vignette|Exemple d'un bâtiment de coopérative. Une coopérative est la combinaison d'un regroupement de personnes et d'une entreprise fondée sur la participation économique de ses membres, en capital et en opérations. Elle se différencie de l'entreprise capitaliste par son mode démocratique de prise de décisions qui repose sur le principe « une personne = une voix » au lieu de reposer sur la proportion du capital détenu.
Principes Son organisation et son fonctionnement sont caractérisés par des principes et des valeurs qui confèrent à chaque coopérative un caractère universel, quel que soit son objet ou son secteur d'activité. Une partie de ces principes et valeurs, comme la démocratie à travers l'égalité de voix entre les membres, a été traduite en norme juridique..
L'identité coopérative s'identifie par sept principes de coopération.. Ainsi, pour les prises de décision, elle repose sur le principe démocratique « une personne = une voix » qui devra élire un conseil d'administration qui nommera un directeur général. Les salariés et les membres-usagers sont ainsi tous égaux en droit.
En France En France, les coopératives font partie de l’économie sociale et solidaire au même titre que les mutuelles et certaines associations et entreprises sous statut commercial ayant la qualité d'« entreprise de l'Économie sociale et solidaires » au sens de la Loi n° 2014-856 du relative à l'économie sociale et solidaire...
Elle se distingue en cela de l'association à but non lucratif dont le but est moins lié aux activités économiques et de la société commerciale qui établit une distinction entre ses associés et ses clients ou usagers. Elle se distingue également de la mutuelle par son statut juridique.
Selon une estimation actualisée publiée en 2017 « au moins 279,4 millions de personnes à travers le globe » travaillent dans une coopérative ou pour une coopérative, soit « 9,46 % de la population active mondiale »CICOPA (2017) [http://www.cicopa.coop/Les-cooperatives-et-l-emploi.html Les coopératives et l’emploi : second rapport mondial].
Histoire Au Moyen Âge, des regroupements à des fins communes se développent. Des exemples comprennent des associations funéraires, destinées à assurer des funérailles décentes à leurs membres, ou une coopérative chargée de l'entretien d'une digue. Dans le domaine minier, les confréries minières se sont formées (comme à Goslar). Dans les Alpes, des paysans se regroupent en corporation car les améliorations apportées à l'exploitation des alpages nécessitent une action collective. La coopérative régit l'utilisation collective des pâturages et des alpages et restreint la vente des biens communs.
Chronologie Vers 1800, Robert Owen crée le premier magasin coopératif à New Lanark en Écosse, En 1835, Michel-Marie Derrion crée la première épicerie sociale, coopérative, à LyonDenis Bayon; Michel Derrion, Le commerce véridique et social de Michel-Marie Derrion : Lyon 1835-1838 : petites visites chez les utopies coopératives de nos grands-parents, Lyon : Atelier de création libertaire, 2002, En 1844, est créée Équitables Pionniers à Rochdale en Angleterre, En 1847, Friedrich Wilhelm Raiffeisen crée une boulangerie coopérative en Allemagne, En 1884, naît la Chambre consultative des associations ouvrières de production, l'ancêtre de la Confédération générale des SCOP, En 1895, l'identité coopérative est déclarée par l'Alliance coopérative internationale (ACI), En 1901, la liberté d'association est définie en France, En 1947, le statut de la coopération est défini en France.
En 1966, l'Organisation internationale du travail adopte une recommandation sur les coopératives pour les pays en voie de développement« L'établissement et la croissance des coopératives devraient être considérés comme un des facteurs importants du développement économique, social et culturel, ainsi que de la promotion humaine, dans les pays en voie de développement. » R127 Recommandation sur les coopératives (pays en voie de développement), 1966.. En 1995, l'ONU proclame la journée internationale des coopératives, célébrée chaque année le premier samedi de juillet, et ce depuis 1923 par l'ACI.. Depuis 2002, l'Organisation internationale du travail (OIT) recommande la structuration coopérative des entreprises pour le travail décents. 2012 est l'année internationale des coopérativestexte de la résolution de l'ONU..communiqué de presse ICA 2009-12-18-int-year-coops, ce qui a donné lieu notamment au premier Sommet international des coopératives au Québec..
: construction de l'identité coopérative
Analyse de Karl Marx à propos des coopératives ouvrières Karl Marx s'est intéressé au mouvement coopératif ouvrier, y voyant une potentielle brèche destructive à l'intérieur du système capitaliste, remettant en cause en parti ce mode de production. Le capitalisme produit donc indirectement des brèches potentiellement anticapitalistes : Même les fabriques coopératives créées par les ouvriers sont destructives de l'ancienne forme, bien que leur organisation doive nécessairement reproduire partout tous les défauts du système existant. Elles suppriment cependant l'antagonisme entre le capital et le travail, étant donné que les ouvriers y sont eux-mêmes capitalistes et y appliquent les moyens de production à la mise en valeur de leur propre capital. Elles montrent comment, à un stade déterminé du développement des forces productives et des formes de production que la société y fait correspondre, un mode de production doit naturellement donner naissance à un autre. Sans la fabrique capitaliste la fabrique coopérative n'aurait pas pu se développer. Et de même le système capitaliste du crédit lui a été nécessaire, car celui-ci n'est pas seulement la base principale de la transformation de l'entreprise capitaliste privée en société capitaliste par actions, mais également un moyen de développement des entreprises coopératives. Les sociétés capitalistes par actions sont, comme les fabriques coopératives, des formes intermédiaires de la transformation de la production capitaliste en production associée, seulement les unes résolvent l'antagonisme entre le capital et le travail négativement et les autres positivement.Les coopératives peuvent être un point d'appui pour la révolution communiste, à condition également que le mouvement ouvrier ait une conscience révolutionnaire plus large et radicale :Nous reconnaissons le mouvement coopératif comme une des forces transformatrices de l'actuelle société, fondée sur l'antagonisme des classes. Son grand mérite est de montrer pratiquement que le système actuel de subordination du travail au capital, despotique et paupérisateur, peut être supplanté par le régime républicain et fécond de l'association de producteurs libres et égaux.
