Colonie française de 1635 à 1946, la Guadeloupe devient un département d'outre-mer en 1946 et une région ultrapériphérique de l'Union européenne en 1958. En 1982, la Guadeloupe devient une région française. En 2007, Saint-Barthélémy et Saint-Martin deviennent des collectivités d'outre-mer. La Guadeloupe est divisée en 21 cantons, 4 circonscriptions et 32 communes. Au niveau européen elle fait partie de la Section Atlantique de la circonscription Outre-Mer. Son chef-lieu est Basse-Terre et sa sous-préfecture est Pointe-à-Pitre. En 2014, le Conseil régional de la Guadeloupe devient membre associé de l'Association des États de la Caraïbe.
Histoire de la politique en Guadeloupe
Les années 1940 Les municipales de 1945 En 1945, les électeurs guadeloupéens sont appelés aux urnes alors que la Guadeloupe est encore une colonie française. Dans les 34 communes que compte l'archipel, ce sont majoritairement des maires de gauche qui remportent le scrutin. À l'issue de ces élections, on compte 10 maires radicaux socialistes, 9 maires membres de la Section française de l'Internationale ouvrière, 7 maires membres du Parti communiste, 2 maires indépendants socialistes et 6 maires indépendants..
Les municipales de 1947 En 1947, de nouvelles élections municipales ont lieu dans toute la France dans un contexte de début de Guerre froide. La gauche remporte 22 mairies à l'issue de ces élections contre 10 pour la droite. 2 communes, Terre-de-Haut et Saint-Barthélémy, sont remportées par des Républicains indépendants.
La première décennie socialiste (1958-1968) Les législatives de 1958 Au cours des élections législatives de 1958, deux députés de droite et un de gauche sont élus : Pierre Monnerville de la SFIO dans la première circonscription de la Guadeloupe, Gaston Feuillard de l'IPAS dans la quatrième circonscription de la Guadeloupe et Médard Albrand de l'UNR dans la deuxième circonscription de la Guadeloupe.
Les sénatoriales de 1958 Lors des élections sénatoriales de 1958, les socialistes Lucien Bernier et Amédée Valeau sont élus sénateurs. En 1959, René Toribio remplace Amédée Valeau.
Les cantonales de 1958 Le socialiste Henri Rinaldo est élu président du conseil général qu'il dirige jusqu'en 1973.
Les législatives de 1967 Le communiste Paul Lacavé est élu dans la première circonscription alors que le socialiste Paul Valentino est élu dans la deuxième circonscription. Dans la troisième circonscription c'est la gaulliste Albertine Baclet qui est élue. Cependant, en 1968, de nouvelles élections sont organisées dans la deuxième circonscription, permettant à l'Union des démocrates pour la République d'obtenir un député supplémentaire en la personne de Léopold Hélène. Mais en 1968, de nouvelles élections sont organisées dans la troisième circonscription et Albertine Baclet est battue au profit de l'ancien député de gauche Gaston Feuillard.
Les sénatoriales de 1968 Un sénateur communiste, Marcel Gargar, et un ancien socialiste devenu gaulliste, Amédée Valeau sont élus.
Implosion de la gauche et poussée de la droite (1974-1979) Réélection au conseil général Le socialiste Lucien Bernier est élu président du conseil général. En 1974, il rompt avec le Parti socialiste de François Mitterrand pour se tourner vers l'UDF de Valéry Giscard d'Estaing. Considéré comme un traitre, en 1976 il est battu par son ex-camarade socialiste Georges Dagonia.
Législatives et sénatoriales de 1973 Le socialiste Frédéric Jalton est élu dans la première circonscription, le communiste Hégésippe Ibéné dans la deuxième circonscription et le gaulliste Raymond Guillod dans la troisième circonscription. Aux sénatoriales, le communiste Marcel Gargar et le gaulliste Amédée Valeau sont réélus.
Les législatives et sénatoriales 1978 Les trois députés élus sont de droite : Mariani Maximin et José Moustache du RPR, ainsi que Raymond Guilliod de l'UPR.
En revanche, aux sénatoriales, ce sont deux sénateurs de gauche : le communiste Marcel Gargar et l'ancien président socialiste du conseil général Georges Dagonia.
