Le Congo, en forme longue la république du Congo , est un pays d'Afrique centrale, situé de part et d'autre de l'équateur.

Ses voisins sont le Gabon à l'ouest, le Cameroun au nord-nord-ouest, la République centrafricaine au nord-nord-est, la RDC au nord-est, au sud-est et au sudLe Congo et la RD Congo sont principalement séparés, d'amont en aval, d’abord par la rivière Oubangui, puis par le fleuve Congo après que ces derniers ont conflué au niveau de la petite ville de Liranga., ainsi que le Cabinda, une enclave et une province de l'Angola, au sud-ouest. Le pays s’étend sur du nord au sud et d'est en ouest.

Avant la colonisation française, le territoire actuel du Congo était occupé par plusieurs entités politiques, dont le royaume du Kongo (fondé vers le ), le royaume de Loango () et le royaume Tio (). Il est rattaché au Second Empire colonial français à la fin du à la suite de plusieurs missions d'exploration, dont la plus notable reste celle de Pierre Savorgnan de Brazza dans le bassin versant du Congo. De 1910 à 1958, ce Congo français fait partie de l'Afrique équatoriale française avec la colonie du Gabon, le territoire du Tchad et l'Oubangui-Chari.

Après , le Congo prend son indépendance en 1960 en quittant la Communauté française créée deux ans plus tôt par le général de Gaulle. Son premier chef d'État est l'abbé Fulbert Youlou. Les deux décennies suivantes sont marquées par un grand nombre de tentatives de coup d'État, dont quatre réussissent, en 1963, 1968, 1977 et 1979. De 1969 à 1992, la république du Congo a porté le nom de république populaire du Congo.

Le chef de l'État actuel est Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir de 1979 à 1992, puis depuis 1997. En 1991, une conférence nationale souveraine est organisée dans le but de mettre fin au système du parti unique et d'installer la démocratie. En 1992, à la suite de grèves générales, le président Sassou-Nguesso cède le pouvoir et des élections sont organisées. Pascal Lissouba est élu président de la République pour un mandat de cinq ans, dont la fin est marquée par une guerre civile l'opposant à Denis Sassou-Nguesso, qui reprend le pouvoir en 1997.

Depuis le début du , la stabilisation de la situation politique et l'essor de la production d'hydrocarbures assurent au pays une relative prospérité au point de vue macroéconomique, malgré des infrastructures et des services publics en mauvais état ainsi que de fortes inégalités dues à la répartition des revenus pétroliers.

Aux plans international, régional et sous-régional, le Congo est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l'Union africaine (UA), de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), de l'Observatoire économique et statistique d'Afrique subsaharienne (AFRISTAT) et de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). En outre, le pays appartient à la zone franc et est membre de la Banque africaine de développement (BAD), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

La république du Congo est un pays en développement et occupe la dans le classement des pays selon l'indice de développement humain (IDH) en 2021.

Étymologie et toponymie La république du Congo tire son nom du fleuve qui le borde (le Congo), fleuve tirant son appellation du royaume du Kongo découvert au par les Portugais.

À propos de l'appellation du royaume, on a suggéré qu'elle est tirée de ko-ngo, «allié de la panthère» ou encore nkongo, nom désignant le chasseur émérite ou enfin du terme réservé à une arme de jet, kongo ou kong. Toutes ces suggestions évoquent le pouvoir (ainsi, la panthère) ou font référence aux thèmes figurant dans les traditions ou des mythes qui évoquent le héros fondateur du royaume..

Histoire

Histoire ancienne Le territoire de la république du Congo a été occupé depuis 40 000 ans, comme peuvent en témoigner la présence des pierres taillées trouvées dans les vallées du Niari. Les Pygmées sont les premiers habitants du Congo. Ils vivent dans la forêt, de la chasse et de la pêche depuis des siècles.

Le territoire congolais est ensuite cible de la grande migration des Bantous, venus du nord, plus précisément de la région des Grands Lacs (Tékés, Kongos, Ngalas) et du plateau oubanguien (Makas, Kakas) en longeant la côte et les cours d'eau. Ils s'organisent en chefferies dans les zones marécageuses et forestières, en royaume dans les savanes.

Plusieurs royaumes, dont on ne connaît pas encore bien les origines, se succèdent ou coexistent :

d'abord le royaume Makoko des Tékés, fondé au IXe siècle, qui s'étend sur un immense territoire entre l'Alima et le Mayombe. Le roi, régnant depuis la ville de Mbé, y est vénéré comme une divinité. Le royaume connait une prospérité du XVe au XVIIIe siècle. ensuite le Kongo (fondé vers le XIe siècle) dans les territoires du Nord de l'Angola et du Cabinda, du sud-est de la république du Congo, l'extrémité occidentale de la république démocratique du Congo et une partie du Gabon ; son roi, le Mani Kongo, se convertit au christianisme et change de nom (Nzinga Nkuwu pour Joao 1er) à l'instar de sa capitale (Mbanza Kongo pour Sao Salvador) par amitié pour le roi portugais. le royaume de Loango (depuis le XVIe siècle) est issu du royaume de Kongo dont il se sépare à la fin du XVIe siècle. Il est gouverné par le roi Ma Loango, qui signe un traité en 1883 le plaçant sous protectorat français.

Les Bantous introduisent le travail du fer et construisent un réseau commercial dans le bassin du Congo.

Schématiquement, les structures géopolitiques précoloniales congolaises peuvent se simplifier en deux catégories : les sociétés sans État, fondées sur des chefferies qui sont autant de micro-nations que des conditions géographiques et démographiques difficiles ont maintenu dans un relatif isolement, ceci dans la moitié nord du pays, terres Mboshi, Makaa, etc. ; les sociétés à État organisé, dans la moitié Sud, autour de trois pôles essentiels : le vieux royaume de Loango fondé entre les , le Kongo fondé au et le royaume Tio fondé au .

