Enda Kenny () est un homme d'État irlandais membre du parti Fine Gael, né le à Castlebar. Élu député au Dáil Éireann en 1975, succédant à son père récemment décédé, il est brièvement ministre d'État en 1986, après dix ans d'une carrière parlementaire à l'arrière-plan. Il entre finalement au gouvernement en 1994, comme ministre du Tourisme et du Commerce. De ce poste, il obtient que le Tour de France 1998 parte de l'île. Sa formation retrouve l'opposition aux élections générales de 1997. Ayant échoué à en prendre la tête quatre ans plus tard, il en est élu leader en 2002, à la suite de la déroute aux élections générales qui a failli lui coûter son siège. Il parvient à réunifier le parti et le faire passer devant le Fianna Fáil aux européennes de 2004. Il réussit, trois ans plus tard, à progresser de vingt sièges lors des élections générales, se maintenant toutefois dans l'opposition. Après avoir remporté les élections européennes et locales de 2009, il fait l'objet d'une contestation interne en 2010, qu'il résout en remportant un vote de confiance du groupe parlementaire. À la suite des élections générales de 2011, durant lesquelles le Fine Gael obtient le plus grand nombre de sièges, il constitue une coalition avec le Parti travailliste et devient alors Premier ministre. Il remporte les élections générales de avec une majorité relative, le scrutin étant marqué par l'effondrement de son partenaire de coalition. Après deux mois de blocage, il passe un accord d'investiture avec le Fianna Fáil et entame alors un second mandat. Il démissionne de toutes ses responsabilités en , cédant le pouvoir à Leo Varadkar. Il ne se représente pas aux élections de 2020 et quitte la vie politique. Jeunesse et famille Troisième d'une fratrie de cinq enfants, il a fréquenté l'enseignement primaire et secondaire à Castlebar, et accompli ses études supérieures à la faculté d'éducation Saint-Patrick de Dublin puis à l'université nationale d'Irlande à Galway. Il a ensuite travaillé comme instituteur. Il est marié, depuis 1992, à Fionnuala O'Kelly, dont il a fait la rencontre à Leinster House, où elle travaillait comme attachée de presse du parti Fianna Fáil. Le couple a trois enfants. Vie politique Les débuts Un très jeune député Dès son plus jeune âge, il s'intéresse à la politique dans la mesure où son père, Henry, est élu député du parti Fine Gael, en 1954. Au début des années 1970, il s'implique directement dans la vie politique en apportant son aide à son père. Lorsque celui-ci, qui était alors secrétaire parlementaire du gouvernement, décède d'un cancer fulgurant, le Fine Gael désire que l'un de ses fils se présente à l'élection partielle consécutive, et investit Enda Kenny. Il est élu député avec 52 % des voix et fait son entrée au Dáil Éireann, dont il est alors le benjamin à seulement vingt-quatre ans. Une ascension tardive Pendant plus de dix ans, il reste à l'arrière-plan de l'opposition. Bien qu'il ait été nommé porte-parole de son parti pour la Jeunesse et les Sports, puis pour le Développement occidental, il ne parvient pas à se construire un profil national car il se concentre avant tout sur les affaires de sa circonscription. Il est ainsi maintenu à l'écart de tout poste gouvernemental lorsque le chef du parti, Garret FitzGerald, devient Premier ministre (Taoiseach) pour la première fois, , puis la seconde fois le . Il est cependant choisi en 1983 pour faire partie de la délégation du Fine Gael au New Ireland Forum, et participe ensuite à l'association parlementaire britannico-irlandaise (BIPA). En 1986, il est nommé ministre d'État au sein du ministère de l'Éducation et du Travail. Le parti perd cependant les élections de 1987, ce qui le conduit à occuper plusieurs postes au sein du « cabinet fantôme irlandais » (Opposition Front Bench) : porte-parole pour l'Éducation, la Culture, ou encore le Patrimoine. Pendant une très courte période, il a même été chief whip des députés du Fine Gael. Ministre du Tourisme et du Commerce À la fin de l'année 1992, un gouvernement de coalition se met en place entre le Fianna Fáil et le Parti travailliste (Labour). Toutefois, il ne dure pas et, sans qu'aucune élection anticipée ne soit convoquée, il cède sa place dès le mois de à une alliance entre le Fine Gael, les travaillistes et la Gauche démocrate (DL), dirigée par John Bruton. Enda Kenny, en tant que chief whip, joue un rôle prépondérant dans la négociation du programme gouvernemental. Il devient, le , ministre du Tourisme et du Commerce. Au cours de son mandat, l'Irlande connaît une forte progression de sa fréquentation touristique et de son commerce extérieur. Il a notamment accompli le rajeunissement de la parade de la fête de la Saint-Patrick à Dublin et obtenu le passage du tour de France de 1998 en Irlande. Toutefois, la coalition perd l'élection générale de 1997, et il retourne alors sur les bancs de l'opposition. Chef du Fine Gael vignette|gauche|Enda Kenny en 2007. L'échec en 2001 et le couperet de 2002 Bruton renonce à la direction du parti en 2001, à la suite d'un vote de défiance du groupe parlementaire. Kenny se présente alors à sa succession et promet « d'électrifier le parti ». Il est cependant défait par l'ancien ministre de la Santé, Michael Noonan, qui ne lui accorde aucun poste de porte-parole dans son « cabinet fantôme ». À l'élection du , le Fine Gael perd plus de cinq points du pourcentage de voix et vingt-trois députés, sur les 54 qu'ils détenaient. Au cours de ce scrutin, Kenny se trouve lui-même sur le point de perdre son siège de député de la circonscription de Mayo. Il doit effectivement attendre le neuvième décompte pour conserver son mandat parlementaire. Chef critiqué d'un parti démoralisé Noonan démissionne alors de la présidence du parti, entraînant la tenue d'une élection interne le . Cette rapidité a été critiquée par un certain nombre d'adhérents, pour qui il était insensé de procéder à l'élection d'un nouveau dirigeant avant l'analyse de la défaite électorale. De nouveau candidat, Enda Kenny est cette fois-ci élu chef du Fine Gael et obtient alors une position peu enviable. Il prend en effet la tête d'un parti démoralisé, avec un nombre réduit de députés, face au Premier ministre Bertie Ahern, toujours très populaire. Au départ, son style de direction est critiqué, mais dès 2003, le parti reprend des couleurs alors que le gouvernement d'Ahern connaît une chute de popularité. Sa première grande conférence de presse, en , est bien accueillie dans les médias, et le Fine Gael retrouve alors une plus grande unité. 