Les cantonales de 1976 Battu en 1976, Lucien Bernier, désormais à droite, est élu président du conseil général en 1979.
Les années 1980 Les législatives de 1981 Le socialiste Frédéric Jalton, le communiste Ernest Moutoussamy et le centriste Marcel Esdras sont élus députés. Les cantonales de 1982 La candidate du RPR, Lucette Michaux-Chevry succède à Lucien Bernier en devenant présidente du conseil général de la Guadeloupe.
Les régionales de 1983 Pour la première fois de l'histoire, les guadeloupéens peuvent élire le président du conseil régional au suffrage universel. La liste de Lucette Michaux-Chevry arrive en tête avec 44,76 % des voix. Pour éviter le cumul des mandats, c'est José Moustache qui est élu président du conseil régional. Les deux assemblées majeures de Guadeloupe sont dirigées par la droite.
Les cantonales de 1985 Le socialiste Dominique Larifla est élu président du Conseil général de la Guadeloupe. Les législatives de 1986 Le socialiste Frédéric Jalton, le communiste Ernest Moutoussamy, et les 2 candidats du RPR Henri Beaujean et Édouard Chammougon sont élus députés à la proportionnelle. Les sénatoriales de 1986 Le communiste Henri Bangou, et le socialiste François Louisy sont élus sénateurs. les régionales et les cantonales de 1986 Le RPR choisit de ne pas reconduire le président sortant José Moustache qui mène une liste dissidente qui obtient 11,52 % des voix. Lucette Michaux-Chevry, candidate officielle du RPR arrive en tête avec 34,09 % des voix. Mais c'est le socialiste Dominique Larifla (27,85 %) qui est élu président du conseil régional grâce à un accord avec la tête de liste du Parti communiste guadeloupéen Jérôme Cléry (23,78 %). Afin de ne pas cumuler les mandats, Dominique Larifla est remplacé par Félix Proto. Les deux assemblées majeures sont à gauche.
les législatives de 1988 Le communiste Ernest Moutoussamy, les socialistes Frédéric Jalton et Dominique Larifla, ainsi que l'ancienne présidente RPR du conseil général Lucette Michaux Chevry sont élus députés.
L'ère Michaux-Chevry les législatives partielles de 1992 Deux députés de droite Édouard Chammougon et Philippe Chaulet sont élus. les élections régionales de 1992 La liste de l'ancienne députée RPR, Lucette Michaux-Chevry, arrive en tête avec 29,27 % des voix. Mais la gauche est largement majoritaire avec 54,95 % des voix. Cependant, elle demeure divisée à cause de la rivalité entre ses deux leaders, Dominique Larifla, président du conseil général, et Frédéric Jalton, député. À la surprise générale, Lucette Michaux-Chevry parvient à se faire élire présidente du conseil régional grâce aux voix du groupe Larifla. Ces élections sont ensuite annulées et reportées à 1993. les élections régionales de 1993 Lucette Michaux-Chevry obtient 48,30 % des voix tandis que les candidats de gauche toujours divisés obtiennent 47,34 % des voix. les législatives et les sénatoriales de 1995 La gauche obtient 3 députés: le socialiste Patrice Tirolien, qui est remplacé par Daniel Marsin en 1997, le socialiste Léo Andy, et le communiste Ernest Moutoussamy. Le député RPR Philippe Chaulet est réélu.
Le socialiste, président du conseil général, Dominique Larifla, et la chiraquienne, présidente du conseil régional, Lucette Michaux-Chevry sont élus sénateurs et s'imposent comme les leaders de la gauche et de la droite en Guadeloupe. Les élections cantonales et régionales de 1998 Lucette Michaux-Chevry est réélue présidente de région avec 48,03 % des voix face au socialiste Jacques Gillot qui obtient 24,49 % des voix.
Aux cantonales, c'est le communiste Marcellin Lubeth qui remporte le scrutin, mettant fin à la période Chevry-Larifla. Les élections cantonales de 2001 Le socialiste Jacques Gillot, membre de Guadeloupe unie, socialisme et réalités, parti de Dominique Larifla est élu président du conseil général.
