Alger (en , La ville possède plusieurs surnoms al-ʿāṣima signifie littéralement « la capitale », al bahdja : « la joyeuse », al bidha : « la blanche ».Hocine Mezali, Alger, 32 siècles d'histoire, ENAG/Synergie Éd., Alger, 2000., en , ou . et Dzayer en arabe dialectal), surnommée El Bahdja (« la joyeuse »), El Mahrussa (« la bien-gardée ») ou El Beida (« la blanche ») ou même Alger la blanche, est la capitale de l'Algérie et en est la ville la plus peuplée.
Située au bord de la mer Méditerranée, la ville d'Alger est en fait constituée de plusieurs communes de la wilaya d'Alger dont elle tire son nom en tant que chef-lieu mais n'a ni personnalité juridique, ni structure d'administration en propre. L'unité urbaine d'Alger comptait selon l'Office national des statistiques algérien d'après le dernier recensement de 2008. Avec d'habitants selon le ministère des Affaires étrangères françaisPrésentation de l'Algérie sur le site du MAE français., tandis que l'agglomération en comptait environ en 2010 suivant le classement des 100 plus grandes villes du monde par World Gazetteer et en 2020 selon Population Data., Alger serait d'après ces deux dernières sources la première agglomération du Maghreb et du littoral méditerranéen.
Fondée au comme comptoir par les Phéniciens, sous le nom dIcosim, elle est occupée par les Romains qui la renomme Icosium, puis par les Vandales, les Byzantins et les Arabes, puis enfin au début du Moyen Âge par la tribu berbère des Beni-Mezghana, avant d'être récupérée en 1204 par la tribu arabe des Thaâliba qui règneront sur la région d'Alger jusqu'en 1516..
C'est le souverain berbère de la dynastie ziride Bologhine ibn Ziri, au milieu du qui refondera l'Alger actuelle sur les ruines d'Icosium. El-Djazaïr est la transcription la plus courante en arabe littéraire, Dzeyer ou Ledzayer seront employés en arabe algerien jusque de nos jours. Elle ne prend son rôle de capitale de l'Algérie qu'à partir de la période de la régence d'Alger en 1515. Elle est alors une des cités les plus importantes de la mer Méditerranée entre le et le début du , pratiquant régulièrement le corso, et à laquelle les puissances maritimes non musulmanes versent un impôt pour le passage de leur flotte.
Son rôle de capitale du pays sera confirmé lors de la colonisation française où elle devient le siège du gouverneur général de l'Algérie. Alger fut la capitale de la France libre de 1942 à 1944. Depuis l'indépendance du pays à la suite de la guerre d'Algérie, en 1962, Alger est devenue capitale de l’État algérien. Elle abrite le siège des institutions politiques du pays en plus de tenir un rôle de premier plan économiquement.
Géographie Localisation Alger est située dans l'Algérois dans le Nord de l'Algérie.
Topographie La topographie de la côte algéroise est caractérisée par la succession à partir du rivage actuel et jusqu'à une altitude de plus de , d'une série de gradins, disposés les uns au-dessus des autres comme les marches d'un escalier.
Ces marches interrompent brusquement la continuité des pentes, en général très rapides, qui bordent le littoral algérois.
Hydrographie Alger est traversée par plusieurs fleuves et plusieurs cours d'eau qu'on nomme indifféremment « oued ». Tous les fleuves qui la traversent se jettent dans la Méditerranée qui borde toute la côte algéroise. Son système hydrographique est propre au milieu méditerranéen : le débit d’eau est faible mais ses cours d’eau connaissent des crues importantes en cas de pluies. Le massif de Bouzaréah, connu par ses reliefs accidentés, possède un réseau hydrographique très dense, drainé par huit principaux cours d'eau (Baranès, Sidi Medjber, Frais vallon, jaubert, Scotto Nadal, Chemin du Fort, Birtraria et Oued Koriche ou Oued Atoun (ex-Oued Mkacel)). La moitié de ses cours d'eau a été artificialisée et canalisée par des collecteurs enterrés. À l'ouest l'Oued Mazafran constitue la frontière entre les wilayas d'Alger et de Tipaza, plus à l'est, entre Chéraga et Aïn Benian, l'embouchure de l'Oued Beni messous. À l'est, les Oueds El Harrach, El Hamiz et Réghaïa ainsi que la zone dite « le lac de Réghaia », un site d’importance écologique de dimension internationale protégé par la convention de Ramsar, sont particulièrement touchés par la pollution due aux nombreuses usines implantées dans cette zone. L'Oued El Harrach bénéficie depuis ces dernières années d'un projet d'assainissement et d'aménagement.
La surexploitation des nappes d'eau souterraines en saisons sèches provoquerait un rabattement important du niveau piézométrique, une inversion du sens de l’écoulement souterrain et par conséquent des problèmes d’intrusion marine vers l’aquifère côtier http://www.iwra.org/congress/resource/abs142_poster.pdf.. Le barrage réservoir de Douéra (Skalandji) permet le stockage des eaux des Oueds Mazafran () et El Harrach (). La capacité totale de ce réservoir est de destiné principalement à l’irrigation de de la plaine de la Mitidja centre et la réalimentation de la nappe par infiltration..
Alger est alimentée en eau potable par les barrages de Bouroumi., Keddara., Beni Amrane. et Taksebt. et par la station de dessalement d'El Hamma mise en exploitation en mars 2008.
Géologie et relief alt=|vignette|224x224px|Vue d'ensemble de la ville d'Alger. L'étude géologique de la région algéroise, peu étendue en surface et formant un rocher qui s'avance dans la mer, révèle qu'en arrière il est recouvert par un cordon de dunes au-delà duquel on retrouve les terrains sédimentaires. de la série tertiaire..
