Jules-Martial Regnault, dit Jules de PrémaraySon nom légal était Jules-Martial Regnault. Il publia sous le nom de Jules Regnault ses premières œuvres, Les Cendres de Napoléon et Le Cabaret de la veuve, puis se fit appeler par la suite Jules de Prémaray, nom justifié par le fait que son grand-père avait porté le nom Regnault de Prémaray jusqu'à la Révolution. Il contribua aussi des chroniques au Figaro sous le pseudonyme de Chardon. — Georges d'Heylli, Dictionnaire des pseudonymes, Paris, Dentu, 1887, p. 358., né à Pont-d'Armes, hameau de la commune d'Assérac, le et mort à Paris le Acte de décès à Paris , n° 2402, vue 10/31., est un auteur dramatique et critique théâtral français.

Biographie Élevé jusqu'à l'âge de dix ans à Roscoff, il vient avec sa famille à Paris vers 1830. Sa mère est Marie-Thérèse Veyron-Lacroix ; Son père, Martial Regnault, ancien officier au de dragons et capitaine des douanes, refuse l'offre d'Alexandre-Étienne Choron de lui donner une éducation musicale et tente de le faire entrer dans le commerce. Le jeune homme choisit plutôt d'entrer dans la bohême, couchant à la belle étoile en compagnie de Henry Murger, Théodore de Banville et Nadar, et restant souvent trois jours sans manger. Il finit par trouver une place dans une imprimerie de la rue Montmartre, où il est payé à 50 centimes par jour pour plier des billets de mariage et de décès.

Le théâtre, pendant ce temps, l'attire irrésistiblement. Après avoir composé avec Léon Pillet une première pièce qui passe inaperçue, et s'être fait refuser plusieurs pièces par le Gymnase-Dramatique, il profite de la mise en interdit de ce théâtre par la Société des auteurs dramatiques pour y présenter un vaudeville en un acte, Le Docteur Robin, lequel est accepté et connaît cent représentations. Il est bientôt suivi d'une comédie en deux actes, La Marquise de Rantzau, où l'actrice Rose Chéri remporte son premier succès important, puis d'une autre, Bertrand l'horloger, qui est traduite en allemand et remporte dans les grandes villes d'Allemagne le même succès qu'à Paris. La carrière théâtrale de Prémaray, malgré les pièces refusées et celles qui tombent sous les sifflets, est désormais lancée.

Lorsque la Révolution de 1848 entraîne la fermeture des théâtres parisiens, une seconde carrière s'ouvre à lui. Devenu rédacteur en chef du journal La Patrie, il y rédige tous les articles politiques jusqu'aux élections présidentielles, après quoi il se démet de cette fonction pour se faire chroniqueur dramatique. Sans cesser de produire pour la scène, il tient ce poste sans défaillir pendant près de onze ans, faisant chaque lundi le compte rendu de tout ce qui se joue de nouveau dans Paris. Un de ses confrères écrit dans Le Tintamarre en 1851 : « Sa critique de tact, de mesure et d'érudition, souvent marquée au coin d'une ironie fine et légère, est exempte de cette exagération furibonde et de ces débauches de style dans lesquelles se drapent orgueilleusement quelques critiques au biberon de l'école romantiqueLe Tintamarre, 21 août 1851, p. 6.. » Ce à quoi Charles Monselet ajoute : « M. Jules de Prémaray est le seul qui prenne le temps de discuter une pièce de théâtre ; le malheur pour les auteurs est que, la pièce une fois discutée, il n'en reste souvent plus rienCharles Monselet, La Lorgnette littéraire, Paris : Poulet-Malassis et De Broise, 1857, p. 178.. »

En 1853, Prémaray est fait chevalier de la Légion d'honneur à l'occasion de la reprise au Théâtre-Français des Droits de l'homme, comédie qui est également jouée avec succès à New York en 1855Léon Beauvallet, Rachel et le nouveau-monde, Paris : Alexandre Cadot, 1856, p. 146.. Vers la fin de 1859, il tombe gravement malade et doit cesser ses travaux pour suivre un traitement hydropathiqueLe Figaro, 16 juin 1868, p. 1, col. 5.. Il fait un très long séjour dans une maison de santé avant de mourir à l'âge de 48 ans. Le , il est inhumé au cimetière de MontmartreAnnuaire de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, Paris : Commission des auteurs et compositeurs dramatiques, 1868, p. 695..

