Alain Bernard, né le à Aubagne, est un nageur français. Licencié au Cercle des nageurs d'Antibes, entraîné par Denis Auguin, sa carrière internationale au plus haut niveau s'étend de 2005 à 2012.

Bernard se révèle au plus haut niveau le vendredi , en battant le record du monde du 100 mètres nage libre en demi-finale des championnats d'Europe disputés à Eindhoven avec un chrono de 47 s 60. Lors de ces championnats, il abaisse à nouveau cette marque en finale en 47 s 50 et bat aussi le record du monde du 50 mètres nage libre en fin de session avec un chrono de 21 s 50.

Le , il devient le premier champion olympique français du 100 mètres nage libre en 47 s 21 devant Eamon Sullivan et le duo Jason Lezak – César Cielo. Lors de ces Jeux olympiques de Pékin, Alain Bernard aide ses coéquipiers du relais 4 × 100 mètres nage libre à remporter la médaille d'argent derrière le relais américain amené par Michael Phelps et Jason Lezak et accroche une médaille de bronze lors du 50 mètres nage libre derrière César Cielo et son compatriote Amaury Leveaux.

À l'ère des combinaisons en polyuréthane, il devient le premier nageur de l'histoire à couvrir la distance en moins de 47 s, avec un temps de 46 s 94 réalisé le à Montpellier (record du monde non homologué à l'époque et battu depuis mais, bizarrerie réglementaire, validé comme record de France, toujours en vigueur en ). En 2012, il devient champion olympique du relais 4 × 100 : non retenu pour la finale, il a néanmoins permis à l'équipe de France d'accéder à celle-ci de par sa participation aux séries. Il prend sa retraite sportive en 2012 à l'issue des Jeux olympiques de Londres et possède l'un des plus beaux palmarès du sport français, avec deux titres olympiques.

Biographie Carrière sportive 2000-2004 : premières années, premiers déboires et premier titre Né à Aubagne en 1983, Alain Bernard apprend à nager à partir de 6 ans dans la piscine Tournesol du Charrel, qui porte aujourd'hui son nom. Il commence la compétition dans le club de sa ville natale avec lequel il fait ses classes jusqu'à ses seize ans s'exprimant à ses débuts sur les épreuves de dos et de quatre nages. En 2000 il décide de quitter sa ville pour rejoindre le Cercle des nageurs de Marseille afin de progresser avec l'idée de se qualifier pour les Jeux olympiques d'été de 2004. Il rencontre à Marseille un entraîneur qui le suit durant toute sa carrière en la personne de Denis Auguin. Avec lui durant les quatre années qui suivent, il progresse sur le plan physique et chronométrique et se tourne peu à peu de façon exclusive sur les épreuves de nage libre du 50 au 200 mètres.

2004 est une année difficile pour Bernard qui voit sa progression retardée par une mononucléose et une toxoplasmose. Malgré de bons championnats de France durant lesquels il se qualifie pour les finales sur 50 mètres nage libre ( en 23 s 14) et sur 100 mètres nage libre (dernier en 50 s 87). Bernard ne se qualifie pas pour les Jeux olympiques d'Athènes (Grèce).

Il se ressaisit en fin d'année en participant à sa première sortie en équipe de France à l'occasion des championnats d'Europe en petit bassin disputés à Vienne (Autriche), au cours desquels il remporte son premier titre significatif sur la scène continentale avec le relais 4 × 50 mètres nage libre accompagné de David Maitre, Romain Barnier et Frédérick Bousquet.

2005-2006 : la progression vers le haut niveau

Il renoue avec les bassins en 2005 et parvient à passer pour la première fois de sa carrière sous la barre des 50 secondes en demi-finale du 100 mètres nage libre (49 s 94) lors des championnats de France disputés à Nancy et qualificatifs pour les mondiaux de Montréal (Canada). Il confirme cette progression chronométrique en terminant de la finale derrière Frédérick Bousquet qui bat le record de France en 49 s 06 et Amaury Leveaux (50 s 08). Sur ces mêmes championnats, Bernard bat aussi son record personnel en 22 s 75 sur 50 mètres nage libre dominé encore par Frédérick Bousquet en 22 s 34. Ces deux ne lui permettent pas d'obtenir sa qualification pour les mondiaux d'autant que le relais ne se qualifie pas non plus.

