Alfred Grévin, né le à Épineuil et mort le à Saint-Maur-des-Fossés., est un sculpteur, caricaturiste, dessinateur et costumier de théâtre français.
Il est également connu pour avoir donné son nom au musée de cire éponyme qu'il a fondé, avec le journaliste Arthur Meyer, ouvert en 1882.
Biographie Ayant débuté dans la vie comme employé à la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, il lui arrive souvent, tout en griffonnant des états et copiant des circulaires, de risquer des croquis originaux et tout d'inspiration, sans avoir suivi d'études en art, avec nul autre but que de s'amuser. Un ami, qui avait remarqué ces pochades crayonnées au coin des dossiers de l’administration ferroviaire, en ayant présenté quelques-unes à Charles Philipon, alors directeur du Journal amusant et de la Caricature qui, frappé de l’originalité des dessins du jeune employé, ne tarde pas à se l'attacher comme collaborateur..
En 1853, âgé de 26 ans, il s'installe à Paris. Outre le Journal amusant, il met également ses talents de caricaturiste au service du Gaulois et du Petit Journal pour rire.. La Caricature, qui était un journal politique, disparut, mais le Journal Amusant prit, par contre, un très grand développement, pour rester une des feuilles à images les plus répandues. Grévin y a obtenu un succès qui l’a bientôt fait rechercher dans tous les journaux analogues et, après la mort de Cham, il est devenu l’un des dessinateurs les plus assidus et les plus goûtés du Charivari..
Les dessins de Grévin relèvent du domaine du burlesque : il réalise principalement des caricatures, et publie parfois même des ébauches de « ses » femmes.. Ses œuvres possèdent une moralité tout aussi profonde que celle de Gavarni mais, à la différence de ce dernier, Grévin s’est livré à son inspiration humoristique, sans s’ériger en réformateur des mœurs. Instantanés comme la photographie, ses croquis reflètent les ridicules et les vices avec la rapidité de l'objectif s'emparant de l'image qui passe devant lui.
Sa carrière de dessinateur décolle en 1868, lorsqu’il imagine de se consacrer plus spécialement au grand dessin de première page du Journal amusant, pour lequel il dégage une nouvelle variété de légende, ce qu’il appelle une « scène de la vie intime ».. Pendant les deux décennies suivantes, il sera le principal attrait du Journal amusant et du Petit Journal pour rire. On se précipitait sur la première page pour voir ces femmes si drôlement troussées, ces Parisiennes, artistes, cocottes ou petites bonnes, qu’il connaissait si bien, qu’un des compliments les plus ordinaires de la fin du second Empire consistait à dire à une jolie femme qu’elle était « un Greuze retouché par Grévin ».. À partir de 1869, il publie, avec Louis Adrien Huart, un Almanach des Parisiennes.
Passionné de théâtre, il écrit, en collaboration avec Ernest d'Hervilly, le Bonhomme Misère, légende en 3 tableaux, en vers, une sorte de légende mystique jouée par l’Odéon, en 1877, qui ne réussit qu’à demi. Le public n’avait pas encore repris gout aux spectacles de ce genre, qui sont devenus très à la mode par la suite.
Bien que la carrière de dramaturge de Grévin ait été brève, cela ne l’a pas empêché de demeurer très attaché au monde théâtral, car les directeurs de théâtres lui commandaient souvent des costumes dans les pièces, les ballets et les féeries. Il avait inventé un type de costume dont l’originalité consistait à allier le nu et les ajustements classiques des danseuses avec des emprunts à la mode contemporaine.
Il s’est fait une véritable notoriété comme peintre de costumes, pour les pièces à spectacle ainsi que pour les bals masqués du grand monde. Durant plus d’une décennie, il a habillé des vedettes comme Anna Judic ou Louise Théo et les danseuses des théâtres de féerie. Il a, dans une assez large mesure, renouvelé. l’art du costume au théâtre.
À partir de 1867, ses revenus lui permettent de s'installer dans une demeure à Saint-Mandé, au 16 bis rue de Bérulle.. En 1871, pendant la Commune, alors qu’il était conseiller municipal de cette commune, les Communards ont manifesté l’intention d’en prendre possession, ce qui aurait placé ses habitants entre les balles des fédérés et les obus des Versaillais. La ville lui doit l’idée ingénieuse d’ériger Saint-Mandé en commune. La Commune de Paris, ayant sanctionné le nouvel état de choses en reconnaissant l’indépendance de Saint-Mandé, celle-ci a été exempte, grâce à Grévin, des horreurs de la guerre civile.
En 1881, le directeur du quotidien Le Gaulois, pour lequel il avait réalisé des caricatures, Arthur Meyer, lui propose de créer des figures de cire pour « mettre un visage » sur les personnalités dont il était question dans son journal, la photographie n'étant, à l’époque, pas encore devenue la norme dans la presse. Il prend, comme metteur en scène, la direction du musée de figures de cire des personnalités, qui faisaient l'actualité, qui porte son nom. Ouvert, le , le succès du musée Grévin est immédiat..
Atteint d’ataxie et de diabète depuis deux ans, le célèbre dessinateur a succombé à une congestion cérébrale, dans une propriété qu'il possédait à Saint-Maur-des-Fossés.. Ramené à Saint-Mandé, où ont eu lieu ses obsèques, il est incinéré, suivant le désir exprimé par la famille, au cimetière du Père-Lachaise, puis inhumé dans le cimetière Sud de Saint-Mandé (division 4). Le musée Grévin est resté fermé toute la journée en signe de deuil.
Jugements
Publications Les Maîtres Humoristes, Alfred Grévin, Société d'Édition et de Publications Librairie Félix Juven, Paris, 1907. . . . . . L'Esprit des femmes, 1873. . . . .
Notes et références
Bibliographie .
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