Les Bachianas brasileiras , écrites en 1938 et en 1945, constituent l'œuvre musicale sans doute la plus célèbre du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos... Composées pour une formation de 8 violoncelles et une voix de soprano, elles s'articulent en deux mouvements, une aria et une danse. Le premier mouvement a d'ailleurs été transcrit pour piano et voix de soprano puis pour guitare et voix de soprano par Villa-Lobos lui-même.

Villa-Lobos emploie des caractéristiques de la musique de Bach, comme .

Le premier mouvement Aria (Cantilena) - Adagio a été dédié à Arminda Villa-Lobos. Les paroles de ce mouvement sont de Ruth Valadares Corrêa, et la composition présente des similitudes avec des œuvres comme l' Aria de Jean-Sébastien Bach et la Vocalise (1915) de Sergueï Rachmaninov. .

Villa-Lobos a écrit cette composition en deux temps. Le deuxième mouvement a été composé après que Villa-Lobos ait composé la dernière de ses Bachianas Brasileiras, la numéro neuf.

Structure de l'œuvre Ária

Ce premier mouvement, en la mineur, est le plus connu ; il est structuré selon le schéma A-A'-B-A.

Après une introduction aux violoncelles, jouée deux fois, le chant commence. La partie A est une vocalise (sans parole) d'une grande difficulté d'exécution, car ayant un ambitus assez élevé. Cette partie est ensuite jouée en variante A' avec un violoncelle soliste, et les autres violoncelles en accompagnement.

La partie B est un poème décrivant la beauté du ciel le soir (paroles de Ruth V. Corrêa).

Tarde, uma nuvem rosea lenta e transparente, Sobre o espaço sonhadora e bela!

Chaque vers est psalmodié, en allant de l'aigu vers le grave. L'accompagnement aux violoncelles suit de près le chant, avec des dissonances absentes de la partie A.

Le thème initial A est alors repris, mais à bouche fermée.

Dança Le second mouvement est la Dança (Martelo) - Allegretto (1945) (poème de Manuel Bandeira).

En mettant le terme "Martelo" dans cette deuxième section, Heitor Villa-Lobos fait référence non pas à un type de danse du nord-est du Brésil, mais à un style poétique connu sous le nom de , qui est l'une des modalités les plus anciennes de la littérature de cordel.

Poème Les vers du poème employés dans l'aria écrit par Ruth Valadares Côrrea sont les suivantes :

Accusation de plagiat La partition connue du premier mouvement attribue les paroles à Ruth Valladares Corrêa, qui a chanté lors de la première audition. Au journal "A Noite", le , le bahianais Altamirando de Souza a affirmé que Heitor Villa-Lobos avait entendu un de ses poèmes en 1938 et, un mois plus tard, l'avait sollicité en disant qu'il allait "utiliser" l'un d'eux dans une pièce. Mais, n'ayant pas été crédité, il a accusé Villa-Lobos de plagiat..

L'affaire a été jugée en , mais Heitor Villa-Lobos avait déjà fourni un autre texte pour cette composition, celui de Ruth Valladares Corrêa.

Pour Marisa Gandelman, avocate spécialisée dans le droit d'auteur en musique,

Plus tard, Altamirando de Souza sera également accusé de plagiat par le natif d'Alagoas Jayme de Altavilla, qui pointe du doigt le "détournement" de son sonnet "Você" - publié par Altavilla dans la revue en 1926, et reproduit par Altamirando en .

En 2019, la partition originale a été découverte, et on peut y voir que Villa-Lobos a bien accordé le crédit à Altamirando de Souza, mais, semble-t-il, ils n'ont pas été pressés sur les disques vinyles..

Discographie sélective L'œuvre dispose de très nombreux enregistrements qui l'ont popularisé dès 1945. Villa-Lobos a écrit avec fierté à un ami :

Les enregistrements de référence sont sans doute ceux dirigés par le compositeur : le premier, en 1945, avec Bidu Sayão, et créatrice de l'œuvre, réédité sur disque numérique (CD), en particulier dans la collection Masterworks Heritage (Columbia), le second, en 1956, avec Victoria de los Ángeles et l'Orchestre national de la Radiodiffusion française, que l'on peut trouver sur disque numérique (CD) dans la collection "EMI Classics". Cet enregistrement récolte encore les premiers prix des tribunes de disques.

La mezzo-soprano Elīna Garanča a repris la partie A de l'œuvre dans son album « Aria Cantilena » (Deutsche Grammophon) En outre, on peut en écouter une version avec des arrangements de Wayne Shorter dans son album « Alegría ». La chanteuse américaine Joan Baez a repris la partie A de l'œuvre dans son album Joan Baez/5 (1964).. La chanteuse française Frida Boccara a repris la partie A de l'œuvre dans son album "L'Année où Piccoli..." (1978), dans une version française, sur un texte d'Eddy Marnay. Dans l'intégrale des (9) Bachianas Brasileiras de Enrique Bátiz avec l'Orchestre philharmonique royal (1985), Barbara Hendricks chante l'Aria et la Dança.

Notes et références

Liens externes . Un guide d'écoute (PDF) Paroles des deux mouvements

Catégorie:Musique de chambre d'Heitor Villa-Lobos Catégorie:Œuvre en la mineur Catégorie:Œuvre musicale composée en 1945