Le patinage de vitesse est un sport de glisse sur glace. Il naît aux Pays-Bas au et devient olympique en 1924.

En patinage de vitesse, deux patineurs font la course en même temps sur une piste en forme d'anneau, de de circonférence au centre de la piste et délimitée par des plots en plastique. Chaque concurrent a sa propre ligne, et les patineurs échangent leur ligne dans chaque deuxième ligne droite, alternant les virages à l'intérieur et à l'extérieur. Les cinq distances principales sont le , , , et . Les Pays-Bas et les pays scandinaves sont historiquement les meilleures régions de la discipline en compétition.

La première compétition connue de la discipline est organisée en 1676 aux Pays-Bas. La première compétition officielle a lieu en 1863 à Oslo, en Norvège. Les premiers championnats du monde ont lieu en 1889 aux Pays-Bas. L'Union internationale de patinage, fondée en 1892, intègre la discipline dès sa création.

Le calendrier des compétitions est rythmé par les coupes du monde, étalées sur toute la saison sauf pendant les années olympiques où elles servent de qualifications et s'arrêtent en fin d'année civile. Les deux compétitions principales sont les championnats du monde, organisés chaque année en fin de saison (mars ou avril), et les Jeux olympiques.

Historique

Origines . Les premiers clubs et patinoires artificielles sont créés au Royaume-Uni. et le tout premier club est celui d'Édimbourg. En 1849, le premier club américain naît à Philadelphie.. vignette|Les championnats d'Europe de patinage de vitesse, tenus à Hamar en 1894.|alt=Une personne sur la glace, prête à prendre le départ. En fond, le public, des drapeaux et des montagnes. La première compétition connue se déroule probablement en 1676 aux Pays-Bas. Selon d'autres sources, la première course, d'une vingtaine de kilomètres, se tient aux Fens en Écosse le . La première compétition officielle de patinage de vitesse, qui rassemble plus de dix mille spectateurs, a lieu en 1863 à Oslo.. En 1882, la première fédération nationale, la , est fondée. Elle organise les championnats du monde de 1890 et 1891..

En 1884, le Norvégien Axel Paulsen, plus connu pour avoir inventé l'axel en patinage artistique, est sacré champion du monde amateur après avoir gagné plusieurs compétitions aux États-Unis.. Cinq ans plus tard, les Pays-Bas organisent les premiers véritables championnats du monde à Amsterdam : cette compétition voit s'affronter les athlètes néerlandais, russes, américains et britanniques.

vignette|upright|Le Néerlandais Jaap Eden, patineur de vitesse dans les années 1920.|alt=Un homme penché, portant des patins à glace et un bonnet rayé.

Les records du monde commencent à être enregistrés en 1891. Jaap Eden bat le record du monde du d'une demi-minute aux championnats d'Europe tenus à Hamar en 1894, et son record reste intact pendant . Il faudra attendre supplémentaires pour gagner encore Skøytesportens stjerner, Knut Bjørnsen and Per Jorsett, J. W. Cappelens forlag 1971, pg. 183.

En 1892, quinze représentants nationaux de la discipline se retrouvent à Schéveningue et fondent l'Union internationale de patinage. Ils réglementent la longueur des anneaux de glace ainsi que les distances des championnats du monde. Le règlement stipule que seuls les amateurs sont autorisés à concourir : en 1904, Peter Sinnerud perd son titre de champion du monde parce qu'il a participé à des courses pour professionnels lors d'un voyage aux États-Unis..

Essor du patinage de vitesse Le patinage de vitesse est l'une de six disciplines représentées à chaque édition des Jeux olympiques jusqu'en 2018. alt=Charles Jewtraw les bras écartés, en position de départ d'une course en extérieur.|vignette|Le patineur de vitesse américain Charles Jewtraw en 1921. En 1924, il devient le premier médaillé olympique de patinage de vitesse. Il se dispute dès les premiers Jeux olympiques d'hiver à Chamonix, en 1924. L'épreuve est d'abord exclusivement masculine. Les hommes y disputent le , le , le et le . La première médaille olympique de l'histoire de la discipline est obtenue par Charles Jewtraw, qui remporte le en le .