Théodore de Banville a laissé de Jules de Prémaray ce portrait :

Théâtre Le Cabaret de la veuve, vaudeville en 1 acte, avec Léon Pillet, Paris, Théâtre Saint-Marcel, Le Docteur Robin, comédie-vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, La Marquise de Rantzau, ou la Nouvelle Mariée, comédie en 2 actes, mêlée de couplets, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, Bertrand l'horloger, ou le Père Job, comédie-vaudeville en 2 actes, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, Les Deux favorites, ou l'Anneau du roi, comédie-vaudeville en 2 actes, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, Le Capitaine Lambert, comédie-vaudeville en 2 actes, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, [non imprimé] Manon, ou Un épisode de la Fronde, comédie-vaudeville en 2 actes, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, Part à deux, comédie en 1 acte, mêlée de chants, Paris, Théâtre Beaumarchais, Sarah Walter, comédie-vaudeville en 2 actes, Paris, Théâtre du Gymnase-Dramatique, [non imprimé] Le Tailleur de la place Royale, drame en 3 actes précédé d'un prologue intitulé La Teverne du Pas de la Mule, Paris, Théâtre Beaumarchais, La Comtesse de Moranges, drame-vaudeville en 3 actes, Paris, Théâtre Beaumarchais, Une femme laide, comédie en 2 actes mêlée de chant, Paris, Théâtre du Palais-Royal, Simplice, ou le Collégien en vacances, vaudeville en un acte, avec Narcisse Fournier, Paris, Théâtre du Gymnase dramatique, Le Chevalier de Saint-Remy, drame en 5 actes et 6 tableaux, avec Antoine-François Varner, Paris, Théâtre de la Gaîté, L'Ordonnance du médecin, comédie-vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre du Palais-Royal, Le Jour de charité, vaudeville en 1 acte, Paris, Théâtre des Délassements-Comiques, La Peau de mon oncle, vaudeville en 1 acte, avec Charles Varin, Paris, Théâtre Montansier, L'Amant de cœur, vaudeville en 1 acte, avec Paul Siraudin, Paris, Théâtre Montansier, Les Droits de l'homme, comédie en 2 actes en prose, Paris, Théâtre de l'Odéon, Monsieur le vicomte, comédie-vaudeville en 2 actes, avec Eugène Nyon, Paris, Théâtre des Variétés, Les Cœurs d'or, comédie en 3 actes, mêlée de chant, avec Léon Laya et Amédée Achard, Paris, Théâtre du Gymnase, Donnez aux pauvres, comédie en 2 actes et en prose, Paris, Théâtre de l'Odéon, La boulangère a des écus, drame en 5 actes et 6 tableaux, Paris, Théâtre de la Porte-Saint-Martin, Texte en ligne La Jeunesse de Grammont, comédie en 1 acte, en prose, Paris, Théâtre de l'Odéon, Varia Les Cendres de Napoléon, ode à le prince de Joinville, 1840 Les Proverbes menteurs, parus en feuilleton dans La Patrie, 1850-1853 Le Chemin des écoliers, roman en trois actes (et en prose), proverbe, 1853 Promenades sentimentales dans Londres et le Palais de cristal, lettres de Londres au journal La Patrie, 1851 Rien, chroniques du monde et du théâtre, 1861

Notes et références

Bibliographie

Joseph-Marie Quérard, La France littéraire, Paris, L'Éditeur, 1859-1864, t. XII, Jules Brisson et Félix Ribeyre, Les Grands Journaux de France, Paris, Dumineray, 1863,

Liens externes

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