Quelques mois plus tard, lors des championnats d'Europe en petit bassin disputés à Trieste (Italie), il remporte au titre du relais 4 × 50 mètres nage libre accompagné de ses coéquipiers Julien Sicot, David Maitre et Frédérick Bousquet la médaille d'argent derrière le relais Néerlandais. Bernard durant ces championnats est aussi engagé sur 50 mètres nage libre mais ne parvient pas à passer les demi-finales en 22 s 27.

En 2006, lors des championnats de France disputés à Tours, Bernard termine tout d'abord du 50 mètres nage libre en battant son record personnel en 22 s 32 n'étant dominé que de deux centièmes par le spécialiste français de la discipline Frédérick Bousquet. Il bat à nouveau son record personnel sur 100 mètres nage libre qu'il termine en 49 s 69 derrière Amaury Leveaux (49 s 18) et fabien Gilot (49 s 57). Ces résultats lui permettant d'obtenir sa première qualification individuelle pour les championnats d'Europe sur 50 et 100 mètres nage libre.

Deux mois plus tard, il remporte dès le premier jour des championnats d'Europe disputés à Budapest (Hongrie), la médaille de bronze avec ses coéquipiers du relais 4 × 100 mètres nage libre Fabien Gilot, Amaury Leveaux et Frédérick Bousquet. Durant ce relais, Bernard, premier relayeur de l'équipe bat son record personnel en 49 s 22. Trois jours plus tard, sur 100 mètres nage libre, il se qualifie pour sa première grande finale avec le des demies (49 s 26). Durant la finale disputée le lendemain, Bernard part extrêmement vite passant en tête au premier virage mais cédant peu à peu sur la fin, il doit se contenter de la dernière place en 49 s 47 loin de l'Italien Filippo Magnini qui remporte l'or en 48 s 79. Engagé sur 50 mètres nage libre en fin de session, il ne passe pas les séries malgré le fait qu'il soit dans les seize premiers. En effet quatre français sont engagés sur cette épreuve et seuls deux sont acceptés en demi-finales. Se retrouvant ex æquo avec David Maitre, il perd pour dix centièmes son barrage contre son compatriote.

Quelques mois plus tard, il obtient sa première médaille individuelle dans un grand championnat lors des championnats d'Europe en petit bassin d'Helsinki (Finlande) avec la médaille de bronze sur 100 mètres nage libre en 47 s 24 derrière l'Italien Filippo Magnini et le Suédois Stefan Nystrand. Il obtient en outre la médaille d'argent avec ses coéquipiers Frédérick Bousquet, Julien Sicot et David Maitre du relais 4 × 50 mètres nage libre devancés par le relais suédois porté par Stefan Nystrand.

En fin d'année, Bernard, qui évoluait jusqu'ici au sein du Cercle des nageurs de Marseille, rejoint le club du Cercle des nageurs d'Antibes pour suivre son entraîneur Denis Auguin en conflit avec les autres entraîneurs marseillais.

2007 : la révélation au niveau international

En , à l'occasion d'un meeting de préparation, Bernard bat le record de France du 100 mètres nage libre en grand bassin en 48 s 81 (ancien record en 48 s 97 par Frédérick Bousquet). À cette occasion il s'approprie la meilleure marque mondiale de l'année et se place en outsider pour les championnats du monde à Melbourne (Australie). Il se déclare la veille de l'échéance australienne confiant : « Ma perf de Lyon fait partie de ma progression et je ne me prends pas la tête avec cela : 48 s 8, 48 s 9, 48 s 6, cela fait partie de ma progression, j'essaie de ne pas trop y penser. Ce sont mes premiers "Monde", mon but est d'aller en finale et une fois en finale, tout est possible, rien n'est joué d'avance. Cela va nager très vite ».