2004 : la première victoire du FG en Lors des élections européennes de 2004, sa formation remporte cinq des treize sièges à pourvoir, contre quatre sur quinze en 1999. C'est la première fois, depuis 1927, que le Fine Gael dépasse le Fianna Fáil en nombre de sièges dans une élection nationale. Peu après, en septembre, il conclut un accord avec le Parti travailliste en vue des élections générales de 2007. Il appelle, en , à l'abolition de l'examen obligatoire de langue irlandaise à la fin de l'enseignement secondaire, et se retrouve sous le feu des critiques. Au mois de mars suivant, il est élu vice-président du Parti populaire européen (PPE) et annonce que son parti reviendra au pouvoir dans un délai de deux ans. Tout au long de la première moitié de 2006, il adopte un positionnement populiste, en dénonçant le coût de l'immigration, la violence de rue, la pédophilie et en défendant les droits des propriétaires. Il procéda même à la description d'une agression physique dont il avait été victime lors d'un débat au Dáil Éireann, avant de révéler que celle-ci s'était en réalité produite au Kenya, et non en Irlande Le commentaire « trompeur » de Kenny au sujet de l'agression, Irish Independent, .. Des élections générales de 2007 aux victoires de 2009 thumb|Enda Kenny et Angela Merkel, en 2008. Les orientations d'Enda Kenny ont tenté de faire du Fine Gael une formation centriste et progressiste. Ses initiatives politiques se sont concentrées sur les droits des consommateurs, les unions civiles, la réforme des finances publiques et une politique de santé préventive. Le parti a dans le même temps cherché à retrouver son image du parti de la loi et de l'ordre, qui cherche à défendre les institutions de l'État. Ainsi, lors de la présentation du programme pour les élections générales du , il a promis de créer deux mille trois cents lits d'hôpital et deux mille postes de policiers supplémentaires, de renforcer les peines de prison et les conditions de libération conditionnelle pour les criminels, et d'instaurer la gratuité de l'assurance santé pour les mineurs de moins de seize ans et les personnes payant un faible impôt sur le revenu. Bien que Bertie Ahern ait été perçu comme le clair vainqueur du débat pré-électoral les ayant opposés, le Fine Gael a connu une forte progression lors du scrutin en recueillant 27,3 % des voix et , soit un gain de vingt sièges. Malgré tout, il n'a pas été en mesure de former une coalition gouvernementale, tandis que le Fianna Fáil de Bertie Ahern, qui a recueilli , a été capable de conserver le pouvoir au moyen d'une alliance. En sa qualité de député le plus ancien, quant à la longévité consécutive, il dispose du titre coutumier de « doyen de l'assemblée » (Father of the Dáil). À l'occasion des élections européennes de 2009, sa formation s'impose clairement en remportant 29 % des suffrages et quatre députés sur douze, soit cinq points d'avance sur le Fianna Fáil. Les élections locales qui se déroulaient le même jour sont également remportées par le Fine Gael. Contestation interne de 2010 Le , The Irish Times publie un sondage qui conduit au déclenchement d'une crise interne au parti. Celui-ci révèle en effet que le Fine Gael a été doublé par les travaillistes dans les intentions de vote, ceux-ci affichant 32 % contre 28 % à la formation de centre droit, alors que la satisfaction envers Kenny passe de 31 % à 24 %, presque deux fois moins qu'Eamon Gilmore, chef du Parti travailliste. Il annonce, quatre jours plus tard, le limogeage de son adjoint à la direction du parti et porte-parole pour les Finances, Richard Bruton, qui avait tenté de le renverser, et fait savoir qu'il présentera, le , une question de confiance aux députés du Fine Gael. Malgré l'opposition publique de neuf parlementaires, il remporte le vote et procède alors à un remaniement de son cabinet fantôme, dans lequel il accorde de nouveau une place à Richard Bruton. Premier ministre Élections générales de 2011 Après la décision du Premier ministre, Brian Cowen, de convoquer des élections générales anticipées début 2011 à la suite de la grave crise des finances publiques, celui-ci fait face à une série de démissions au sein de son propre gouvernement, ce qui fait dire au chef de l'Opposition qu'il s'agit « du pire gouvernement » irlandais, et que cela « ne serait jamais arrivé, même au temps des plus grands dictateurs. ». Les enquêtes d'opinion accordent, régulièrement, environ 30 % d'intentions de vote à son parti et 20 % aux travaillistes, contre 15 % à peine au Fianna Fáil. Lors du scrutin, le Fine Gael obtient et 36,1 % des suffrages, devenant le premier parti de l'île pour la première fois de son histoire lors d'élections générales. Il entame immédiatement des négociations pour former une coalition avec les travaillistes, qui remportent pour leur part 37 élus, afin d'arriver au pouvoir.
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Na podstawie: Wikipedia — Enda Kenny · historia autorów.
Tekst: CC BY-SA 4.0.
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