit d'un oppidum de , fermé par un rempart en terre.. L'agglomération romaine constitue la continuité de cet établissement. Les fouilles archéologiques montrent qu'elle est occupée au moins du selon les écrits de Sulpice Sévère..

En 504, , roi des Francs, et , roi des Wisigoths, se rencontrent sur l’Île d'Or (Saint Jean). Peu après, les Francs battent les Wisigoths, à la bataille de Vouillé, en 507. Ces derniers abandonnent alors la Loire et se replient vers le sud..

En 853, lors des invasions normandes, la ville d'Amboise est pillée une première fois, puis une seconde fois plus gravement en 877-878. Le castellum est incendié. Une nouvelle fois, comme les habitants n'ont pu assurer eux-mêmes leur défense, la décision s'impose au pouvoir central de désigner un responsable.

En accord avec les rois des Francs Charles II le Chauve (843-877) et Louis II le Bègue (877-879), Adalard, archevêque de Tours (875-890), dont la famille contrôle Amboise, confie la garde de la place à deux de ses parents : le comte Ingelger, époux de sa nièce Adelais, et de Buzançais. Ingelger relève les fortifications de la ville..

Aux abords du , Amboise est la place la mieux protégée de tout l'Ouest de la France..

Au début du , les seigneurs d'Amboise prennent le contrôle complet de la ville et de toutes ses forteresses.

Le château d'Amboise se caractérise par une très bonne sécuritéJean-Pierre Babelon, Le Château d'Amboise p.45, Actes Sud, Arles 2004.. Charlotte de Savoie y possède une riche bibliothèque comptant un grand nombre de livresJean Favier, p. 238, Fayard, Paris 2001.http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1865_num_26_1_446003 p.357-365... Le château devient ainsi progressivement la résidence ainsi que le lieu d'éducation des princes et des princesses de France.

Forteresse royale En 1431, Louis d'Amboise, l'un des membres de la famille seigneuriale, participe à un complot contre , favori de . Démasqué, il est d'abord condamné à mort avant d'être gracié.. Son château en revanche lui sera confisqué en 1434. Dès lors, Amboise entre dans le domaine royal et devient rapidement une demeure royale.

En 1433, le roi Louis est au château de Loches pour son éducation ; il peut trouver refuge à Amboise en cas de menace des alliés des Bourguignons, lors de la guerre civile entre Armagnacs et BourguignonsJacques Heers, Louis XI p.24, Perrin, Paris 2003..

Le , vient y saluer sa mère, Marie d'Anjou, après son sacre à Reims. Elle demeurait désormais en Poitou afin que la reine Charlotte de Savoie et leur fille Anne de France puissent s'y installerJean-Pierre Babelon, Le Château d'Amboise p.37, Actes Sud, Arles 2004..

y fait ensuite élever son propre fils (le futur ). Étant né en 1470 au château, le dauphin Charles apprécie Amboise et en fait sa demeure de prédilection. Il y est élevé sous la garde d'un seigneur de Touraine, Jean Bourré.

Louise de Savoie, son fils et Marguerite d'Autriche, y furent également éduqués.

Résidence royale (1483-1498) y est élevé et, devenu roi, en fait un véritable palais. Il y fait les premières constructions marquantes dès le début de son règne, et entreprend de profondes modifications de 1492 à 1498 : vignette|redresse=1.5|Panorama de la terrasse. la chapelle Saint-Hubert ; l'aile, dite « », également de style gothique flamboyant, comprenant les logis du roi et de la reine ; les deux tours cavalières (tour des Minimes et tour Heurtault) ; un parc est aménagé sur la terrasse ; on comptera plus tard un buste de Léonard de Vinci et un mémorial musulman pour les accompagnants d'Abd El Kader morts à Amboise durant sa captivité.

La construction fut supervisée par Raymond de Dezest, bailli d'Amboise, avec l'aide de trois maîtres des œuvres : Colin Biart, Guillaume Senault et Louis Armangeart assistés des maîtres Jacques Sourdeau et Pierre Trinqueau. Plus de travaillaient en permanence sur ce chantier.

meurt à Amboise d'une hémorragie cérébrale après s'être violemment heurté la tête à un linteau de pierre d'une porte basse de la galerie Hacquelebac, le .

(1498-1515), son cousin et successeur, y fait construire une seconde aile, perpendiculaire à l'aile , dans le style renaissance. Il cède le domaine à Louise de Savoie, qui y élève ses deux enfants, Marguerite et François.

Sous (1515-1547), la Cour réside encore souvent au château royal (notamment les huit premiers mois de 1518) mais ses séjours vont peu à peu s'espacer. Bien que la construction continue, avec l'achèvement de la tour Heurtault et le réaménagement de l'aile , le roi va préférer d'autres demeures comme les châteaux de Chambord, de Blois ou de Fontainebleau.

vignette|450px|Le château avant son démantèlement, gravé par Jacques Androuet du Cerceau, avant 1579. Les parties grisées n'ont pas été conservées. 1) Tour Garçonnet 2) Galerie et terrasse 3) Tour-logis 4) Pavillon 5) Aile de 6) Aile 7) Aile 9) Tour des Minimes 10) Orangerie 11) Collégiale Saint-Florentin 12) Jardin Renaissance 13) Manège militaire 15) Porte du lion 18) Tour Heurtault 19) Aile de liaison 20) Maison des sept vertus 21) Fossé logis 22) Chapelle saint Hubert 23) Logement de 24) Tour Pleine 25) Logis ouest.

