vignette|Le site de Rangoun, vue satellite. vignette|Vue de Rangoun vers la pagode Sule et le fleuve RangounTerme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, cf. Journal officiel du 24 septembre 2008. (en , prononcé : ) ou Rangoon Variante donnée par la Commission nationale de toponymie (CNT-CNIG) de France., officiellement renommée Yangon en 1989, est la capitale économique et la plus grande ville de la Birmanie (ou Myanmar) avec 4,5 millions d'habitants. Située sur le fleuve Yangon né de la confluence des rivières Bago et Myitmaka, elle se trouve à trente kilomètres du golfe de Martaban, sur la mer d'Andaman.
Rangoun fut la capitale de la Birmanie britannique, puis indépendante, à partir de 1853. En , la junte militaire au pouvoir a commencé à déplacer sa capitale à l'intérieur du pays, à Naypyidaw (région de Mandalay). Naypyidaw est officiellement la nouvelle capitale depuis le Burma's new capital stages parade, BBC News, 27 mars 2006..
Rangoun appartient à l' (ANMC21, réseau asiatique des grandes villes) Asian Network of Major Cities 21, site officiel, consulté le : 15 janvier 2008.
Étymologie Son nom birman Yangon est formé de yan () et koun (), qui signifient « ennemis » et « manquer de », respectivement. Le nom peut donc être traduit comme « fin de la discorde », « fin du conflit ». Rangoon/Rangoun provient quant à lui de la prononciation de la ville en arakanais, un dialecte du birman, où le son historique a été maintenu et n'a pas évolué en comme en birman.
Histoire vignette|250px|Rangoun en 1945. Vue de la pagode Sule et ses environs vignette|250px|Hotel de ville de Rangooun en 1945 La ville a été fondée sous le nom de Dagon par les Môns au ; ce peuple dominait à l'époque le Sud de ce qui est aujourd'hui la Birmanie. Dagon n'était alors qu'un petit village de pêcheurs autour de la pagode Shwedagon.
Elle fut conquise en 1755 par le roi Alaungpaya et renommée Yangon. Détruite par un incendie en 1841, elle fut aussi lourdement endommagée pendant la seconde guerre anglo-birmane (1852), lors de laquelle la flotte britannique bombarda la ville. La Basse-Birmanie fut intégrée au Raj britannique et Rangoun en devint la capitale. Ses limites furent établies et les rues du centre-ville (le cantonment) tracées à angles droits le long du fleuve Yangon par les ingénieurs Fraser et Montgomerie.
Les Britanniques « occidentalisent » l'éducation. Ils y établissent plusieurs universités : le (qui fusionnera plus tard avec le Judson College pour créer l'université de Rangoun) et le (aujourd'hui l'Institut birman de théologie). Beaucoup de pensionnats religieux virent le jour à cette époque pour éduquer les enfants anglais, anglo-birmans ou karens chrétiens.
Pendant la période coloniale, les industries les plus importantes de Rangoun étaient la riziculture et l'abattage d'arbres, mais d'autres produits (dont le coton, les pierres précieuses, les cheroots et l'ivoire) sont eux aussi exportés. Le développement de la ville fut rapide : au début des années 1900, son infrastructure et ses services publics étaient au même niveau que ceux du Londres de l'époque John Falconer et al, Burmese Design and Architecture ; 2001. Jules DuBern contribua au développement du port, ainsi qu'à la création du jardin zoologique.
Important port d’émigration pendant l'entre-deux-guerres, Rangoun est une ville marchande qui compte plus d'un million d’habitants dans les années 1910, dont la moitié de travailleurs indiensÉric Martin, « Rangoun, entre pagodes et façades victoriennes », Le Figaro Magazine, semaine du 13 juillet 2018, p. 64-74..
Rangoun sera très endommagée en 1930 par deux désastres naturels : un tremblement de terre et un tsunami, et souffrira ensuite des ravages de l'armée impériale japonaise, qui envahit la ville pendant la Seconde Guerre mondiale le . Le la 14 armée reprend la ville lors de l'opération Dracula.
