Les Cambodgiens, ou Khmers, sont les habitants du Cambodge.

Ce sont les descendants de l'Empire khmer (ou « empire d'Angkor » ou « Cambodge impérial ») qui a dominé la péninsule indochinoise du .Chaque Khmer (du simple paysan au plus haut dignitaire) se sent l'héritier de cette grande civilisation déchue. Auguste Pavie : « J'aime les Cambodgiens, parce que je les ai trouvés tels que vous-même êtes, simples, bons avec le cœur droit ; je les aime aussi pour le mystère de leur passé, dont une instinctive souvenance de la gloire, jointe à la pensée des malheurs qui ont fait l'oubli, leur donne en même temps une nuance d'orgueil et les rend timides » (Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895)..

Ils ont bâti, au fil des siècles, une civilisation riche et fascinante dont l'originalité ne se limite pas aux temples d’Angkor mais s’exprime également à travers la gestuelle (le sâmpeah, le salut cambodgien), les cérémonies, les rituels, les techniques magiques (les tatouages de protection) et thérapeutiques (le grattage avec une pièce de monnaie), l’artisanat (laque, argenterie, soie, céramique), le dressage des éléphantsJean Ellul, Le Coutumier rituel des capteurs d'éléphants de l'ouest du Cambodge, École des hautes études en sciences sociales, Centre de Documentation et de Recherches sur l'Asie du Sud-Est et le Monde Insulindien, Paris, 1983., la gastronomie, les jeux (les échecs khmers), les sports (la boxe khmère, les courses de pirogues), la musique, les arts de la scène (le grand théâtre d’ombres, le Ballet royal), la littérature (classique et populaire)..

Beaucoup de ces éléments culturels sont connus en Occident sous leur forme dérivée thaïe ou siamoise (le salut, le massage, les tatouages, la boxe, les échecs, la musique, la danse, l'alphabet, etc.).

Définition

On utilise souvent le mot « khmer » (ខ្មែរ /kʰmae/) pour désigner le groupe ethnique majoritaire (90 %), réservant le mot « cambodgien » (កម្ពុជា /kampuʔcie/) pour désigner les citoyens du Cambodge pris dans leur ensemble (en incluant les minorités). Mais les Khmers se définissent eux-mêmes ethniquement et culturellement par les deux termes. Le mot « cambodgien » (កម្ពុជា /kampuʔcie/), s'il est plus souvent utilisé dans un cadre étatique ou administratif, n'en signifie pas moins « issu de la race (/cie/) de Kambu /kampuʔ/ » et renvoie à l'origine mythique des Khmers, nés de l'union de Kambu, prince ou ermite indien avec une nymphe ou une princesse nâgî indigène du nom de Merâ (l'épigraphiste George Cœdès a d'ailleurs émis l'hypothèse que le mot « khmer » vienne de l'association des deux noms : K[ambu]+Mer[â])Pour d'autres hypothèses, cf. Michel Antelme, revue Péninsule 37, 1998 : Quelques hypothèses sur l'étymologie du terme « khmer ».

Cette double dénomination khmer/cambodgien peut parfois induire en erreur et laisser penser qu’il s’agit de deux peuples distincts.

D'importantes minorités khmères vivent également dans les pays voisins du Cambodge dont elles sont la population autochtone, notamment les « Khmers Surin » en Thaïlande dans la région de l'Isan et les Khmers Krom (« les Khmers d'En-bas ») au Viêt Nam, dans le delta du Mékong, territoire que les Cambodgiens continuent d'appeler le « Cambodge d'En-bas » (កម្ពុជាក្រោម /kampuʔcie kraom/).

Leur langue, le khmer ou le cambodgien, fait partie de la branche môn-khmer des langues austroasiatiques. Son lexique a profondément subi l'influence des langues indiennes (sanskrit et pali). Elle s'écrit au moyen de l'alphabet khmer, un alphasyllabaire monocaméral d'origine indienne.

La première inscription connue en langue khmère date de 611 (piédestal d'Angkor Borei, K600), plus de deux siècles avant la première attestation écrite du français (les Serments de Strasbourg, ).

La majorité des Khmers observent une forme particulière du bouddhisme theravāda, à laquelle sont mêlés des éléments de l'hindouisme brahmaniste, de l'animisme et du culte des ancêtresFaith Traditions in Cambodia, Harvard ; pg. 8 ; consulté le 21 août 2006.

Mésusage du terme « Khmer » Certains Français utilisent à tort le mot Khmer pour dire Khmer rouge. D’autres vont même jusqu'à se servir du mot Khmer, dans le débat politique hexagonal, pour désigner un individu despotique et cruel ou un groupe extrémiste sans pitié (Éric Woerth : « Macron a un comportement indigne, un comportement de Khmer »).. On voit fleurir ici et là des Khmers verts (certains écologistes radicaux), des Khmers blancs (chantres de la « dictature sanitaire »), des Khmers noirs (le FPR rwandais, pour certains militaires français de l'opération Turquoise)Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, Mille et une nuits (Arthème Fayard), 2005, page 288., des Khmers roses (homosexuels ou gay-friendly avec des idées extrêmes), des Khmers bleus (extrémistes conservateurs) Cette utilisation fautive (cela équivaut à dire Allemand pour nazi) blesse profondément les Khmers francophones et suscite à chaque fois les protestations les plus vives de la part de membres éminents de la diaspora cambodgienne en France.

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Alphabet khmer Angkor Apsara Architecture khmère Art khmer Boxe khmère Chenla Cuisine khmère Danse classique khmère Diaspora cambodgienne en France Empire khmer Fou-nan Histoire du Cambodge Indianisation de la péninsule Indochinoise Indochine Jeux khmers Kâla Khmer (langue) Khmers rouges Krâma Makara Mékong Musique khmère Nâga Nouvel An khmer Théâtre d'ombres khmer Tatouage yantra

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Groupe ethnique au Cambodge Catégorie:Groupe ethnique en Thaïlande Catégorie:Groupe ethnique au Vietnam