vignette|Vignoble à Torgny. La viticulture en Belgique apparaît vraisemblablement à partir du dans des abbayes pour les besoins de cérémonies religieuses. Elle s'étend lors des siècles suivants aux particuliers, principalement dans la vallée de la Meuse, en particulier entre Liège et Huy, et atteint son apogée lors des . Elle est en déclin dès le et disparait quasiment au début du .

À partir de 1865, et jusqu'au , la viticulture fait un retour sous serres chauffées pour la production de raisin de table, peu souvent pour des besoins de vinification. La viticulture belge en pleine terre fait un retour dans la seconde moitié du et est en essor depuis, caractérisée par une production en grande majorité de vins pétillants et de vins blancs..

Histoire Des traces de viticulture ont été découvertes à Bevere (sarments de vigne co-existant avec des outils du néolithique, sans pour autant être une preuve de viticulture au néolithique dans cette région), ainsi que des restes de vigne de l'holocène dans une tourbe à Jette-Saint-Pierre.. Il n'y a pas de vignobles certains à l'époque romaine. Les premières preuves documentées de viticulture en Belgique remontent au début du , à Gand, Huy et Liège..

Apparition et expansion de la viticulture () alt=Carte des communes belges où la vigne a été cultivée avant le |vignette|Carte des communes belges où la vigne a été cultivée avant le .|440x440px Les bords du Rhin sont couverts de vignobles au , et, probablement, les premiers essais de viticulture en Belgique ont lieu en même temps. Les traces sérieuses les plus anciennes remontent à 815 à Gand, et 830, à Huy et Liège, puis au à Namur et Tournai, au à Waulsort, Chokier, Vivegnis et Berlingen, et au à Louvain.

Les premiers vignobles sont possédés par des abbayes, et les premiers cultivateurs de vignes sont probablement les moines. Ils ont besoin d'un vin non frelaté pour le Saint Sacrifice de la messe, le moyen le plus sûr d'obtenir un vin pur étant de le produire soi-même.

La vigne est ensuite cultivée par des particuliers, dont des seigneurs, comme les ducs de Bourgogne, qui possèdent les vignobles de Bruxelles, Louvain, Aerschot, Namur et Mons. La viticulture est alors une grande source de revenus pour les habitants.

Apogée () Jusqu'à la fin du , la vigne prospère et occupe une surface toujours plus grande du territoire. Les alentours de certaines villes, comme Huy, sont recouverts de vignes. La viticulture se fait principalement sur les bords de Meuse, mais est aussi présente dans la vallée du Geer, sur le plateau de Herve, ou encore sur les bords de l'Ourthe. Les vignes sont cultivées dans de nombreuses villes, à l'intérieur ou à l'extérieur des murs d'enceinte (Liège, Namur, Louvain, Mons, Tournai entre autres). De nombreux noms de lieux-dits faisant référence à la viticulture à travers la Belgique sont recensés, principalement dans les provinces de Liège, Namur, Hainaut et Limbourg. Au , il est documenté que les châtelains consomment leur propre production, de nombres paroisses possèdent des vignes, et que l'église touche des rentes en pots-de-vin..

Déclin () vignette|Remacle Le Loup - 1740 - eau-forte représentant la ville de Huy. À gauche : vignoble emmuré du couvent des Croisiers. Au centre : probablement le vignoble de Grimomont La viticulture en Belgique décline à partir du , et est quasiment inexistante au sur les bords de Meuse et dans les provinces de Luxembourg et Limbourg. Plusieurs raisons sont avancées: L'amélioration des routes, la création de nombreuses voies ferrées, et l'augmentation considérable du trafic maritime ont rendu les vins français, espagnols et allemands, moins chers et de meilleure qualité, plus accessibles. Changement du climat : une baisse des températures liée au petit âge glaciaire a lieu dès le , rendant la viticulture plus difficile, coûteuse et moins rentable. L'extension de la culture maraîchère, due à l'augmentation de la population, si bien que les foyers n'ont plus systématiquement un jardin pour cultiver leurs légumes. Les arbres fruitiers, les légumes et le houblon deviennent plus profitables, contrairement à la vigne. Les collines autour de Liège, couvertes de vignes au , contiennent principalement des habitations et des jardins potagers à la fin du . Les guerres des Pays-Bas aux , pendant lesquelles des vignes sont détruites. Le manque de rentabilité des vignes à cette époque, ainsi que la présence d'importations poussent à ne pas les replanter. La pollution due au développement de l'industrie. Politique: à Namur, en 1673, des vignes sont détruites pour bâtir des fortifications.

