right|thumb|180px|Jeanne Crain en 1945 Jeanne Crain est une actrice américaine, née le à Barstow (Californie) et morte le à Santa Barbara (Californie).

Biographie Enfance et jeunesse

Jeanne Crain naît en 1925 à Barstow, petite ville californienne dans le Désert des Mojaves. Son père, George Crain, professeur de lycée, et sa mère Loretta Carr, sont tous deux Irlandais catholiques Article de The Guardian en date du 16 décembre 2003 : Jeanne Crain obituary. Sa sœur Rita naît en 1927. Les parents encouragent leurs timides filles à lire, à s’intéresser aux arts et à développer leur foi : Jeanne Crain dit qu'à la fin de son adolescence, elle voulait devenir nonneCf. American National Biography. Après le divorce de ses parents en 1934, Jeanne et sa sœur déménagent avec leur mère à Los Angeles.

Excellente patineuse sur glace, elle attire l'attention sur elle lorsqu'elle est couronnée Miss Pan Pacific à l'Auditorium Pan-Pacific de Los Angeles. Elle remporte plusieurs concours de beauté dont Miss Long Beach 1941, et Miss Californie 1941 : à ce titre, elle est candidate au concours de Miss America. En 1942, elle entre à l'Université de Californie à Los Angeles. Très bonne élève, elle étudie les arts et le théâtre. Elle pose comme mannequin et fait la couverture de magazines comme Ladies' Home Journal, True Romance, Coronet ainsi que pour Pic, une revue pour soldats. Élue Miss Photo 1942 (), sa photographie paraît à grande échelle dans la presse de Los Angeles.

Débuts au cinéma

En , Irving Kahn, un découvreur de talents des studios 20th Century Fox, lui propose de tourner un bout d'essai. Deux mois plus tard, Jeanne Crain signe un contrat qui lui garantit un salaire de cent dollars par semaine. Elle a dix-huit ans. Après une première apparition non mentionnée au générique du film Banana Split, la jeune femme tourne Le Jockey de l'amour : son jeu est descendu en flammes par la critique mais elle a réussi à se faire connaître de tout le pays. Le producteur de cinéma Darryl Zanuck la prend alors en main et l'impose comme un des principaux espoirs du studio Fox : elle commence par décrocher le rôle principal dans un film musical en préparation, L'Extravagante Miss Pilgrim, mais le rôle échoit finalement à Betty Grable, grande star de l'époque. C'est en interprétant une femme d'aviateur dans Winged Victory en 1944 que Jeanne Crain obtient les premières éloges des critiques : l’un d'eux la décrit comme « une jolie brune avec une attirante aura de modestie » Cf. l'article du journal Independent daté du 16 décembre 2003 : « a pretty brunette with an appealing aura of modesty »..

Le succès

Si elle est encore en retrait dans le film Péché mortel - qui vaut à l'actrice principale Gene Tierney son unique citation à l'Oscar - Jeanne Crain remporte de grands succès personnels et commerciaux grâce à des films musicaux tournés en technicolor dans lesquels elle a le rôle principal : La Foire aux illusions (State Fair), dans lequel elle est une fille de ferme qui tombe amoureuse du reporter Dana Andrews lors d'une foire, et le film Margie (qui rapporte 4,1 millions de dollars à la Fox)American National Biography on line, où elle interprète une étudiante de province des années vingt amoureuse de son professeur de français. Ces deux films donnent à la jeune actrice aux yeux verts d'1,63 mètre - qui a alors vingt ans - le statut de star importante de la 20th Century Fox. Pour les parties chantées, sa voix est doublée par Louanne Hogan ; dans Margie, en revanche, Jeanne Crain réalise elle-même les scènes de patinage.

Elle croise très tôt le chemin des grands réalisateurs George Cukor et Otto Preminger qui la dirigent à plusieurs reprises : ce dernier la fait tourner dans L'Éventail de Lady Windermere en 1949, adaptation une pièce de théâtre d'Oscar Wilde. Elle traite d'égale à égale avec ses rivales Linda Darnell et Ann Sothern, stars confirmées, dans Chaînes conjugales, une comédie (cruelle) de Joseph L. Mankiewicz.

L'actrice est au faîte de la gloire : le , elle laisse ses empreintes de mains dans le ciment du parvis du Grauman's Chinese Theatre de Hollywood. À la fin des années 1940 et au début des années 1950, elle est surnommée « La fêtarde numéro un d'Hollywood »En anglais : "Hollywood's Number One party girl" : selon ses dires, elle était alors invitée à un minimum de 200 réceptions et soirées par an.