Avant la guerre, les Indiens étaient l'ethnie la plus représentée. Après l'indépendance du pays, on vit davantage de Birmans, mais les Anglo-Birmans continuent à former environ un quart de la population de la ville jusqu'à la fin des années 1960. Aujourd'hui le nombre d'habitants des ethnies minoritaires augmente. Le départ des Anglo-Birmans, des Indiens et des Chinois s'explique par le démantèlement des politiques coloniales encourageant l'immigration de ces pays ainsi que par le départ de la plupart des Anglais, diminuant donc la taux de mariages mixtes.
Le nom de Rangoun fut officiellement changé en Yangon en 1989, en même temps que beaucoup d'autres toponymes à travers le pays. Quoique ce changement reflète la réalité de la prononciation locale, il fut sujet à controverse, car la junte militaire effectuant le changement n'est pas officiellement reconnu comme légitime par certains gouvernements et citoyens. Le gouvernement américain, par exemple, persiste dans l'usage des noms anglophones pour le pays et la ville : Burma et Rangoon, respectivement. Les noms de rues sont aussi changés en birman, mais beaucoup d'habitants les appellent encore par leurs noms coloniaux.
En 1996, le gouvernement décide de placer certains édifices coloniaux sous protection gouvernementale ; il rédige une « Liste d'héritage » de structures à protéger. Cependant, sur les 2000 bâtiments de l'époque coloniale que conserve la ville, la moitié sont rasées dans les années 1990-2000 pour construire des tours. Malgré tout, Rangoun possède le plus important ensemble d'édifices coloniaux du Sud-Est de l'Asie.
Rangoun hébergea, en , le , qui accueillit plus de mille moines bouddhistes et plusieurs chefs d'État, dont Thaksin Shinawatra, premier ministre de la Thaïlande.
En , le gouvernement birman a commencé à déplacer la capitale à Naypyidaw, 322 kilomètres plus au nord, dans la région de Mandalay. Les raisons sont incertaines. La théorie locale la plus fréquente est que le chef de l'État, le général Than Shwe, adepte de l'astrologie, a déplacé la capitale pour éviter une fin proche Richard C. Paddock ; Abrupt relocation of Burma capital linked to astrology ; The Boston Globe/Los Angeles Times ; janvier 2007. Certains suggèrent aussi que le déplacement de la capitale vers l'intérieur du pays protège mieux le régime militaire d'une éventuelle invasion, ou lui permet de mieux contrôler les minorités ethniques des États Karen, Shan et Chin, ou d'avoir une capitale loin des télécommunications étrangères.
Depuis la mi-2006, les résidents de certains quartiers de Rangoun doivent mettre des photographies des habitants de l'appartement/maison quelque part chez eux pour , et tout habitant doit maintenir une liste des membres de leur famille Rangoon Residents Told to Show Photos ; The Irrawaddy ; 5 juin 2006. Les visiteurs chez un habitant de Rangoun doivent enregistrer leur séjour avec les autorités locales avant de s'y installer Lawyer Aye Myint warns oppression could lead to implosion in Burma ; Democratic Voice of Burma ; 24 août 2006.
Géographie Situation Située à la confluence des fleuves Yangon et Bago, elle est à trente kilomètres du golfe de Martaban, dans la mer d'Andaman. Le canal de Twante, à, l'ouest, la relie depuis 1935 au réseau fluvial du delta de l'Irrawaddy.
Parcs Les parcs les plus vastes de Rangon se situent autour de la pagode Shwedagon. Au sud-est du stupa doré se trouve le lieu de loisirs le plus prisé de la ville : le lac Kandawgyi. Ce lac de 61 hectares est entouré par le parc naturel de Kandawgyi (45 hectares), le Jardin zoologique de Rangoun (28 hectares), qui comprend un zoo, un aquarium et un parc d'attractions, ainsi que le parc Bogyoke Aung San. À l'ouest de la pagode, en direction de l'ancien complexe du Hluttaw (Parlement), s'étend la (53 hectares), ancien lieu de parade lors des grandes fêtes nationales, lorsque Rangon était la capitale. À quelques kilomètres au nord de la pagode se trouve le parc du lac Inya, d'une superficie de 15 hectares qui est un lieu de rencontre privilégié des étudiants de l'université de Yangon et un lieu romantique bien connu dans la culture populaire birmane. Les autres lieux remarquables sont le , le , le , le , le , le jardin Sain Lan So Pyae, et la Tombe de Zafar ShahTombe de Muhammad Bahâdur Shâh
Climat
Le climat de Rangoun est un type de tropical de mousson (Classification de Köppen: Am), avec une saison sèche ensoleillée de novembre à avril et une saison humide de mai à octobre avec des pluies torrentielles.