Les vignes de pleine-terre terminent leur déclin aux : leur surface passe de en 1865 à en 1910.. Il n'en subsiste que sur quelques façades ensoleillées dans les années 1950, cultivées pour ornementation ou valeur sentimentale.

Viticulture sous serres chauffées () La viticulture sour serres apparaît en 1865 à Hœilaart... Contrairement aux serres néerlandaises, les serres belges sont chauffées au charbon ou à la coke, permettant aux variétés précoces de maturer au début du printemps, et aux variétés tardives de rester sur vignes en hiver. Elles produisent principalement du raisin de table, même si une partie de la récolte peut être vinifiée les années d'abondance. Les cépages utilisés sont principalement le Frankenthal, le Gros Colman, le Royal, le Muscat blanc d'Alexandrie et le Léopold III..

La viticulture sous serres occupe une surface grandissante jusqu'au début des années 1930, avec un pic de en 1932. Les serres se trouvent principalement à proximité de Bruxelles (environ 80%) et dans le Brabant, notamment à Hœilaart, Overijse, La Hulpe, Duysbourg et Huldenberg, principale zone de production. Une partie des cultivateurs travaille en serre pour compléter leurs revenus. L'importance de cette industrie s'explique par la forte densité de population dans les zones urbaines et rurales, la grande fertilité des sols, la tradition de culture intensive, et la position géographique de la Belgique, à un grand carrefour international. La production se fait toute l'année avec un creux en février-avril (environ 400 tonnes par mois en 1948) et un plateau haut en juillet-novembre (entre 1 200 et 1 800 tonnes par mois en 1948).

Les serres sont principalement sur de petites possessions spécialisées d'1 à 2 acres. Dans la province de Brabant, la grande taille des serres (en moyenne ) sur des petites surfaces (en moyenne moins d') indiquent une spécialisation forte dans un système de production intensive, à l'image de ce qui est pratiqué dans quasiment toute la Belgique (à l'exception des provinces de Luxembourg et Limbourg). L'établissement viticole moyen possède 20 serres, avec un exploitant permanent et un ou deux ouvriers saisonniers, qui eux-mêmes peuvent travailler sur jusqu'à 3 ou 4 serres. En 1933, 6 000 personnes vivent de la culture de la vigne.

En 1946, 5% des grappes mondiales sont cultivées sous serres; elles le sont principalement en Belgique et aux Pays-Bas. Il s'agit principalement d'une culture d'exportation, principalement vers le Royaume-Uni, puis la Scandinavie, les Pays-Bas, l'Allemagne et la France. En 1927, sur les 60 millions d'anciens francs de ventes, 48 le sont en exportation. En 1930, la Belgique est la exportatrice mondiale de grappes. Dans les années 1940, les deux tiers de sa production au minimum sont exportés.

Un coup d'arrêt aux exportations est néanmoins marqué dès 1932, à la suite de la modification par le Royaume-Uni de ses tarifs en 1931. Les exportations belges tous pays confondus passent de en 1931, à environ en 1935 puis 1 345 tonnes en 1946.

La viticulture belge se fait essentiellement sous serre jusqu'à la fin du ...