Les législatives de 2002 Le socialiste Éric Jalton s'impose dans la . Dans la deuxième et la troisième circonscription, c'est l'UMP qui s'impose avec Gabrielle Louis-Carabin et Joël Beaugendre. Le socialiste Victorin Lurel, nouveau maire de la commune de Vieux-Habitants qu'il a ravie à la droite, crée la surprise en gagnant dans la quatrième circonscription, face au député UMP sortant Philippe Chaulet.
Le tournant du référendum de 2003 Le , la fusion du Conseil général de la Guadeloupe et du Conseil régional de la Guadeloupe est rejetée par 72,98 % des suffrages exprimés. Ce rejet est un camouflet pour la présidente de région RPR Lucette Michaux-Chevry, désormais affaiblie politiquement. Le député socialiste Victorin Lurel, l'un des rares opposants à la fusion des deux assemblées devient de facto le leader de l'opposition et se prépare à conquérir la région en 2004. Cependant les électeurs de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin votent en faveur de l'évolution de leurs communes en Collectivité d'outre-mer avec respectivement 95,51 % et 76,17 % des suffrages exprimés.
L'ère Lurel La défaite de Lucette Michaux-Chevry Lors des élections régionales de , La liste de Victorin Lurel devance celle de Lucette Michaux-Chevry, affaiblie politiquement, avec 44,29 % des voix au premier tour et 58,23 % des voix au second tour. Victorin Lurel devient le nouveau président du conseil régional.
Son ami Jacques Gillot est réélu président du conseil général de la Guadeloupe à l'issue des élections cantonales de . Pour la première fois depuis 1992, les deux assemblées majeures de la Guadeloupe sont à gauche. Les européennes de 2004 Le candidat des Verts Harry Durimel arrive en tête dans le département avec 47,47 % des voix. Les sénatoriales de 2004 La gauche obtient 2 sénateurs sur 3 avec le président du conseil général Jacques Gillot et Daniel Marsin du Rassemblement démocratique et social européen. La présidente déchue du conseil régional Lucette Michaux-Chevry permet à la droite d'avoir un sénateur.
Les législatives de 2007 La gauche remporte ce scrutin avec 3 députés sur 4 : Éric Jalton dans la première circonscription, Jeanny Marc dans la troisième circonscription et le président du conseil régional Victorin Lurel dans la quatrième circonscription. La droite s'impose dans la deuxième circonscription avec Gabrielle Louis-Carabin.
Les municipales de 2008 La gauche unie autour de ses deux leaders Victorin Lurel et Jacques Gillot remporte 24 mairies sur les 32 que compte l'archipel. La droite ne gagne que dans 8 communes.
Les cantonales et les sénatoriales de 2008 À l'issue des élections cantonales, Jacques Gillot est pour la troisième fois élu président du Conseil général de la Guadeloupe avec l'appui de Victorin Lurel. Il est également réélu sénateur.
Daniel Marsin et Lucette Michaux-Chevry sont eux aussi réélus sénateurs.
Les européennes de 2009 En Guadeloupe, Harry Durimel de Caraïbe Écologie Les Verts Guadeloupe obtient 51,38 % des voix avec le soutien inattendu de la députée UMP Gabrielle Louis-Carabin.
Les régionales de 2010 Le député socialiste Victorin Lurel est le seul président de région de France à être réélu dès le premier tour. En effet, sa liste d'union de la gauche, sur laquelle figure en deuxième position la députée UMP Gabrielle Louis-Carabin obtient la majorité absolue, soit 56,51 % des voix, avec un taux de participation de seulement 49,81 % et une abstention record de 50,19 %.
La liste de la majorité présidentielle menée par Blaise Aldo, sur laquelle figure en deuxième position la secrétaire d’État chargée des DOM-TOM Marie-Luce Penchard, n'obtient que 14,01 % des voix. Avec 4 sièges sur 41, la droite obtient son pire résultat dans une élection régionale en Guadeloupe.
Le candidat dissident du Parti socialiste, le député Éric Jalton obtient 12,40 % des voix. La députée socialiste Jeanny Marc obtient 2,82 % des voix.
Les cantonales de 2011