Dans une esquisse géologique et topographique du littoral d'Alger datant de 1911, il apparaît que ce littoral comprend essentiellement toute la région basse qui borde sur plus de le pied de l'Atlas, depuis le massif de Sidi-Fredj au nord de Thénia des Béni Aïcha, jusqu'au mont Chenoua à l'ouest de Tipaza..
Le relief se caractérise par trois zones longitudinales : le Sahel, le littoral et la Mitidja.
Climat Alger bénéficie d'un climat méditerranéen d'été chaud (Köppen: Csa, Trewartha: Csal). Elle est connue par ses longs étés chauds et secs. Les hivers sont doux et humides., la neige est rare mais pas impossible. Les pluies sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait généralement chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août.. vignette|redresse=1.5|Station de sports d'hiver de Chréa à d'Alger.
Risques naturels Alger est une zone sismique sensible, plusieurs failles sont détectées dans son territoire (Khaïr al Dine, Zemmouri, Sahel, Chenoua, Blida, Thenia). Ces failles aux potentiels sismiques différents sont susceptibles de générer des séismesMicrozonage des risques sismiques de la wilaya d'Alger.. Le plus violent qui ait jamais été recensé est celui du , par suite duquel Alger fut complètement détruite et en partie inondée.. Le dernier séisme important date du et coûta la vie à . En outre, plusieurs quartiers furent touchés par le séisme de Boumerdès en 2003 (faille Zemmouri).
En raison de sa situation géographique, Alger est fortement soumise aux risques d'inondation à cause du ruissellement des eaux de pluie des hauteurs de la ville jusqu'aux quartiers situés en contrebas. Ce risque est accentué par plusieurs facteurs liés à une évolution urbaine prenant peu en compte les risques. Plusieurs édifices sont construits sur des lits d'oued, comme au val d'Hydra.
Le , des pluies diluviennes s'abattirent sur Alger, transformant les lits d'oueds en torrents de boue. Cette catastrophe causa la mort de plus de , majoritairement à Bab El Oued, un quartier où des immeubles entiers furent détruits.
Démographie
Période actuelle Il n'existe pas de définition administrative de la ville d'Alger intramuros. La wilaya d'Alger comporte 57 communes, dont la quasi-totalité correspond à des quartiers d'Alger. La wilaya d'Alger correspond donc grosso modo à la ville d'Alger, en tant qu'unité urbaine continue.
D'après la source ANIREF la wilaya d'Alger comptait habitants en 2020.
Toutefois, l'aire urbaine d'Alger s'étale au-delà de la seule wilaya d'Alger, dans les trois wilayas voisines de Blida, Boumerdes et Tipaza. Ces trois wilayas comptaient respectivement , et en 2018 ou 2020 selon la même source.
Ainsi, la population cumulée des wilayas d'Alger, Blida, Boumerdes et Tipaza était de 6 195 843 habitants en 2018-2020. En en excluant les parties les plus éloignées d'Alger (ouest de la wilaya de Tipaza et est de la wilaya de Boumerdes), il paraît raisonnable d'estimer la population de l'aire urbaine algéroise à environ d'habitants. La publication des données issues du recensement de la population de 2022 devrait permettre d'affiner cette estimation.
Des sources non-officielles et étrangères avancent parfois une population allant jusqu'à d'habitants pour l'agglomération ou l'aire urbaine d'Alger, mais une telle population paraît impossible vu les chiffres officiels fournis par les autorités algériennes (recensement ce la population, ONS et ANIREF). En effet, de telles estimations dépassent la population cumulée des quatre wilayas englobant l'aire urbaine d'Alger, ce qui est objectivement impossible.
La pyramide des âges de la wilaya d'Alger met en avant une population jeune relativement importante, presque un tiers de la population a moins de . Cependant on observe une diminution des naissances à partir de 1983 et une reprise de natalité sur la période 2004/2008.
Période ottomane La population d’Alger aurait été d’environ au puis aurait décliné jusqu’à habitants en 1830.
Période française +Population d’Alger (y compris Mustapha commune séparée de 1870 à 1904)AnnéePopulation totaleMusulmansNon-Musulmans18301876189119111921192619481954
Avec en 1954, Alger était la ville française derrière Paris, Marseille et Lyon.. Avec sa banlieue ( dont et ), la population totale de l'agglomération s'élevait en 1954 à .
Toponymie
vignette|Plan d'Alger à la fin du par Gerard van Keulen. Dans les plus anciens documents cartographiques, Alger s'est écrit de différentes façons : Alguer (1275), Algezira (1300), Zizera (1318), Zizeria (1367) Zizara (1409), Aurger (1339) chez Angelino Dulcert. Cependant, dans ces mêmes documents se trouve le nom d'Alger (dès le ) qui était prononcé Aldjère, voire « Algir » sur la mappemonde de Martin Béhaïm (à la fin du ), et enfin, Alger chez Sébastien Cabot (au milieu du ).. Tous ces noms proviennent de la racine Djezaïr Beni Mezghenna.
Le point sur lequel il y a divergence est la signification du nom Djezaïr Beni Mezghenna.
Les premiers à citer Alger furent Ibn Hawqal dans son livre S'urat al Ardh (صورة الارض) et Al-Bakri dans Des Routes et des Royaumes (كتاب المسالك والممالك) au chapitre sur « La route d'Achir à Djzayer Beni Mezghenna » (vers l'an 1068). Le premier l'écrit (جزائر بني مزغنّاي), le second (جزاير بنى مزغنى), sans qu'aucun d'eux donne la signification du nom. William Mac Guckin de Slane, en traduisant le livre d'Al-Bakri, ajoute une traduction « îles » pour (جزاير)...