En 1949, elle incarne une métisse qui se fait passer pour une blanche dans L'Héritage de la chair (Pinky) d'Elia Kazan. Le film provoque la controverse dans une Amérique ségrégationniste où l'on évite d'aborder pareil sujet : il est interdit dans la ville de Marshall (Texas), mais il vaut à Jeanne Crain la reconnaissance de la profession avec une nomination aux Oscars, et une grande publicité résultant de la controverse. Dès lors une voie royale s'ouvre à elle : le réalisateur Mankiewicz la dirige une seconde fois dans le sombre On murmure dans la ville : elle y joue un rôle à contre-emploi (une future mère célibataire en détresse) face à Cary Grant ; elle partage la vedette d'un sketch de La Sarabande des pantins avec Farley Granger avant de remporter un de ses plus grands succès grâce à la comédie familiale Treize à la douzaine.

Au sommet de sa popularité, Jeanne Crain s'illustre dans le western de 1955, L'Homme qui n'a pas d'étoile de King Vidor face à Kirk Douglas, ainsi que dans la comédie Les hommes épousent les brunes, un film tourné à Paris et dans lequel elle montre ses talents de danseuse au côté de sa partenaire Jane Russell. Alors qu'elle tourne un autre western (La Première Balle tue avec Glenn Ford), qu'elle a pour partenaires Alan Ladd et Frank Sinatra (le drame Le Pantin brisé), l'actrice commence à travailler aussi pour la télévision dès 1956.

Fin de carrière À Hollywood, le vent est en train de tourner ; les années 1960 constituent le plus grand bouleversement du cinéma depuis le passage du muet au parlant : le système des studios prend fin, le code Hays est aboli, et à l'instar de la France avec la Nouvelle Vague, deux générations sont balayées par les plus jeunes. Dans l'espoir de donner un nouvel élan à sa carrière, Jeanne Crain se teint les cheveux en roux pour paraître plus sensuelle et faire oublier son image de douce jeune filleCf. Rubrique nécrologique de Jeanne Crain.. Elle tourne quelques films où elle campe des femmes de caractère et plus charnelles, mais ces films ne rencontrent pas le succès d'autrefois. Dès 1961, avec une poignée d'autres vedettes féminines de Hollywood, elle s'expatrie en Italie. Elle joue successivement dans deux péplums : le rôle-titre de Néfertiti, reine du Nil entre les acteurs Edmund Purdom et Vincent Price ; Ponce Pilate avec Jean Marais et Basil Rathbone, ainsi que dans une épopée adaptée d'un roman de Henryk Sienkiewicz : Par le fer et par le feu, avec Pierre Brice et Akim Tamiroff. En Amérique, elle travaille sous la direction de John Brahm en 1967, mais en 1972, Jeanne Crain n'a plus qu'un rôle de complément dans Alerte à la Bombe, son dernier film, derrière les vedettes Charlton Heston et Yvette Mimieux.

Elle ne tourne plus au cinéma mais devient, dans les années 1970 et 1980, une femme d'affaires prospère grâce à la ligne de vêtements qu'elle crée : Jeanne Crain of Hollywood.

Vie privée Le , contre l'avis de sa mère, Jeanne Crain s'enfuit pour épouser, à l'âge de vingt ans, Paul Brinkman, un ancien acteur éphémère (son nom de scène est Paul Brooks ; il devient un homme d’affaires prospère dans la production de missiles). Entre 1947 et 1965, ils ont sept enfants (quatre fils et trois filles). Le couple fait la une des journaux, en 1956, lorsqu'un procès en divorce les oppose. Le public apprend alors l'adultère et les exigences sexuelles de Brinkman. La loi imposait un délai d'un an avant la rupture définitive, durant lequel le couple s'est réconcilié. Jeanne Crain et son époux restent mariés mais vivent séparément à partir de 1978 jusqu'à la mort de Paul Brinkman en . Deux mois plus tard, Jeanne Crain le rejoint, emportée par une crise cardiaque à 78 ans. De son vivant, elle avait perdu deux de ses fils : Michael en 1992, mort d'une overdose d'alcool, et Christopher en 1997, mort d'une overdose d’héroïne.

Jeanne Crain est l'une des rares actrices à ne pas avoir son étoile sur le Hollywood Walk of FameLos Angeles Times.

