Lucien Lévy, dit Lucien Lévy-Dhurmer, né à Alger le et mort au Vésinet le , est un peintre, sculpteur et céramiste symboliste français.

Biographie

Lucien Lévy est le fils de Salomon Lévy et de Pauline-Amélie Goldhurmer. Il entre le à l'école communale supérieure de dessin et de sculpture du de Paris. Il suit les enseignements d'Albert-Charles Wallet et de Raphaël Collin, tous deux élèves d'Alexandre Cabanel, ainsi que d'Alexandre Vion, directeur de l'école communale. Il débute au Salon des artistes français en envoyant une copie de La Naissance de Vénus d'après Cabanel. Lucien Lévy est un élève brillant comme le stipule la lettre de recommandation d'Alexandre Vion, datée du Lettre de recommandation d'Alexandre Vion en faveur de Lucien Lévy, 27 juillet 1887, archives de la Documentation du musée d'Orsay., détaillant les diverses récompenses qu'il a reçues au cours de son apprentissage à l'école communale de dessin.

Pour des raisons pécuniaires, il travaille dans un premier temps comme lithographe, puis de 1887 à 1895, comme céramiste à la manufacture de faïences d'art de Clément Massier à Golfe-Juan. Collectionnant des céramiques d'inspiration hispano-mauresque, il effectue des recherches sur les reflets métalliques sur faïences, dont quelques pièces issues de ces essais feront l'objet d'envois au Salon des artistes français. Il y devient en 1892 directeur des travaux d'art, date à partir de laquelle il signe les pièces de la manufacture conjointement avec Clément MassierFélix Polak, « Exposition Lévy-Dhurmer », Art et Chiffons, , , ..

Pendant son activité à la manufacture de Golfe-Juan, Lucien Lévy poursuit la pratique de la peinture à l'huile et du pastel, et participe à l'exposition collective des Peintres de l'âme en 1896. Elle est organisée par la revue L'Art et la Vie, dans le hall du théâtre d'Application de la Bodinière à Paris. Ainsi il expose, entre autres, aux côtés d'Edmond Aman-Jean, Émile-René Ménard, Alphonse Osbert, Carlos Schwabe, Émile Gallé, Alexandre SéonLes peintres de l'âme, le Symbolisme idéaliste en France [exposition], Musée d'Ixelles, -, Bruxelles, Musée d'Ixelles, 1999..

Il retourne vivre à Paris en 1895. Durant cette année, il rencontre le poète Georges Rodenbach dont il fait le portrait. C'est par l'entremise de ce dernier qu'il signe sa première exposition monographique en 1896, sous le nom de Lucien Lévy-Dhurmer, ajoutant à son patronyme une partie de celui de sa mère.. Il y présente un ensemble de 24 œuvres dont 16 pastels, deux sanguines et cinq peintures, dont certains font aujourd'hui partie de ses réalisations les plus connues, tels : Bourrasque, Le Silence, Portrait de Georges Rodenbach, Ève, Mystère.

Cette présence à la galerie Georges Petit lui apporte une notoriété immédiate, elle qui a pour habitude d'organiser des expositions d'artistes déjà reconnus, ainsi que des expositions internationales très sélectives. Au cours de cette exposition, Lévy-Dhurmer se rapproche dans ses œuvres de l'esthétique symboliste, et reçoit une certaine adhésion de Joséphin Peladan : Lettre du Sar Péladan, non datée, archives de la Documentation du musée d'Orsay.. L'artiste n'a cependant jamais exposé au Salon de la Rose-Croix alors que son iconographie se rapproche principalement de cette esthétique, représentant des sujets comme Le Silence, personnage voilé posant deux doigts sur sa bouche, œuvre inspirée d'une sculpture éponyme d'Auguste Préault, repris également par Odilon Redon, ou les portraits symbolistes de Rodenbach et Loti dans lesquels apparaît l'univers de leurs écrits en arrière-plan.

Il s'attire également la sympathie d'artistes comme Émile Bernard ou Gustave Moreau. Il fait la connaissance de Pierre Loti par l'intermédiaire de Georges Rodenbach. Il se lie d'amitié avec ces deux écrivains, dont il s'inspire au travers de leurs écrits, principalement Bruges-La-MorteGeorges Rodenbach, Bruges La Morte, illustrée de 18 pastels de Lévy-Dhurmer, Paris, Javal et Bordeaux, 1930. et Au MarocPierre Loti, Au Maroc, Saint-Cyr-sur-Loire, Christian Pirot Éditeur, 2000.. Il réalise également le portrait de Pierre Loti, qui particulièrement satisfait le remercie dans une lettre : Lettre, , archives de la Documentation du musée d'Orsay..

