Giovanni Papini, né à Florence le et mort le , est un écrivain italien. Son œuvre, à la tonalité satirique, continue d'être étudiée en Italie et en FranceMaria Pia De Paulis-Dalembert, Giovanni Papini : Culture et identité, Toulouse, PU Mirail., bien que sa personnalité soit controversée en raison de ses rapports avec le fascisme. à partir de 1935.

Il est le grand-père de l'actrice Ilaria Occhini (1934-2019).

Biographie Fils de Luigi Papini, un artisan républicain et anticlérical qui avait combattu sous les ordres de Garibaldi, et d'Erminia Cardini, Giovanni se passionne dès l'enfance pour la lecture littéraire et scientifique, en particulier le positivisme, l'idéologie dominante de la fin du Sandro Brioisi, Giovanni Papini, universalis.fr. Il devient instituteur, et fonde en 1903 avec Giuseppe Prezzolini la revue Leonardo ; il contribue également à la revue Il Regno, dirigée par le nationaliste Enrico Corradini. Quatre ans plus tard, il publie Le crépuscule de la philosophie (), manifeste dans lequel Papini proclame la mort de la philosophie, et Le pilote aveugle (), un recueil de nouvelles. Toujours en 1907, en raison d'un désaccord avec les autres collaborateurs de la revue, la parution de Leonardo s'interrompt. C'est à cette époque que Papini épouse Giacinta Giovagnoli (1884-1967).

En 1911, il fonde avec Giovanni Amendola une nouvelle revue, , qui ne paraît que jusqu'en 1913. Dans , en 1912, Papini exprime avec violence son nihilisme et son rejet du christianisme ; il déclenche un scandale en laissant entendre que Jésus et l'apôtre Jean pourraient avoir entretenu une relation homosexuelle. La même année est publiée son autobiographie, Un homme fini (), qui reste une des plus connues de ses œuvres. De 1913 à 1915, il dirige la revue . Papini écrit également quelques recueils poétiques ; c'est sans doute en 1920 qu'il se convertit au catholicisme, et l'année suivante, sa Vie du Christ () est un succès dans sa traduction en langue anglaise, .

La Vie du Christ fut le premier fruit de cette conversion, que suivirent le Dictionnaire de l'homme sauvage écrit en collaboration avec Domenico Giuliotti et comparable à lExegèse des lieux communs de Léon Bloy, un recueil de poèmes religieux Pain et vin, une vie de saint Augustin, la fulgurante satire contre la civilisation moderne qu'est Gog, et Dante vivant qui cherche à reconstruire, par delà le monument conventionnel que l'on admire par habitude, la figure humaine si complexe du grand poète.

Publié en 1931, Gog met en scène un vieillard richissime et nihiliste, collectionnant les hommes vivants. Ce personnage est réutilisé par les auteurs de la bande-dessinée La Brigade chimérique (2009-2010), qui convoquent différentes figures de super-héros et de super-vilains « primitifs » de la littérature fantastique d'avant-guerre.

Progressivement Papini se rapproche du fascisme à partir de 1935, tout en refusant une chaire de littérature italienne à l'Université de Bologne mais conserve une aversion pour le nazisme comme le , lorsqu'il prit la parole à la conférence de l'Union européenne des écrivains à Weimar.. avec un discours sur l'importance des valeurs humanistes chrétiennes.. En 1937, Il dédie le premier volume de son Histoire de la littérature italienne à Mussolini avec une dédicace ; « au Duce, ami de la poésie et des poètes ».

Depuis 1942, il était vice-président de La Société européenne des Écrivains, , 2004 , .. Lorsque celui-ci s'effondre, en 1943, Papini se réfugie dans un couvent franciscain à Verna. Après la Seconde Guerre mondiale, discrédité comme bon nombre d'autres intellectuels ayant été liés au fascisme, il reste soutenu par les mouvements politiques catholiques de droite et publie plusieurs essais. Il collabore également jusqu'à sa mort au . Le poète et intellectuel Eugenio Montale, antifascistes de la première heure, a commenté de manière élogieuse le décès de l'écrivain florentin avec les mots suivants : « Une figure unique, irremplaçable, à qui nous devons tous quelque chose de nous-mêmes ».. Quant à lui, Jorge Luis Borges dira des années plus tard : « Je soupçonne Papini d'avoir été injustement oublié »..