Quatre ans plus tard, à Saint-Moritz, le Finlandais Clas Thunberg compte à présent sept médailles, dont cinq d'or, réparties en deux Jeux olympiques.

Aux Jeux de Lake Placid, en 1932, les femmes américaines et canadiennes sont autorisées à participer aux épreuves de patinage de vitesse en démonstration. Les Américains organisent la compétition selon les règles américaines, c'est-à-dire avec un départ groupé de six personnes. De nombreux concurrents boycottent ce système auquel ils ne sont pas entraînés, et les Américains remportent dix des douze médailles d'or. Ce système de départ groupé devient la règle dans la pratique du patinage de vitesse sur piste courte.

En 1936 à Garmisch-Partenkirschen, le Norvégien Ivar Ballangrud remporte toutes les distances sauf le où il arrive deuxième. Il est le patineur le plus médaillé de cette édition des Jeux, tous sports confondus.

En 1946 à Saint-Moritz, le grand favori du Åke Seyffarth est gêné par un photographe français venu s'installer sur l'anneau dans son dernier tour et finit en septième position de la compétition. Les Norvégiens Reidar Liaklev and Odd Lundberg réalisent un doublé.

À Oslo, en 1952, Hjalmar Andersen remporte trois médailles d'or, ce qui en fait le sportif le plus médaillé de ces jeux. Au , il a d'avance sur son dauphin, ce qui constitue la plus grande avance de l'histoire de la discipline aux Jeux olympiques.

En 1956 à Cortina d'Ampezzo, Evgueni Grichine remporte le ainsi qu'à l'édition suivante. Il est également à égalité pour la première place au avec Roald Aas et le sera encore en 1960 avec une égalité pour l'or sur la même distance avec Yuri Mikhaylov. alt=Helga Haase, portant un fichu sur la tête, pendant une course en intérieur. On voit le bras et le patin d'une concurrente derrière elle.|vignette|La patineuse de vitesse allemande Helga Haase. En 1960, elle devient la première femme médaillée olympique de patinage de vitesse. Aux Jeux olympiques de Squaw Valley, en 1960, les épreuves féminines sont ajoutées au programme olympique : elles s'affrontent sur , , et . La première médaillée de l'histoire est l'Allemande Helga Haase au .

La Soviétique Lidia Skoblikova remporte les quatre distances des Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck. Avec les deux ors remportés quatre ans plus tôt, elle devient la patineuse la plus titrée aux Jeux olympiques.

L'année 1968 voit poindre les Pays-Bas, jusque-là discrets aux Jeux olympiques, avec une première victoire olympique par Carolina Geijssen, puis deux autres par Kees Verkerk et Johanna Schut.

En 1972, les Jeux olympiques voient apparaître les premiers chronomètres électroniques qui permettent de mesurer les temps au centième de seconde plutôt qu'au dixième de seconde. Les Néerlandais remportent neuf médailles dont trois médailles d'or pour Ard Schenk.

En 1976 à Innsbruck, le comité international olympique ajoute le masculin au programme. La distance est remportée par l'Américain Peter Mueller. L'Américaine Sheila Young remporte le , prend l'argent au et le bronze au et devient la première sportive américaine à remporter trois médailles en une seule olympiade.

En 1980, l'Américain Eric Heiden remporte les cinq distances masculines à Lake Placid, devenant le premier athlète de l'histoire olympique à remporter cinq titres en une olympiade.

En 1984 à Sarajevo, neuf des douze médailles sont remportées par l'équipe d'Allemagne de l'Est. Karin Enke remporte deux médailles d'or et deux d'argent, soit une médaille par distance.