Il invita néanmoins Léonard de Vinci à séjourner à Amboise dans le Clos Lucé., situé près du château. Un souterrain, permettant la communication entre les deux sites, aurait été percé : ceci est une légende et les dernières fouilles archéologiques l'ont bien démontré. Le grand peintre mourut en 1519 à Amboise et fut inhumé premièrement dans la collégiale Saint-Florentin, conformément à ses dernières volontés. L'édifice est détruit en 1807 puis fouillé en 1863 par l'homme de lettres Arsène Houssaye.

(1547-1559), son fils, continue l'agrandissement de l'édifice en ordonnant la construction de nouveaux bâtiments sur la partie Est.

En 1560, sous le règne éphémère de (1559-1560), le château fut le théâtre de la conjuration d'Amboise, prélude aux guerres de Religion. Catherine de Médicis y signe un traité de paix, le , pour mettre fin à la guerre de religion opposant le prince de Condé, chef des protestants, et Anne de Montmorency, chef de l'armée catholique.

Déclin, confiscation puis restauration À partir d' (1574-1589), les séjours royaux se firent de plus en plus rares. Sous Louis XIII le château se transforme alors en prison de luxe pour les grands personnages de l'État, tels César de Bourbon, duc de Vendôme, et son frère Alexandre de Vendôme, prieur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, internés tous deux pour avoir participé à la Conspiration de Chalais contre le cardinal de Richelieu, en 1626.

Le château passe ensuite à Gaston de France, duc d'Orléans, frère de . Celui-ci y effectue quelques démolitions dans les années 1660.

(1643-1715) le confisque et lui redonne son rôle de prison. Le roi y fait enfermer Nicolas Fouquet et Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun.

Devenu propriété d'Étienne-François de Choiseul (1719-1785), duc de Choiseul. au , celui-ci l'abandonne vers 1760 au profit de Chanteloup, à quelques kilomètres au sud d'Amboise.

Après son décès, les domaines d'Amboise et de Chanteloup sont rachetés par Louis-Jean-Marie de Bourbon (1725-1793), duc de Penthièvre.

À sa mort, ils deviennent domaines nationaux et l'État devient propriétaire.

Une grande partie du château est démolie sous le Premier Empire, lorsque offrit le château, déjà en mauvais état, à l'ex-consul Roger Ducos. lequel, n'ayant pas les moyens de restaurer l'ensemble, préféra détruire les deux tiers du bâtiment (la collégiale Saint-Florentin et le logis des reines notamment), entre 1806 et 1810.

Louis-Philippe hérita du château par le biais de sa mère. Il dégagea les anciens remparts en faisant détruire les maisons attenantes et redécora l'aile .

L'État en redevient propriétaire à la suite de la révolution de 1848.

En 1848, à la suite d'un traité de reddition non respecté par les autorités françaises, l'émir Abd El-Kader et une centaine de compagnons y furent placés en captivité, avant d'être libérés par , le .

En 1873, le château repasse à la famille d'Orléans qui confie la restauration de l'édifice à Victor Ruprich-Robert et son fils. Henri d'Orléans, duc d'Aumale, le transforme en maison d'accueil pour personnes âgées.

En 1974, le comte de Paris le confie à la Fondation Saint-Louis (dont il est le président-fondateur), afin d'assurer la protection et sauvegarde des biens de la maison de France. La fondation est aujourd'hui, placée sous la présidence d'honneur de l'aîné des Orléans.

Architecture center|400px|vignette|Plan du château, y compris les bâtiments détruits.

Logis royal Le logis royal fait face à la Loire à l'extrémité de l'éperon des Châteliers. Son architectonique relève du gothique international. Une partie de l'ornementation de l'Aile a été remaniée par au goût de la Haute-Renaissance.

Chapelle Saint-Hubert La chapelle Saint-Hubert fut édifiée et sculptée entre 1491 et 1496 par des artistes flamands dans le pur goût gothique flamboyant en tuffeau blanc à l'initiative de . La chapelle sert ensuite d'oratoire à Anne de Bretagne, avant de devenir la dernière demeure présumée du corps de Léonard de Vinci, mort à Amboise en 1519. C'est dans cette chapelle qu'en 1519 est célébré le mariage de Laurent II de Médicis avec Madeleine de La Tour d'Auvergne, parents de Catherine de Médicis.

Le linteau de la porte d'entrée représente la chasse de Saint Hubert. Les vitraux, assez récents, retracent des épisodes de la vie de Saint Louis, et le tympan datant du , représente et Anne de Bretagne.

Entre 2021 et 2024, la chapelle a fait l’objet d’une importante restauration, d’une ampleur inédite depuis près de 150 ans, notamment les 200 éléments de décors sculptés en pierre réinstallés dans les espaces intérieurs de l’édifice, les dorures restituées sur les épis de faîtage et sur la flèche, la restauration des magnifiques décors en plomb sur la toiture, ou encore la mise en service de la cloche.

Tour des Minimes et tour Heurtault 150px|vignette|La tour des Minimes et la rampe cavalière. La tour des Minimes et la tour Heurtault, toutes deux très massives, permettaient aux carrosses et attelages de monter sur la terrasse, car on accède à leur sommet par des rampes en pente douce. Elles se situent respectivement sur la façade nord et ouest du château et sont d'architecture renaissance.

Un salon panoramique est édifié sur le toit de la tour des Minimes en 1843 et aujourd'hui détruit. Il accueille Louis-Napoléon Bonaparte lorsqu'il vient signifier sa libération à Abd El-Kader en 1852. Le haut de la tour est refait quelques décennies plus tard par l'architecte Victor Ruprich-Robert.