Des vestiges, ténus certes, mais assez nombreux, attestent de cultures assez avancées sur l'actuel territoire congolais : poteries, vestiges de fours à métaux, de grands travaux de génie civil (tunnel sous le mont Albert près de Mouyondzi) remontant à une période antérieure au , parfois avant l'an mille.

Colonisation Les premiers contacts avec les Européens ont lieu au , et des échanges commerciaux sont rapidement établis avec les royaumes locaux. La région côtière est une source majeure durant le commerce triangulaire, c'est-à-dire la traite d'esclaves transatlantique. Lorsque celle-ci prend fin au , les pouvoirs bantous s'érodent pour laisser place au colonialisme.

En 1482, après les premières reconnaissances effectuées par des navigateurs portugais, l'explorateur Don Diogo Cão atteint l'embouchure du fleuve Congo. Les contacts avec le royaume du Kongo suscitent des tensions. La traite opère une grande ponction démographique et déstabilise considérablement les entités politiques et les sociétés d'Afrique centrale en général.

La pénétration française débute vers 1875 avec Pierre Savorgnan de Brazza ; il atteint le fleuve Congo en 1879, en remontant le cours de l'Ogoué, jusqu'à l'embouchure de l'actuelle île Mbamou. En 1880, il fait signer un traité de souveraineté au Makoko, le roi des Tékés à Mbé ( au nord de Brazzaville), et fonde un poste au village de Mfoa, (en référence à une petite rivière) à Nkuna qui deviendra Brazzaville en 1911.

Dans le même temps, le lieutenant de vaisseau Robert Cordier (1849-1901) explore la région du Kouilou et du Niari. Il fait signer au roi Maloango un traité qui reconnaît la souveraineté de la France sur le royaume de Loango et fonde à son tour en 1883 Pointe-Noire, dont la gare ferroviaire CFCO est inspirée de celle alors existante à Trouville-Deauville en France.

En 1885, le Congo devient l'un des quatre États de l'Afrique-Équatoriale française, et Brazzaville, la capitale de l'AEF. La colonie du Congo français est créée en 1891, l’actuel territoire gabonais en fait partie jusqu’en 1904. vignette|L'explorateur franco-italien Pierre Savorgnan de Brazza.

Dès 1899, le territoire est distribué en concessions trentenaires à des compagnies contre acquittement d'un impôt correspondant à 15 % des bénéfices auprès de l’administration française. Elles exploitent les ressources naturelles, principalement le caoutchouc, mais aussi le sucre, les bois précieux et l'ivoire.

Les domaines de ces sociétés sont immenses, variant de à d’hectares.

Le système est mis en place par Eugène Étienne, alors sous-secrétaire d’État aux colonies. Cependant, des abus sont enregistrés. Ainsi, Théophile Delcassé, autre sous-secrétaire d’État aux colonies, accorde sans publication officielle du contrat, une concession de d’hectares (soit 1/5 de la France), située dans le Haut-Ogooué. De mars à , Florent Guillain, ministre des Colonies, accorde quarante concessions au Congo français, quant à lui par décret, comme l'indique le rapport Brazza.

Ces concessionnaires ont pour investisseurs de nombreux actionnaires, dont Léopold II de Belgique. Ce dernier achète cependant ses actions sous un faux nom. Ce fait, découvert, après la mort du souverain, choque les autorités françaises de l’époque, constatant l'exploitation incognito et à moindres frais de leur colonie par un pays étranger.

Voie de l'indépendance Les conditions très dures d'exploitation de la colonie (cf. chemin de fer Congo-Océan construit de 1921 à 1934) expliquent que le nationalisme se soit vite développé au Congo. En 1926, André Matswa fonde une amicale chargée de venir en aide aux anciens combattants des régiments de tirailleurs africains, ayant participé aux côtés de l'armée française à la Première Guerre mondiale.

Cette amicale devient vite un mouvement de protestation. L'administration coloniale prend peur et fait incarcérer Matsowa, qui meurt en prison en 1942, dans des conditions restées obscures. Le mouvement se transforme alors en une église qui recrute surtout dans l'ethnie d'origine.

Le nationalisme congolais prend réellement corps après la Seconde Guerre mondiale. Le , les Congolais élisent à l'assemblée constituante le premier député congolais, Jean Félix-Tchicaya, qui fonde en 1946 le Parti progressiste congolais (PPC), section congolaise du Rassemblement démocratique africain (RDA). Tchicaya s'oppose à Jacques Opangault. L'un et l'autre sont pris de vitesse par l'abbé Fulbert Youlou, fondateur de l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDIA), qui remporte avec éclat les élections municipales de 1956.

En 1958, le référendum sur la Communauté française obtient 99 % de «oui» au Moyen-Congo. Le Congo devient une république autonome, avec l'abbé Fulbert Youlou pour Premier ministre. En 1959, des troubles éclatent à Brazzaville et l'armée française intervient. Le , le Congo accède à l'indépendance et Fulbert Youlou est élu premier président de la République.

Le , Fulbert Youlou est contraint à la démission, sous la pression des syndicalistes et de l'armée.. De 1963 à 1968, Alphonse Massamba-Débat lui succède à la tête de l'État. Il se rapproche de la Chine communiste en matière de politique internationale, se prononce en faveur d'un « socialisme scientifique » en utilisant l'expression de « socialisme bantou » et instaure un parti unique au lieu du pluralisme politique. Mais ce pouvoir civil et socialiste subit de nombreuses pressions et contradictions internes.