La « confession » de Picasso En 1952, Papini publie , un roman satirique qui est la suite de Gog, et qui contient des interviews imaginaires de personnages célèbres : Kafka, Tolstoi, Freud, Molotov, Hitler, Cervantes, Goethe, William Blake, Robert Browning« Fake Picasso », The Spectator.…

Ce roman relate entre autres une « confession » du peintre Pablo Picasso :

L'historien de l'art Richard Dorment explique, dans une lettre au journal britannique , que Franco puis l'OTAN auraient utilisé cet extrait, repris au premier degré par plusieurs journaux, afin d'entacher la réputation de l'artiste à cause de ses positions ouvertement communistes. Quelques années plus tard, en 1962, Picasso aurait demandé à son biographe Pierre Daix de mettre au jour la supercherie, ce qu'il aurait fait dans Les Lettres françaises Chronique « The Royal Flush » de Charlie Finch pour la revue électronique Artnet.. Le magazine Life a publié en 1969 un correctif à ce sujet"Apology for a False Picasso 'Quote'" Apology for a False Picasso 'Quote', Life, sur Google Livres..

Œuvres choisies Histoire du Christ. Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel. Paris, Payot & Cie, 1922. Réédité par les Éditions De Fallois, L'Âge d'Homme (2010), traduit de l'italien par Gérard Genot, préface de François Livi, Professeur à la Sorbonne. Le Crépuscule des philosophes : Kant, Hegel, Comte, Spencer, Nietzsche, Paris, Étienne Chiron, 1922. Le Démon m'a dit. Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel. Paris, Payot, 1923. Un homme fini. Traduit de l'italien par Henry R. Chazel. Avec une introduction de Paul Guiton et un portrait de l'auteur. Paris, Librairie Académique Perrin, 1923. Saint Augustin. Traduit de l'italien par Paul-H. Michel. Paris, Plon (Le Roseau d'Or), 1930. Gog. Traduit de l'italien par René Patris. Paris, Flammarion, 1932. Dante vivant. Traduit de l'italien par Juliette Bertrand. Paris, Bernard Grasset, 1934. Les témoins de la passion. Sept légendes évangéliques. Traduit de l'italien par Fernand Hayward. Paris, Bernard Grasset, 1938. Visages découverts, suivi de : Le sac de l'ogre. Traduit de l'italien par Georges Petit. Paris, Éditions Charles Dessart, 1942. Lettres aux hommes du pape Célestin VI. Traduit de l'italien par Juliette Bertrand. Préface de Marcel Brion. Paris, Éditions du Pavois (Bibliothèque Internationale), 1948. Michel-Ange. Traduit de l'italien par Fernand Hayward. Paris, Flammarion, 1950. Le livre noir. Traduit de l'italien par Julien Luchaire. Paris, Flammarion, 1953. Le Diable. Traduit de l'italien par René Patris. Paris, Flammarion, 1954. La seconde naissance. Adapté de l'italien par Philippe Marceliaire. Préface de Daniel-Rops. Paris, Éditions du Centurion, 1962.

Concerto fantastique : toutes les nouvelles. Éditions l'Âge d'Homme, 2010.

Prix En 1958, Papini recevra à titre posthume le Prix de la mémoire « La plume d'or »..

Études Roberto Ridolfi, L'étonnant monsieur Papini. Traduit de l'italien par Marcelle Bourrette-Serre. Préface de Daniel-Rops. Paris, Librairie Arthème Fayard (Bibliothèque Ecclesia), 1959. Vintila Horia, Giovanni Papini. Paris, Wesmael-Charlier (Conversions Célèbres), 1963. Janvier Lovreglio, Une odyssée intellectuelle entre Dieu et Satan. Giovanni Papini (1881-1956). Tome 1 : L'homme. Tome 2 : La pensée. Tomes 3 & 4 : L'écrivain. Paris, Éditions P. Lethielleux, 1973-1975-1978-1981. Le , France Culture diffuse « Une vie une œuvre » consacrée à Giovanni Papini, produite par Catherine Soullard. Maria Pia De Paulis-Dalembert, Giovanni Papini : Culture et identité. Toulouse, Presses de l'Université du Mirail, 2007.

Notes et références

Liens externes

Article sur La Vie de personne (éditions Allia, 2009) dans L'@mateur d'idées.

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