Vladimir Afanassievitch Liakhov (en , Transliteration ; ukrainien , Transliteration ) est un cosmonaute soviétique puis ukrainienDe citoyenneté soviétique et de nationalité russe, selon sa fiche biographique sur le site www.warheroes.ru. Depuis l'indépendance de l'Ukraine, il est citoyen ukrainien, mais de nationalité russe., né le à Antratsyt (oblast de Vorochilovgrad, aujourd'hui oblast de Louhansk) en république socialiste soviétique d'Ukraine, en Union soviétique (aujourd'hui en Ukraine), et mort le à Astrakhan (Russie).

Biographie

Vladimir Liakhov est diplômé de l', dans l'oblast de Kharkov en 1964. Vladimir Liakhov entame une carrière de cosmonaute le après avoir été sélectionné dans le groupe TsPK-4 ( du centre de formation des cosmonautes). Il prend sa retraite le . Il achève sa retraite de militaire avec le grade de colonel de réserve.

Vols réalisés

Vladimir Liakhov a participé à trois missions spatiales qui se sont déroulées à bord de trois stations spatiales soviétiques différentes : Saliout 6 (1979), Saliout 7 (1983) et Mir (1988). Il a séjourné en tout 333 jours, 7 heures et 47 minutes dans l'espace.

Séjour à bord de Saliout 6

Vladimir Liakhov fait partie depuis 13 ans du corps des cosmonautes lorsqu'il effectue sa première mission. Lui et Valeri Rioumine forment le troisième équipage chargé d'effectuer un séjour de longue durée à bord de la station spatiale soviétique Saliout 6 qui a été placée en orbite le . Les deux hommes sont placés en orbite le à bord de Soyouz 32 et s'amarrent à la station spatiale sans problème. Le premier équipage de visiteurs qui s'est embarqué sur Soyouz 33, comprend un cosmonaute bulgare. Le lancement du vaisseau qui les emportent a lieu le mais la mission est interrompue à la suite d'une anomalie de fonctionnement de la propulsion principale du vaisseau Soyouz au cours des manœuvres précédant l'amarrage. Cet incident soulève des doutes sur la fiabilité de la propulsion du vaisseau Soyouz 32 amarré à la station qui fait partie de la même sous-série. Par précaution, les responsables du programme décident de lancer un nouveau vaisseau Soyouz 34 sans équipage qui vient s'amarrer à la station spatiale. Soyouz 32 est renvoyé sur Terre avec un chargement constitué d'échantillons de matériaux et de résultats d'expériences scientifiques. L'équipage déploie l'antenne de radio-télescope de de diamètre KRT-10 à l'extérieur de la station pour des expériences d'interférométrie avec le radio-télescopes RT-70 installé en Crimée. Il s'agissait de la première expérience d'interférométrie impliquant un observatoire spatial. Une fois l'expérience achevée, l'antenne est larguée sans intervention manuelle mais elle s'accroche au passage à un équipement situé sur la coque. Les cosmonautes doivent improviser le une sortie extravéhiculaire pour libérer l'antenne. Après avoir passé 175 jours à bord de la station Liakhov et Rioumine regagnent le la Terre à bord de Soyouz 34.