À Melbourne, Bernard entame de la meilleure façon la compétition. En effet, il décroche sa première médaille internationale avec le relais français du 4 × 100 mètres nage libre. Accompagné de Fabien Gilot, Julien Sicot et Frédérick Bousquet, il décroche la médaille de bronze avec record de France à la clé derrière les États-Unis et l'Italie. Lancé en par Frédérick Bousquet, Bernard auteur d'un bon relais en 48 s 18 ne peut rien contre le retour en 47 s 18 de Filippo Magnini qui passe le Français et accroche l'argent pour l'Italie. Quelques jours plus tard, en individuel sur 100 mètres nage libre, Bernard avec un chrono de 49 s 08, se hisse à la quatrième place à l'issue des séries. Néanmoins il ne parvient pas à passer le cap des demi-finales, réalisant le neuvième temps (48 s 89) à seulement deux centièmes de la huitième place qui lui aurait permis de se qualifier pour la finale. On compte également parmi les éliminés le Suédois Stefan Nystrand. Engagé sur 50 mètres nage libre en fin de session, il bat son record personnel dès les séries (22 s 26) et atteint les demi-finales. Mais, comme sur 100 mètres nage libre, il termine des demies ex æquo avec l'Espagnol Eduardo Lorente Ginesta. Participant à une course de départage pour l'enjeu de cette neuvième place, il perd cette dernière repartant assez déçu de ces championnats du monde sur le plan individuel avec une et une .

Passée la déception individuelle et devenu régulier sous les 49 secondes, Bernard enchaîne les bons résultats les mois qui suivent abaissant à nouveau son record de France (48 s 56) lors d'une réunion à Canet-en-Roussillon.

Mais c'est à Saint-Raphaël lors des championnats de France disputés en juin que Bernard se révèle sur la scène mondiale en abaissant de manière significative les records de France sur 50 mètres et 100 mètres nage libre. Sur la première distance, il réalise en finale un chrono de 21 s 76 qui lui aurait permis d'être champion du monde trois mois auparavant à Melbourne et qui constitue la troisième performance mondiale de tous les temps à seulement 12 centièmes de seconde du record de monde de la légende russe Alexander Popov. Il bat deux jours plus tard, le record de France en finale du 100 mètres nage libre pour la troisième fois en quelques mois. Plus encore, avec un chrono de 48 s 12, il devient le deuxième nageur le plus rapide de l'histoire sur la distance à égalité avec le double champion du monde Italien Filippo Magnini et à moins de trois dixièmes de seconde du record du monde du double champion olympique néerlandais Pieter van den Hoogenband.

Détenteur de la deuxième performance de l'histoire durant quelque temps, Bernard en est dépossédé le mois suivant lors de l'Open de Paris de natation par le Suédois Stefan Nystrand réalisant un temps de 47 s 91. Bernard de cette course en 48 s 54 et nullement déçu, se satisfait d'une fin de saison pleine qui l'a vu dépasser les temps réalisés par quelques-uns des plus grands sprinteurs de l'histoire comme le tsar Russe Alexander Popov (double champion olympique de la distance en 1992 et 1996) ou l'Américain Matt Biondi (champion olympique en 1988) avec des records respectifs à 48 s 21 et 48 s 42« Naissance d'un seigneur », article du quotidien sportif L'Équipe, 26 juin 2007..

En fin d'année, Bernard se distingue lors des championnats d'Europe en petit bassin de Debrecen (Hongrie) au cours desquels, il remporte trois médailles avec le bronze tout d'abord sur 50 mètres nage libre en 21 s 57 derrière le Suédois Stefan Nystrand (21 s 11) et le Croate Duje Draganja (21 s 23). Ensuite deux jours plus tard il remporte son premier titre européen sur 100 mètres nage libre en battant le record des championnats (46 s 39) devant Stefan Nystrand (46 s 73) et l'Italien Filippo Magnini (46 s 90). Il est aussi membre le dernier jour de compétition, du relais 4 × 50 mètres nage libre avec Antoine Galavtine, David Maitre et Amaury Leveaux qui termine second derrière le relais Suédois qui bat le record du monde du 4 × 50 mètres nage libre.

2008 : premiers records du monde et route vers Pékin vignette|Alain Bernard à l'arrivée du 100 m nage libre lors duquel il bat le record du monde le .