Mais le système coopératif restreint aux formes minuscules issues des efforts individuels des esclaves salariés est impuissant à transformer par lui-même la société capitaliste. Pour convertir la production sociale en un large et harmonieux système de travail coopératif, des changements généraux sont indispensables. Ces changements ne seront jamais obtenus sans emploi des forces organisées de la société. [...] Nous recommandons aux ouvriers d'encourager la coopérative de production plutôt que la coopérative de consommation, celle-ci touchant seulement la surface du système économique actuel, l'autre l'attaquant dans sa base...
: une structuration du travail recommandée par l’OIT L’Organisation internationale du travail (OIT) recommande depuis 2002 la structuration coopérative du travail3/06/2002 - L'OIT invite organisations patronales, syndicales et États à s’impliquer dans leurs champs de compétences pour encourager la structuration coopérative. Recommandation 193, adoptée depuis 1985.
La recommandation de l'OIT sur la promotion des coopératives a été adoptée le par la Conférence générale et commence par rappeler S'ensuit : L'article I.1 statue qu' L'article I.2 définit le terme « coopérative » en utilisant la définition de la Déclaration sur l'identité coopérative. L'article I.3 statue que
Cette Recommandation a été votée par les trois parties constituantes et a bénéficié d’un des plus forts taux de voix jamais atteintsselon le Rapport du Conseil Supérieur de la Coopération de 2002.
L'OIT continue de promouvoir les coopératives, notamment par la voix de son secrétariat généralAnnonce du 22/09/2003 « L'OIT œuvre avec les gouvernements et les milieux axés sur ce type d'activités pour traduire dans les faits la Recommandation 193. » : « Les coopératives jouent un rôle important dans la réduction de la pauvreté et contribuent à la mise en œuvre du programme de l'OIT en faveur du travail décent. » « les coopératives ont un rôle d'émancipation en permettant aux couches les plus pauvres de la population de participer aux progrès économiques. Elles offrent des possibilités d'emploi à ceux qui ont des compétences, mais peu ou pas de capital et assurent protection en organisant l'assistance mutuelle au sein des communautés. »
Différentes formes de coopératives La forme coopérative n'est pas une forme homogène, mais est un principe revêtant plusieurs formes qui se distinguent par leur statut juridique ou la nature de leurs sociétaires (consommateurs, producteurs, clients, salariés...)http://www.entreprises.coop/semaine/UPLOAD/media/file/223_TOP100_webok.pdf..
Coopératives d’utilisateurs ou d’usagers Les utilisateurs des biens et des services produits sont les décideurs. On parle donc ici de : Coopératives de consommation : En France ces coopératives sont peu développées par rapport à d'autres pays, tel que la Suisse. Néanmoins, elle représente 2,7Md euros de CA en 2008 autour des magasins Coop et anciennement la Camif. Ces coopératives sont présentes dans le domaine des services, comme l'hébergement internet avec Ouvaton. Coopératives scolaires, Copropriétés coopératives, Coopératives HLM avec près de 50 % de la production HLM en accession sociale à la propriété. Voir la Fédération nationale des sociétés coopératives d'HLM.
Banques coopératives
On parle ici des banques où les clients sont associés, autrement dit les déposants ou emprunteurs sont les sociétaires. C'est le même système que pour les assurances mutuelles. Pour ne citer qu'eux, c'est le cas du Crédit agricole, du Crédit mutuel, du Crédit coopératif, de la Caisse d'épargne, de la Banque populaire, de la Banque Raiffeisen au Luxembourg et des Caisses Desjardins au Québec. Cela représente en 2008, 20 millions de sociétaires, salariés, 53 milliards euros de chiffre d'affaires pour 60 % de la banque de détailArticle de Michel Abhervé et Pierre Dubois, « Les banques coopératives. Du pire au meilleur pour le développement de l’économie sociale » Revue du MAUSS permanente, 23 janvier 2009 notice.
Les rémunérations des dirigeants des banques coopératives sont globalement plus faibles que dans les autres établissements bancaires capitalistes en France. Cependant, Caire, G., Glémain, P. & Nivoix, S. (2016). Banques coopératives : de l’idéal solidaire à la réalité des salaires. Revue des études coopératives mutualistes et associatives (RECMA), 339, 101-111. https://doi.org/10.7202/1035590ar. Dès lors, Néanmoins pour les non dirigeants, l’amplitude de variation des salaires est plus réduite que dans les autres établissements et c’est vrai même pour les cadres, moins nombreux que dans les banques capitalistes.
Cette forme bancaire montre régulièrement qu'elle n'évite pas les dérives. ...
À titre d'exemple, en avril puis de nouveau en , BPCE est pointé pour ses « pratiques infractionnistes » en matière de durée du travail, en raison du manque de mesure des temps de repos des salariés..
Assurances coopératives