Séjour à bord de Saliout 7

Liakhov fait partie des équipages de réserve des missions Soyouz 39 et Soyouz T-8. Sa mission suivante a lieu à bord de la station spatiale Saliout 7 qui a été placée en orbite le . Le premier équipage permanent de cette station formé par Anatoli Berezovoï et Valentin Lebedev avait effectué un séjour de 211 jours et établi un nouveau record malgré une cohabitation difficile. Mais la mise en place de l'équipage permanent qui doit leur succéder prend plus de temps que prévu. L'équipage de Soyouz T-8, constitué de Vladimir Titov, Guennadi Strekalov et Aleksandr Serebrov, est lancé le . Le vaisseau ne parvient pas à s'amarrer à la station spatiale car les antennes du système de rendez-vous ont été endommagées durant le lancement et l'équipage doit revenir sur Terre. L'équipage de Soyouz T-9 constitué de Vladimir Liakhov et Aleksandr Pavlovitch Aleksandrov est lancé le et parvient à s'amarrer à la station. On apprendra 20 ans plus tard (en 2002) que le vol a pu être effectué bien que le vaisseau n'avait pas réussi à déployer un de ses deux panneaux solaires. Ce type d'incident ne s'était jamais produit depuis le premier vol du vaisseau Soyouz. Peu avant l'amarrage de Soyouz T-9, le cargo spatial de type TKS Cosmos 1443 s'est amarré de manière automatique à la station avec un fret de dont de nouveaux panneaux solaires. Les moteurs de ce vaisseau vont être également utilisés durant son séjour dans l'espace pour rehausser l'altitude de la station spatiale et contrôler son orientation. Un équipage de visiteurs doit aider l'équipage permanent à installer les panneaux solaires. Le , alors que le vaisseau Soyouz T-10-1 qui emporte l'équipage, la relève de Liakhov et Aleksandrov est sur le point d'être lancé, son lanceur prend feu. Titov et Strekalov, qui subissent là un deuxième échec, parviennent à déclencher in extremis, avant l'explosion de la fusée, l'éjection du vaisseau en déclenchant la mise à feu de la tour de sauvetage. Après avoir subi une accélération de près de , les astronautes se posent à bord de leur capsule à du pas de tir. Conséquence de cet accident, le responsable soviétique au sol Valentin Glouchko demande à Liakhov et Aleksandrov s'ils acceptent de prolonger leur mission. Les deux hommes lui demandent pour combien de temps. Celui-ci répond trois mois (dans un premier temps l'équipage avait compris trois jours) et les deux hommes acceptent. Le vaisseau TKS Cosmos 1443 dispose d'une capsule qui permet de ramener des hommes ou du fret sur Terre qui est remplie par l'équipage permanent avec les résultats d'expériences menées dans la station spatiale représentant une masse de . Le , Cosmos 1443 se détache de la station puis le véhicule de rentrée VA se détache du vaisseau TKS et réalise des manœuvres dans l'espace durant quatre jours pour démontrer sa capacité à fonctionner de manière autonome. Le la capsule effectue une rentrée atmosphérique et atterrit sans encombre. Le vaisseau principal FGB est détruit durant sa rentrée atmosphérique le . L'équipage permanent effectue deux sorties extravéhiculaires les et pour installer les panneaux solaires. L'équipage permanent ne reçoit aucune visite durant son séjour qui dure 150 jours. Alors que celui-ci tire à sa fin, l'équipage et les contrôleurs au sol constatent qu'un des réservoirs de carburant fuit ce qui limite fortement la capacité de la station à contrôler son orientation. Les responsables soviétiques décident de confier la résolution de ce problème à l'équipage suivant et Liakhov et Aleksandrov quittent la station spatiale le .

Séjour à bord de Mir

Pour sa dernière mission Liakhov est nommé commandant d'un équipage chargé d'effectuer un séjour de courte durée à bord de la station spatiale Mir occupée par ailleurs par un équipage permanent. Il décolle le à bord du vaisseau spatial Soyouz TM-6. Ses coéquipiers sont Valeri Polyakov et le cosmonaute afghan Abdul Ahad Mohmand. Ce dernier, qui exerce la profession de médecin, participe à la mission dans le cadre du programme de coopération soviétique Intercosmos. Celui-ci permet à des ressortissants de pays socialistes "frères" de séjourner dans l'espace mais, avec la perestroïka en cours, Intercosmos vit ses derniers jours. Tandis que Polyakov prolonge son séjour à bord de Mir, Liakhov et Mohmand quittent la station spatiale 7 jours après leur arrivée.

Le les deux hommes embarquent à bord de Soyouz TM-5. Le vaisseau Soyouz comprend deux modules habitables : le module orbital et le module de descente qui est le seul à revenir sur Terre. Traditionnellement le module orbital est largué avant la mise à feu des rétrofusées manœuvre qui doit réduire la vitesse du vaisseau et ainsi déclencher son retour sur Terre. En larguant au préalable le module orbital, on économise du carburant pour la manœuvre de freinage et on peut ainsi ramener sur Terre une masse supplémentaire (expériences scientifiques, etc.). Pour exécuter cette manœuvre l'axe du vaisseau doit être parfaitement aligné ce qui est vérifié à l'aide d'un capteur solaire. Mais au moment de son exécution, le vaisseau Soyouz TM-5 franchit le terminateur (c'est-à-dire la région de l'espace qui sépare les faces éclairée et non éclairée de la Terre) et le capteur, aveuglé, ne parvient pas à déterminer l'orientation du vaisseau. En l'absence de données fiables l'ordinateur embarqué bloque la mise à feu des rétrofusées. Le programme de navigation contient d'anciennes instructions obsolètes qui interdisent la mise à feu des rétrofusées tant que 10 minutes ne se sont pas écoulées après l'entrée en région éclairée. Mais 7 minutes après avoir franchi le terminateur, sans doute parce qu'il est dans une zone où il peut à nouveau échanger des instructions avec le sol, il déclenche de lui-même la mise à feu. Lorsque le moteur-fusée s'allume le vaisseau a parcouru kilomètres supplémentaires. La zone d'atterrissage résultante est située dans le nord de la Mandchourie, très loin de la région prévue ce qui rendrait les opérations de récupération très difficiles. Aussi, six secondes après la mise à feu, Liakhov arrête la manœuvre. La nouvelle du report de l'atterrissage est rendue officielle.