Filmographie Cinéma 1943 : Banana Split (The Gang's All Here) de Busby Berkeley 1944 : Le Jockey de l'amour (Home in Indiana) d'Henry Hathaway 1944 : In the Meantime, Darling d'Otto Preminger 1944 : La Victoire des ailes (Winged Victory) de George Cukor 1945 : Péché mortel (Leave Her to Heaven) de John M. Stahl 1945 : La Foire aux illusions (State Fair) de Walter Lang 1946 : Quadrille d'amour (Centennial Summer) d'Otto Preminger 1946 : Margie d'Henry King 1948 : Choisie entre toutesAffiche française du film sur Encyclo Ciné (You Were Meant for Me) de Lloyd Bacon 1948 : L'Amour sous les toits (Apartment for Peggy) de George Seaton 1949 : Chaînes conjugales (A letter to three wives) de Joseph L. Mankiewicz 1949 : L'Éventail de Lady Windermere (The Fan ou Lady Windermere's Fan) d'Otto Preminger 1949 : L'Héritage de la chairAffiche française du film sur Encyclo Ciné (Pinky) d'Elia Kazan 1950 : Parade du rythme (I'll get by) de Richard Sale (dans son propre rôle, caméo) 1950 : Treize à la douzaine (Cheaper by the Dozen) de Walter Lang 1951 : Le Temps des cerisesAffiche française du film sur Encyclo Ciné (Take Care of My Little Girl) de Jean Negulesco 1951 : On murmure dans la ville (People Will Talk) de Joseph L. Mankiewicz 1951 : Agence Cupidon (The Model and the Marriage Broker) de George Cukor 1952 : Six filles cherchent un mari (Belles on Their Toes) de Henry Levin (suite de Treize à la douzaine) 1952 : La Sarabande des pantins (O. Henry's Full House) (film de cinq sketches) d'Henry King 1953 : Meurtre à bord (Dangerous Crossing) de Joseph M. Newman 1953 : Le crime était signéCf. Encyclo Ciné (Vicki) d'Harry Horner 1953 : La Cité des tueurs (City of Bad Men) de Harmon Jones 1954 : Duel dans la jungle (Duel in the Jungle) de George Marshall 1955 : L'Homme qui n'a pas d'étoile (Man Without a Star) de King Vidor 1955 : Les hommes épousent les brunes (Gentlemen marry brunettes) de Richard Sale 1955 : Grève d'amourAffiche française du film sur Encyclo Ciné(The Second Greatest Sex) de George Marshall 1956 : La Première Balle tue (The Fastest Gun Alive) de Russell Rouse 1957 : La Robe déchirée (The Tattered Dress) de Jack Arnold 1957 : Le Pantin brisé (The Joker Is Wild) de Charles Vidor 1960 : Tonnerre sur Timberland (Guns of the Timberland) de Robert D. Webb 1961 : Twenty Plus Two de Joseph M. Newman 1961 : Nefertiti, reine du Nil (Nefertiti, regina del Nilo) de Fernando Cerchio 1962 : de H. Bruce Humberstone 1962 : Ponce Pilate (Ponzio Pilato) de Gian Paolo Callegari et Irving Rapper 1962 : Par le fer et par le feu (Col ferro e col fuoco) de Fernando Cerchio 1967 : Terreur au kilomètre (Hot Rods to Hell) de John Brahm 1972 : The Night God Screamed de Lee Madden 1972 : Alerte à la Bombe (Skyjacked) de John Guillermin

Télévision 1956 : (1 épisode) : Joyce Randall 1958 : Playhouse 90 de Franklin J. Schaffner (saison 2, épisode 40 : The Great Gatsby) : Daisy Buchanan 1958 : Schlitz Playhouse of Stars (1 épisode) : Ruth Elliot 1959 : Meet Me in St. Louis de George Schaefer (téléfilm) : Rose Smith 1959 : Goodyear Theatre (1 épisode) : Lila Babrek Barnes 1959 : Riverboat (1 épisode : Escape to Memphis) : Laura Sutton 1962 : ? (épisode The Other Woman avec Lloyd Bochner, Cliff Robertson 1964 : L'Homme à la Rolls (Burke's Law) (1 épisode) 1965 : L'Homme à la Rolls (Burke's Law) (2 épisodes) 1968 : The Danny Thomas Hour (1 épisode) : Frances Merrill 1968 : Les Règles du jeu (The Name of the Game) (1 épisode) : Mrs. McKendricks 1972 : Owen Marshall: Counselor at Law (1 épisode) : Lily MacMurdy

Voix Chantées