Population Évolution démographique
Composition ethnique
Yangon est la ville la plus diversifiée ethniquement du pays. Si les Indiens y étaient légèrement majoritaires avant la Seconde Guerre mondialeref name=tmmt/>, aujourd'hui, la population est majoritairement d'origine birmane. D'importantes communautés birmanes d'origine indienne et chinoise sont présentes, notamment dans les quartiers traditionnels du centre-ville. Une population importante d'origine Arakanaise et karen y réside également.
Administration
Rangoun est administrée par le Comité du développement de la ville de Rangoun (, ou YCDC) ; ce comité coordonne l'urbanisme Yangon ; Réseau des grandes villes asiatiques 21.
Le maire en est le brigadier-général Aung Thein Lynn.
La ville est divisée en quatre districts, qui regroupent trente-deux arrondissements, chacun de ceux-ci étant administré par un comité de leaders de l'arrondissement qui prennent des décisions concernant l'entretien et l'infrastructure.
Divisions administratives
Les subdivisions de la municipalité de Rangoun incluent les trente-trois arrondissements. Les myo-thit (« villes nouvelles » ou villes satellite) ne sont pas comprises dans ces juridictions. En 2022, les districts de la région de Rangoun ont été réorganisés, donnant à la ville de Rangoun neuf nouveaux districts, ainsi que des parties du nouveau district de Twante. + District Arrondissement Carte des districts de Rangoun MingaladonMingaladon Shwepyitha InseinInsein Hlaingthaya Est Hlaingthaya Ouest Ahlon Ahlon Kyimyindaing Sanchaung KamayutBahan Kamayut Mayangon Hlaing Mayangon Nord Okkalapa ThingangyunSud Okkalapa Tamwe Thingangyun Yankin Kyauktada Dagon Kyauktada Lanmadaw Latha Pabedan Seikkan Botataung Botataung Dawbon Mingala Taungnyunt Pazundaung Thaketa Dagon Myothit Dagon Seikkan Nord Dagon Sud Dagon Est Dagon TwanteSeikkyi Kanaungto Partie de Dala
Culture
La langue vernaculaire de Rangoun est le birman. L'anglais est souvent parlé parmi les plus vieux habitants et les plus éduqués.
La ville abrite la plus ancienne université de Birmanie : d'abord affiliée à l'université de Calcutta, l'université de Rangoun fut officiellement fondée comme institution à part en 1920. Deux des quatre universités de médecine de Birmanie se trouvent à Rangoun.
Religions La population de Rangoun compte 80 % de bouddhistes pratiquants. La cathédrale catholique de Rangoun a été construite par les prêtres des Missions étrangères de Paris.
Comme dans le reste de la Birmanie, le bouddhisme est la religion prédominante à Rangoun. Les nombreuses pagodes et temples qui parsèment la ville en témoignent. Les mosquées contribuent également à façonner le paysage urbain. Le christianisme y occupe aussi une place importante. Rangoun est le siège d'un archevêque catholique romain qui dirige l'archidiocèse de Rangoun. La cathédrale est dédiée à l'Immaculée Conception de Marie. La religion anglicane est également représentée à Rangoun par un archevêque. Il dirige le diocèse de Rangoun de l'Église de la Province de Birmanie, dont il est également le primat. L'église principale est la cathédrale de la Sainte-Trinité. Les jaïns et les sikhs possèdent également des centres religieux dans plusieurs quartiers de la ville.
Musées
Le abrite des objets tels que le (Trône du Lion) ayant appartenu à Thibaw Min. Le , abrite le plus grand saphir du monde, provenant de Mogok. La verrerie Nagar, qui possède une collection de cristal soufflé, a notamment réalisé les yeux du Bouddha couché de la pagode Chaukhtatgyi.