Retour de la viticulture en pleine terre (depuis la fin du ) En 1962, à Huy et à Looz, deux vignerons, plantent leurs premiers ceps de vignes. Charles Legot, influencé par ses amis de Bourgogne, plante des ceps de pinot et fait renaître le Clos Bois Marie, alors que Jan Bellefroid plante des cépages allemands (müller-thurgau). De nombreux vignobles renaissent par la suite. De plus en plus de vignerons plantent de petits vignobles au moyen de plants dits hybrides ou interspécifiques, résistants aux maladies mais difficiles à vinifier. Dans les années 1970, le renouveau viticole gagne la Flandre et les Pays-Bas avec les cépages blancs allemands. Des producteurs de fruits remplacent leurs arbres fruitiers par des vignes, de sorte que dans le Hageland (autour de Louvain), une région viticole se recrée et décroche en 1997 la première AOC belge : Hagelandse Wijn. En 2000, la Hesbaye flamande suit avec l’AOC Haspengouwse Wijn et, en 2004, les Wallons obtiennent l’AOC Côtes de Sambre-et-Meuse. Suivront encore 2 AOC : Heuvellandse (créée en 2005) et Maasvallei Limburg (transfrontalière entre la Belgique et les Pays-Bas, créée en 2017).

Il existe par ailleurs deux vins de pays IGP: Vin de Pays des Jardins de Wallonie (2004) et Vlaamse landwijn (2005), et deux appellations produits : vin mousseux de qualité flamand (2005) et Vin mousseux de qualité de Wallonie/ Crémant de Wallonie (2008).

Les autres vins produits en Flandre portent la dénomination Vlaamse landwijn mais ne constituent pas une AOCLes AOC belges..

En résumé, la situation des appellations belges (AOC/AOP et IGP) est la suivante :

Appellations géographiques :

AOP Hagelandse wijn (1997) AOP Haspengouwse wijn (2000) AOP Heuvellandse wijn (2005) AOP Maasvallei Limburg (2017) AOP Vlaamse Mousserende Kwaliteitswijn (2005) AOP Côtes de Sambre et Meuse (2004)

Appellations produit (sur l'ensemble la région) :

AOP Crémant de Wallonie (2008) AOP Vin mousseux de qualité de Wallonie (2008)

IPG :

IGP Vlaamse landwijn IGP Vin de pays des Jardins de Wallonie

Viticulture conviviale Cette volonté de recréer le vignoble belge est due à différents facteurs.

Tout d’abord, il y a un facteur historique qui vise à remettre à jour un ancien goût de terroir afin de retrouver ses racines. C’est surtout le cas des vignobles replantés à l’identique sur des anciens sites abbatiaux tels que Villers-la-Ville ou l’Abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie (près de Soignies).

Ensuite et souvent, c’est un facteur amical. Des amateurs de vin, souvent chapeautés par une ASBL, s’investissent énormément dans la création et l’entretien d’un vignoble. Les membres achètent du matériel et organisent des activités toujours dans une ambiance de camaraderie.

Enfin et plus rarement vient le facteur pédagogique ou altruiste avec, par exemple, le vin de terril de Trazegnies dont les fonds recueillis sont versés à une ASBL qui restaure le château de Trazegnies.

Le vignoble de l’abbaye de Villers-en-Brabant À Villers-la-Ville, la confrérie du vignoble de l’abbaye de Villers-en-Brabant entreprend la réhabilitation du vignoble intra-muros depuis 1990. Étant une ASBL, leur seul but est de faire revivre l’ancien vignoble de l’abbaye, en respectant sévèrement la disposition des lieux telle que les moines l’avaient conçue et, bien sûr, de créer une joie pour les membres de cette confrérie.

Ce vignoble compte une vingtaine d’ares, répartis sur cinq terrasses contenant approximativement 570 ceps. Il jouit d’une bonne exposition sud-ouest et est à l’abri des vents froids car il est disposé dans un véritable clos. Son sol est limoneux et sablonneux. L’ampélographie s’est dirigée vers des hybrides rouges (le Léon Millot d’origine lorraine) et blancs (le Sirius et Phoenix d’origine allemande et Bianca d’origine hongroise).

TerVigne : le vignoble d'Herlaimont (Charbonnage Mariemont-Bascoup, Terril N°7) En 1968, François Dubois, sylviculteur et propriétaire du terril 7, démontre que les terrils ne sont pas stériles en y plantant toutes sortes d’arbres. Devant le succès rencontré, il planta, en 1972, de vignes, pour les doubler en 1973 et atteindre () en 1974.