En 1988 à Calgary, Christa Luding devient la seule athlète de l'histoire à remporter une médaille aux Jeux olympiques d'hiver et d'été la même année, en remportant d'abord le en patinage de vitesse puis l'épreuve de sprint de cyclisme sur piste. Le programme voit l'ajout du féminin, remporté par Yvonne van Gennip qui gagne également le et le .

Ère des patins clap En 1992 à Albertville, le patinage de vitesse sur piste courte est ajouté au programme. Bonnie Blair, qui a commencé sa carrière sur piste courte, participe au patinage de vitesse, où elle remporte deux médailles d'or, pour un total de trois médailles après avoir remporté le à Calgary. Elle remporte la distance pour la troisième fois consécutive en 1994, en plus du , ce qui porte le total à six médailles dont cinq d'or.

En 1994, Dan Jansen remporte le en battant le record du monde. En 1988, venant d'apprendre le décès de sa sœur, il réalise une contre-performance. En 1992, il rate à nouveau le podium : sa victoire de 1994 lui vaut une forte notoriété, d'autant plus qu'il effectue son tour d'honneur avec sa fille de huit mois qui porte le nom de sa sœur décédée, Jane.

Dans les années 1990, un nouveau concept de patins et de lames, appelé patin clap, révolutionne la pratique du sport. Des chercheurs de l'Université libre d'Amsterdam étudient la possibilité d'augmenter la vitesse des patineurs avec une meilleure extension de leur jambe. En effet, les athlètes perdent beaucoup de force et raccourcissent leur geste de poussée pour éviter que la pointe de la lame ne s'enfonce dans la glace, facteur de chute. Par ailleurs, ils sont victimes de douleurs intenses aux muscles du tibia en raison de leur geste interrompu. Les recherches continuent jusqu'en 1996, date à laquelle l'université conçoit le patin clap dont la lame est reliée à la chaussure au moyen d'une charnière à l'avant. Si le premier prototype est utilisé dès 1984, c'est en 1996 que les sportifs de haut niveau commencent à s'intéresser au produit final.. Pendant la saison 1996/1997, l'équipe féminine néerlandaise se met à l'utilisation exclusive de patins clap et voit ses résultats s'améliorer significativement.. Les Jeux olympiques de Nagano, en 1998, sont les premiers à autoriser ces nouveaux patins, ce qui permet un nouveau record du monde dans cinq distances. Le record est battu trois fois pour le .

En 2002 à Salt Lake City, les athlètes battent tous les records olympiques et huit records du monde sur le Utah Olympic Oval. Cet anneau de glace est surnommé en raison de son altitude élevée qui réduit la résistance de l'air et la présence de bulles dans la glace. L'Allemande Claudia Pechstein remporte le pour la troisième fois d'affilée, ainsi que le , et bat le record du monde dans les deux distances. En 2006 à Turin, elle arrive à un total de neuf médailles dont cinq d'or.

En 2006, la poursuite par équipe rejoint le programme olympique. Évoluant à domicile, les Italiens gagnent leurs premières médailles. Enrico Fabris gagne l'or au et le bronze au et mène son équipe à l'or sur l'épreuve de poursuite par équipes. Les Allemandes remportent l'épreuve féminine.

À Vancouver en 2010, l'anneau de glace est situé à basse altitude et dans une atmosphère humide, ce qui affecte la qualité de la glace : aucun record du monde n'est battu. Le Letton Haralds Silovs devient le premier sportif olympique à participer aux épreuves de deux disciplines le même jour : d'abord le sur piste longue puis le sur piste courte. Martina Sáblíková gagne deux médailles d'or et une de bronze, ce qui en fait la première athlète tchèque médaillée d'or deux fois aux mêmes Jeux olympiques d'hiver. Les Canadiens remportent cinq médailles dont deux d'or. Les Néerlandais restent les athlètes les plus titrés malgré une contre-performance du grand favori Sven Kramer, censé remporter trois distances mais qui repart avec deux médailles dont une d'or : les Néerlandais se contentent du bronze à la poursuite par équipe et le favori est disqualifié au en raison d'une erreur d'instructions de son entraîneur.