Il participe ensuite à quelques expositions collectives, plusieurs salons, et à huit expositions personnelles. Lucien Lévy-Dhurmer réalise également dans son atelier de Paris de nombreux portraits pour des commandes privées, plus éloignés de ses premières aspirations artistiques symbolistes et de qualité variable.

Après 1900, il expérimente une technique de modelé diffus aux coloris restreints et souvent bleutés, qu'il gardera jusqu'à sa mort alors que le symbolisme est oublié depuis longtempsJean-David Jumeau-Lafond, Les peintres de l'âme, le Symbolisme idéaliste en France.. Parmi ces élèves de cette époque se trouve Lucienne Pageot-Rousseaux.

Il se marie le avec Emmy Fournier, surnommée Perla par l’artiste. Elle est alors rédactrice en chef pour le journal féministe La Fronde.

Voyages Il entreprend, à partir de 1897, de nombreux voyages principalement en Europe et au Proche-Orient (Italie, Espagne, Hollande, Afrique du Nord, Turquie…), desquels il rapporte des scènes et des paysages idéalisés qui font l'objet de plusieurs expositions personnelles. Commençant la série de ces voyages par l’Italie, il perpétue la tradition du Grand Tour. Son esthétique se rapproche alors des grands maîtres de la Renaissance. Cette dernière se modifie au fur et à mesure qu’il se rapproche des régions méditerranéennes, vers un pointillisme diffus dans certaines de ces toiles et un éclaircissement de sa palette.

L'artiste remplit lors de ses voyages des carnets de croquis, qu'il réutilise par la suite dans des compositions au pastel ou à l'huileCertains d'entre eux sont consultables sur la base de données du département des arts graphiques du musée du Louvre..

La musique trouve sa place dans l'œuvre de Lévy-Dhurmer. Ami de Claude Debussy, l'artiste s'inspire des créations de celui-ci pour créer des œuvres aux atmosphères similaires, ainsi que de celles d'autres artistes tels Gabriel Fauré ou Ludwig van Beethoven.

Distinctions Lucien Lévy-Dhurmer est nommé chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur par décret du et promu officier, du même ordre, par décret du ..

Œuvres dans les collections publiques

vignette|redresse|Vue de la Wisteria Dining Room réalisée pour l'hôtel particulier d'Auguste Rateau à Paris en 1914. États-Unis New York, Metropolitan Museum of Art : Wisteria Dining Room (salle à manger Glycines), 1910-1914. Lucien Lévy-Dhurmer a également réalisé quelques pièces de mobilier. Une des œuvres les plus notables est cette salle à manger de style Art nouveau de l'hôtel particulier d'Auguste Rateaumetmuseum.org.. La banquette conservée dans les collections du musée d'Orsay à Paris, provient également de cet hôtel, pour lequel Lévy-Dhurmer était chargé de toute la décoration intérieure. Ainsi, à l'égal d'un Gallé ou d'un Majorelle, son travail se rapproche d'une œuvre d'art total, l'artiste concevant toute l'architecture de la salle, mais également les pièces de mobilier, jusqu'aux poignées des portes et des tiroirs.

France Bayonne, musée basque et de l'histoire de Bayonne : Portrait de Pierre Loti ou Fantôme d'Orient, 1896, pastel, . Brest, musée des Beaux-Arts. : Esquisse pour Notre-Dame de Penmarc'h, 1896, pastel sur papier, ; Étude pour la Bourrasque, 1896, pastel sur papier, ; La Magicienne Circé, 1897, pastel sur papier (camaïeu vert), ; Ma Mère, un soir, a vu la ville d'Ys, 1898, pastel sur carton, ; La marche funèbre, pastel sur papier, ; La Mère bretonne, vers 1915, pastel sur papier gris, ; Crépuscule à Marrakech, 1932, huile sur toile, ; Calanque à Cassis, vers 1935, pastel sur papier, ; Guerrier nord-africain, pastel sur papier, ; Jeune gitane, pastel sur papier, . Paris : musée du Louvre, département des arts graphiques : Allée bordée de grands arbres, croquis . ; Âne à corps d'homme lisant dans une bibliothèque, croquis.. vignette|Mystère ou la Femme à la médaille, 1896 - Paris, Musée d'Orsaymusée d’Orsay. : Florence, vers 1898, pastel, Saunier Philippe, « Lucien Lévy-Dhurmer, Florence », 48/14 : La Revue du Musée d’Orsay, , Paris, RMN, 2009, . ; Mystère ou La Femme à la médaille, 1896, pastel et rehauts d'or sur papier contrecollé sur carton, . ; La Sorcière, 1897, pastel sur papier, ; Le Silence, 1895, pastel, ; Les Aveugles à Tanger, 1901, pastel sur papier, ; L’Explorateur perdu, 1896, pastel sur papier, ; Méduse, 1897, pastel et fusain sur papier contrecollé sur carton, ; Portrait de Georges Rodenbach, vers 1895, pastel sur papier, ; Portrait de Mademoiselle Carlier, vers 1910, pastel sur papier collé sur châssis entoilé, . musée du Quai Branly - Jacques-Chirac : Le Marocain ou Le Fanatique, vers 1900, huile sur toile, .. Petit Palais : Feux d'artifice à Venise, pastel sur papier gris et carton collé, ; Torse de femme vue de face, pastel sur papier gris et carton collé, ; Torse de femme vue de dos, s.d., pastel sur papier gris et carton collé, ; Hymne à la joie ; Beethoven ; L'Appassionata, vers 1906, triptyque, pastel et crayon noir sur papier gris, , , . Quimper, musée des Beaux-Arts : Notre Dame de Penmarc'h, 1896, huile sur toile, . vignette|Affiche de Lucien Lévy-Dhurmer pour l'emprunt national de 1920.Rennes, musée de Bretagne : Cocarde Journée nationale des tuberculeux, imprimerie Devambez, 1917, 3,5 x 5 cm. Affiche Emprunt national 1920, imprimerie Devambez, 1920, 80 x 120 cm. Vallée-aux-Loups, maison de Chateaubriand : La Mort d'Atala, 1801, peinture sur porcelaine, .. Versailles, musée de l’Histoire de France : Alfred-Philippe Roll (1847-1919), 1913, pastel sur papier, ..

Publication Les Mères pendant la guerre : douze compositions inédites, Paris, Devambez, 1917.

Salons et expositions Salon des artistes français : 1882, 1884-1887, 1889, 1895-1897. Salon de la Société nationale des beaux-artsDugnat Gaïté, Les catalogues des Salons de la Société nationale des Beaux-Arts, 5 volumes, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2001 à 2005. : 1892, 1894, 1898, 1903, 1908-1914, 1920-1924. Salon de la Société des pastellistes françaisExposition annuelle de la Société des Pastellistes [Exposition] Galerie Georges Petit, Paris. : 1897, 1903, 1904, 1907, 1912. Salon de la Société des peintres orientalistes françaisSanchez Pierre, La société des peintres orientalistes français, répertoire des exposants et liste de leurs œuvres 1889-1943, Dijon : L'Échelle de Jacob, 2008. : 1902-1906, 1908-1914, 1917, et 1933. Salon d'automneSanchez Pierre, Dictionnaire du Salon d'automne, répertoire des exposants et liste des œuvres présentées, 1903-1945, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2006. : 1903, 1907, 1919-1921, 1931, 1932, 1935, 1936.

Il obtient en 1900 une médaille de bronze à l'Exposition universelle.

Il fait également l'objet plusieurs expositions monographiquesCartons verts de l'Institut national d'histoire de l'art : Lucien Lévy-Dhurmer, 1896, 1937 (huit documents). : 1896 : du au , galerie Georges Petit, Paris, exposition Lucien Lévy-Dhurmer ; 1899 : librairie Paul Ollendorf, Société d’éditions littéraires et artistiques, exposition Lévy-Dhurmer ; 1917 : du 3 au , galerie Devambez, Paris, exposition Les Mères pendant la Guerre ; 1922 : du 15 au , galerie J. Allard, Paris, exposition Visions de Montagnes (Massif du Mont Blanc) ; 1924 : du 7 au , galerie Georges Petit, Paris, exposition L. Lévy-Dhurmer ; 1927 : du au , galerie des artistes français, Bruxelles, exposition des œuvres de Lucien Lévy-DhurmerExposition des Œuvres du maître français Lucien Lévy-Dhurmer [exposition], Bruxelles, Galerie des artistes français, 1927. ; 1937 : du au , galerie Charpentier, Paris, exposition L. Levy-Dhurmer Peinture et études d'époques différentes ; 1952 : du au , Paris, musée des Arts décoratifs, rétrospective Lucien Lévy-Dhurmer.

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